J’ai toujours été grosse… obèse (partie 3)

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Donc, fin 1993, quelques mois après la mort de ma grand-mère, je n’avais plus de kilos en trop. Mais je ne savais pas quoi faire de ma carcasse. Paris sans ma grand-mère perdait de sa beauté. C’est elle qui m’a fait aimer Paris à ce point, me l’a fait découvrir. Elle est née en plein Montmartre, dans un immeuble à deux pas de la place du Tertre. Aujourd’hui, j’habite Montmartre, me suis mariée à la mairie du 18e arrondissement où sa naissance a été déclarée, la boucle est bouclée.

Je ne me souviens pas précisément quand, comment, mais toujours est-il que bien évidemment j’ai regrossi. A part manger, j’avais quoi comme plaisir dans la vie ? Je travaillais beaucoup, j’ai toujours aimé travailler, et j’ai toujours eu la chance de trouver facilement du travail, je n’ai jamais souffert de discrimination envers les obèses à l’embauche. J’ai souvent changé de travail, la nouveauté et les challenges me plaisaient, et j’ai progressé.

Pour le reste en revanche, pas de progression. J’étais toujours dans l’excès, soit je ne mangeais rien, soit j’outre-mangeais. Je me remplissais pour oublier le vide de ma vie, pour oublier ce corps violenté que je détestais, pour oublier le dégoût que je voyais dans les yeux de mon père… Je mangeais jusqu’à l’écoeurement, en revanche, jamais je ne me suis fait vomir. Je ne suis jamais tombée dans la boulimie vomitive, c’est sans doute mieux. Je ne suis pas allée voir un psy, c’est ça qui m’aurait fait du bien, mais je n’ai pas eu ce courage.

Pendant une dizaine d’années mon poids n’a cessé de varier, entre 85 et 105 kilos. Jamais je n’ai pu stabiliser. A chaque fois que j’arrivais vers 85, ce qui peut paraître un poids élevé, mais auquel je paraissais presque mince, il se passait en moi un phénomène me poussant à tout saboter, à regrossir, toujours dans le but d’être à l’abri sous mon mur de graisse. Je n’étais pas prête à réellement maigrir, à affronter la vie sans mon gras protecteur.

Et puis, si je veux être totalement honnête, je crois que ce qui m’intéresse, c’est le challenge. Le challenge de maigrir, l’excitation qu’on ressent quand les kilos s’envolent. Alors qu’aujourd’hui, je pense que le vrai défi, c’est ne pas regrossir. Maigrir n’est pas si difficile en réalité, ce qui me semble excessivement compliqué, c’est continuer le combat quotidien pour maintenir mon poids, sans avoir la récompense de voir le chiffre sur la balance bouger.

Depuis quelques mois, je sors de ce raisonnement (qui n’engage que moi), mais c’est très très difficile. Ma nature passionnée et excessive a besoin de défis, de challenges, de dépassement, et stabiliser, et bien, il n’y a pas de défi quantifiable, alors que, vous le savez, j’aime tellement les chiffres ! Et je suis lucide, je me rends compte que je remplace une compulsion par une autre. Je ne mange plus comme une outre, ce n’est plus mon obsession, même je me désintéresse de la nourriture, en revanche j’ai reporté mes excès sur le sport et sur l’achat de vêtements…

Je crois sincèrement que je ne serai jamais quelqu’un de modéré. Tant pis, finalement je préfère être passionnée avec toujours plein de rêves, de projets, d’objectifs que vieillir en vivant dans le passé et en devenant aigrie et radoteuse à toujours critiquer;-) Donc, fin de la parenthèse.

J’ai eu cette période d’une dizaine d’années, un peu floue, totalement axée sur le travail et l’amitié. Et le 5 octobre 2003, ma vie a changé. J’ai rencontré Chéri ! Je vous ai déjà raconté notre rencontre, notre coup de foudre, le fait que je sois allée habiter chez lui trois jours après notre rencontre.

L’un comme l’autre, au bout de quelques heures, nous nous sommes rendus compte que nous avions envie d’être ensemble. Ce fut très simple. On avait envie d’être ensemble, alors on ne s’est plus quittés. Je n’ai pas écouté tous ceux qui m’ont dit c’est une folie bla bla bla. Quelle folie ? Au pire, au bout d’un mois nous ne nous supportions plus, et je rentrais chez moi, voilà. Mais pourquoi perdre du temps, se priver de ce dont a tellement envie ? Quand j’ai connu Chéri, j’étais à 95 kilos, Chéri adore les femmes très en forme(s).

Pendant un an, mon poids est resté stable. Nous allions au restaurant trois fois par semaine, je n’ai plus du tout cuisiné, car c’est la passion de Chéri et il le fait autrement mieux que moi, et j’ai mangé très différemment de quand j’étais seule. Plus gras, plus copieux, je me suis vite faite à la bonne cuisine de Chéri:-) Et malgré ça, pendant un an, je suis restée à 95 kilos. Le pouvoir de l’amour ? Non, je ne sais pas…

Je me pesais de temps en temps, et je voyais que mes vêtements m’allaient toujours donc j’ai profité au maximum de cette « chance » et me suis mise à manger des portions de plus en plus grosses, et surtout, j’ai introduit dans mon alimentation ce qui n’y était pas du tout avant, les chips et le saucisson, quotidiennement, chaque jour en rentrant du travail. Ca en plus du chocolat que j’aime tant, ça ne pouvait pas ne pas me retomber dessus.

En 2005, terminée la période de grâce où je ne grossissais pas, et hop, mon poids est monté en flèche. J’ai dû, encore une fois, adapter toute ma garde-robe, arrivant jusqu’à la taille 54. Je ne me suis pas affolée plus que ça, car Chéri me trouvait si belle, et moi, j’ai nié que je me sentais mal dans mon corps, plus grosse que jamais je ne l’avais été. Une fois passés les 100 kilos, j’ai arrêté de me peser, et continué à me régaler dans les restaurants, à la maison, au cours de nos voyage. A ce moment-là nous partions beaucoup.

Je voyais l’effroi dans les yeux de mes proches, parfois le dégoût, mais je faisais comme si je ne voyais rien. Depuis des années, mes parents et mon frère avaient compris que le sujet était totalement tabou, que je me braquais à la moindre allusion, et se gardaient bien de m’en parler. Le choc, immense, violent, a eu lieu le 31 décembre 2006.

Nous étions en Belgique, à Bruges, pour fêter le nouvel an. Nous avions réservé dans un restaurant gastronomique. La soirée a été belle, c’est tellement facile en Belgique de parler, de faire des connaissances. Nous avons passé une délicieuse soirée. Vers 23h45 on nous a distribué des cotillons, et j’ai mis le petit chapeau pointu en carton coloré sur ma tête en riant. A minuit, tout le monde a embrassé tout le monde pour souhaiter la bonne année, et tout à coup, je me suis vue dans un miroir.

Avec mon petit chapeau pointu en carton sur la tête. Chapeau minuscule sur ma grosse tête bouffie, tête débouchant sur un triple menton, un buste énorme… Décalage terrible et terrifiant entre ce petit chapeau et ma grosse tête reposant sur mon gros corps. Moi qui ai un long cou et un port de tête que j’aime bien, là je n’en avais plus, il avait disparu sous la graisse et ma tête était directement posée sur mes épaule informes. Mon sourire est parti, je suis devenue livide…

Je me suis prise moi-même en pleine face, et ce fut violent ! Des mois que je ne me regardais pas vraiment, que je ne me pesais pas. Je me suis vite reprise et remise à sourire, mais je me suis dit « Je me souhaite une bonne année 2007, et quand cette année se terminera, je serai mince ou morte, mais pas grosse ». Ce petit chapeau, je l’ai gardé de nombreuses années, il a été mon déclic, mon sauveur.

Le lendemain matin à l’hôtel, je me suis regardée dans le miroir en pied. Regardée vraiment, faisant un état des lieux sans concession, sans me voiler la face. Et ma détermination n’en a été que plus immense. Ce premier jour de l’année 2007 serait le premier jour de mon changement. Je n’en ai pas parlé à Chéri, je voulais réfléchir. Nous sommes rentrés à Paris, et j’ai dit que je n’avais pas faim, que le repas du Nouvel an n’était pas encore digéré. Je n’ai rien mangé pendant deux jours, et, au moment de reprendre le travail je lui en ai parlé.

Mais je lui en ai parlé d’une façon maladroite. Forcément ça tournait en boucle dans ma tête depuis trois jours et j’étais décidée, mais lui, ne s’attendait pas du tout à ce que j’aborde ce sujet de but en blanc. Il a été noyé sous mon flot de paroles et de larmes, tout sortait sans ordre logique. Il a retenu que j’avais décidé de maigrir, coûte que coûte, par n’importe quelle méthode. Car je m’étais pesée en rentrant de Bruges, et je pesais un poids jamais atteint.

113 kilos.

113 kilos.

113 kilos, pour 1m70.

Je ne pouvais pas penser à quoi que ce soit d’autre.

113 kilos.

113 kilos.

J’allais devenir dingue, je ne pouvais plus réfléchir, ce nombre tournait follement dans ma tête. Et là, ma nature excessive n’a plus connu de limite. Je suis passée de tout à rien. Pendant un mois, j’ai mangé une pomme par jour. Rien de plus. Le premier février, j’étais repassée sous les 100 kilos. J’étais extatique, dynamique comme jamais. Chéri était affolé. Mes collègues aussi. Mes amies aussi. Tout le monde sauf moi, qui ne me voyais pas. Je ne voyais que les chiffres sur la balance. En février, en plus de la pomme, chaque jour, j’ai ajouté une tranche de jambon blanc.

Et perdu encore dix kilos. Chéri était de plus en plus affolé. Je ne voulais plus aller au restaurant, plus manger. Il a fini par appeler mes deux amies les plus proches qui elles aussi s’inquiétaient. Elles m’ont prise entre quat’zeux et m’ont parlé, comme les vraies amies peuvent se permettre de parler. Elles m’ont forcée à me regarder dans un miroir. J’avais les yeux creusés, le teint gris, beaucoup moins de cheveux. Elles m’ont dit que Chéri, elles, tout le monde se faisait beaucoup de souci pour moi qui avais si mauvaise mine.

Mais moi je ne voyais pas ça dans le miroir, je voyais juste mon visage qui retrouvait forme humaine, mon cou qui commençait à réapparaître… Chéri et mes amies ont fini par me convaincre d’aller voir une diététicienne. Je l’ai fait. J’ai tout bien écouté ce qu’elle me disait, pris ses instructions sans broncher, et n’en ai fait qu’à ma tête, comme d’habitude. J’ai quand même recommencé à manger un peu, passant de 150 calories par jour à environ 800.

J’ai continué à maigrir, moins vite, mais maigrir. En avril 2007, quatre mois après ce nouvel an de prise de conscience, j’étais passée de 113 à 83 kilos. 30 kilos en quatre mois. Je continuais consciencieusement à aller chez la diététicienne, pour me donner bonne conscience et apaiser tout le monde. Je mangeais environ 1000 calories par jour. J’avais retrouvé meilleure mine, prenais soin plus que jamais de ma peau. En revanche je n’avais plus beaucoup d’énergie, et étais moins agréable à vivre pour Chéri, à coup sûr.

Nous n’allions plus que rarement au restaurant, et pour manger avec lui le soir, je ne mangeais pas de la journée. Ainsi je partageais un repas avec lui. Je crois que Chéri a eu peur, peur pour moi, et peur pour notre couple peut-être. Il n’y avait pourtant pas de quoi, notre amour se renforçait de jour en jour. Mais avec le recul, je comprends son désarroi.

Et c’est en ce mois d’avril 2007 que Chéri m’a demandée en mariage. Moi qui avais toujours été farouchement contre le mariage, j’ai été stupéfaite de sa demande, je n’y avais jamais pensé, nous n’en avions jamais parlé. J’ai été submergée d’une vague d’émotion(s), de bonheur, et je n’ai pas eu besoin de réfléchir pour dire oui. Nous venions d’acheter l’appartement où nous sommes encore, un beau grand appartement à Montmartre. Cette année fut plus que riche en bonheurs. C’était aussi l’année de mon quarantième anniversaire. Nous avons fait une petite fête pour la famille proche, fêtant mes quarante ans, notre crémaillère, et annonçant ainsi à la famille que nous allions nous marier, mais que nous ne les inviterions pas.

En effet, Chéri et moi avions le désir profond de nous marier parce que nous nous aimions et savions vouloir passer notre vie ensemble, mais ça ne nous ressemble pas de vouloir faire un grande fête où, plutôt que célébrer l’amour, on essaie de paraître heureux et de montrer aux autres qu’on l’est, en faisant surenchère d’effets spéciaux, de clinquant… Enfin, nous c’est ainsi que souvent nous ressentons les choses aux mariages auxquels nous sommes invités… Nous avions juste envie de faire un déjeuner dans un bon restaurant, avec nos parents et nos frères. Ce que nous avons fait, allant tout simplement à pied de chez nous à la mairie, puis dans un restaurant niché dans les escaliers de Montmartre, tout petit restaurant gastronomique que nous avons privatisé pour la quinzaine que nous étions. A notre mariage, le premier décembre 2007, tout le monde m’a trouvé limite maigre. Je pesais moins de 80 kilos. Et en effet, je faisais maigrelette, car j’avais perdu beaucoup de volume, beaucoup de masse musculaire et mon corps n’était pas tonique ni harmonieux. Aujourd’hui, je pèse moins qu’à notre mariage mais je parais plus tonique, plus forte, beaucoup mieux me dit Chéri.

Notre mariage a été un peu gâché par une réflexion de mon père. Lui qui ne m’a jamais dit que j’étais belle ou qu’il m’aime a choisi ce jour-là pour me le dire, de la plus maladroite des façons. Il m’a dit à l’oreille « Aujourd’hui tu es belle parce que tu as maigri, c’est comme ça que je t’aime. Ne regrossis jamais ». Je lui ai dit que je ne pouvais pas promettre une telle chose…

Nous étions en décembre 2007, et j’avais tenu la promesse que je m’étais faite au premier janvier. Mais j’étais à bout d’énergie, je ne pouvais plus lutter contre la nature et continuer ainsi à me sous-alimenter. Petit à petit, un peu plus chaque jour, j’ai mangé un peu plus. En mars 2008, j’étais remontée à 84 kilos.

Et… je suis retombée dans l’engrenage infernal, j’ai arrêté de me peser. J’ai mangé du chocolat, des chips, me disant « oh je le mérite bien après tous mes efforts ». Mais ça, ça passe une fois de temps en temps, mais pas tous les jours… Quand on fait ça tous les jours, forcément on regrossit. Surtout que je n’avais pas pris la peine de stabiliser sainement les kilos perdus trop vite et n’importe comment. Et ainsi a continué pendant cinq ans le yoyo. Grossir, prendre conscience, maigrir n’importe comment, re-grossir et ainsi de suite…

Je vais arrêter là pour aujourd’hui, à chaque fois, raconter tout cela dont j’ai si rarement parlé me secoue. Là je me mets totalement à nu devant vous, et ce n’est pas très flatteur pour moi, pour mon comportement de toutes ces années… Mais je crois que c’est nécessaire, pour moi, pour m’éviter, une bonne fois pour toutes de grossir à nouveau, pour vous, qui allez enfin comprendre toutes mes errances…

Prochain épisode, ma découverte du sport avec JC. Et en attendant, je vais à ma séance avec Paul. Après la séance de reprise d’hier, je suis une boule de courbatures. Sept semaines d’inactivité, ça ne pardonne pas:-))))))

Reprises

Chéri va mieux. Beaucoup mieux. Il parvient à respirer à peu près normalement. Encore fatigué, mais ça s’améliore de jour en jour. Espérons que la nouvelle vague de chaleur prévue la semaine prochaine ne lui provoquera plus de malaise.

Je reprends le travail lundi prochain. Je suis prête. Mon corps va bien. Mon cerveau est opérationnel, il me semble en tout cas:-) Vendredi en fin d’après-midi, j’ai eu une collègue au téléphone pendant plus d’une heure, qui m’a raconté les blas-blas du bureau pendant ces six dernières semaines, ça m’a donné très envie d’y retourner. Mes collègues me manquent, même ceux qui m’agacent:-)) Et mon travail me manque.

Samedi, nous sommes allés à Reims. Nous avons passé la journée entière avec ma mère naturellement, mais aussi avec ma nièce. Elle était en week-end à Reims et nous a proposé de nous emmener en Belgique. Dans la jolie petite ville proche de la frontière où nous allions pratiquement chaque dimanche avec mes parents quand nous étions petits mon frère et moi. Ca a fait très plaisir à ma mère. Et à moi aussi ! Quand nous habitions Charleville, il fallait environ 25 minutes en voiture pour aller à Bohan, de Reims il faut une heure et demi. Nous sommes partis à 10 heures de Reims, Lou étant venue nous chercher à notre arrivée au train, puis nous avons bu un café chez ma mère. Arrivés à 11h30 à Bohan, nous nous sommes un peu promenés le long de la Semoy. Puis sommes allés à notre resto/friterie préféré. Comme depuis quelques jours, je mange à nouveau solide, lentement, à petites bouchées, de petits repas, je me réjouissais à l’idée de manger des frites pour la première fois depuis bien des semaines.

J’ai commandé une tomate farcie au thon piquant, avec une assiette de frites. Les belges sont toujours plus que généreux sur les portions, voyez vous-mêmes.

J’ai mangé une petite moitié de la tomate au thon, les rondelles de concombre, et le tiers de mon assiette de frites. Impossible de manger plus, et encore ça représente bien davantage que les jours précédents. Je me suis régalée, j’adore le thon froid, mélangé à de la sauce pimentée et plein d’herbes, et les tomates crues c’est ma folie. Quant aux frites, de vraies frites belges, un régal !!!!!!! Ma mère a pris la même chose que moi, avec du crabe au lieu du thon, et a tout mangé, pour vous donner une idée des quantités que je mange en ce moment. Ma mère a toujours été une toute petite mangeuse, et là, elle a tout mangé, après tout c’était une entrée…

Nous sommes ensuite allés faire quelques courses au petit magasin de Bohan, faisant le plein de biscuits, chocolats, fromages, bières à rapporter aux amis et collègues. Ensuite, nous avons bu un café en terrasse, admirant la Semoy et nous réjouissant, tout simplement, d’être là, comme nous l’avons été tant de fois. Puis nous avons repris la voiture et sommes rentrés à Reims.

Ces journées sont toujours joyeuses, les trois générations (ma mère, ma nièce et moi) sommes toujours heureuses de nous retrouver. Nous avons eu le temps de boire un verre chez ma mère, et Lou nous a ramenés à la gare, notre train est arrivé à Paris à 20 heures. Et c’est là que mon estomac a commencé à se rappeler à mon bon souvenir.

Ca s’est mis à gargouiller, j’avais mal au ventre, mal au coeur… Mon estomac tout dur et tout gonflé. Toute la soirée j’ai eu mal au ventre, ça ne dégonflait pas. Vers minuit, j’ai été prise d’une violente diarrhée, douloureuse, qui a duré une partie de la nuit. Mon ventre était toujours très dur. Dimanche je n’ai rien mangé pratiquement, toujours le ventre dur et douloureux. Ca a fini par passer en fin d’après-midi. Je me rends compte que pour le moment je peux manger solide certes, mais uniquement des produits bruts, cuisinés sans gras. Encore un peu tôt pour la friture…

Le fait est que le chirurgien m’a dit qu’il faudra trois à six mois pour que ça redevienne vraiment plus facile la digestion. Et là, ça fait tout pile sept semaines. Alors pour le moment je continue mes tout petits repas, à petites bouchées. Déjà, c’est un tel plaisir de manger à nouveau solide.

Hier, j’ai ouvert mon ordinateur portable, que j’avais rapporté à la maison après mon dernier jour de travail vendredi 24 juin, et auquel je n’ai pas touché depuis. Avoir parlé à ma collègue vendredi m’a donné envie de retrouver mon travail, et aussi, je me suis dit, je vais faire un peu de tri dans mes mails pour ne pas être complètement submergée en arrivant au bureau lundi prochain. Bien m’en a pris.

Plus de 2500 mails dans ma boîte de réception. J’ai passé deux heures, j’en ai lu plus de 1500, en diagonale, histoire de voir ceux que je pouvais supprimer, ceux qu’on m’a envoyés pour info, et ceux à traiter. Ce matin, je me suis réveillée à 5h30, depuis plusieurs jours, je me réveille spontanément tôt, comme quand je vais travailler, c’est aussi pour ça que je me dis que vraiment je suis prête à reprendre. Je me suis douchée, pris mon petit déjeuner, et de 6h30 à 9h30 j’ai fini de lire tous les mails et commencé à les traiter. Je ferai pareil demain, jeudi et vendredi, deux ou trois heures à chaque fois.

Je sais… je ne suis pas censée faire ça, vous allez me le dire, mais je le fais parce que j’en ai envie, parce que j’aime mon travail qui commence à vraiment me manquer, et pour mon confort, pour être opérationnelle et pas complètement larguée lundi prochain. D’autant que je suis en vacances dans pile un mois, vendredi 16 septembre, et nous nous envolons Chéri et moi pour Lisbonne.

Nous ne les aurons pas volées ces vacances, nous en avons autant besoin l’un que l’autre. Chéri a demandé au chirurgien cardio s’il pourra prendre l’avion deux semaines après sa petite intervention, le chirurgien a dit oui. On avisera quand ce sera fait de toute façon. Et moi, je suis contente d’avoir remis la tête dans le travail, vous n’imaginez pas:-) Ca, c’est donc la reprise (officieuse) du travail.

Et aujourd’hui, ce qui m’a rendue la plus heureuse, c’est la reprise du sport. le chirurgien m’avait dit d’attendre six à sept semaines avant de reprendre la musculation. La marche, je pouvais au bout de dix jours. Et aujourd’hui ça fait tout juste sept semaines, Paul et moi avons été plus que prudents et patients, en prenant le délai le plus long. J’ai repris la marche, d’abord 5000 pas quotidiens pendant un mois, puis en augmentant de 1000 pas par jour, revenant à mon niveau de 15 000 à 20 000 pas la semaine dernière, comme avant l’opération. La semaine dernière Paul m’a demandé, plutôt que faire une heure de marche rapide au stade comme depuis plusieurs semaines, d’aller marcher dans Montmartre, puisque nous y habitons. Ainsi je monte et descends les multiples escaliers de toutes les faces de la butte, et non seulement ça fait bien monter le cardio mais ça sollicite les muscles, ce que voulait Paul, pour me préparer à la reprise cette semaine.

Je m’étais inscrite à l’Usine le 30 juin 2021, quand j’ai commencé les séances avec Paul. Mon inscription s’est donc terminée le 30 juin 2022, ce qui tombait parfaitement bien, juste au moment de mon opération. Je suis donc allée cet après-midi à l’Usine une heure avant l’heure de notre séance, pour refaire mon inscription, et surtout, avoir le temps de dire bonjour à tout le monde. Ils m’ont tous vraiment beaucoup manqué. J’étais surexcitée, et en même temps, j’appréhendais, presqu’intimidée. Pourtant, au long de ces sept semaines, j’ai pris deux fois un café avec Paul, on a échangé des message quotidiennement, il m’a soutenue tout du long de ma convalescence, chaque soir je lui dis ce que j’ai mangé, mon nombre de pas etc… et ça fait un an que je le vois quatre ou cinq fois par semaine, alors pourquoi j’étais intimidée ?

Je n’en sais rien. Je me sentais comme si c’était notre toute première séance, je savais qu’il allait me tester, pour voir les charges que je peux porter pour la reprise. C’est ça aussi que j’appréhendais beaucoup, est-ce que j’ai beaucoup perdu en force ? Et en fait, on ne le saura pas aujourd’hui, car nous n’avons pas fait de musculation. Paul a vu que je suis affaiblie, et que mes muscles sont moins apparents, et que je suis moins « puissante » qu’il y a quelques mois.

Il m’a dit que j’ai subi une grosse intervention, qu’on ne va pas directement faire de la musculation, ce serait plus dangereux que bénéfique. Que d’abord il faut réathlétiser mon corps. Je n’avais jamais entendu ce verbe. Mais j’ai vite compris:-)) Remettre en route le cardio, et l’ensemble des muscles. Après dix minutes d’échauffement à courir sur le tapis, faire des squats à vide, des pompes, nous avons fait un circuit, à trois reprises.

Six exercices, sans temps de pause. 40 secondes de corde ondulatoire, 15 tirages tractions, 15 squats avec un haltère de dix kilos, 15 pompes, 1 minute de gainage, 15 fentes, et une minutes de course sur tapis. Le temps de faire ce circuit trois fois, ça a pris 55 minutes, et brûlé 600 calories. Nous avons cinq séances cette semaine, nous ferons de la muscu dans la deuxième moitié de la semaine, Paul pense qu’on pourra repartir avec pratiquement les mêmes charges qu’avant l’opération, et il est certain que d’ici un mois je serai revenue au niveau d’avant l’opération, et je le crois.

On va bosser aussi fort qu’il le faut, et avant mes vacances à Lisbonne, je serai revenue à niveau:-))))) J’en ai bavé avec cette séance pourtant pas difficile du tout en réalité, je les sens les sept semaines d’inactivité et le fait que mon corps a été « traficoté ». Mais j’ai déjà hâte d’être à demain pour la séance suivante, un peu plus difficile, et ainsi de suite. J’ai pris goût à l’effort, à la discipline, aux défis à priori hors de portée… Je vous montre à quoi je ressemble aujourd’hui ? Je n’ai pas si mauvaise mine, ça se voit que j’ai bien dormi pendant mes semaines de convalescence.

Je vous souhaite une bonne soirée. Prenez soin de vous

Chéri, c’est ma vie

Mon dernier article date de mardi dernier, le 2 août. Petite interruption dans le récit de mon parcours d’obèse, car ce mardi 2 août, Chéri est entré à l’hôpital. Depuis le dimanche, il souffrait de la chaleur, comme nous tous vous allez me dire… Mais ce dimanche a été différent. Chéri était oppressé, ne parvenait pas à prendre son souffle, et transpirait bien plus que d’habitude. Il n’a même pas eu la force d’aller au marché, c’est moi qui y suis allée.

Tout l’après-midi il a beaucoup toussé, complètement oppressé, à bout de souffle sans bouger. C’était pire encore allongé. Dès lundi, nous sommes allés chez la généraliste, qui nous a dit de voir un cardiologue. Le cardiologue habituel de Chéri étant en vacances, nous avons dit à la généraliste que nous verrions cela à son retour. Elle nous a fait comprendre que non, c’était maintenant qu’il fallait voir le cardiologue.

Mardi, Chéri a quand même voulu aller travailler. J’ai réussi à trouver un rendez-vous pour mardi en fin d’après-midi à la clinique de Turin, clinique spécialisée en cardio, où les cardiologues consultent même le dimanche. Nous y sommes donc allés, Chéri ne pouvait plus respirer correctement du tout, et la cardiologue qui l’a examiné nous a dit, après une heure d’examens divers et variés, qu’elle craignait soit une embolie pulmonaire, soit une crise cardiaque, qu’il fallait nous rendre immédiatement aux urgences de Bichat, hôpital doté d’un excellent service cardiologie.

Et là, la nuit infernale a débuté. Nous sommes allés aux urgences en taxi, arrivés à 18h30. Chéri a été enregistré à l’accueil des urgences, et, déclaré en urgence vitale au vu du mot de la cardiologue de la clinique de Turin, a été pris en charge moins de cinq minutes après notre arrivée. Je n’ai pas pu entrer dans le service des urgences avec lui, je suis donc restée en salle d’attente. Assise sur une chaise bien dure, dans une salle surchauffée, en compagnie d’une cinquantaine de personnes attendant…

Une heure passe, deux heures passent… J’avais soif. le distributeur de boissons était en panne, les toilettes hors service, et je n’osais pas quitter la salle d’attente, puisque qu’on était censé me donner des nouvelles de Chéri. Au bout d’un long moment, je suis allée au guichet d’accueil demander comment allait Chéri, je ne savais même pas s’il était mort ou vivant… On m’a sèchement dit d’attendre. Les heures ont passé, passé, passé, j’étais toujours sur ma chaise dure. Je ne voulais pas appeler les parents de Chéri, ne voulant pas les affoler alors que je ne savais rien.

Je ne savais pas si je devais attendre, si Chéri allait rentrer à la maison, ou si je pouvais rentrer parce qu’ils allaient le garder. Vers minuit, je crois, je ne me souviens pas exactement des heures, une infirmière est venue me voir, disant que Chéri avait passé un scanner, et que plusieurs examens étaient en cours, que je devais attendre. Qu’il y avait toujours suspicion d’embolie pulmonaire, du liquide dans les poumons, et le coeur très irrégulier, Chéri ayant du mal à respirer.

J’ai appelé mon frère. J’avais besoin de parler, de pleurer. Nous avons passé une demi-heure au téléphone. A trois heures du matin, je n’avais toujours pas bu une goutte d’eau depuis la veille à16 heures, je me sentais poisseuse. Car au fur et à mesure que la nuit avance, les gens qui viennent aux urgences diffèrent. Drogués en manque, SDF, schizophrènes en crise… La tension monte, les cris retentissent…

Et moi, recroquevillée sur ma chaise, j’aurais donné n’importe quoi pour avoir des nouvelles de Chéri. Je me suis rendue compte au cours de cette si longue nuit que la peur que j’ai éprouvée avant mon opération n’était que le millionième de celle que j’éprouvais en cet instant. J’aurais tellement voulu être à la place de Chéri, l’idée qu’il souffre, qu’il puisse lui arriver quelque chose est insoutenable. A trois heures du matin donc, j’ai enfin vu un médecin qui m’a dit de rentrer, qu’ils n’arrivaient pas à stabiliser Chéri, et qu’ils allaient le garder. Qu’il ne pouvait pas m’en dire plus pour l’instant.

L’accueil de l’hôpital m’a appelé un taxi, et je suis rentrée à la maison à 3h30. J’ai bu de l’eau, ai donné à manger aux chattes, pris une douche, et me suis couchée à quatre heures. A six heures j’étais debout. J’ai essayé d’appeler les urgences, ça ne répondait pas. A midi, c’est Chéri lui-même qui m’a appelée, pour me dire qu’il allait être transféré dans une clinique à Neuilly, clinique uniquement dédiée à la cardiologie. J’ai appelé notre généraliste qui m’avait demandé de la tenir au courant. Elle m’a dit qu’en effet Chéri ne pouvait être mieux que dans cette clinique, que c’était parfait.

J’ai donc préparé un sac avec des vêtements, des affaires de toilette pour Chéri et suis allée à cette clinique. Mon pauvre Chéri. Depuis pratiquement 24 heures qu’il était entré aux urgences, on ne lui avait donné ni à boire ni à manger, il a passé la nuit sur un brancard entre les examens. Il avait le torse plein d’électrodes reliées à un écran, son cardio était à plus de 160 !!!!!!!!!!!!! Le double de ce qu’il devrait être.

Je suis tout de suite allée demander de l’eau à une infirmière, qui a aussi donné un petit en-cas à Chéri. Je lui ai demandé si on pouvait enlever les électrodes le temps qu’il prenne une douche et change de vêtements. Une fois la douche prise, ayant bu et un peu mangé, Chéri se sentait mieux. L’infirmière a remis les électrodes. L’embolie pulmonaire a été écartée, ils ont vidé le liquide dans les poumons.

Je suis restée avec Chéri jusqu’à 19 heures, et rentrée à 20 heures à la maison, la clinique est loin de chez nous en transports. J’ai appelé Chéri en rentrant, il s’apprêtait à dormir, épuisé par sa nuit aux urgences, et son coeur battant si vite et l’empêchant de respirer correctement. J’avais appelé ses parents en fin de matinée, quand j’avais eu des nouvelles. Ils m’ont dit qu’ils iraient le voir dès le lendemain jeudi, ce qui tombait bien, car il était prévu que j’aille à Reims. Mon frère étant en vacances aux Etats-Unis, je ne veux pas laisser mes parents trop longtemps sans visite.

Malgré la fatigue de la nuit blanche de la veille, je n’ai pas réussi à dormir, ne sachant toujours pas ce qu’avait Chéri, et trop inquiète pour fermer l’oeil. Jeudi je suis donc allée à Reims, fait les courses pour ma mère, allée voir mon père à l’Ehpad. Dans le train j’ai craqué. Je me suis mise à pleurer. Trop d’inquiétude, trop de fatigue, trop de malaises dus à ma convalescence pas tout à fait terminée…

J’ai eu Chéri plusieurs fois au téléphone ce jeudi pendant que j’étais à Reims, et une fois rentrée à Paris. Finalement il a demandé à ses parents de ne pas venir, la journée s’est déroulée en examens non-stop. Je me suis couchée à 21 heures 30, je n’en pouvais plus, et j’ai dormi jusqu’à sept heures du matin vendredi. Je suis partie en tout début d’après-midi pour la clinique, et j’ai passé l’après-midi avec Chéri. Ses parents sont passés vers 16h30, quand l’infirmière est arrivée pour faire l’électrocardiogramme (ils en faisaient un toutes les deux heures), nous nous sommes un peu fait disputer, une seule personne est autorisée pour les visites. Nous ne le savions pas.

Les parents de Romain sont partis assez vite de toute façon, il était fatigué. Je suis ainsi allée voir Chéri tous les jours… Son frère des Etats-Unis, en vacances à Paris est passé le voir samedi avant son retour à Denver dimanche. Ses parents sont à nouveau venus lundi après-midi. Chéri a beaucoup beaucoup beaucoup dormi pendant son séjour à la clinique. Ils ont finalement diagnostiqué une arythmie, pathologie pas très grave, ouf ouf ouf…

Chéri est sorti mardi après-midi, pile une semaine après notre passage aux urgences. Il est en arrêt maladie, et doit retourner à la clinique le 5 septembre, pour une petite intervention du coeur, il restera hospitalisé quelques jours. Je suis allée à la clinique en transports pour chercher Chéri, nous sommes rentrés en taxi, et il est allé se coucher dès que nous sommes arrivés. Je suis allée chercher ses médicaments, fait quelques courses .

Hier nous sommes sortis marcher environ dix minutes, Chéri a dû s’arrêter au bout de cinq minutes pour s’assoir. Nous avons donc directement fait demi-tour. Quant à moi, pour me vider la tête, hier matin tôt, avant la chaleur, je suis allée au stade faire une heure de marche rapide. Mardi ça a fait pile six semaines que j’ai été opérée, je vais donc pouvoir reprendre le sport la semaine prochaine, et je peux réintroduire des aliments solides dans mes repas. En une heure de marche rapide, j’ai fait 6,5 kilomètres, j’étais contente. Hier après-midi, je me suis allongée, et hop, je ne me suis pas sentie partir, et j’ai dormi profondément deux heures. La semaine qui vient de s’écouler a été rude.

Ce matin tôt, toujours avant la chaleur, je suis allée marcher. Mais pour préparer mon retour au sport mardi prochain, Paul m’a demandé de faire du cardio, de marcher dans Montmartre, grimper les escaliers deux par deux, monter les pentes le plus vite possible… De chez nous je suis donc montée au Sacré-Coeur, nous habitons au pied des fameux escaliers de Montmartre.

Il y a un an, avant de commencer mes séances avec Paul, de chez nous au Sacré-Coeur, je mettais près d’un quart d’heure, 13 minutes. Ce matin j’ai mis précisément 8 minutes 13 secondes. Mon cardio est bien meilleur qu’il y a un an, il bat à 47 pulsations minutes, je me suis allégée de pas mal de gras, enfin, j’ai eu l’impression ce matin que ma forme est revenue. Pendant une heure, j’ai monté, descendu, remonté, redescendu, faisant toutes les faces de la butte Montmartre.

Tôt le matin il n’y avait pratiquement personne, pas encore de touristes, que c’est beau Montmartre, que j’aime mon quartier ! Quand je suis rentrée, Chéri se réveillait juste. Il va mieux, ne tousse quasiment plus, respire mieux. Il est toujours très fatigué, ça je pense que c’est normal après la semaine qu’il a passée. En fin d’après-midi nos avons rendez-vous avec notre généraliste, qui va regarder tous les comptes-rendus des examens, et regarder le traitement donné à Chéri.

Chéri est décidé à lui demander le nom d’un nutritionniste spécialisé car on lui a beaucoup parlé de ça à la clinique. Chéri est trop gros. Ils l’ont directement mis à des repas sans sel sans sucre. Il va falloir qu’il revoie sa façon de manger, et de consommer de l’alcool. Bien sûr, je vais le soutenir mais c’est bien qu’il voie un professionnel qui le conseillera par rapport à sa pathologie. Sa façon de manger va sûrement se rapprocher de la mienne… A suivre…

Voilà donc pourquoi je ne suis pas venue vous écrire durant toute une semaine. Je reprends au plus vite le récit de mon parcours d’obèse. Et le quotidien, puisque je peux à nouveau manger à peu près de tout, et surtout, la reprise du sport avec Paul mardi prochain. J’ai respecté à la lettre les consignes pendant mes six semaines de convalescence, celles du chirurgien pour l’alimentation, celles de Paul pour marcher, juste marcher, un peu davantage chaque jour, mais sans forcer et sans faire aucun mouvement musculaire, juste de la marche, alors là, maintenant que je me sens vraiment mieux, inutile de vous dire comme je bous d’impatience de reprendre la musculation:-)))))))))

Bon après-midi vous tous, prenez soin de vous.

J’ai toujours été grosse… obèse (partie 2)

Mes parents n’ont rien dit en me voyant si grosse. En me voyant obèse, n’ayons pas peur des mots. Je mesure 1m70, j’étais passée d’un peu moins de 70 kilos à presque 100.

Donc, mes parents n’ont rien dit. J’aurais mille fois préféré qu’ils parlent, qu’ils s’énervent, qu’ils pleurent, n’importe quoi plutôt que ce manque de réaction verbale… Ce fut le début de plusieurs décennies de non-dits, de regards, de petites phrases pleines de sous-entendus, mais jamais de discussions, de questions sur ce qui s’était passé pendant ces six premiers mois de mes études… Sur ce mal-être qui me dévorait depuis que j’étais petite, que j’avais peur d’être abandonnée, pas aimée, que mon corps avait été violé…

Pendant ce week-end, mon père n’a pas dit un mot. Il fait partie de ces gens qui peuvent faire la tête et ne pas parler des jours entiers. Ma mère a fait comme si rien n’avait changé. Je suis rentrée le dimanche soir à Troyes, dans ma chambre d’étudiante, et j’ai mangé, mangé, mangé… Pendant mes deux ans d’études, je ne suis que très peu rentrée chez mes parents, creusant encore l’incompréhension entre nous.

Au long de ces articles, je vous parle de mes parents par rapport à mon poids. Ce n’est qu’une facette d’eux. Cela ne résume pas les parents qu’ils ont été, qu’ils sont. Ils ont fait ce qu’ils ont pu face au poids, avec eux-même leur histoire à porter. Eux non plus n’ont jamais eu une relation facile avec la nourriture, et toutes leurs réactions, leurs paroles, si elles ont été maladroites, ont été dictées par l’amour qu’ils me portent. Car je ne doute pas de leur amour. Mon père a les qualités de ses défauts, et ayant souffert de son enfance avec un père alcoolique, très vite absent, puis d’un beau-père violent, se serait fait tuer pour nous. Il a travaillé plus que de raison pour nous assurer un confort matériel, nous lancer dans la vie, nous apporter la sécurité financière dont il a tant manqué, lui qui a dû travailler très jeune pour aider sa mère et élever son petit frère. Il n’a jamais su avoir de mots tendres, il n’avait pas le temps, il se levait à trois heures du matin pour aller à l’usine. Tout cela je ne l’ai compris que beaucoup plus tard, petite fille, adolescente, jeune femme évidemment j’en ai souffert… Enfin voilà j’ai ouvert cette parenthèse pour que vous ne pensiez pas que ces articles sont à charge contre mes parents, je raconte juste comment j’ai toujours été obèse et comment j’essaie de m’en sortir, et forcément ils font partie intégrante de ma construction.

Après ces deux ans d’études s’est posée la question de savoir si je voulais continuer et aller plus loin dans mes études. Non ! Je n’avais qu’une idée, qui ne me quittait pas depuis l’âge de huit ans. Venir vivre à Paris, y travailler, être totalement indépendante, me noyer dans la masse anonyme d’une grande ville et ne plus être engluée dans l’atmosphère étouffante d’une petite ville où tout le monde observe tout le monde, où le moindre geste est disséqué par les voisins…

J’ai annoncé à mes parents que mon bac+2 me suffisait. Mon père l’a très mal pris. Lui qui avait dû arrêter pour travailler et s’occuper de sa mère et son petit frère n’a pas compris que je ne souhaite pas poursuivre mes études. Nous avons eu une grosse, grosse dispute. Moi, la petite fille modèle, jamais un mot plus haut que l’autre, me faisant la plus neutre possible pour ne pas encombrer, j’ai osé, pour la première fois, dire ce que je voulais. Et je voulais arrêter mes études.

Ayant le même caractère excessif et buté que mon père, j’ai fait mon sac, et ai pris toutes affaires cessantes le train pour Paris. Je suis allée chez ma grand-mère paternelle. J’ai trouvé du travail dès le lendemain, dans un grand magasin. Me promettant de continuer à chercher pour trouver plus en rapport avec mes envies.

Dès le premier jour, je me suis sentie si bien à Paris, si bien avec ma grand-mère. Je ne suis pas restée longtemps chez elle, je voulais être indépendante. Je me suis retrouvée dans un minuscule studio, avec un minuscule salaire, j’avais 20 ans, je me sentais si bien. J’ai très vite trouvé du travail ailleurs, puis encore ailleurs, puis encore ailleurs, j’adorais changer de travail, progressant un peu à chaque fois. Je me suis fait quelques amis, pas beaucoup, mon côté foncièrement indépendant me faisait aimer être seule, et j’ai exploré Paris. Je passais beaucoup de temps le week-end avec ma grand-mère, je lisais beaucoup.

Et je mangeais. Lire, je m’en suis rendue compte plus tard, était pour moi synonyme de bien-être, et donc de manger. J’avais le livre dans une main, et de l’autre, je piochais dans un paquet de biscuits, une plaque de chocolat…. Je continuais à m’alimenter presqu’exclusivement de pâtes, de pizzas, de pain et de charcuterie… Des légumes ? Du poisson ? Des oeufs ? Non, absolument pas… Et curieusement, je ne grossissais plus. Bon, j’étais à une bonne centaine de kilos, 105, mais ça s’est stabilisé à ce poids. Pourquoi je ne suis pas montée à 120, 130 ? Je ne sais pas.

J’avais 20 ans, 105 kilos, assez solitaire. Heureuse ? Non. Bien sûr que non !! Je sentais bien qu’il y avait trop de « bancal » dans ma vie… L’amour ? Oh que non ! J’avais une peur terrible des hommes. A chaque fois qu’un garçon m’abordait, j’avais une crise de panique, allait-il me faire du mal, toucher mon corps comme on l’a touché quand j’étais enfant ? A chaque fois, je fuyais. A chaque fois, je me réfugiais dans la nourriture, me disant que si je parvenais à construire un mur de graisse assez énorme, plus personne ne pourrait atteindre mon corps et me faire du mal. J’ai eu quelques relations, me forçant, me disant qu’ainsi je serais dans la norme des filles de mon âge. Quelle norme ? J’aurais mieux fait d’aller poser mes tourments dans le cabinet d’un psy…

Les années ont passé, ça n’allait pas si mal, je m’étais construit mon petit monde avec quelques amis, ma grand-mère, de temps en temps un amoureux. J’allais passer un week-end chez mes parents, trois ou quatre fois par an. Car ils me manquaient, j’aurais voulu leur hurler que je les aime, mais dans notre famille, on ne dit pas ces choses là.

En 1991, mon frère s’est marié. Pendant les préparatifs du mariage, j’ai demandé à mon père de m’apprendre à danser la valse. Mes parents étaient d’excellents danseurs, chaque samedi soir, ma mère mettait une robe longue, mon père un costume, et ils allaient à des soirées dansantes. C’était si beau de les voir danser ! Notamment le tango, et la valse. Ils étaient légers, gracieux, ils virevoltaient en se regardant amoureusement. Moi, je me sentais si pataude, si lourde, je ne savais pas danser et je rêvais de danser la valse. J’ai donc demandé à mon père de m’apprendre la valse…

Il m’a répondu « Tu n’y arriveras pas, tu es trop… Et puis de toute façon tu ne danses jamais. Je danserai au mariage de ton frère avec ta cousine, elle, c’est une belle fille ». Il n’a pas dit ça méchamment, il l’a énoncé comme un fait. En revanche moi je l’ai reçu violemment. J’ai souri, toujours mon masque pour ne rien laisser paraître, et c’est tout. Plus jamais de ma vie je n’ai tenté de danser. Depuis ça, assister à un mariage a toujours été compliqué pour moi. Ce n’est pas par hasard si j’ai souhaité que notre mariage avec Chéri soit très intime, avec un déjeuner, pas le soir, et surtout pas de soirée dansante.

La santé de ma grand-mère s’est détériorée tout à coup. Elle a passé les trois dernières année de sa vie d’hôpital en hôpital… J’étais la seule de la famille à habiter à Paris, à pouvoir la voir souvent, et surtout j’étais si proche d’elle, je l’aimais tellement ! Je suis allée la voir chaque soir à l’hôpital après mon travail, chaque samedi, chaque dimanche… Elle est morte le 13 juillet 1993, j’avais 26 ans.

Depuis, pas un jour sans que je pense à elle, pas un ! Le premier chagrin terrible de ma vie, je n’ai pas encore accepté réellement sa disparition. Je me suis sentie tellement seule, tellement malheureuse, je me suis renfermée davantage encore, parlant encore moins. Et j’ai maigri. Je ne me souviens pas exactement si c’est parce que j’ai mangé moins, ou si c’est le chagrin qui m’a fait maigrir mais toujours est-il que fin 1993, je n’avais plus de kilos en trop.

Je vais arrêter là pour aujourd’hui, excusez-moi, me remémorer tout ça n’est pas si simple. Mais je sais que c’est important que je le fasse, car aujourd’hui, je suis presque mince (j’ai beaucoup de mal à écrire ça me concernant), et si pour une fois, je veux ne pas regrossir, je dois m’alléger de tout cela…

Passez une bonne journée. N’oubliez jamais de prendre soin de vous.

J’ai toujours été grosse… obèse (partie 1)

Bon d’accord, à la naissance j’étais un bébé dans la norme.

Mais j’ai été rattrapée par la grosseur très vite. Mon frère a cinq ans de plus que moi. C’était un bébé qui ne mangeait pas. Ca ne l’intéressait pas apparemment (?!?!).

Petit garçon, avant ma naissance, il ne mangeait que très peu, c’était toujours une lutte pour chaque repas m’a raconté ma mère. Quand je suis née, jolie petite poupée joufflue, je me suis laissée nourrir bien volontiers. Ce fut un ravissement pour ma mère, qui m’a nourrie plus que besoin. Je suis vite devenue très potelée, pour le grand bonheur de tous, c’est tellement mignon un bébé potelé, on aime tous les plis et replis. C’est plus tard qu’on me les a reprochés, les plis et replis…

Nous étions à la fin des années 1960, une époque où l’on ne tenait pas compte des sensations des enfants, encore moins de celles, éventuelles, des bébés. Pourquoi mon frère ne mangeait pas ? Pourquoi j’acceptais d’être sur-nourrie ? On ne le saura donc jamais.

Quand j’ai commencé à marcher, je me suis affinée, mais suis restée potelée. Et ma mère a continué à me nourrir de tout ce que mon frère ne mangeait pas. C’est une image bien sûr, mais vous comprenez l’idée. Après la lutte usante pour faire manger deux-trois bouchées à mon frère, quel bonheur de me voir manger sans rechigner. Mon frère bougeait beaucoup, courait plus qu’il ne marchait, moi j’étais le calme incarné. Ma mère m’a dit qu’on me posait sur une couverture avec une poupée, trois heures après j’étais toujours là, calme, souriante… Je réclamais qu’on me lise des histoires, pendant que mon frère courait partout:-))))

J’ai appris à lire seule avant quatre ans, car je trouvais qu’on ne me lisait pas assez d’histoires. Ca amusait tout le monde, petite fille de trois ans qui leur lisait des petits livres. Je passais tout mon temps à lire, tranquille dans mon coin, et à manger tout ce que tout le monde me donnait. Quand je suis entrée à l’école maternelle, j’étais dodue. Mignonne, petite fille blonde toute bouclée, mais bien dodue.

Je passe l’épisode où je me suis sentie abandonnée, quand mes parents sont partis avec mon frère qui avait huit ans, j’en avais trois, me laissant deux mois chez mes grands-parents. Je l’ai déjà raconté. Ce sentiment d’abandon et d’insécurité, aujourd’hui, plus de 50 ans après, ne m’a pas quittée un instant. Quand mes parents sont rentrés, je n’étais plus la même petite fille. Je suis devenue solitaire, indépendante, très autonome.

A l’école maternelle, mes premiers souvenirs sont que je reste à part, je m’ennuie, je lis… A l’école primaire, en cours préparatoire, je sais déjà lire alors pendant les cours, je rêve, j’imagine des histoires… Je ne reste plus à part, je deviens plutôt chef de bande, j’ai toujours aimé être déléguée de classe, me confronter aux adultes pour défendre mes copains de classe. Je me souviens que c’est vers huit ans, quand j’étais au CE2 que j’ai commencé à rêver d’habiter à Paris.

Je passais la plupart des vacances scolaires à Paris, chez ma grand-mère paternelle, sans aucun doute la personne qui a le plus compté pour moi, dont j’ai été la plus proche, et qui m’a le mieux comprise, qui m’a transmis son esprit libre et excentrique. Je l’admirais tant, sa vie a été totalement hors du commun. Mais… ma grand-mère était obèse, sévèrement, morbidement obèse. Elle a pesé jusque 130 kilos pour 1m55. Elle s’est battue toute sa vie contre ça, avec des méthodes pas très recommandables. Mon père lui aussi a lutté toute sa vie contre sa nature le portant à être gros.

Ma mère elle, a connu une période d’anorexie dans sa jeunesse, et toute sa vie s’est privée de certains aliments qu’elle a diabolisés. Diabolisés pour elle… et pour moi. De manière inconsciente. De plus, mon père, de père italien, macho, clamait haut et fort qu’il n’aimait que les femmes minces, celles qui étaient le contraire de sa propre mère. Ma mère a donc toujours fait en sorte d’être mince, très mince. Et se disait que sa fille devait aussi être mince. Je me souviens des goûters. Mon frère, tout fin, avait un quart de baguette avec une demi plaque de chocolat. Moi j’avais une rondelle de baguette avec un carré de chocolat. Et à l’époque, nous étions maintenant dans les années 1970, on ne prenait pas la peine d’expliquer le « pourquoi ». Alors bien sûr que je l’ai vécu comme une injustice, puisqu’on ne m’a rien expliqué.

Alors bien sûr que j’ai essayé de manger en cachette les quantités qui me semblaient me revenir. Je n’oublierai jamais une conversation entendue entre ma mère et ma grand-mère maternelle quand j’avais sept ans, disant que j’avais un petit double menton, qu’il fallait absolument y remédier. Oui, cette phrase est restée gravée au fer chaud en moi. Fini le temps où l’on trouvait mes plis et replis si charmants.

J’ai grandi très vite. A moins de dix ans, en CM2, j’ai eu mes règles, je mesurais ma taille actuelle, 1m70, j’avais plus de poitrine qu’aujourd’hui puisque j’en ai beaucoup perdu ces derniers mois. Vous imaginez le décalage. Ma tête de petite fille sur ce corps de femme. Mon cerveau entre les deux. Je n’avais pas le cerveau d’une femme, mais pas non plus celui d’une enfant. Je lisais beaucoup, des livres pour bien plus âgés que moi, j’écrivais déjà… et je bouffais… tout ce qui me tombait sous la dent.

Jusqu’à 18 ans, j’étais en très léger surpoids, et encore, peut-on appeler 63 kilos pour 1m70 du surpoids ? Pas sûre… Je me maintenais à ce poids car ça s’équilibrait entre le peu que je mangeais aux repas pour ne pas m’attirer les foudres de mes parents et ce que je mangeais en cachette. Mais je mangeais entre les repas, le max que je pouvais. Alors je n’étais pas vraiment grosse, mais je n’avais aucune idée d’un quelconque équilibre alimentaire, et beaucoup de mes pensées tournaient en boucle autour de la nourriture. Ce que j’allais pouvoir manger, et quand, et comment j’allais me comporter au cours des repas, bonne petite fille bien sage, conforme à ce qu’on attendait d’elle, souriante, sans faire de vague, j’avais déjà ce masque impassible qui ne me quittera plus jusqu’au burn-out de 2018.

En revanche, je m’attirais les foudres de mon père en ne faisant pas de sport. Mon frère en faisait des heures et des heures par semaine, champion des Ardennes de ci, de ça, faisant la fierté de mon père, lui, champion de judo dans sa jeunesse. Moi, j’étais toujours en train de lire dans ma chambre, eux étaient toujours à s’agiter dehors. Je me faisais engueuler… alors je me faisais encore plus invisible derrière mon livre, et je m’évadais dans les histoires que j’écrivais. Et je me jurais de ne jamais faire de sport, ma façon à moi de me rebeller.

J’ai passé mon bac, et, étant originaire d’une petite ville sans facultés ni établissements d’études supérieures, je suis partie, comme tous les jeunes de ma région, faire mes études dans un autre département. Aïe aïe aïe. Le semblant d’équilibre alimentaire maintenu grâce à la vigilance de ma mère a volé en éclat. Ivre de la liberté de manger n’importe quoi n’importe quand, je ne me suis nourrie que de pâtes (mon aliment préféré au monde), et de chocolats pendant plus de six mois.

Mois pendant lesquels je ne suis pas retournée un seul week-end chez mes parents. Mois pendant lesquels une colère immense m’a envahie, colère contre moi, contre mes parents, contre ceux qui m’ont agressée sexuellement quand j’étais encore si petite, contre le monde entier. J’ai eu une période de quelques semaines de cleptomanie. Je ne l’ai jamais dit, je le dis ici, j’ai décidé de m’alléger de tout… Ma cible était une magnifique librairie. Grâce à eux, je me suis fait une splendide collection de bandes dessinées. J’étais plutôt douée, je ne me suis jamais fait prendre, j’ai éprouvé des sensations tellement excitantes sur le coup, mais aussi tellement de chagrin après.

J’aurais tellement voulu me faire prendre, attirer l’attention de mes parents, les appeler au secours, mais mon côté perfectionniste si présent a fait qu’en même temps je mettais un point d’honneur à réussir. Au bout de quelques semaines, voyant que cela ne m’apaisait pas, et ce n’était même plus excitant, j’ai arrêté. Et décidé d’aller passer un week-end chez mes parents, qui ne m’avaient pas vue depuis plusieurs mois. On se téléphonait chaque semaine, mais à l’époque pas de téléphone portable, pas de visios, alors ils n’avaient aucune idée de ce à quoi je ressemblais à présent.

Je me souviens de mon anxiété dans le train, de mes regrets de ces mois à manger démesurément jusqu’à en être écoeurée, me remplissant pour ne plus ressentir le vide en moi. Curieusement je ne me suis jamais fait vomir, j’ai outre-mangé, mais sans jamais aller plus loin. Quand je suis descendue du train, j’ai vu mes parents qui m’attendaient sur le quai. Je suis arrivée près d’eux en souriant, et… ils ne m’ont pas reconnue. J’avais pris 30 kilos, et mes parents ne m’ont pas reconnue. Je n’oublierai jamais cette sensation de recevoir un coup violent au plexus, me coupant la respiration. La honte, la tristesse de leur infliger ça…

Je vais arrêter là pour aujourd’hui, me remémorer tout cela, surtout la cleptomanie, que j’avais occultée je crois, me remue. Je reviens demain pour la suite. Passez un bon dimanche. N’oubliez pas de prendre soin de vous.

C’est pas encore ça…

Bon bon bon… J’y croyais dur comme fer ! Reprendre le travail dès lundi premier août, un mois après l’opération. Mais ma généraliste avait dit qu’elle voulait me revoir avant, pour vérifier mon état général, voir si la tension (à 10-5 il y a deux semaines) a remonté notamment. Alors oui elle a remonté (11-5), mais pas assez pour qu’elle m’autorise à retravailler tout de suite.

Et oui, j’admets, je suis encore fatiguée… très fatiguée. Ce matin j’avais rendez-vous chez la coiffeuse, je me disais que ce serait un bon test justement. 40 minutes de métro avec un changement, deux heures chez la coiffeuse, assise sans pouvoir m’allonger, à parler, 40 minutes retour. Puis enchaîner avec le rendez-vous médecin… Et bien le test n’a guère été concluant… Trop faible, p…je suis encore trop faible pour quoi que ce soit.

Mon cardio au repos est à 45, c’est quand même un peu trop bas, ma température est basse aussi, je suis très pâle, j’ai froid… Et j’ai encore eu des spasmes au ventre aujourd’hui, trop trop trop difficile pour moi de m’alimenter…

Alors la généraliste m’a prolongée jusqu’au vendredi 12 août. Bon, je vais donc continuer à me reposer que voulez-vous… Je dois bien me rendre à l’évidence quand je me regarde. J’ai une petite tête fatiguée:-))))))) Ca n’a pas que de mauvais côtés de devoir se reposer tranquille à la maison, je ne vais pas me plaindre.

Il y a beaucoup de nouveaux ici. Bienvenue à vous. Comme vous venez d’arriver, je me dis que c’est l’occasion de vous raconter mon parcours. Car au départ, quand j’ai ouvert mon premier blog (Imaginer la légèreté), c’était pour montrer au quotidien les bentos que j’apportais au travail chaque midi, et partager ma perte de poids. Aujourd’hui je suis presqu’au bout de la perte de poids, cependant ça devra rester une vigilance de tous les instants. Même mince, même musclée, je ne serai jamais qu’une obèse en sursis. Jamais à l’abri de (re)grossir, ça m’est déjà arrivé à plusieurs reprises je sais de quoi je parle. Vous raconter aussi comment je suis tombée en passion de l’activité physique, de l’effort alors que je l’avais toujours rejeté violemment.

Et ça me fera du bien à moi aussi de me remémorer cela, ça m’aidera peut-être à enfin me dire que j’ai le droit d’être un tout petit peu fière de moi. On fait ça ? Je commence dès demain, aujourd’hui je suis réellement trop fatiguée.

Bonne fin de journée vous tous:-)

Soigner mon corps…

Me revoici. Ca va beaucoup mieux. Plus de spasmes. C’était bizarre ces spasmes qui m’ont tordu le ventre hier juste après mon déjeuner, et jusqu’à ce que je me couche à 23 heures. J’ai peu dormi, cinq heures. On dirait que je reprends mon rythme naturel de sommeil.

Signe que je suis prête, suffisamment reposée pour reprendre le travail ? Je revois ma généraliste demain, elle estimera si je peux travailler dès lundi ou si elle veut me prolonger. Ca dépendra aussi de ma tension… Je sais que je ne suis pas encore totalement au max de ma forme. Paul me demande régulièrement à quel pourcentage de forme je m’estime. Aujourd’hui, je dirais 80%, peut-être 75.

Hier matin je suis allée marcher. Ma marche devient de plus en plus rapide, 6,8km/h hier. Mais en rentrant, j’étais rouge et transpirante, autant qu’après une grosse séance de sport, je me suis allongée une heure avant d’aller prendre ma douche. Ca varie tellement au cours d’une même journée. Tantôt j’ai l’impression d’être au mieux, et une heure après j’ai un vertige. Sans doute normal… En tout cas, hier soir le coach m’a dit qu’aujourd’hui je peux passer de 5000 à 6000 pas, chouette !!!!!! Et samedi après notre bilan approfondi, j’espère être en mesure de trottiner… Bref, à suivre…

Alors, ce dont je voulais parler, ce sont les soins du corps. L’intérieur a été soigné, grâce à l’opération, et avec mon alimentation actuelle, je renforce la guérison. Et ces semaines sans travailler, c’est aussi l’occasion de prendre soin de lui plus que jamais. En temps ordinaire, je mets du lait corporel chaque matin après la douche, et je fais de temps en temps un gommage.

Six des huit straps couvrant les fils des cicatrices sont tombés, tout comme les fils. Il reste deux récalcitrants, je n’ose pas y toucher. Sur les six cicatrices dont les fils sont tombés, j’applique plusieurs fois par jour de la Cicalfate, et je masse. Les cicatrices sont déjà passées de violettes à rose pâle. Elles seront blanches d’ici peu je suppose. Elles sont très très très fines, les tentacules du bras dirigé par le chirurgien sont ultra efficaces on dirait:-) Pour le corps, en général je prends du lait l’Occitane, ou Le Petit Marseillais, ou Mixa, pour peaux sèches, et ça suffit, ma peau est vraiment douce. Mais ces dernières semaines, je l’ai trouvée beaucoup trop sèche, à croire que le mal intérieur se reflétait à l’extérieur. Alors j’ai acheté un lait La Roche Posay, relipidant. Et depuis dix jours je me masse tous les matins avec. Pur bonheur. Ma peau est redevenue beaucoup moins sèche.

Quand je suis allée à l’Usine le 15 juillet, je suis passée à la boutique Rituals qui est à côté, et ai fait le plein. Gommage corps et gommage mains, baume corporel, huile de douche, mousse de douche, shampoing… j’ai besoin de faire ces soins, de me sentir fraîche, plus encore que d’habitude. Besoin de toucher mon corps, me reconnecter à lui. Et comme j’ai du temps en ce moment, j’en profite aussi pour renforcer ma routine du visage/cou, celle du matin comme celle du soir.

Car j’ai pris un coup de vieux, je le vois… Les mois de douleurs, de non-sommeil m’ont creusée, marquée… Le sommeil et l’hydratation sont les meilleurs remèdes et avoir tant dormi ces derniers temps a un peu atténué mes cernes, mais j’ai toujours les traits tirés… De toute façon, ça fera l’effet que ça fera, ça ne peut être que pire que ces derniers mois:-))))))))) Pour le visage et le cou, j’ai trouvé les produits qu’il me faut depuis plusieurs mois. Des marques dermato de niche, et ma peau s’en porte très bien.

Enfin voilà, ce mois de juillet a été consacré uniquement à ma convalescence et mon bien-être, je crois que j’en avais grand besoin. J’ai maintenant terriblement hâte de reprendre mes allers-retours à Reims, le travail, le sport, les sorties… Et je commence à me dire que ce serait agréable de manger à nouveau solide. Vous savez ce qui me manque tout particulièrement ?

La salade, les crudités. Habituellement, j’en mange pratiquement tous les soirs des salades vertes avec tomates et concombre, et là, bien évidemment, impossible, ça ne se mixe pas. Et la deuxième chose qui commence à me manquer, c’est le pain. Du pain croustillant… Sinon, avec les moulinés, j’ai à peu près tous les aliments. Sauf les pâtes et le riz, qui ne se moulinent pas non plus. Enfin, quatre semaines sont déjà passées, plus que deux à patienter, et je pourrai faire des petits repas solides.

Pour le moment le manque n’est pas bien grand puisque je n’éprouve toujours pas la faim. Plus de quatre semaines sans un instant avoir faim ou envie de manger, c’est très bizarre comme sensation. Le midi par exemple, comme Chéri n’est pas là, il travaille, bien souvent je ne mange pas avant 14 ou 15 heures, je fais autre chose et n’y pense pas puisque je n’ai ni faim ni envie. Mais peu importe, je me force à faire quatre ou cinq petits repas quotidiens, je veux absolument récupérer toutes mes forces pour reprendre la vie, tout simplement.

Voilà, on a fait le tour, mon opération, la convalescence, ce que je mange, comment je m’occupe pendant ces jours où je ne travaille pas. Ce matin, j’ai préparé un mouliné pomme de terre-courgette, que je mangerai ce soir avec une escalope de poulet moulinée. J’ai mis une courgette assez grosse (200 grammes), deux pommes de terre (180 grammes), une noisette de beurre, quelques centilitres de lait, et ça m’a donné un grand bol, minimum pour quatre repas.

Demain je vais chez le coiffeur, et chez ma généraliste… Oh là là j’ai l’impression d’avoir 80 ans, avec un tout petit objectif chaque jour. Vraiment hâte maintenant de retrouver une vie active ! Ce soir Lou va passer:-) Je vous souhaite une bonne fin de journée, n’oubliez pas de prendre soin de vous.

Post-opératoire 28 jours

Quatre semaines déjà que je suis opérée, je ne les ai pas vu(es) passer. (Dans ce cas de figure on écrit VU ou VUES, étant donné qu’il y a un infinitif derrière ???????). Bref, ces quatre semaines sont passées à la vitesse de l’éclair. Je vais mieux, tellement mieux, c’est un bonheur.

En revanche, je vous prie de m’excuser, je vais faire très court, je ne tiens plus debout aujourd’hui. Gros problèmes de digestion, mal au ventre comme si j’avais une gastro, je comprends maintenant pourquoi le chirurgien m’avait parlé de spasmes, mais je n’en avais jamais eu jusqu’à maintenant.

Je vous souhaite une bonne soirée et vous dis à demain. Prenez soin de vous.

Et qu’est-ce que je fais de mes journées ?

Et oui, qu’est-ce donc que je fais de mes journées ? Pas grand chose pour ne pas dire rien en fait. Demain, ça fera déjà quatre semaines que j’ai été opérée.

Et au-delà de la récupération du bouleversement dans mon corps de cette opération, je crois que je suis aussi en train de récupérer de la fatigue accumulée ces derniers mois. Epuisement est peut-être plus juste comme mot. Fatigue du corps, littéralement à bout d’épuisement avec les douleurs de plus en plus intenses et présentes ces dix derniers mois, et fatigue psychique, là aussi l’épuisement de lutter pour ne rien laisser paraître, sourire quoiqu’il se passe en moi, pour ne pas laisser la douleur prendre le dessus au risque de me faire faire des erreurs dans mon travail, pour ne pas laisser la douleur me submerger avant les séances de sport pour n’en annuler aucune, pour ne pas laisser la douleur s’infiltrer dans mon esprit et me convaincre de me reposer le week-end plutôt que d’aller à Reims…

Bref, un épuisement psychique à toujours négocier avec la douleur pour pouvoir rester debout. Alors depuis quatre semaines, mon cerveau a autorisé mon corps à lâcher prise, ou l’inverse, je ne sais pas, mais toujours est-il que j’ai l’impression que comme mon estomac reconstruit qui repart de zéro, mon corps également fait une remise à niveau absolue.

Les dix premiers jours suivants l’opération, j’ai fait des nuits de neuf à dix heures, invraisemblable pour moi ordinairement. Et en plus de ces longues nuits, j’ai dormi chaque après-midi deux à trois heures. Chaque geste du quotidien me fatiguait et je devais m’allonger après la douche, après avoir lavé la tasse du petit déjeuner, après m’être habillée, et surtout après le processus de digestion de chaque mini-repas.

Je suis rentrée à la maison le jeudi, le vendredi, je suis sortie dix minutes, pour prendre l’air, avec Chéri. Ces quelques minutes de marche ultra-lente m’ont mise KO et ont nécessité trois heures de sommeil… Mais le chirurgien m’avait bien recommandé de marcher chaque jour pour remettre le corps, et tout particulièrement l’appareil digestif, en route.

Le samedi, nous sommes sortis un quart d’heure, et avons fait quelques courses dans le petit supermarché à quelques mètres de chez nous. La lumière dans le magasin, le bruit, le monde, ça m’a encore plus fatiguée que la marche elle-même et en rentrant, je me suis allongée au calme dans notre chambre et ai dormi profondément tout l’après-midi. Le dimanche matin, je me suis aventurée à sortir pour marcher seule, sans que Chéri ne me soutienne, et j’ai réussi à marcher un quart d’heure. En rentrant, j’avais les jambes qui tremblaient, la tête qui tournait, là aussi j’ai dû m’allonger et dormir plusieurs heures.

Le lundi, Chéri a repris la travail, il avait posé la semaine de l’opération pour rester avec moi. Cette semaine-là, j’ai encore beaucoup dormi, et ai passé beaucoup de temps allongé, sans dormir, mais allongée. Je n’ai pas lu, pas écrit, la fatigue encore trop envahissante pour me permettre le moindre effort intellectuel. Ma nièce, en stage à Paris pour l’été avant de retourner à Lyon à la rentrée, est passée me voir deux fois. Mon frère me téléphone chaque jour, j’appelle ma mère, ils ont tous été tellement attentionnés.

J’ai marché un peu plus chaque jour, jusqu’à parvenir à une demi-heure continue. J’ai voulu enchaîner et augmenter de quelques minutes chaque jour, mais Paul a mis le holà immédiatement, interdiction absolue de marcher plus de 5000 pas par jour (en temps normal j’en fais entre 15 et 20 000 par jour). Il m’a dit que si je marchais plus, en mangeant si peu, je n’allais pas pouvoir récupérer, que le sommeil et l’alimentation sont primordiaux, avant l’activité physique, en période post-opératoire. Il sait que j’appréhende de perdre trop de masse musculaire, il m’a dit que oui je vais en perdre un peu, mais ce n’est pas en sept semaines sans musculation ni activité physique soutenue que je perdrai beaucoup.

D’autant que ma masse musculaire, on l’a énormément travaillée avant l’opération, et en ce moment, les protéines sont bien présentes dans mon alimentation. Nous en aurons le coeur net samedi qui vient, puisque je vais le rejoindre à la salle de sport pour la pesée et analyse des masses. Bref, je suis donc à 5000 pas par jour, jusqu’à la fin de cette semaine. Paul m’a tout à l’heure laissé un message vocal, cela changera sans doute la semaine prochaine, je vous expliquerai cela samedi.

Vendredi 8 juillet, dix jours après l’opération, une collègue m’a proposé de boire un verre. Vous le savez, mon travail est à deux pas de chez moi (enfin, 12 minutes à pieds), et le vendredi après-midi nous ne travaillons pas. J’ai développé une réelle amitié avec cette collègue, beaucoup plus jeune que moi (33 ans contre bientôt 55 pour moi). Notre parcours est différent, mais nous avons des traumatismes similaires, une hypersensibilité semblable. Au début, elle m’a proposé de venir me voir à la maison pour ne pas me fatiguer, mais je lui ai dit que ça me ferait très plaisir que nous buvions un verre, retrouver la vraie vie, voir du monde, j’en avais envie après ces dix jours ultra tranquilles à dormir et sortir juste pour marcher une demi-heure.

Je lui ai donné rendez-vous dans un café qui est à quelques minutes à pieds, tant pour moi, que pour elle du travail. J’ai passé une heure avec elle. J’ai commandé une orange pressée, j’ai mis l’heure que nous avons passée ensemble à la boire, avec moults renvois douloureux. Ca m’a fait très plaisir d’être là, dans un lieu public, de voir des gens discuter en riant, et de parler avec ma collègue comme si de rien n’était. En revanche, passer ainsi une heure assise à tenir une conversation m’a beaucoup fatiguée, et les quelques minutes à pieds pour rentrer m’ont parues pénibles.

Le week-end avec Chéri, je m’étais dit que ce serait chouette d’aller au cinéma, mais naturellement ce ne fut pas possible. Je ne me sentais pas assez forte pour prendre le bus, rester assise plusieurs heures, rentrer en bus à nouveau, rien que la perspective me fatiguait:-) Nous avons donc passé un week-end calme à la maison, Chéri est allé au marché le dimanche matin, moi j’ai fait mes marches quotidiennes d’une demi-heure. Je récupère bien ceci dit, dix jours après l’opération, je fais trois kilomètres en une demi-heure, soit six kilomètres heure, c’est de la marche rapide, la marche promenade est à trois-quatre kilomètres heures. Et certains joggers courent à six kilomètres heures, alors faire de la marche rapide si vite après l’opération est un pur bonheur pour moi.

Le chirurgien m’a dit qu’à partir de quatre semaines après l’opération je peux recommencer à trottiner. Pas courir, mais trottiner si je m’en sens capable. Et demain justement ça fait quatre semaines, ce n’est donc pas par hasard que Paul m’a laissé un message ce matin en me disant que samedi on parlera du programme des semaines à venir. Pour la musculation, le chirurgien m’a dit d’attendre au minimum six semaines avant de reprendre, avec des charges progressives. Le timing est parfait, car Paul est en vacances justement ce samedi, et revient mardi 16 août.

Ce qui fera pile sept semaines après l’opération. Là, nous reprendrons nos séances. Je lui fais totalement confiance, c’est un professionnel aguerri, extrêmement prudent (jamais aucun de ses élèves n’a été blessé. Moi qui ai eu plusieurs blessures lors des entraînements avec JC, je n’en ai eu aucune depuis que je travaille avec Paul et au contraire ma densité osseuse s’est renforcée). Donc non seulement c’est un super pro, mais il sait me modérer. le 16 août, nous testerons ce que je peux faire ou ne pas encore faire. Je me suis préparée psychologiquement à repartir avec des charges bien moindres que celles que je soulevais avant l’opération, mais Paul me dit que ce n’est pas comme si je repartais de zéro, j’ai une masse musculaire bien construite, et surtout, je ne serai plus épuisée par les douleurs, donc il estime que j’aurai retrouvé mon niveau dès fin septembre, et que nous pourrons reprendre la progression en octobre.

Peu m’importe en fait, je serai tellement heureuse de retourner chaque soir après le travail faire nos séances ! Je me suis prise de passion pour la musculation, c’est tellement technique, précis, il y a tant à découvrir ! Et sentir, voir, mon corps changer, s’affiner, se renforcer est une expérience vraiment passionnante. Je vous détaillerai un autre jour les bienfaits de la musculation sur mon corps et dans ma tête, ils sont assez nombreux, tangibles, mesurables, visibles… Bref…

La semaine du lundi 11 au dimanche 17 juillet, j’ai moins dormi petit à petit, j’en suis arrivée à ne plus éprouver le besoin de la sieste l’après-midi. J’ai essayé de négocier avec Paul de pouvoir faire plus de 5000 pas par jour, vous me connaissez, à toujours vouloir faire plus, mais rien à faire, il m’a direct recadrée, me disant que tant que je ne mangeais pas plus, pas question de brûler trop d’énergie, mon corps a encore besoin de récupérer. Et je ne m’aviserai pas de passer outre, j’ai réellement trop confiance en lui pour faire ça, et je sais qu’il a raison.

Il est top, on échange plusieurs messages chaque jour, je lui envoie le compte-rendu de mes repas, de mes pas, il me demande si j’ai bien dormi, comment je me sens niveau douleurs, moral, il m’aide à prendre mon mal en patience d’être inactive… Et il m’a proposée, si je m’en sentais la force, de venir le voir à l’Usine vendredi 15 pour boire un café. Il m’avait dit avant l’opération, voyant ma détresse à l’idée non seulement de ne pas faire de sport, mais de ne pas venir à l’Usine, où je me sens comme à la maison, que je pourrais passer dès que je m’en sentirais la force. Le directeur de la salle aussi m’y avait invitée. Donc il m’a proposé vendredi 15, voyant au fil des jours et des messages échangés, que j’allais de mieux en mieux. Quel bonheur pour moi la perspective d’aller à la salle boire un café !

Le vendredi 15, je me suis maquillée, ce que je ne fais pas en ce moment, et ai mis une robe d’été cache-coeur, fleurie, près du corps. J’ai pris le métro, j’appréhendais un peu, mais ça s’est bien passé, sans encombre, sans douleurs. Quand je suis arrivée, Paul m’attendait, il m’a prise dans ses bras, alors que d’habitude nous ne nous faisons pas la bise avant les séances. Puis il m’a fait tourner sur moi-même en me disant, « waouh je ne te vois jamais en robe, toujours en tenue de sport, ça change ! » Ben oui, je lui ai dit dans la vraie vie, je ne suis pas rouge, pas transpirante, je sens bon le parfum, je suis élégante, et tout ça et tout ça:-))))) Il m’a dit qu’il me trouve très amincie, mais préfère attendre la fin du mois pour une pesée, qu’entre le 15 et le 30 je reprendrai peut-être un ou deux des kilos perdus en parvenant à manger plus.

Tout le monde à la salle, les coachs, les jeunes de l’accueil sont venus me faire un bisou, en me disant de me dépêcher de revenir, ça m’a fait tellement chaud au coeur. Paul est allé nous faire des cafés, et on a discuté une heure et demi. Je me sens tellement bien à l’Usine, c’est un si bel endroit, et maintenant je m’y sens totalement légitime contrairement à il y a un an. Certains adhérents que je croise souvent sont aussi venus me dire un mot. Pendant l’heure et demi avec Paul, une fois les nouvelles de mon côté et du sien échangées, nous avons parlé de notre deuxième année ensemble que nous allons entamer le 16 août, de nos objectifs….

Nous allons continuer les cinq séances hebdomadaires, mais au lieu de trois muscu/deux cardios, nous allons en faire quatre de muscu et une de cardio. Et j’en ferai une de cardio seule, le dimanche quand je ne vais pas à Reims, ou le lundi, jour où Paul ne travaille pas. Waouh ça va être chouette ! A fond la muscu, pour affiner la silhouette, être ferme et tonique. A pratiquement 55 ans, je suis plus mince, plus ferme, plus dynamique que je ne l’étais à 20, 30 ou 40 ans. La muscu renforce l’estime de soi, entre autre bienfaits, car c’est une discipline très exigeante… Enfin moi, la rigueur que cela implique me convient parfaitement.

Je suis rentrée, en métro également, un peu fatiguée… Le week-end, à nouveau calme. Mais dimanche 17, je me suis sentie suffisamment en forme pour aller au cinéma. Bon…je me suis un peu endormie pendant le film:-) Mais petit à petit, je sens que l’énergie revient. C’est aussi évidemment liée au fait que je mange un peu plus jour après jour.

La semaine dernière j’ai continué à marcher ma demi-heure quotidienne, j’ai lu, Lou est à nouveau passée, jeudi en fin d’après-midi j’ai bu un verre avec une amie, bref, j’ai été un peu plus active. Et jeudi j’ai dit à Chéri que j’aimerais aller à Reims, cela faisait quatre semaines que je n’avais pas vu mes parents, depuis dimanche 26 juin, avant-veille de l’opération. Chéri m’a dit qu’il trouvait que c’était encore un peu prématuré, j’ai quand même une petite tête fatiguée, les joues creuses, et même si la forme revient, je suis loin d’être aussi solide et résistante que d’habitude. Mais… j’avais besoin d’aller à Reims, de voir mes parents, surtout mon père, qui n’est plus en mesure de parler au téléphone, qui ne m’a donc ni vue ni entendue ces quatre semaines. Et ma mère, qui s’est fait tant de souci…

Mon frère a pallié mon absence, est passé voir ma mère pratiquement chaque jour, mon père plusieurs fois par semaines, mais il est parti en vacances mercredi. Alors avant de partir il a fait de grosses courses pour ma mère, mais moi, j’ai dit à Chéri que réellement j’avais besoin d’y aller, même si mon frère n’est absent qu’une semaine, moi ça fait quatre semaines que je n’y suis pas allée, ce n’était plus tenable.

Nous y sommes donc allés hier, je viens vous raconter ça dès demain. Passez une bonne soirée, prenez soin de vous:-)

PS : en tête d’article, à l’hôpital, le bouquet apporté par Lou et le livre offert par ma DG.

Et qu’est-ce que je mange alors ?

Je me rends compte qu’ayant déserté le blog plusieurs mois il y a de jolis moments que je ne vous ai pas racontés. Le premier marathon de ma nièce en avril, marathon de Paris qu’elle a formidablement couru, nous procurant à mon frère et à moi une vague d’émotions fortes. Le week-end de fête pour le 60e anniversaire de mon frère. Là encore, des émotions, de la joie, de l’amour. Ma mère était là, mon père non. Mon pauvre papa, seul dans son monde à l’Ehpad… Oui je pleure en écrivant cela. Jamais je crois je ne surmonterai ni ne me pardonnerai cela, mon père dans un Ehpad… Enfin… De bons et beaux moments, et d’autres que j’oublie, tant pis…

Si vous me suivez sur Instagram, vous les aurez vus passer, je mets au moins une photo/story par jour là-bas. Donc, reprenons.

Opérée mardi 28 juin, je suis rentrée jeudi 30 après-midi à la maison. J’ai dormi tout l’après-midi. Je me suis réveillée au moment du dîner, mais je n’avais pas faim, bien que n’ayant rien mangé depuis l’arrêt de l’alimentation par perfusion. D’ailleurs, plus de trois semaines après l’opération, je n’ai toujours pas faim. Pas une seule fois en 25 jours je n’ai ressenti la sensation de faim, ni éprouvé une quelconque envie de manger. C’est très déroutant psychologiquement.

Les premiers jours après l’opération, j’éprouvais la sensation de soif de temps en temps, mais même boire était une épreuve. Petite gorgée par petite gorgée, boire un verre d’eau ou un café me prenait environ une heure, douloureuse en plus. Les premiers jours j’ai mangé insignifiant. Un Sojasun ? Une heure à manger, trois heures à digérer. Une cuillère à soupe de « purée » ? Une heure à manger, cinq à six heures à digérer.

Pour vous donner une idée de mes « purées », je mets systématiquement dans le mixeur un légume, préalablement cuit à la vapeur , chou-fleur, brocolis, poivron, carotte, courgette, haricots verts…., une pomme de terre, cuite elle aussi, quelques centilitres de lait chaud, une noisette de beurre, et ça fait une purée. J’ajoute ensuite un steak haché, un blanc de poulet, un blanc de dinde, du jambon blanc, du poisson, grillés sans gras, et je mixe à nouveau.

C’est savoureux car j’assaisonne, je mets des oignons, des herbes. Quand je veux un oeuf, je le fais au plat ou brouillé et là pas besoin de mixer, en mâchant longuement ça passe. Je fais mes « purées » moi-même la plupart du temps, d’abord parce qu’une tous les deux-trois jours suffit, ce n’est pas énormément de travail, ensuite parce que Chéri travaille et moi pas je suis en arrêt maladie, ça m’occupe, je ne fais pas grand chose de mes journées, et enfin, Chéri a quand même. beaucoup beaucoup de mal à cuisiner sans gras et là, je ne veux pas prendre en ce moment le risque de vomir…

Côté quantités, 120 grammes de légumes, 100 grammes de pomme de terre, et 100 grammes de viande ou poisson me faisaient au début cinq à six repas, et m’en font aujourd’hui trois ou même souvent quatre. Pourquoi je ne mets pas de gras, à part la mini noisette de beurre dans la purée ? Parce que je me suis très vite rendue compte que les aliments gras, tout comme les aliments très sucrés, me font immédiatement vomir ou provoquent une diarrhée fulgurante. Comme si mon appareil digestif avait besoin de tout remettre en route, comme celui d’un bébé. Ou de se régénérer totalement.

Ces minuscules repas me donnent à chaque fois une sensation incroyable de lourdeur, et je mets plusieurs heures à digérer, comme si j’avais fait un repas de fête des plus copieux. Les yaourts, j’en ai mangé un peu les premiers jours mais j’ai arrêté. Je n’ai jamais aimé les yaourts ni les produits laitiers, et là, encore moins qu’avant. Et je ne les digère absolument plus, ils ressortent illico. J’arrive à manger un sojasun par-ci par-là. Quand j’ai envie de fruits, je me presse une orange, un citron, ou je passe au mixeur du melon, de la pastèque, un kiwi. Donc, il y a moyen de manger varié et savoureux même avec la contrainte du liquide/mixé.

Le souci, c’est que manger est laborieux en ce moment et même pas source de plaisir puisque je ne ressens aucune faim et que la digestion est douloureuse. Mais je me force, comme me l’a recommandé le chirurgien pour tout bien remettre en route, et comme m’y incite chaque jour Paul pour reprendre des forces. Alors tout ça est loin de suffire pour que mon corps récupère. Les premiers jours j’étais tellement affaiblie que prendre ma douche par exemple me demandait un effort démesuré, m’obligeant ensuite à m’allonger au moins une heure. Donc, pour absorber plus de calories, Paul (mon coach de sport vous savez) m’a donné l’idée faire des shakers très nourrissants.

En temps ordinaire, je me fais deux fois par jour un shaker de poudre de protéines avec de l’eau, tout simplement. Juste de la poudre de protéines, sans glucides, notamment pour la récupération des muscles après les séances de sport. Là, à la poudre de protéines (végan, naturelle, sans additif, sans conservateur etc etc… je précise pour éviter les commentaires genre c’est chimique etc etc… marque Sync si vous voulez regarder), j’ajoute de la farine de flocons d’avoine ou de patates douces pour les glucides, une banane, du lait d’amande sans sucres ajoutés, et une boule de sorbet noix de coco (ma passion en ce moment), ou mangue, ou clémentines, ou citron, ou du sorbet chocolat noir… Uniquement des sorbets, les glaces, à base de crème je ne les digère pas, ça me fait vomir. Le tout au mixeur, et cela me donne une boisson onctueuse, délicieuse, et TRES nourrissante. J’en fais deux par jour, là aussi je mets beaucoup de temps à la boire, et encore plus à la digérer. En fait mon activité principale dans les journées, c’est la digestion:-)

Et c’est pénible croyez-moi, toujours la sensation d’être lourde, ballonnée, je sens mon appareil digestif au travail, tellement à l’effort qu’à chaque fois ça me provoque une bouffée de chaleur… Tout sera rentré dans l’ordre d’ici trois à six mois m’a dit le chirurgien. Les premiers jours je parvenais laborieusement à consommer 300 calories, puis 500, puis 700, aujourd’hui, trois semaines plus tard, j’arrive à consommer entre 1400 et 1600 calories quotidiennement. C’est encore peu, bien trop peu, mais je fais au mieux au jour le jour. Et surtout, je veille à la répartition des macros nutriments (protéines, glucides, lipides, fibres), afin de ne pas trop fondre musculairement.

Je me suis beaucoup affinée. Je n’ai jamais eu de si fines jambes, mon ventre s’est beaucoup aplati, mon cou est très dégagé, mon visage creux… Je ne sais pas combien de kilos j’ai perdu, je me pèserai samedi prochain avec Paul, sur la balance qui ne donne pas simplement le poids, mais aussi les masses musculaire, grasse, hydrique, osseuse… Ainsi nous verrons comment réorienter l’alimentation si besoin. J’espère n’avoir pas trop perdu de muscles. Avant l’opération nous avons fait le max avec Paul pour faire une belle masse musculaire, c’est d’ailleurs pour cela que je récupère vite et bien, que je cicatrise bien. Déjà quatre semaines sans aucune activité, et encore trois, puisque je ne pourrai reprendre, et encore tout doucement, qu’après le 15 août.

Dans les prochains articles je vous raconte mes (non) activités, les heures et les heures de sommeil, le (non) sport, comment je prends soin de ma peau, comment évoluent mes cicatrices… Je ne travaille pas encore la semaine prochaine, dernière semaine d’arrêt, j’ai intérêt à me reposer plus que jamais, je sens bien que j’ai les jambes qui flageolent au bout de quelques minutes de marche, facilement la tête qui tourne, souvent des hoquets très douloureux… Ma généraliste que j’ai vue la semaine dernière m’a dit de revenir la voir si je me sens trop faible et qu’elle me prolongera, mais moi j’ai envie de reprendre le travail. Enfin bon, j’écouterai mon corps, car toute la semaine dernière j’ai eu 10-5 de tension, et entre 45 et 47 de pulsations cardiaques. Un peu faible…

Je vous donne rendez-vous pour la suite lundi, car demain, je vais à Reims avec Chéri. La dernière fois que j’y suis allée, c’est dimanche 26 juin, l’avant-veille de l’opération. Depuis, j’en ai été incapable, réellement trop faible pour envisager prendre le train, aller chez ma mère, aller à l’Ehpad, reprendre le train… Je tiens debout à peine plus de deux heures consécutives, alors 12 heures, même pas en rêve. Demain, nous allons aller gare de l’Est en taxi. Puis de la gare de Reims à chez ma mère en taxi également. Mon frère n’est pas à Reims ce week-end, mais ma nièce oui. Donc elle nous emmènera à l’Ehpad en voiture puis nous ramènera (habituellement j’y vais à pieds mais là je sais que je ne pourrai pas). Elle nous ramènera aussi en voiture à la gare de Reims en fin d’après-midi. Puis à nouveau un taxi de la gare de l’Est à chez nous. J’espère qu’ainsi ça ira, et ensuite j’aurai toute la semaine prochaine pour récupérer.

Passez un très bon dimanche:-)

Le magnifique bouquet de roses en tête d’article, ce sont les fleurs que ma si chère cousine Karin m’a fait livrer après l’opération. Quand je vous dis que j’ai été submergée d’amour:-)