J’ai toujours été grosse… obèse (partie 3)

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Donc, fin 1993, quelques mois après la mort de ma grand-mère, je n’avais plus de kilos en trop. Mais je ne savais pas quoi faire de ma carcasse. Paris sans ma grand-mère perdait de sa beauté. C’est elle qui m’a fait aimer Paris à ce point, me l’a fait découvrir. Elle est née en plein Montmartre, dans un immeuble à deux pas de la place du Tertre. Aujourd’hui, j’habite Montmartre, me suis mariée à la mairie du 18e arrondissement où sa naissance a été déclarée, la boucle est bouclée.

Je ne me souviens pas précisément quand, comment, mais toujours est-il que bien évidemment j’ai regrossi. A part manger, j’avais quoi comme plaisir dans la vie ? Je travaillais beaucoup, j’ai toujours aimé travailler, et j’ai toujours eu la chance de trouver facilement du travail, je n’ai jamais souffert de discrimination envers les obèses à l’embauche. J’ai souvent changé de travail, la nouveauté et les challenges me plaisaient, et j’ai progressé.

Pour le reste en revanche, pas de progression. J’étais toujours dans l’excès, soit je ne mangeais rien, soit j’outre-mangeais. Je me remplissais pour oublier le vide de ma vie, pour oublier ce corps violenté que je détestais, pour oublier le dégoût que je voyais dans les yeux de mon père… Je mangeais jusqu’à l’écoeurement, en revanche, jamais je ne me suis fait vomir. Je ne suis jamais tombée dans la boulimie vomitive, c’est sans doute mieux. Je ne suis pas allée voir un psy, c’est ça qui m’aurait fait du bien, mais je n’ai pas eu ce courage.

Pendant une dizaine d’années mon poids n’a cessé de varier, entre 85 et 105 kilos. Jamais je n’ai pu stabiliser. A chaque fois que j’arrivais vers 85, ce qui peut paraître un poids élevé, mais auquel je paraissais presque mince, il se passait en moi un phénomène me poussant à tout saboter, à regrossir, toujours dans le but d’être à l’abri sous mon mur de graisse. Je n’étais pas prête à réellement maigrir, à affronter la vie sans mon gras protecteur.

Et puis, si je veux être totalement honnête, je crois que ce qui m’intéresse, c’est le challenge. Le challenge de maigrir, l’excitation qu’on ressent quand les kilos s’envolent. Alors qu’aujourd’hui, je pense que le vrai défi, c’est ne pas regrossir. Maigrir n’est pas si difficile en réalité, ce qui me semble excessivement compliqué, c’est continuer le combat quotidien pour maintenir mon poids, sans avoir la récompense de voir le chiffre sur la balance bouger.

Depuis quelques mois, je sors de ce raisonnement (qui n’engage que moi), mais c’est très très difficile. Ma nature passionnée et excessive a besoin de défis, de challenges, de dépassement, et stabiliser, et bien, il n’y a pas de défi quantifiable, alors que, vous le savez, j’aime tellement les chiffres ! Et je suis lucide, je me rends compte que je remplace une compulsion par une autre. Je ne mange plus comme une outre, ce n’est plus mon obsession, même je me désintéresse de la nourriture, en revanche j’ai reporté mes excès sur le sport et sur l’achat de vêtements…

Je crois sincèrement que je ne serai jamais quelqu’un de modéré. Tant pis, finalement je préfère être passionnée avec toujours plein de rêves, de projets, d’objectifs que vieillir en vivant dans le passé et en devenant aigrie et radoteuse à toujours critiquer;-) Donc, fin de la parenthèse.

J’ai eu cette période d’une dizaine d’années, un peu floue, totalement axée sur le travail et l’amitié. Et le 5 octobre 2003, ma vie a changé. J’ai rencontré Chéri ! Je vous ai déjà raconté notre rencontre, notre coup de foudre, le fait que je sois allée habiter chez lui trois jours après notre rencontre.

L’un comme l’autre, au bout de quelques heures, nous nous sommes rendus compte que nous avions envie d’être ensemble. Ce fut très simple. On avait envie d’être ensemble, alors on ne s’est plus quittés. Je n’ai pas écouté tous ceux qui m’ont dit c’est une folie bla bla bla. Quelle folie ? Au pire, au bout d’un mois nous ne nous supportions plus, et je rentrais chez moi, voilà. Mais pourquoi perdre du temps, se priver de ce dont a tellement envie ? Quand j’ai connu Chéri, j’étais à 95 kilos, Chéri adore les femmes très en forme(s).

Pendant un an, mon poids est resté stable. Nous allions au restaurant trois fois par semaine, je n’ai plus du tout cuisiné, car c’est la passion de Chéri et il le fait autrement mieux que moi, et j’ai mangé très différemment de quand j’étais seule. Plus gras, plus copieux, je me suis vite faite à la bonne cuisine de Chéri:-) Et malgré ça, pendant un an, je suis restée à 95 kilos. Le pouvoir de l’amour ? Non, je ne sais pas…

Je me pesais de temps en temps, et je voyais que mes vêtements m’allaient toujours donc j’ai profité au maximum de cette « chance » et me suis mise à manger des portions de plus en plus grosses, et surtout, j’ai introduit dans mon alimentation ce qui n’y était pas du tout avant, les chips et le saucisson, quotidiennement, chaque jour en rentrant du travail. Ca en plus du chocolat que j’aime tant, ça ne pouvait pas ne pas me retomber dessus.

En 2005, terminée la période de grâce où je ne grossissais pas, et hop, mon poids est monté en flèche. J’ai dû, encore une fois, adapter toute ma garde-robe, arrivant jusqu’à la taille 54. Je ne me suis pas affolée plus que ça, car Chéri me trouvait si belle, et moi, j’ai nié que je me sentais mal dans mon corps, plus grosse que jamais je ne l’avais été. Une fois passés les 100 kilos, j’ai arrêté de me peser, et continué à me régaler dans les restaurants, à la maison, au cours de nos voyage. A ce moment-là nous partions beaucoup.

Je voyais l’effroi dans les yeux de mes proches, parfois le dégoût, mais je faisais comme si je ne voyais rien. Depuis des années, mes parents et mon frère avaient compris que le sujet était totalement tabou, que je me braquais à la moindre allusion, et se gardaient bien de m’en parler. Le choc, immense, violent, a eu lieu le 31 décembre 2006.

Nous étions en Belgique, à Bruges, pour fêter le nouvel an. Nous avions réservé dans un restaurant gastronomique. La soirée a été belle, c’est tellement facile en Belgique de parler, de faire des connaissances. Nous avons passé une délicieuse soirée. Vers 23h45 on nous a distribué des cotillons, et j’ai mis le petit chapeau pointu en carton coloré sur ma tête en riant. A minuit, tout le monde a embrassé tout le monde pour souhaiter la bonne année, et tout à coup, je me suis vue dans un miroir.

Avec mon petit chapeau pointu en carton sur la tête. Chapeau minuscule sur ma grosse tête bouffie, tête débouchant sur un triple menton, un buste énorme… Décalage terrible et terrifiant entre ce petit chapeau et ma grosse tête reposant sur mon gros corps. Moi qui ai un long cou et un port de tête que j’aime bien, là je n’en avais plus, il avait disparu sous la graisse et ma tête était directement posée sur mes épaule informes. Mon sourire est parti, je suis devenue livide…

Je me suis prise moi-même en pleine face, et ce fut violent ! Des mois que je ne me regardais pas vraiment, que je ne me pesais pas. Je me suis vite reprise et remise à sourire, mais je me suis dit « Je me souhaite une bonne année 2007, et quand cette année se terminera, je serai mince ou morte, mais pas grosse ». Ce petit chapeau, je l’ai gardé de nombreuses années, il a été mon déclic, mon sauveur.

Le lendemain matin à l’hôtel, je me suis regardée dans le miroir en pied. Regardée vraiment, faisant un état des lieux sans concession, sans me voiler la face. Et ma détermination n’en a été que plus immense. Ce premier jour de l’année 2007 serait le premier jour de mon changement. Je n’en ai pas parlé à Chéri, je voulais réfléchir. Nous sommes rentrés à Paris, et j’ai dit que je n’avais pas faim, que le repas du Nouvel an n’était pas encore digéré. Je n’ai rien mangé pendant deux jours, et, au moment de reprendre le travail je lui en ai parlé.

Mais je lui en ai parlé d’une façon maladroite. Forcément ça tournait en boucle dans ma tête depuis trois jours et j’étais décidée, mais lui, ne s’attendait pas du tout à ce que j’aborde ce sujet de but en blanc. Il a été noyé sous mon flot de paroles et de larmes, tout sortait sans ordre logique. Il a retenu que j’avais décidé de maigrir, coûte que coûte, par n’importe quelle méthode. Car je m’étais pesée en rentrant de Bruges, et je pesais un poids jamais atteint.

113 kilos.

113 kilos.

113 kilos, pour 1m70.

Je ne pouvais pas penser à quoi que ce soit d’autre.

113 kilos.

113 kilos.

J’allais devenir dingue, je ne pouvais plus réfléchir, ce nombre tournait follement dans ma tête. Et là, ma nature excessive n’a plus connu de limite. Je suis passée de tout à rien. Pendant un mois, j’ai mangé une pomme par jour. Rien de plus. Le premier février, j’étais repassée sous les 100 kilos. J’étais extatique, dynamique comme jamais. Chéri était affolé. Mes collègues aussi. Mes amies aussi. Tout le monde sauf moi, qui ne me voyais pas. Je ne voyais que les chiffres sur la balance. En février, en plus de la pomme, chaque jour, j’ai ajouté une tranche de jambon blanc.

Et perdu encore dix kilos. Chéri était de plus en plus affolé. Je ne voulais plus aller au restaurant, plus manger. Il a fini par appeler mes deux amies les plus proches qui elles aussi s’inquiétaient. Elles m’ont prise entre quat’zeux et m’ont parlé, comme les vraies amies peuvent se permettre de parler. Elles m’ont forcée à me regarder dans un miroir. J’avais les yeux creusés, le teint gris, beaucoup moins de cheveux. Elles m’ont dit que Chéri, elles, tout le monde se faisait beaucoup de souci pour moi qui avais si mauvaise mine.

Mais moi je ne voyais pas ça dans le miroir, je voyais juste mon visage qui retrouvait forme humaine, mon cou qui commençait à réapparaître… Chéri et mes amies ont fini par me convaincre d’aller voir une diététicienne. Je l’ai fait. J’ai tout bien écouté ce qu’elle me disait, pris ses instructions sans broncher, et n’en ai fait qu’à ma tête, comme d’habitude. J’ai quand même recommencé à manger un peu, passant de 150 calories par jour à environ 800.

J’ai continué à maigrir, moins vite, mais maigrir. En avril 2007, quatre mois après ce nouvel an de prise de conscience, j’étais passée de 113 à 83 kilos. 30 kilos en quatre mois. Je continuais consciencieusement à aller chez la diététicienne, pour me donner bonne conscience et apaiser tout le monde. Je mangeais environ 1000 calories par jour. J’avais retrouvé meilleure mine, prenais soin plus que jamais de ma peau. En revanche je n’avais plus beaucoup d’énergie, et étais moins agréable à vivre pour Chéri, à coup sûr.

Nous n’allions plus que rarement au restaurant, et pour manger avec lui le soir, je ne mangeais pas de la journée. Ainsi je partageais un repas avec lui. Je crois que Chéri a eu peur, peur pour moi, et peur pour notre couple peut-être. Il n’y avait pourtant pas de quoi, notre amour se renforçait de jour en jour. Mais avec le recul, je comprends son désarroi.

Et c’est en ce mois d’avril 2007 que Chéri m’a demandée en mariage. Moi qui avais toujours été farouchement contre le mariage, j’ai été stupéfaite de sa demande, je n’y avais jamais pensé, nous n’en avions jamais parlé. J’ai été submergée d’une vague d’émotion(s), de bonheur, et je n’ai pas eu besoin de réfléchir pour dire oui. Nous venions d’acheter l’appartement où nous sommes encore, un beau grand appartement à Montmartre. Cette année fut plus que riche en bonheurs. C’était aussi l’année de mon quarantième anniversaire. Nous avons fait une petite fête pour la famille proche, fêtant mes quarante ans, notre crémaillère, et annonçant ainsi à la famille que nous allions nous marier, mais que nous ne les inviterions pas.

En effet, Chéri et moi avions le désir profond de nous marier parce que nous nous aimions et savions vouloir passer notre vie ensemble, mais ça ne nous ressemble pas de vouloir faire un grande fête où, plutôt que célébrer l’amour, on essaie de paraître heureux et de montrer aux autres qu’on l’est, en faisant surenchère d’effets spéciaux, de clinquant… Enfin, nous c’est ainsi que souvent nous ressentons les choses aux mariages auxquels nous sommes invités… Nous avions juste envie de faire un déjeuner dans un bon restaurant, avec nos parents et nos frères. Ce que nous avons fait, allant tout simplement à pied de chez nous à la mairie, puis dans un restaurant niché dans les escaliers de Montmartre, tout petit restaurant gastronomique que nous avons privatisé pour la quinzaine que nous étions. A notre mariage, le premier décembre 2007, tout le monde m’a trouvé limite maigre. Je pesais moins de 80 kilos. Et en effet, je faisais maigrelette, car j’avais perdu beaucoup de volume, beaucoup de masse musculaire et mon corps n’était pas tonique ni harmonieux. Aujourd’hui, je pèse moins qu’à notre mariage mais je parais plus tonique, plus forte, beaucoup mieux me dit Chéri.

Notre mariage a été un peu gâché par une réflexion de mon père. Lui qui ne m’a jamais dit que j’étais belle ou qu’il m’aime a choisi ce jour-là pour me le dire, de la plus maladroite des façons. Il m’a dit à l’oreille « Aujourd’hui tu es belle parce que tu as maigri, c’est comme ça que je t’aime. Ne regrossis jamais ». Je lui ai dit que je ne pouvais pas promettre une telle chose…

Nous étions en décembre 2007, et j’avais tenu la promesse que je m’étais faite au premier janvier. Mais j’étais à bout d’énergie, je ne pouvais plus lutter contre la nature et continuer ainsi à me sous-alimenter. Petit à petit, un peu plus chaque jour, j’ai mangé un peu plus. En mars 2008, j’étais remontée à 84 kilos.

Et… je suis retombée dans l’engrenage infernal, j’ai arrêté de me peser. J’ai mangé du chocolat, des chips, me disant « oh je le mérite bien après tous mes efforts ». Mais ça, ça passe une fois de temps en temps, mais pas tous les jours… Quand on fait ça tous les jours, forcément on regrossit. Surtout que je n’avais pas pris la peine de stabiliser sainement les kilos perdus trop vite et n’importe comment. Et ainsi a continué pendant cinq ans le yoyo. Grossir, prendre conscience, maigrir n’importe comment, re-grossir et ainsi de suite…

Je vais arrêter là pour aujourd’hui, à chaque fois, raconter tout cela dont j’ai si rarement parlé me secoue. Là je me mets totalement à nu devant vous, et ce n’est pas très flatteur pour moi, pour mon comportement de toutes ces années… Mais je crois que c’est nécessaire, pour moi, pour m’éviter, une bonne fois pour toutes de grossir à nouveau, pour vous, qui allez enfin comprendre toutes mes errances…

Prochain épisode, ma découverte du sport avec JC. Et en attendant, je vais à ma séance avec Paul. Après la séance de reprise d’hier, je suis une boule de courbatures. Sept semaines d’inactivité, ça ne pardonne pas:-))))))

Reprises

Chéri va mieux. Beaucoup mieux. Il parvient à respirer à peu près normalement. Encore fatigué, mais ça s’améliore de jour en jour. Espérons que la nouvelle vague de chaleur prévue la semaine prochaine ne lui provoquera plus de malaise.

Je reprends le travail lundi prochain. Je suis prête. Mon corps va bien. Mon cerveau est opérationnel, il me semble en tout cas:-) Vendredi en fin d’après-midi, j’ai eu une collègue au téléphone pendant plus d’une heure, qui m’a raconté les blas-blas du bureau pendant ces six dernières semaines, ça m’a donné très envie d’y retourner. Mes collègues me manquent, même ceux qui m’agacent:-)) Et mon travail me manque.

Samedi, nous sommes allés à Reims. Nous avons passé la journée entière avec ma mère naturellement, mais aussi avec ma nièce. Elle était en week-end à Reims et nous a proposé de nous emmener en Belgique. Dans la jolie petite ville proche de la frontière où nous allions pratiquement chaque dimanche avec mes parents quand nous étions petits mon frère et moi. Ca a fait très plaisir à ma mère. Et à moi aussi ! Quand nous habitions Charleville, il fallait environ 25 minutes en voiture pour aller à Bohan, de Reims il faut une heure et demi. Nous sommes partis à 10 heures de Reims, Lou étant venue nous chercher à notre arrivée au train, puis nous avons bu un café chez ma mère. Arrivés à 11h30 à Bohan, nous nous sommes un peu promenés le long de la Semoy. Puis sommes allés à notre resto/friterie préféré. Comme depuis quelques jours, je mange à nouveau solide, lentement, à petites bouchées, de petits repas, je me réjouissais à l’idée de manger des frites pour la première fois depuis bien des semaines.

J’ai commandé une tomate farcie au thon piquant, avec une assiette de frites. Les belges sont toujours plus que généreux sur les portions, voyez vous-mêmes.

J’ai mangé une petite moitié de la tomate au thon, les rondelles de concombre, et le tiers de mon assiette de frites. Impossible de manger plus, et encore ça représente bien davantage que les jours précédents. Je me suis régalée, j’adore le thon froid, mélangé à de la sauce pimentée et plein d’herbes, et les tomates crues c’est ma folie. Quant aux frites, de vraies frites belges, un régal !!!!!!! Ma mère a pris la même chose que moi, avec du crabe au lieu du thon, et a tout mangé, pour vous donner une idée des quantités que je mange en ce moment. Ma mère a toujours été une toute petite mangeuse, et là, elle a tout mangé, après tout c’était une entrée…

Nous sommes ensuite allés faire quelques courses au petit magasin de Bohan, faisant le plein de biscuits, chocolats, fromages, bières à rapporter aux amis et collègues. Ensuite, nous avons bu un café en terrasse, admirant la Semoy et nous réjouissant, tout simplement, d’être là, comme nous l’avons été tant de fois. Puis nous avons repris la voiture et sommes rentrés à Reims.

Ces journées sont toujours joyeuses, les trois générations (ma mère, ma nièce et moi) sommes toujours heureuses de nous retrouver. Nous avons eu le temps de boire un verre chez ma mère, et Lou nous a ramenés à la gare, notre train est arrivé à Paris à 20 heures. Et c’est là que mon estomac a commencé à se rappeler à mon bon souvenir.

Ca s’est mis à gargouiller, j’avais mal au ventre, mal au coeur… Mon estomac tout dur et tout gonflé. Toute la soirée j’ai eu mal au ventre, ça ne dégonflait pas. Vers minuit, j’ai été prise d’une violente diarrhée, douloureuse, qui a duré une partie de la nuit. Mon ventre était toujours très dur. Dimanche je n’ai rien mangé pratiquement, toujours le ventre dur et douloureux. Ca a fini par passer en fin d’après-midi. Je me rends compte que pour le moment je peux manger solide certes, mais uniquement des produits bruts, cuisinés sans gras. Encore un peu tôt pour la friture…

Le fait est que le chirurgien m’a dit qu’il faudra trois à six mois pour que ça redevienne vraiment plus facile la digestion. Et là, ça fait tout pile sept semaines. Alors pour le moment je continue mes tout petits repas, à petites bouchées. Déjà, c’est un tel plaisir de manger à nouveau solide.

Hier, j’ai ouvert mon ordinateur portable, que j’avais rapporté à la maison après mon dernier jour de travail vendredi 24 juin, et auquel je n’ai pas touché depuis. Avoir parlé à ma collègue vendredi m’a donné envie de retrouver mon travail, et aussi, je me suis dit, je vais faire un peu de tri dans mes mails pour ne pas être complètement submergée en arrivant au bureau lundi prochain. Bien m’en a pris.

Plus de 2500 mails dans ma boîte de réception. J’ai passé deux heures, j’en ai lu plus de 1500, en diagonale, histoire de voir ceux que je pouvais supprimer, ceux qu’on m’a envoyés pour info, et ceux à traiter. Ce matin, je me suis réveillée à 5h30, depuis plusieurs jours, je me réveille spontanément tôt, comme quand je vais travailler, c’est aussi pour ça que je me dis que vraiment je suis prête à reprendre. Je me suis douchée, pris mon petit déjeuner, et de 6h30 à 9h30 j’ai fini de lire tous les mails et commencé à les traiter. Je ferai pareil demain, jeudi et vendredi, deux ou trois heures à chaque fois.

Je sais… je ne suis pas censée faire ça, vous allez me le dire, mais je le fais parce que j’en ai envie, parce que j’aime mon travail qui commence à vraiment me manquer, et pour mon confort, pour être opérationnelle et pas complètement larguée lundi prochain. D’autant que je suis en vacances dans pile un mois, vendredi 16 septembre, et nous nous envolons Chéri et moi pour Lisbonne.

Nous ne les aurons pas volées ces vacances, nous en avons autant besoin l’un que l’autre. Chéri a demandé au chirurgien cardio s’il pourra prendre l’avion deux semaines après sa petite intervention, le chirurgien a dit oui. On avisera quand ce sera fait de toute façon. Et moi, je suis contente d’avoir remis la tête dans le travail, vous n’imaginez pas:-) Ca, c’est donc la reprise (officieuse) du travail.

Et aujourd’hui, ce qui m’a rendue la plus heureuse, c’est la reprise du sport. le chirurgien m’avait dit d’attendre six à sept semaines avant de reprendre la musculation. La marche, je pouvais au bout de dix jours. Et aujourd’hui ça fait tout juste sept semaines, Paul et moi avons été plus que prudents et patients, en prenant le délai le plus long. J’ai repris la marche, d’abord 5000 pas quotidiens pendant un mois, puis en augmentant de 1000 pas par jour, revenant à mon niveau de 15 000 à 20 000 pas la semaine dernière, comme avant l’opération. La semaine dernière Paul m’a demandé, plutôt que faire une heure de marche rapide au stade comme depuis plusieurs semaines, d’aller marcher dans Montmartre, puisque nous y habitons. Ainsi je monte et descends les multiples escaliers de toutes les faces de la butte, et non seulement ça fait bien monter le cardio mais ça sollicite les muscles, ce que voulait Paul, pour me préparer à la reprise cette semaine.

Je m’étais inscrite à l’Usine le 30 juin 2021, quand j’ai commencé les séances avec Paul. Mon inscription s’est donc terminée le 30 juin 2022, ce qui tombait parfaitement bien, juste au moment de mon opération. Je suis donc allée cet après-midi à l’Usine une heure avant l’heure de notre séance, pour refaire mon inscription, et surtout, avoir le temps de dire bonjour à tout le monde. Ils m’ont tous vraiment beaucoup manqué. J’étais surexcitée, et en même temps, j’appréhendais, presqu’intimidée. Pourtant, au long de ces sept semaines, j’ai pris deux fois un café avec Paul, on a échangé des message quotidiennement, il m’a soutenue tout du long de ma convalescence, chaque soir je lui dis ce que j’ai mangé, mon nombre de pas etc… et ça fait un an que je le vois quatre ou cinq fois par semaine, alors pourquoi j’étais intimidée ?

Je n’en sais rien. Je me sentais comme si c’était notre toute première séance, je savais qu’il allait me tester, pour voir les charges que je peux porter pour la reprise. C’est ça aussi que j’appréhendais beaucoup, est-ce que j’ai beaucoup perdu en force ? Et en fait, on ne le saura pas aujourd’hui, car nous n’avons pas fait de musculation. Paul a vu que je suis affaiblie, et que mes muscles sont moins apparents, et que je suis moins « puissante » qu’il y a quelques mois.

Il m’a dit que j’ai subi une grosse intervention, qu’on ne va pas directement faire de la musculation, ce serait plus dangereux que bénéfique. Que d’abord il faut réathlétiser mon corps. Je n’avais jamais entendu ce verbe. Mais j’ai vite compris:-)) Remettre en route le cardio, et l’ensemble des muscles. Après dix minutes d’échauffement à courir sur le tapis, faire des squats à vide, des pompes, nous avons fait un circuit, à trois reprises.

Six exercices, sans temps de pause. 40 secondes de corde ondulatoire, 15 tirages tractions, 15 squats avec un haltère de dix kilos, 15 pompes, 1 minute de gainage, 15 fentes, et une minutes de course sur tapis. Le temps de faire ce circuit trois fois, ça a pris 55 minutes, et brûlé 600 calories. Nous avons cinq séances cette semaine, nous ferons de la muscu dans la deuxième moitié de la semaine, Paul pense qu’on pourra repartir avec pratiquement les mêmes charges qu’avant l’opération, et il est certain que d’ici un mois je serai revenue au niveau d’avant l’opération, et je le crois.

On va bosser aussi fort qu’il le faut, et avant mes vacances à Lisbonne, je serai revenue à niveau:-))))) J’en ai bavé avec cette séance pourtant pas difficile du tout en réalité, je les sens les sept semaines d’inactivité et le fait que mon corps a été « traficoté ». Mais j’ai déjà hâte d’être à demain pour la séance suivante, un peu plus difficile, et ainsi de suite. J’ai pris goût à l’effort, à la discipline, aux défis à priori hors de portée… Je vous montre à quoi je ressemble aujourd’hui ? Je n’ai pas si mauvaise mine, ça se voit que j’ai bien dormi pendant mes semaines de convalescence.

Je vous souhaite une bonne soirée. Prenez soin de vous

Chéri, c’est ma vie

Mon dernier article date de mardi dernier, le 2 août. Petite interruption dans le récit de mon parcours d’obèse, car ce mardi 2 août, Chéri est entré à l’hôpital. Depuis le dimanche, il souffrait de la chaleur, comme nous tous vous allez me dire… Mais ce dimanche a été différent. Chéri était oppressé, ne parvenait pas à prendre son souffle, et transpirait bien plus que d’habitude. Il n’a même pas eu la force d’aller au marché, c’est moi qui y suis allée.

Tout l’après-midi il a beaucoup toussé, complètement oppressé, à bout de souffle sans bouger. C’était pire encore allongé. Dès lundi, nous sommes allés chez la généraliste, qui nous a dit de voir un cardiologue. Le cardiologue habituel de Chéri étant en vacances, nous avons dit à la généraliste que nous verrions cela à son retour. Elle nous a fait comprendre que non, c’était maintenant qu’il fallait voir le cardiologue.

Mardi, Chéri a quand même voulu aller travailler. J’ai réussi à trouver un rendez-vous pour mardi en fin d’après-midi à la clinique de Turin, clinique spécialisée en cardio, où les cardiologues consultent même le dimanche. Nous y sommes donc allés, Chéri ne pouvait plus respirer correctement du tout, et la cardiologue qui l’a examiné nous a dit, après une heure d’examens divers et variés, qu’elle craignait soit une embolie pulmonaire, soit une crise cardiaque, qu’il fallait nous rendre immédiatement aux urgences de Bichat, hôpital doté d’un excellent service cardiologie.

Et là, la nuit infernale a débuté. Nous sommes allés aux urgences en taxi, arrivés à 18h30. Chéri a été enregistré à l’accueil des urgences, et, déclaré en urgence vitale au vu du mot de la cardiologue de la clinique de Turin, a été pris en charge moins de cinq minutes après notre arrivée. Je n’ai pas pu entrer dans le service des urgences avec lui, je suis donc restée en salle d’attente. Assise sur une chaise bien dure, dans une salle surchauffée, en compagnie d’une cinquantaine de personnes attendant…

Une heure passe, deux heures passent… J’avais soif. le distributeur de boissons était en panne, les toilettes hors service, et je n’osais pas quitter la salle d’attente, puisque qu’on était censé me donner des nouvelles de Chéri. Au bout d’un long moment, je suis allée au guichet d’accueil demander comment allait Chéri, je ne savais même pas s’il était mort ou vivant… On m’a sèchement dit d’attendre. Les heures ont passé, passé, passé, j’étais toujours sur ma chaise dure. Je ne voulais pas appeler les parents de Chéri, ne voulant pas les affoler alors que je ne savais rien.

Je ne savais pas si je devais attendre, si Chéri allait rentrer à la maison, ou si je pouvais rentrer parce qu’ils allaient le garder. Vers minuit, je crois, je ne me souviens pas exactement des heures, une infirmière est venue me voir, disant que Chéri avait passé un scanner, et que plusieurs examens étaient en cours, que je devais attendre. Qu’il y avait toujours suspicion d’embolie pulmonaire, du liquide dans les poumons, et le coeur très irrégulier, Chéri ayant du mal à respirer.

J’ai appelé mon frère. J’avais besoin de parler, de pleurer. Nous avons passé une demi-heure au téléphone. A trois heures du matin, je n’avais toujours pas bu une goutte d’eau depuis la veille à16 heures, je me sentais poisseuse. Car au fur et à mesure que la nuit avance, les gens qui viennent aux urgences diffèrent. Drogués en manque, SDF, schizophrènes en crise… La tension monte, les cris retentissent…

Et moi, recroquevillée sur ma chaise, j’aurais donné n’importe quoi pour avoir des nouvelles de Chéri. Je me suis rendue compte au cours de cette si longue nuit que la peur que j’ai éprouvée avant mon opération n’était que le millionième de celle que j’éprouvais en cet instant. J’aurais tellement voulu être à la place de Chéri, l’idée qu’il souffre, qu’il puisse lui arriver quelque chose est insoutenable. A trois heures du matin donc, j’ai enfin vu un médecin qui m’a dit de rentrer, qu’ils n’arrivaient pas à stabiliser Chéri, et qu’ils allaient le garder. Qu’il ne pouvait pas m’en dire plus pour l’instant.

L’accueil de l’hôpital m’a appelé un taxi, et je suis rentrée à la maison à 3h30. J’ai bu de l’eau, ai donné à manger aux chattes, pris une douche, et me suis couchée à quatre heures. A six heures j’étais debout. J’ai essayé d’appeler les urgences, ça ne répondait pas. A midi, c’est Chéri lui-même qui m’a appelée, pour me dire qu’il allait être transféré dans une clinique à Neuilly, clinique uniquement dédiée à la cardiologie. J’ai appelé notre généraliste qui m’avait demandé de la tenir au courant. Elle m’a dit qu’en effet Chéri ne pouvait être mieux que dans cette clinique, que c’était parfait.

J’ai donc préparé un sac avec des vêtements, des affaires de toilette pour Chéri et suis allée à cette clinique. Mon pauvre Chéri. Depuis pratiquement 24 heures qu’il était entré aux urgences, on ne lui avait donné ni à boire ni à manger, il a passé la nuit sur un brancard entre les examens. Il avait le torse plein d’électrodes reliées à un écran, son cardio était à plus de 160 !!!!!!!!!!!!! Le double de ce qu’il devrait être.

Je suis tout de suite allée demander de l’eau à une infirmière, qui a aussi donné un petit en-cas à Chéri. Je lui ai demandé si on pouvait enlever les électrodes le temps qu’il prenne une douche et change de vêtements. Une fois la douche prise, ayant bu et un peu mangé, Chéri se sentait mieux. L’infirmière a remis les électrodes. L’embolie pulmonaire a été écartée, ils ont vidé le liquide dans les poumons.

Je suis restée avec Chéri jusqu’à 19 heures, et rentrée à 20 heures à la maison, la clinique est loin de chez nous en transports. J’ai appelé Chéri en rentrant, il s’apprêtait à dormir, épuisé par sa nuit aux urgences, et son coeur battant si vite et l’empêchant de respirer correctement. J’avais appelé ses parents en fin de matinée, quand j’avais eu des nouvelles. Ils m’ont dit qu’ils iraient le voir dès le lendemain jeudi, ce qui tombait bien, car il était prévu que j’aille à Reims. Mon frère étant en vacances aux Etats-Unis, je ne veux pas laisser mes parents trop longtemps sans visite.

Malgré la fatigue de la nuit blanche de la veille, je n’ai pas réussi à dormir, ne sachant toujours pas ce qu’avait Chéri, et trop inquiète pour fermer l’oeil. Jeudi je suis donc allée à Reims, fait les courses pour ma mère, allée voir mon père à l’Ehpad. Dans le train j’ai craqué. Je me suis mise à pleurer. Trop d’inquiétude, trop de fatigue, trop de malaises dus à ma convalescence pas tout à fait terminée…

J’ai eu Chéri plusieurs fois au téléphone ce jeudi pendant que j’étais à Reims, et une fois rentrée à Paris. Finalement il a demandé à ses parents de ne pas venir, la journée s’est déroulée en examens non-stop. Je me suis couchée à 21 heures 30, je n’en pouvais plus, et j’ai dormi jusqu’à sept heures du matin vendredi. Je suis partie en tout début d’après-midi pour la clinique, et j’ai passé l’après-midi avec Chéri. Ses parents sont passés vers 16h30, quand l’infirmière est arrivée pour faire l’électrocardiogramme (ils en faisaient un toutes les deux heures), nous nous sommes un peu fait disputer, une seule personne est autorisée pour les visites. Nous ne le savions pas.

Les parents de Romain sont partis assez vite de toute façon, il était fatigué. Je suis ainsi allée voir Chéri tous les jours… Son frère des Etats-Unis, en vacances à Paris est passé le voir samedi avant son retour à Denver dimanche. Ses parents sont à nouveau venus lundi après-midi. Chéri a beaucoup beaucoup beaucoup dormi pendant son séjour à la clinique. Ils ont finalement diagnostiqué une arythmie, pathologie pas très grave, ouf ouf ouf…

Chéri est sorti mardi après-midi, pile une semaine après notre passage aux urgences. Il est en arrêt maladie, et doit retourner à la clinique le 5 septembre, pour une petite intervention du coeur, il restera hospitalisé quelques jours. Je suis allée à la clinique en transports pour chercher Chéri, nous sommes rentrés en taxi, et il est allé se coucher dès que nous sommes arrivés. Je suis allée chercher ses médicaments, fait quelques courses .

Hier nous sommes sortis marcher environ dix minutes, Chéri a dû s’arrêter au bout de cinq minutes pour s’assoir. Nous avons donc directement fait demi-tour. Quant à moi, pour me vider la tête, hier matin tôt, avant la chaleur, je suis allée au stade faire une heure de marche rapide. Mardi ça a fait pile six semaines que j’ai été opérée, je vais donc pouvoir reprendre le sport la semaine prochaine, et je peux réintroduire des aliments solides dans mes repas. En une heure de marche rapide, j’ai fait 6,5 kilomètres, j’étais contente. Hier après-midi, je me suis allongée, et hop, je ne me suis pas sentie partir, et j’ai dormi profondément deux heures. La semaine qui vient de s’écouler a été rude.

Ce matin tôt, toujours avant la chaleur, je suis allée marcher. Mais pour préparer mon retour au sport mardi prochain, Paul m’a demandé de faire du cardio, de marcher dans Montmartre, grimper les escaliers deux par deux, monter les pentes le plus vite possible… De chez nous je suis donc montée au Sacré-Coeur, nous habitons au pied des fameux escaliers de Montmartre.

Il y a un an, avant de commencer mes séances avec Paul, de chez nous au Sacré-Coeur, je mettais près d’un quart d’heure, 13 minutes. Ce matin j’ai mis précisément 8 minutes 13 secondes. Mon cardio est bien meilleur qu’il y a un an, il bat à 47 pulsations minutes, je me suis allégée de pas mal de gras, enfin, j’ai eu l’impression ce matin que ma forme est revenue. Pendant une heure, j’ai monté, descendu, remonté, redescendu, faisant toutes les faces de la butte Montmartre.

Tôt le matin il n’y avait pratiquement personne, pas encore de touristes, que c’est beau Montmartre, que j’aime mon quartier ! Quand je suis rentrée, Chéri se réveillait juste. Il va mieux, ne tousse quasiment plus, respire mieux. Il est toujours très fatigué, ça je pense que c’est normal après la semaine qu’il a passée. En fin d’après-midi nos avons rendez-vous avec notre généraliste, qui va regarder tous les comptes-rendus des examens, et regarder le traitement donné à Chéri.

Chéri est décidé à lui demander le nom d’un nutritionniste spécialisé car on lui a beaucoup parlé de ça à la clinique. Chéri est trop gros. Ils l’ont directement mis à des repas sans sel sans sucre. Il va falloir qu’il revoie sa façon de manger, et de consommer de l’alcool. Bien sûr, je vais le soutenir mais c’est bien qu’il voie un professionnel qui le conseillera par rapport à sa pathologie. Sa façon de manger va sûrement se rapprocher de la mienne… A suivre…

Voilà donc pourquoi je ne suis pas venue vous écrire durant toute une semaine. Je reprends au plus vite le récit de mon parcours d’obèse. Et le quotidien, puisque je peux à nouveau manger à peu près de tout, et surtout, la reprise du sport avec Paul mardi prochain. J’ai respecté à la lettre les consignes pendant mes six semaines de convalescence, celles du chirurgien pour l’alimentation, celles de Paul pour marcher, juste marcher, un peu davantage chaque jour, mais sans forcer et sans faire aucun mouvement musculaire, juste de la marche, alors là, maintenant que je me sens vraiment mieux, inutile de vous dire comme je bous d’impatience de reprendre la musculation:-)))))))))

Bon après-midi vous tous, prenez soin de vous.

Soigner mon corps…

Me revoici. Ca va beaucoup mieux. Plus de spasmes. C’était bizarre ces spasmes qui m’ont tordu le ventre hier juste après mon déjeuner, et jusqu’à ce que je me couche à 23 heures. J’ai peu dormi, cinq heures. On dirait que je reprends mon rythme naturel de sommeil.

Signe que je suis prête, suffisamment reposée pour reprendre le travail ? Je revois ma généraliste demain, elle estimera si je peux travailler dès lundi ou si elle veut me prolonger. Ca dépendra aussi de ma tension… Je sais que je ne suis pas encore totalement au max de ma forme. Paul me demande régulièrement à quel pourcentage de forme je m’estime. Aujourd’hui, je dirais 80%, peut-être 75.

Hier matin je suis allée marcher. Ma marche devient de plus en plus rapide, 6,8km/h hier. Mais en rentrant, j’étais rouge et transpirante, autant qu’après une grosse séance de sport, je me suis allongée une heure avant d’aller prendre ma douche. Ca varie tellement au cours d’une même journée. Tantôt j’ai l’impression d’être au mieux, et une heure après j’ai un vertige. Sans doute normal… En tout cas, hier soir le coach m’a dit qu’aujourd’hui je peux passer de 5000 à 6000 pas, chouette !!!!!! Et samedi après notre bilan approfondi, j’espère être en mesure de trottiner… Bref, à suivre…

Alors, ce dont je voulais parler, ce sont les soins du corps. L’intérieur a été soigné, grâce à l’opération, et avec mon alimentation actuelle, je renforce la guérison. Et ces semaines sans travailler, c’est aussi l’occasion de prendre soin de lui plus que jamais. En temps ordinaire, je mets du lait corporel chaque matin après la douche, et je fais de temps en temps un gommage.

Six des huit straps couvrant les fils des cicatrices sont tombés, tout comme les fils. Il reste deux récalcitrants, je n’ose pas y toucher. Sur les six cicatrices dont les fils sont tombés, j’applique plusieurs fois par jour de la Cicalfate, et je masse. Les cicatrices sont déjà passées de violettes à rose pâle. Elles seront blanches d’ici peu je suppose. Elles sont très très très fines, les tentacules du bras dirigé par le chirurgien sont ultra efficaces on dirait:-) Pour le corps, en général je prends du lait l’Occitane, ou Le Petit Marseillais, ou Mixa, pour peaux sèches, et ça suffit, ma peau est vraiment douce. Mais ces dernières semaines, je l’ai trouvée beaucoup trop sèche, à croire que le mal intérieur se reflétait à l’extérieur. Alors j’ai acheté un lait La Roche Posay, relipidant. Et depuis dix jours je me masse tous les matins avec. Pur bonheur. Ma peau est redevenue beaucoup moins sèche.

Quand je suis allée à l’Usine le 15 juillet, je suis passée à la boutique Rituals qui est à côté, et ai fait le plein. Gommage corps et gommage mains, baume corporel, huile de douche, mousse de douche, shampoing… j’ai besoin de faire ces soins, de me sentir fraîche, plus encore que d’habitude. Besoin de toucher mon corps, me reconnecter à lui. Et comme j’ai du temps en ce moment, j’en profite aussi pour renforcer ma routine du visage/cou, celle du matin comme celle du soir.

Car j’ai pris un coup de vieux, je le vois… Les mois de douleurs, de non-sommeil m’ont creusée, marquée… Le sommeil et l’hydratation sont les meilleurs remèdes et avoir tant dormi ces derniers temps a un peu atténué mes cernes, mais j’ai toujours les traits tirés… De toute façon, ça fera l’effet que ça fera, ça ne peut être que pire que ces derniers mois:-))))))))) Pour le visage et le cou, j’ai trouvé les produits qu’il me faut depuis plusieurs mois. Des marques dermato de niche, et ma peau s’en porte très bien.

Enfin voilà, ce mois de juillet a été consacré uniquement à ma convalescence et mon bien-être, je crois que j’en avais grand besoin. J’ai maintenant terriblement hâte de reprendre mes allers-retours à Reims, le travail, le sport, les sorties… Et je commence à me dire que ce serait agréable de manger à nouveau solide. Vous savez ce qui me manque tout particulièrement ?

La salade, les crudités. Habituellement, j’en mange pratiquement tous les soirs des salades vertes avec tomates et concombre, et là, bien évidemment, impossible, ça ne se mixe pas. Et la deuxième chose qui commence à me manquer, c’est le pain. Du pain croustillant… Sinon, avec les moulinés, j’ai à peu près tous les aliments. Sauf les pâtes et le riz, qui ne se moulinent pas non plus. Enfin, quatre semaines sont déjà passées, plus que deux à patienter, et je pourrai faire des petits repas solides.

Pour le moment le manque n’est pas bien grand puisque je n’éprouve toujours pas la faim. Plus de quatre semaines sans un instant avoir faim ou envie de manger, c’est très bizarre comme sensation. Le midi par exemple, comme Chéri n’est pas là, il travaille, bien souvent je ne mange pas avant 14 ou 15 heures, je fais autre chose et n’y pense pas puisque je n’ai ni faim ni envie. Mais peu importe, je me force à faire quatre ou cinq petits repas quotidiens, je veux absolument récupérer toutes mes forces pour reprendre la vie, tout simplement.

Voilà, on a fait le tour, mon opération, la convalescence, ce que je mange, comment je m’occupe pendant ces jours où je ne travaille pas. Ce matin, j’ai préparé un mouliné pomme de terre-courgette, que je mangerai ce soir avec une escalope de poulet moulinée. J’ai mis une courgette assez grosse (200 grammes), deux pommes de terre (180 grammes), une noisette de beurre, quelques centilitres de lait, et ça m’a donné un grand bol, minimum pour quatre repas.

Demain je vais chez le coiffeur, et chez ma généraliste… Oh là là j’ai l’impression d’avoir 80 ans, avec un tout petit objectif chaque jour. Vraiment hâte maintenant de retrouver une vie active ! Ce soir Lou va passer:-) Je vous souhaite une bonne fin de journée, n’oubliez pas de prendre soin de vous.

Et qu’est-ce que je fais de mes journées ?

Et oui, qu’est-ce donc que je fais de mes journées ? Pas grand chose pour ne pas dire rien en fait. Demain, ça fera déjà quatre semaines que j’ai été opérée.

Et au-delà de la récupération du bouleversement dans mon corps de cette opération, je crois que je suis aussi en train de récupérer de la fatigue accumulée ces derniers mois. Epuisement est peut-être plus juste comme mot. Fatigue du corps, littéralement à bout d’épuisement avec les douleurs de plus en plus intenses et présentes ces dix derniers mois, et fatigue psychique, là aussi l’épuisement de lutter pour ne rien laisser paraître, sourire quoiqu’il se passe en moi, pour ne pas laisser la douleur prendre le dessus au risque de me faire faire des erreurs dans mon travail, pour ne pas laisser la douleur me submerger avant les séances de sport pour n’en annuler aucune, pour ne pas laisser la douleur s’infiltrer dans mon esprit et me convaincre de me reposer le week-end plutôt que d’aller à Reims…

Bref, un épuisement psychique à toujours négocier avec la douleur pour pouvoir rester debout. Alors depuis quatre semaines, mon cerveau a autorisé mon corps à lâcher prise, ou l’inverse, je ne sais pas, mais toujours est-il que j’ai l’impression que comme mon estomac reconstruit qui repart de zéro, mon corps également fait une remise à niveau absolue.

Les dix premiers jours suivants l’opération, j’ai fait des nuits de neuf à dix heures, invraisemblable pour moi ordinairement. Et en plus de ces longues nuits, j’ai dormi chaque après-midi deux à trois heures. Chaque geste du quotidien me fatiguait et je devais m’allonger après la douche, après avoir lavé la tasse du petit déjeuner, après m’être habillée, et surtout après le processus de digestion de chaque mini-repas.

Je suis rentrée à la maison le jeudi, le vendredi, je suis sortie dix minutes, pour prendre l’air, avec Chéri. Ces quelques minutes de marche ultra-lente m’ont mise KO et ont nécessité trois heures de sommeil… Mais le chirurgien m’avait bien recommandé de marcher chaque jour pour remettre le corps, et tout particulièrement l’appareil digestif, en route.

Le samedi, nous sommes sortis un quart d’heure, et avons fait quelques courses dans le petit supermarché à quelques mètres de chez nous. La lumière dans le magasin, le bruit, le monde, ça m’a encore plus fatiguée que la marche elle-même et en rentrant, je me suis allongée au calme dans notre chambre et ai dormi profondément tout l’après-midi. Le dimanche matin, je me suis aventurée à sortir pour marcher seule, sans que Chéri ne me soutienne, et j’ai réussi à marcher un quart d’heure. En rentrant, j’avais les jambes qui tremblaient, la tête qui tournait, là aussi j’ai dû m’allonger et dormir plusieurs heures.

Le lundi, Chéri a repris la travail, il avait posé la semaine de l’opération pour rester avec moi. Cette semaine-là, j’ai encore beaucoup dormi, et ai passé beaucoup de temps allongé, sans dormir, mais allongée. Je n’ai pas lu, pas écrit, la fatigue encore trop envahissante pour me permettre le moindre effort intellectuel. Ma nièce, en stage à Paris pour l’été avant de retourner à Lyon à la rentrée, est passée me voir deux fois. Mon frère me téléphone chaque jour, j’appelle ma mère, ils ont tous été tellement attentionnés.

J’ai marché un peu plus chaque jour, jusqu’à parvenir à une demi-heure continue. J’ai voulu enchaîner et augmenter de quelques minutes chaque jour, mais Paul a mis le holà immédiatement, interdiction absolue de marcher plus de 5000 pas par jour (en temps normal j’en fais entre 15 et 20 000 par jour). Il m’a dit que si je marchais plus, en mangeant si peu, je n’allais pas pouvoir récupérer, que le sommeil et l’alimentation sont primordiaux, avant l’activité physique, en période post-opératoire. Il sait que j’appréhende de perdre trop de masse musculaire, il m’a dit que oui je vais en perdre un peu, mais ce n’est pas en sept semaines sans musculation ni activité physique soutenue que je perdrai beaucoup.

D’autant que ma masse musculaire, on l’a énormément travaillée avant l’opération, et en ce moment, les protéines sont bien présentes dans mon alimentation. Nous en aurons le coeur net samedi qui vient, puisque je vais le rejoindre à la salle de sport pour la pesée et analyse des masses. Bref, je suis donc à 5000 pas par jour, jusqu’à la fin de cette semaine. Paul m’a tout à l’heure laissé un message vocal, cela changera sans doute la semaine prochaine, je vous expliquerai cela samedi.

Vendredi 8 juillet, dix jours après l’opération, une collègue m’a proposé de boire un verre. Vous le savez, mon travail est à deux pas de chez moi (enfin, 12 minutes à pieds), et le vendredi après-midi nous ne travaillons pas. J’ai développé une réelle amitié avec cette collègue, beaucoup plus jeune que moi (33 ans contre bientôt 55 pour moi). Notre parcours est différent, mais nous avons des traumatismes similaires, une hypersensibilité semblable. Au début, elle m’a proposé de venir me voir à la maison pour ne pas me fatiguer, mais je lui ai dit que ça me ferait très plaisir que nous buvions un verre, retrouver la vraie vie, voir du monde, j’en avais envie après ces dix jours ultra tranquilles à dormir et sortir juste pour marcher une demi-heure.

Je lui ai donné rendez-vous dans un café qui est à quelques minutes à pieds, tant pour moi, que pour elle du travail. J’ai passé une heure avec elle. J’ai commandé une orange pressée, j’ai mis l’heure que nous avons passée ensemble à la boire, avec moults renvois douloureux. Ca m’a fait très plaisir d’être là, dans un lieu public, de voir des gens discuter en riant, et de parler avec ma collègue comme si de rien n’était. En revanche, passer ainsi une heure assise à tenir une conversation m’a beaucoup fatiguée, et les quelques minutes à pieds pour rentrer m’ont parues pénibles.

Le week-end avec Chéri, je m’étais dit que ce serait chouette d’aller au cinéma, mais naturellement ce ne fut pas possible. Je ne me sentais pas assez forte pour prendre le bus, rester assise plusieurs heures, rentrer en bus à nouveau, rien que la perspective me fatiguait:-) Nous avons donc passé un week-end calme à la maison, Chéri est allé au marché le dimanche matin, moi j’ai fait mes marches quotidiennes d’une demi-heure. Je récupère bien ceci dit, dix jours après l’opération, je fais trois kilomètres en une demi-heure, soit six kilomètres heure, c’est de la marche rapide, la marche promenade est à trois-quatre kilomètres heures. Et certains joggers courent à six kilomètres heures, alors faire de la marche rapide si vite après l’opération est un pur bonheur pour moi.

Le chirurgien m’a dit qu’à partir de quatre semaines après l’opération je peux recommencer à trottiner. Pas courir, mais trottiner si je m’en sens capable. Et demain justement ça fait quatre semaines, ce n’est donc pas par hasard que Paul m’a laissé un message ce matin en me disant que samedi on parlera du programme des semaines à venir. Pour la musculation, le chirurgien m’a dit d’attendre au minimum six semaines avant de reprendre, avec des charges progressives. Le timing est parfait, car Paul est en vacances justement ce samedi, et revient mardi 16 août.

Ce qui fera pile sept semaines après l’opération. Là, nous reprendrons nos séances. Je lui fais totalement confiance, c’est un professionnel aguerri, extrêmement prudent (jamais aucun de ses élèves n’a été blessé. Moi qui ai eu plusieurs blessures lors des entraînements avec JC, je n’en ai eu aucune depuis que je travaille avec Paul et au contraire ma densité osseuse s’est renforcée). Donc non seulement c’est un super pro, mais il sait me modérer. le 16 août, nous testerons ce que je peux faire ou ne pas encore faire. Je me suis préparée psychologiquement à repartir avec des charges bien moindres que celles que je soulevais avant l’opération, mais Paul me dit que ce n’est pas comme si je repartais de zéro, j’ai une masse musculaire bien construite, et surtout, je ne serai plus épuisée par les douleurs, donc il estime que j’aurai retrouvé mon niveau dès fin septembre, et que nous pourrons reprendre la progression en octobre.

Peu m’importe en fait, je serai tellement heureuse de retourner chaque soir après le travail faire nos séances ! Je me suis prise de passion pour la musculation, c’est tellement technique, précis, il y a tant à découvrir ! Et sentir, voir, mon corps changer, s’affiner, se renforcer est une expérience vraiment passionnante. Je vous détaillerai un autre jour les bienfaits de la musculation sur mon corps et dans ma tête, ils sont assez nombreux, tangibles, mesurables, visibles… Bref…

La semaine du lundi 11 au dimanche 17 juillet, j’ai moins dormi petit à petit, j’en suis arrivée à ne plus éprouver le besoin de la sieste l’après-midi. J’ai essayé de négocier avec Paul de pouvoir faire plus de 5000 pas par jour, vous me connaissez, à toujours vouloir faire plus, mais rien à faire, il m’a direct recadrée, me disant que tant que je ne mangeais pas plus, pas question de brûler trop d’énergie, mon corps a encore besoin de récupérer. Et je ne m’aviserai pas de passer outre, j’ai réellement trop confiance en lui pour faire ça, et je sais qu’il a raison.

Il est top, on échange plusieurs messages chaque jour, je lui envoie le compte-rendu de mes repas, de mes pas, il me demande si j’ai bien dormi, comment je me sens niveau douleurs, moral, il m’aide à prendre mon mal en patience d’être inactive… Et il m’a proposée, si je m’en sentais la force, de venir le voir à l’Usine vendredi 15 pour boire un café. Il m’avait dit avant l’opération, voyant ma détresse à l’idée non seulement de ne pas faire de sport, mais de ne pas venir à l’Usine, où je me sens comme à la maison, que je pourrais passer dès que je m’en sentirais la force. Le directeur de la salle aussi m’y avait invitée. Donc il m’a proposé vendredi 15, voyant au fil des jours et des messages échangés, que j’allais de mieux en mieux. Quel bonheur pour moi la perspective d’aller à la salle boire un café !

Le vendredi 15, je me suis maquillée, ce que je ne fais pas en ce moment, et ai mis une robe d’été cache-coeur, fleurie, près du corps. J’ai pris le métro, j’appréhendais un peu, mais ça s’est bien passé, sans encombre, sans douleurs. Quand je suis arrivée, Paul m’attendait, il m’a prise dans ses bras, alors que d’habitude nous ne nous faisons pas la bise avant les séances. Puis il m’a fait tourner sur moi-même en me disant, « waouh je ne te vois jamais en robe, toujours en tenue de sport, ça change ! » Ben oui, je lui ai dit dans la vraie vie, je ne suis pas rouge, pas transpirante, je sens bon le parfum, je suis élégante, et tout ça et tout ça:-))))) Il m’a dit qu’il me trouve très amincie, mais préfère attendre la fin du mois pour une pesée, qu’entre le 15 et le 30 je reprendrai peut-être un ou deux des kilos perdus en parvenant à manger plus.

Tout le monde à la salle, les coachs, les jeunes de l’accueil sont venus me faire un bisou, en me disant de me dépêcher de revenir, ça m’a fait tellement chaud au coeur. Paul est allé nous faire des cafés, et on a discuté une heure et demi. Je me sens tellement bien à l’Usine, c’est un si bel endroit, et maintenant je m’y sens totalement légitime contrairement à il y a un an. Certains adhérents que je croise souvent sont aussi venus me dire un mot. Pendant l’heure et demi avec Paul, une fois les nouvelles de mon côté et du sien échangées, nous avons parlé de notre deuxième année ensemble que nous allons entamer le 16 août, de nos objectifs….

Nous allons continuer les cinq séances hebdomadaires, mais au lieu de trois muscu/deux cardios, nous allons en faire quatre de muscu et une de cardio. Et j’en ferai une de cardio seule, le dimanche quand je ne vais pas à Reims, ou le lundi, jour où Paul ne travaille pas. Waouh ça va être chouette ! A fond la muscu, pour affiner la silhouette, être ferme et tonique. A pratiquement 55 ans, je suis plus mince, plus ferme, plus dynamique que je ne l’étais à 20, 30 ou 40 ans. La muscu renforce l’estime de soi, entre autre bienfaits, car c’est une discipline très exigeante… Enfin moi, la rigueur que cela implique me convient parfaitement.

Je suis rentrée, en métro également, un peu fatiguée… Le week-end, à nouveau calme. Mais dimanche 17, je me suis sentie suffisamment en forme pour aller au cinéma. Bon…je me suis un peu endormie pendant le film:-) Mais petit à petit, je sens que l’énergie revient. C’est aussi évidemment liée au fait que je mange un peu plus jour après jour.

La semaine dernière j’ai continué à marcher ma demi-heure quotidienne, j’ai lu, Lou est à nouveau passée, jeudi en fin d’après-midi j’ai bu un verre avec une amie, bref, j’ai été un peu plus active. Et jeudi j’ai dit à Chéri que j’aimerais aller à Reims, cela faisait quatre semaines que je n’avais pas vu mes parents, depuis dimanche 26 juin, avant-veille de l’opération. Chéri m’a dit qu’il trouvait que c’était encore un peu prématuré, j’ai quand même une petite tête fatiguée, les joues creuses, et même si la forme revient, je suis loin d’être aussi solide et résistante que d’habitude. Mais… j’avais besoin d’aller à Reims, de voir mes parents, surtout mon père, qui n’est plus en mesure de parler au téléphone, qui ne m’a donc ni vue ni entendue ces quatre semaines. Et ma mère, qui s’est fait tant de souci…

Mon frère a pallié mon absence, est passé voir ma mère pratiquement chaque jour, mon père plusieurs fois par semaines, mais il est parti en vacances mercredi. Alors avant de partir il a fait de grosses courses pour ma mère, mais moi, j’ai dit à Chéri que réellement j’avais besoin d’y aller, même si mon frère n’est absent qu’une semaine, moi ça fait quatre semaines que je n’y suis pas allée, ce n’était plus tenable.

Nous y sommes donc allés hier, je viens vous raconter ça dès demain. Passez une bonne soirée, prenez soin de vous:-)

PS : en tête d’article, à l’hôpital, le bouquet apporté par Lou et le livre offert par ma DG.

Et qu’est-ce que je mange alors ?

Je me rends compte qu’ayant déserté le blog plusieurs mois il y a de jolis moments que je ne vous ai pas racontés. Le premier marathon de ma nièce en avril, marathon de Paris qu’elle a formidablement couru, nous procurant à mon frère et à moi une vague d’émotions fortes. Le week-end de fête pour le 60e anniversaire de mon frère. Là encore, des émotions, de la joie, de l’amour. Ma mère était là, mon père non. Mon pauvre papa, seul dans son monde à l’Ehpad… Oui je pleure en écrivant cela. Jamais je crois je ne surmonterai ni ne me pardonnerai cela, mon père dans un Ehpad… Enfin… De bons et beaux moments, et d’autres que j’oublie, tant pis…

Si vous me suivez sur Instagram, vous les aurez vus passer, je mets au moins une photo/story par jour là-bas. Donc, reprenons.

Opérée mardi 28 juin, je suis rentrée jeudi 30 après-midi à la maison. J’ai dormi tout l’après-midi. Je me suis réveillée au moment du dîner, mais je n’avais pas faim, bien que n’ayant rien mangé depuis l’arrêt de l’alimentation par perfusion. D’ailleurs, plus de trois semaines après l’opération, je n’ai toujours pas faim. Pas une seule fois en 25 jours je n’ai ressenti la sensation de faim, ni éprouvé une quelconque envie de manger. C’est très déroutant psychologiquement.

Les premiers jours après l’opération, j’éprouvais la sensation de soif de temps en temps, mais même boire était une épreuve. Petite gorgée par petite gorgée, boire un verre d’eau ou un café me prenait environ une heure, douloureuse en plus. Les premiers jours j’ai mangé insignifiant. Un Sojasun ? Une heure à manger, trois heures à digérer. Une cuillère à soupe de « purée » ? Une heure à manger, cinq à six heures à digérer.

Pour vous donner une idée de mes « purées », je mets systématiquement dans le mixeur un légume, préalablement cuit à la vapeur , chou-fleur, brocolis, poivron, carotte, courgette, haricots verts…., une pomme de terre, cuite elle aussi, quelques centilitres de lait chaud, une noisette de beurre, et ça fait une purée. J’ajoute ensuite un steak haché, un blanc de poulet, un blanc de dinde, du jambon blanc, du poisson, grillés sans gras, et je mixe à nouveau.

C’est savoureux car j’assaisonne, je mets des oignons, des herbes. Quand je veux un oeuf, je le fais au plat ou brouillé et là pas besoin de mixer, en mâchant longuement ça passe. Je fais mes « purées » moi-même la plupart du temps, d’abord parce qu’une tous les deux-trois jours suffit, ce n’est pas énormément de travail, ensuite parce que Chéri travaille et moi pas je suis en arrêt maladie, ça m’occupe, je ne fais pas grand chose de mes journées, et enfin, Chéri a quand même. beaucoup beaucoup de mal à cuisiner sans gras et là, je ne veux pas prendre en ce moment le risque de vomir…

Côté quantités, 120 grammes de légumes, 100 grammes de pomme de terre, et 100 grammes de viande ou poisson me faisaient au début cinq à six repas, et m’en font aujourd’hui trois ou même souvent quatre. Pourquoi je ne mets pas de gras, à part la mini noisette de beurre dans la purée ? Parce que je me suis très vite rendue compte que les aliments gras, tout comme les aliments très sucrés, me font immédiatement vomir ou provoquent une diarrhée fulgurante. Comme si mon appareil digestif avait besoin de tout remettre en route, comme celui d’un bébé. Ou de se régénérer totalement.

Ces minuscules repas me donnent à chaque fois une sensation incroyable de lourdeur, et je mets plusieurs heures à digérer, comme si j’avais fait un repas de fête des plus copieux. Les yaourts, j’en ai mangé un peu les premiers jours mais j’ai arrêté. Je n’ai jamais aimé les yaourts ni les produits laitiers, et là, encore moins qu’avant. Et je ne les digère absolument plus, ils ressortent illico. J’arrive à manger un sojasun par-ci par-là. Quand j’ai envie de fruits, je me presse une orange, un citron, ou je passe au mixeur du melon, de la pastèque, un kiwi. Donc, il y a moyen de manger varié et savoureux même avec la contrainte du liquide/mixé.

Le souci, c’est que manger est laborieux en ce moment et même pas source de plaisir puisque je ne ressens aucune faim et que la digestion est douloureuse. Mais je me force, comme me l’a recommandé le chirurgien pour tout bien remettre en route, et comme m’y incite chaque jour Paul pour reprendre des forces. Alors tout ça est loin de suffire pour que mon corps récupère. Les premiers jours j’étais tellement affaiblie que prendre ma douche par exemple me demandait un effort démesuré, m’obligeant ensuite à m’allonger au moins une heure. Donc, pour absorber plus de calories, Paul (mon coach de sport vous savez) m’a donné l’idée faire des shakers très nourrissants.

En temps ordinaire, je me fais deux fois par jour un shaker de poudre de protéines avec de l’eau, tout simplement. Juste de la poudre de protéines, sans glucides, notamment pour la récupération des muscles après les séances de sport. Là, à la poudre de protéines (végan, naturelle, sans additif, sans conservateur etc etc… je précise pour éviter les commentaires genre c’est chimique etc etc… marque Sync si vous voulez regarder), j’ajoute de la farine de flocons d’avoine ou de patates douces pour les glucides, une banane, du lait d’amande sans sucres ajoutés, et une boule de sorbet noix de coco (ma passion en ce moment), ou mangue, ou clémentines, ou citron, ou du sorbet chocolat noir… Uniquement des sorbets, les glaces, à base de crème je ne les digère pas, ça me fait vomir. Le tout au mixeur, et cela me donne une boisson onctueuse, délicieuse, et TRES nourrissante. J’en fais deux par jour, là aussi je mets beaucoup de temps à la boire, et encore plus à la digérer. En fait mon activité principale dans les journées, c’est la digestion:-)

Et c’est pénible croyez-moi, toujours la sensation d’être lourde, ballonnée, je sens mon appareil digestif au travail, tellement à l’effort qu’à chaque fois ça me provoque une bouffée de chaleur… Tout sera rentré dans l’ordre d’ici trois à six mois m’a dit le chirurgien. Les premiers jours je parvenais laborieusement à consommer 300 calories, puis 500, puis 700, aujourd’hui, trois semaines plus tard, j’arrive à consommer entre 1400 et 1600 calories quotidiennement. C’est encore peu, bien trop peu, mais je fais au mieux au jour le jour. Et surtout, je veille à la répartition des macros nutriments (protéines, glucides, lipides, fibres), afin de ne pas trop fondre musculairement.

Je me suis beaucoup affinée. Je n’ai jamais eu de si fines jambes, mon ventre s’est beaucoup aplati, mon cou est très dégagé, mon visage creux… Je ne sais pas combien de kilos j’ai perdu, je me pèserai samedi prochain avec Paul, sur la balance qui ne donne pas simplement le poids, mais aussi les masses musculaire, grasse, hydrique, osseuse… Ainsi nous verrons comment réorienter l’alimentation si besoin. J’espère n’avoir pas trop perdu de muscles. Avant l’opération nous avons fait le max avec Paul pour faire une belle masse musculaire, c’est d’ailleurs pour cela que je récupère vite et bien, que je cicatrise bien. Déjà quatre semaines sans aucune activité, et encore trois, puisque je ne pourrai reprendre, et encore tout doucement, qu’après le 15 août.

Dans les prochains articles je vous raconte mes (non) activités, les heures et les heures de sommeil, le (non) sport, comment je prends soin de ma peau, comment évoluent mes cicatrices… Je ne travaille pas encore la semaine prochaine, dernière semaine d’arrêt, j’ai intérêt à me reposer plus que jamais, je sens bien que j’ai les jambes qui flageolent au bout de quelques minutes de marche, facilement la tête qui tourne, souvent des hoquets très douloureux… Ma généraliste que j’ai vue la semaine dernière m’a dit de revenir la voir si je me sens trop faible et qu’elle me prolongera, mais moi j’ai envie de reprendre le travail. Enfin bon, j’écouterai mon corps, car toute la semaine dernière j’ai eu 10-5 de tension, et entre 45 et 47 de pulsations cardiaques. Un peu faible…

Je vous donne rendez-vous pour la suite lundi, car demain, je vais à Reims avec Chéri. La dernière fois que j’y suis allée, c’est dimanche 26 juin, l’avant-veille de l’opération. Depuis, j’en ai été incapable, réellement trop faible pour envisager prendre le train, aller chez ma mère, aller à l’Ehpad, reprendre le train… Je tiens debout à peine plus de deux heures consécutives, alors 12 heures, même pas en rêve. Demain, nous allons aller gare de l’Est en taxi. Puis de la gare de Reims à chez ma mère en taxi également. Mon frère n’est pas à Reims ce week-end, mais ma nièce oui. Donc elle nous emmènera à l’Ehpad en voiture puis nous ramènera (habituellement j’y vais à pieds mais là je sais que je ne pourrai pas). Elle nous ramènera aussi en voiture à la gare de Reims en fin d’après-midi. Puis à nouveau un taxi de la gare de l’Est à chez nous. J’espère qu’ainsi ça ira, et ensuite j’aurai toute la semaine prochaine pour récupérer.

Passez un très bon dimanche:-)

Le magnifique bouquet de roses en tête d’article, ce sont les fleurs que ma si chère cousine Karin m’a fait livrer après l’opération. Quand je vous dis que j’ai été submergée d’amour:-)

Post Op’ + 24 jours

C’est fait. Et bien fait. Vous le savez, ma plus grande crainte était de ne pas me réveiller. Mais je me suis réveillée, comme l’anesthésiste me l’avait promis:-)

Je vous avais dit qu’une fois réveillée, tout le reste, je l’affronterais le sourire aux lèvres, et c’est le cas. Je vous raconte ces trois dernières semaines ? Lundi 27 juin, l’hôpital devait m’appeler pour me donner l’heure de mon intervention, et à quelle heure je devais être à l’hôpital. J’ai reçu l’appel en début de matinée, me disant que je devais être à l’hôpital à 14 heures pour une descente au bloc opératoire à 15h30. Je leur ai demandé s’ils étaient sûrs, j’étais surprise, le chirurgien m’avait plutôt laissé entendre que je serais la première le matin, l’intervention durant au minimum quatre heures. Alors 15h30 ça me semblait tard. Car quatre heures d’opération, suivies de quelques heures en salle de réveil, ça me faisait arriver dans ma chambre à 22 heures au mieux. Mais enfin, j’ai répondu d’accord, que je serais là à 14 heures.

J’étais en train d’en discuter avec Chéri (qui était avec moi à la maison, il a posé toute la semaine pour rester avec moi), quand nouvel appel. L’assistante du chirurgien se confond en excuses, me dit que quand le chirurgien a vérifié le planning il a râlé et a dit que bien sûr, pour une telle opération je devais passer en premier. C’est donc à six heures et demi mardi 28 que je devais être à l’hôpital. En raccrochant le téléphone, j’ai été prise d’une grosse crise d’angoisse, ça devenait trop concret, je ne voulais plus me faire opérer !

Chéri m’a dit « Viens, on sort, allons boire un verre en terrasse, il fait beau ». Nous sommes donc allés dans un café que nous aimons, et j’avais toujours cette boule d’angoisse qui m’empêchait de respirer. J’ai dit à Chéri que peut-être c’était la dernière fois que j’étais là avec lui, qu’on était bien, que je ne voulais pas mourir. Oui, aujourd’hui ça me semble ridicule et exagéré, mais sur le coup j’était tellement angoissée, incapable de prendre du recul. Epuisée par des mois de douleurs, terrifiée à l’idée de laisser Chéri, de ne plus pouvoir m’occuper de mes parents, de ne plus être là pour ma nièce..

Nous sommes allés manger dans un restaurant du quartier, et pour une fois depuis longtemps, mon estomac m’a laissée tranquille, j’ai pu manger un peu. L’après-midi nous a paru interminable, j’ai préparé mon sac pour les quelques jours à l’hôpital… Je n’ai évidemment pas dormi, et à quatre heures j’étais debout. Bien trop tôt, puisque j’avais juste à prendre une douche, pas question de maquillage m’avait précisé l’anesthésiste, pas de café, pas même un verre d’eau. Je suis allée à l’hôpital en taxi, je n’ai pas voulu que Chéri m’accompagne, qu’allait-il faire là-bas dès six heures et demi ? Et lui ne voulait pas que je prenne le métro seule à cinq heures et demi, dans l’état d’angoisse où j’étais. Nous avons donc transigé pour un taxi. Ca roulait bien à six heures du matin, j’étais donc à l’hôpital à six heures vingt.

On m’a fait patienter dans le hall jusqu’à sept heures, et là, une infirmière est venue me chercher, m’a emmenée dans une petite chambre « transitoire », où j’ai enfilé la tenue réglementaire, de la charlotte aux chaussons. Elle a pris ma tension, et m’a donné un petit cachet à prendre, pour commencer à me détendre m’a-t-elle dit. A sept heures et demi, deux brancardiers sont venus me chercher, m’ont demandé si je me sentais assez bien pour descendre au bloc opératoire à pieds. J’ai dit oui, naturellement.

Arrivés dans l’antichambre du bloc, ils m’ont installée sur un brancard, m’ont demandé comment ça allait, par qui j’allais être opérée. Je leur ai dit le nom du chirurgien, et ils m’ont dit que c’était un ponte, le chef de service, qu’on venait de loin pour être opéré par lui, qu’il est « high level ». je leur ai répondu en souriant que tant mieux, car ce que j’avais était également « high level ». Ils m’ont répondu que j’étais souriante et gentille, que ça ne se voyait pas que j’allais mal. Mais que je ne devais pas m’en faire… Ils étaient gentils.

Ils ont reçu un appel, leur disant que le bloc était prêt et là, c’était LE moment. Je suis passée sur la table d’opération, toute seule, je n’ai pas voulu qu’ils me portent. L’anesthésiste a installé la perfusion, m’a expliqué qu’elle serait là près de moi pour les quatre heures à venir, et là encore quand je m’éveillerais. Il y avait une dizaine de personnes qui s’activaient dans la petite pièce, tous sont venus se présenter à moi, je dois dire que tout cela m’a donné encore plus peur. Ils m’ont montré le « bras » qui allait m’opérer. Une espèce de grand pilier de deux mètres de haut, avec six « tentacules ». Et à côté, un tableau de bord qui m’a paru très compliqué. Ils avaient tous l’air enthousiastes de ce bras, flambant neuf m’ont-ils précisé, et que pour le moment seul mon chirurgien sait faire fonctionner, et qu’il ne s’en était servi que deux fois pour l’instant.

Inutile de vous dire que tous ces détails, loin de m’impressionner, m’ont plutôt terrifiée. Pendant ce temps, le produit anesthésique s’écoulait dans la perfusion, je devenais cotonneuse, l’anesthésiste me caressait la joue en me disant que le chirurgien arrivait, et allait régler toutes les tentacules du bras, qu’il lui fallait une demi-heure pour tout paramétrer avant de commencer l’opération.

Et puis…. je me suis réveillée, du mal à ouvrir les yeux. j’ai réussi à me soulever un peu et j’ai vu que je n’étais plus dans le bloc opératoire, mais dans une pièce avec plein d’appareils qui faisaient du bruit. Immédiatement, me voyant à peu près réveillée, l’anesthésiste s’est penchée sur moi en souriant et m’a dit « Voilà, tout s’est bien passé, vous êtes en salle de réveil ». Un infirmier est venu prendre ma tension et d’autres choses, et je me suis rendormie je crois. Je me suis réveillée plus tard, l’infirmier était toujours là près de moi, il ‘a demandé si je me sentais bien. J’ai dit oui, et ai demandé l’heure. Il était 14 heures. L’anesthésiste est venue me dire qu’il y avait un produit anesthésiant dans mon ventre, que je n’aurais pas mal tout de suite, et elle m’a dit au-revoir.

J’ai encore somnolé un moment, je luttais pour ouvrir les yeux et reprendre pied mais j’avais l’impression d’être « loin ». J’ai fini par me réveiller vraiment, et l’infirmier m’a dit que mes tension, saturation tout ça étaient bonnes, que j’allais monter dans ma chambre. J’ai redemandé l’heure, il était 15h30. Un brancardier a poussé le lit sur lequel j’étais dans ce qui m’a semblé des labyrinthes de couloirs, d’ascenseurs, et tout à coup, au tournant d’un couloir, assis dans un petit salon j’ai aperçu le visage de Chéri ! Il avait l’air tellement soulagé de me voir il m’a fait un grand sourire. Et moi j’ai agité les bras, jamais je n’ai été aussi contente de voir mon Chéri je crois, jamais aussi heureuse d’être en vie.

Le brancardier m’a prise sous les bras pour me passer sur le lit de ma chambre, mais j’ai voulu le faire seule, à la force des bras. Il est reparti, et deux secondes après mon Chéri entrait dans ma chambre. Je me suis mise à pleurer de bonheur. Et lui avait l’air tellement heureux. Le pauvre, ne tenant plus en place à la maison, est venu à l’hôpital dès midi, alors que j’étais encore en salle d’opération, et il a donc attendu jusqu’à 15h30. Nous avons parlé quelques minutes, j’avais l’esprit relativement clair, et aucune douleur, non seulement j’avais le ventre anesthésié, mais j’avais aussi une perfusion d’anti-douleurs.

J’ai demandé à Chéri d’appeler ma mère, puis mon frère, ils attendaient ce coup de fil. Ensuite, une idée m’a traversée la tête, et comme je n’étais pas complètement dans mon état normal, c’est devenu une idée fixe. La « chemise de nuit » en crépon d’avant l’opération était tâchée de sang, alors j’ai dit à Chéri, je veux me laver et mettre une chemise de nuit propre. Je l’ai soulevée pour regarder mon ventre, et… je suis tombée dans les pommes. C’était moche, huit gros pansements pleins de sang, des boursouflures, mon ventre tout gonflé. J’ai repris connaissance, avec encore plus cette idée fixe en tête et j’ai commencé à me redresser sur mon lit. Chéri a essayé de m’en dissuader, mais je n’arrivais pas à penser à autre chose.

Une fois redressée dans mon lit, j’ai passé les jambes par-dessus et les ai posées par terre. Et bien évidemment ma tête s’est mise à tourner. J’ai demandé à Chéri d’aller chercher une chemise de nuit dans le sac que j’avais apporté. Chemise de nuit achetée spécialement pour l’hôpital, car je n’ai ni chemises de nuit ni pyjamas, je n’en mets jamais jamais jamais. Mais là j’en avais spécialement acheté deux, très légères, très amples. Pendant que Chéri est allé dans le placard de la chambre la chercher, je me suis mise sur mes jambes. Un peu flageolantes mais ça allait. J’ai réussi à contourner le lit en trainant le pied à perfusion et aller jusqu’à la salle de bains.

Chéri m’a donné ma trousse de toilette, j’ai sommairement rincé mon ventre, enlevant le sang entre les pansements, me suis passé de l’eau sur le visage, et là… je me suis trouvée bloquée. Comment enlever la chemise de nuit d’hôpital, avec la perfusion dans mon bras, reliée au pied à perfusion ? Tout à coup je me suis rendue compte que j’étais épuisée. Je me suis assise sur la chaise de la salle de bains. Entre-temps heureusement Chéri était allé chercher une infirmière, qui m’a très gentiment aidée, et m’a donné le bras pour me raccompagner au lit.

En me disant que j’étais en excellente condition physique pour m’être levée, avoir fait quelques mètres, lavée, à peine remontée de la salle de réveil. Je me sentais beaucoup mieux d’être un peu rafraîchie. Et je sentais que mes yeux se fermaient. Chéri est donc parti vers 17 heures, épuisé lui aussi par une nuit sans sommeil et l’attente tout au long de la journée. J’ai dormi un moment et me suis réveillée quand une infirmière est venue me demander si j’avais mal, si je voulais des anti-douleurs supplémentaires. Je lui ai dit que non, mais que j’avais une sensation de soif. Elle m’a dit que j’avais une perfusion de je ne sais plus quoi, destinée à me nourrir et m’hydrater, mais elle m’a donné une carafe d’eau et m’a servi un fond de verre. Et là, aïe aïe aïe, la goutte d’eau que j’ai bue m’a fait un mal de chien, je l’ai sentie s’écouler le long de mon oesophage et se bloquer totalement.

J’avais l’esprit suffisamment clair pour envoyer des SMS à tous ceux/celles qui, je le savais, les attendaient. J’avais fait une liste pour être sûre de n’oublier personne dans le reste de brouillard de l’anesthésie. Ma nuit a été hachée, une infirmière est passée toutes les deux heures vérifier tension, saturation, pulsations cardiaques. Le lendemain à six heures, l’équipe de jour a pris le relais.

A six heures et demi, le chirurgien est passé. Oui, six heures et demi, avant sa première opération de la journée. L’infirmière m’a dit que c’est rare qu’il fasse ça. Ben moi j’étais contente, ça m’a rassurée. Il m’a demandé si je me sentais bien, si je n’avais pas trop mal. Je lui ai dit que mon épaule gauche était terriblement douloureuse, comme il me l’avait dit lors de notre première consultation. Il m’a dit oui c’est normal, ça va durer une dizaine de jours. Je lui ai demandé s’il avait pu tout bien réparer. Il m’a dit que oui, qu’il a replacé et reconstruit l’estomac, et façonné une valve artificielle, reliant estomac et oesophage pour éviter tout déplacement à l’avenir. Et qu’il a recousu le diaphragme, la partie la plus délicate de l’opération, et qu’il l’a très solidement recousu.

Que du coup, pendant plusieurs mois, le temps que ça se détende un peu, j’aurai du mal à manger, sensation de blocage. Qu’il va falloir que je prenne l’habitude de manger lentement, à petites bouchées et surtout mâcher longuement chaque bouchée pour commencer la digestion dans la bouche, avant que ça ne passe l’oesophage. Et que pendant six semaines, jusqu’au 15 août, je devais faire des repas liquides/mixés/moulinés. Il est reparti, en me disant « A demain ».

On m’a apporté mon petit déjeuner, et rien que l’odeur du café m’a immédiatement soulevé le coeur. Il y avait un café, une compote, et un yaourt. J’ai ouvert la compote, en ai pris une minuscule bouchée, ça m’a fait mal, j’ai arrêté. J’ai bu la moitié du bol de café en plus d’une demi-heure. Sans plaisir. Puis épuisée par cet effort, je me suis rendormie. En fin de matinée, je vous ai fait un petit mot, ai répondu à quelques SMS, allumé la télévision. Pas possible de lire, la tête un peu en vrac, très mal à l’épaule gauche rien qu’en respirant, et mal au ventre qui arrivait malgré les anti-douleurs en perfusion.

En fin de matinée aussi, une infirmière est venue enlever les huit gros pansements, les a remplacés par des straps. En m’expliquant que je pouvais me mouiller sous la douche les straps tiendraient le coup, et se décolleraient dans deux à quatre semaines. Sous les straps, les fils, qui eux aussi tomberaient seuls. Chaque trou fait environ deux centimètres de haut. Pourquoi huit trous alors que le bras de l’opération a six tentacules ? Ca restera un mystère, car je n’ai pas pensé à le demander.

Une fois les pansements faits j’ai dit à l’infirmière que je mourais d’envie de prendre une douche. Elle m’a enlevé la perfusion et m’a demandé si j’avais besoin d’aide pour ma douche. J’ai dit que je préférais me débrouiller toute seule elle m’a dit d’accord, je reviens dans dix minutes pour remettre la perfusion. Quel bonheur de me sentir propre après la douche, et de me remettre au lit, fraîche et même parfumée d’eau de cologne toute douce.

L’infirmière est revenue mettre la perfusion, et le déjeuner est arrivé. Ah oui à l’hôpital, déjeuner 11h30 et dîner 18 heures:-) Mais je n’avais pas faim du tout, plutôt écoeurée au contraire. J’avais une espèce de plat mouliné, très liquide, du veau avec purée et carottes selon l’étiquette. Je l’ai ouvert, ça ne sentait absolument rien. J’en ai pris une petite bouchée, pour vous donner une idée, environ un dixième de cuillère à café, mais ça n’est pas passé, j’ai senti que ça bloquait entre oesophage et estomac, en faisant mal, et en plus je n’avais ni faim ni envie de manger. Il y avait aussi une compote et une crème vanille, je ne les ai pas ouvertes.

Chéri est arrivée à 13 heures, j’étais heureuse de le voir. Comment vous décrire à quel point les douleurs n’avaient aucune importance, j’étais juste heureuse d’être en vie. Chéri est parti à 16 heures, car je n’arrivais plus à tenir les yeux ouverts. J’ai été réveillée à 17h30 par ma nièce. Elle voulait absolument me voir, elle a été si inquiète pour moi. Je m’en veux terriblement que tout le monde se soit fait un tel souci. Ma nièce, ma mère, mon frère ont été malades quelques jours avant mon opération, vomissant presqu’autant que moi. Ils m’ont vue tellement marquée par la douleur les dernières semaines… Ma nièce n’ayant pas l’habitude de venir dans les hôpitaux, ne savait pas que les fleurs y sont interdites, et est arrivée avec un magnifique bouquet. L’infirmière a été très gentille, et m’a donné une bouteille coupée pour pouvoir garder le bouquet.

Lou est partie à 18h30, et pendant qu’elle me disait au-revoir, on frappe à la porte de ma chambre, c’était ma Directrice générale. Elle aussi s’est tellement inquiétée de me voir venir travailler les dernières semaines, elle a plusieurs fois insisté pour que je me mette en arrêt maladie, ce que pour rien au monde j’aurais fait vous le savez. Sa visite m’a beaucoup touchée. Mon Président m’a envoyé un message la veille de l’opération, un autre quelques jours après. Mes collègues se sont tous manifestés, j’ai reçu des fleurs, des livres, des cahiers jolis, moi qui aime tant les cahiers…. Ca ne fera que deux ans le 25 août que je travaille là, et je m’y sens tellement à ma place. Et tous mes collègues me disent avoir l’impression que j’y suis depuis toujours, et ça, c’est un beau compliment. Mon Président et ma DG m’ont aussi dit et écrit des choses qui m’ont bouleversée. Pas en rapport avec le travail, genre vous nous manquez parce que le travail n’est pas fait, non, des choses personnelles qui m’ont remuées.

Je suis si peu sûre de moi, j’ai toujours peur de mal faire, de gêner, d’être illégitime, alors tout ce que m’ont montré mes collègues depuis trois semaines me touche incroyablement. Bref… ma DG n’est restée qu’une demi-heure, je commençais à être fatiguée, trois visites dans l’après-midi le lendemain de l’opération ça faisait beaucoup. Le dîner est arrivé quand ma nièce était là, encore un plat mouliné très liquide, auquel je n’ai pas touché. Ni à la compote, ni au yaourt. Pas faim, pas envie, mal…

Cette deuxième nuit a été moins bonne que la première, j’avais refusé des anti-douleurs en perfusion, je n’en voulais plus. Il ne m’ont donc laissé que la perfusion pour m’hydrater. Ma saturation a tout à coup baissé, ma tension et mon pouls aussi, ils m’ont mise quelques heures sous oxygène. Jeudi matin à six heures et demi à nouveau le chirurgien est passé, m’a examinée, et m’a dit que j’allais sortir.

Il a vu ma surprise car au départ, étant opérée mardi matin, il m’avait dit que je sortirais vendredi ou samedi. Mais il m’a trouvée plutôt bien, mis à part l’épisode sous oxygène, capable de marcher, de supporter la douleur, alors autant ne pas occuper un lit quand ils en manquent. J’ai bu mon café, suis allée prendre ma douche, à neuf heures j’ai appelé Chéri pour lui dire qu’il pouvait venir me chercher en toute fin de matinée. Je me suis habillée, bon en fait j’ai mis un pantalon d’intérieur qui ressemble à un pyjama, un tee-shirt et un sweat-shirt. La tenue la plus confortable que je pouvais imaginer et puis surtout, qui ne me serrait pas le ventre, toujours gonflé.

Le médecin du service est passé pour me faire la visite de sortie, me donner mon arrêt de travail, une ordonnance pour des anti-douleurs, s’assurer que j’allais bien. Chéri est arrivé à midi, j’avais rassemblé mes affaires, il les a mises dans mon sac, et nous sommes descendus dans le hall, où on nous a appelé un taxi. Une heure après nous étions à la maison, j’étais vraiment très fatiguée, je suis directement allée me coucher, et ai profondément dormi tout l’après-midi.

En tout cas, mon séjour à l’hôpital, les Diaconesses, s’est très bien passé. J’ai été opéré par un des seuls chirurgiens qui maîtrise cette technique, un chirurgien réputé dans son domaine. L’hôpital est très propre, il y a une gestion de la douleur formidable, ils sont très attentifs à ce que l’on souffre le moins possible. Le personnel soignant a été adorable de bout en bout, très rassurant. Et un point à souligner, les Diaconnesses, c’est l’hôpital public, et je n’ai pas payé un centime. Ni pour la consultation avec le chirurgien, ni celle avec l’anesthésiste, ni pour l’opération, aucun dépassement d’honoraires, ni même de forfait journalier. Pas un centime. La seule chose que j’ai payée, c’est la chambre particulière, ça c’est normal. Et elle était très peu chère en plus la chambre particulière. Mais à part ça, je n’ai absolument rien déboursé. Alors vraiment, oui, il faut nous battre pour l’hôpital public !! Qui soigne tout le monde sans distinction !

J’ai été opérée rapidement, deux mois et demi après avoir vu le chirurgien, car c’était une urgence, sinon le délai aurait été d’environ dix mois. Je vais avoir un scanner de contrôle à la rentrée, avec visite au chirurgien, ensuite un autre scanner de contrôle en fin d’année, dernière consultation avec le chirurgien, et normalement tout cela sera de l’histoire ancienne.

Je reviens demain vous raconter la suite, les premières semaines où je ne parviens pas à manger, et l’amour à profusion que j’ai reçu. J’espère que vous allez bien. N’oubliez jamais de prendre soin de vous.

PS : La tasse en illustration m’a été envoyée par l’une d’entre vous, elle me connaît bien, j’adore. Merci mille fois !

Je suis là

Je suis sincèrement désolée, je sais que vous êtes nombreux à vous inquiéter, beaucoup m’ont écrit. Pardonnez-moi. J’ai été aspirée dans une spirale dont j’ai du mal à sortir. Je ne sais plus où donner de la tête, les journées sont trop courtes, les semaines filent… Et surtout, ce qui fait que je n’ai plus trop la force d’écrire c’est que mes crises de douleur de l’oesophage sont de plus en plus fréquentes, intenses, longues, et me laissent par terre

Toute mon énergie passe à faire face, à essayer de gérer la douleur tout en continuant à travailler, à m’occuper de mes parents. J’ai continué à passer des examens divers et variés, mon gastro a consulté plusieurs confrères, l’opération est devenue inévitable. J’ai rencontré le chirurgien en avril. C’est le chef de service de la chirurgie viscérale des Diaconesses, le seul en Ile de France qui accepte cette opération, rare, longue et délicate. Il m’a dit que ce que j’ai est « gravissime », c’est son terme. Bref je vous raconterai les détails plus tard, ce qui compte, c’est que je suis opérée mardi 28 juin.

Demain je vois l’anesthésiste. L’opération nécessite quatre heures d’anesthésie, quelques jours d’hôpital, deux semaines d’immobilisation totale, trois semaines minimum d’arrêt de travail, huit semaines sans sport. Après l’opération, six semaines d’alimentation exclusivement liquide, puis trois à six mois de repas tout petits, très fractionnés, avec une liste d’aliments autorisés ou pas. Il va poser une endo-prothèse entre l’estomac et l’oesophage, et recoudre le diaphragme béant autour de ce « bout de tuyau » qu’est l’endo-prothèse.

Il m’a prévenue que les deux semaines suivant l’opération seront pénibles, très douloureuses. Mais a-t-il dit, peut-être pas aussi douloureuses que mes crises actuelles. De toute façon, j’ai tellement mal en ce moment que deux semaines supplémentaires, si je sais qu’elles seront les dernières avant la fin de la souffrance, je vais les supporter avec le sourire. Il m’a dit que j’aurai de la morphine… suis pas sûre de vouloir prendre de la morphine… Enfin c’est un détail, je verrai après l’opération.

Ma plus grande peur, ce sont les quatre heures d’anesthésie, je ne demande qu’une chose, me réveiller. La douleur, je m’en arrangerai, mais je veux juste me réveiller. Car le chirurgien ne m’a pas caché le pourcentage de risque… et je suis terrifiée… je veux juste me réveiller…

Paul m’aide beaucoup. Physiquement mais aussi mentalement… Nous continuons nos séances, même si je m’affaiblis, je m’accroche à ça. On fait le maximum pour préparer mon corps pour une bonne récupération. D’ailleurs ma généraliste que j’ai vue il y a deux semaines m’a dit que jamais je n’ai été en meilleure santé. Une fois ce problème « mécanique » réglé, je serai en grande forme. Elle aussi m’a dit que ce n’est pas une opération anodine, plutôt risquée, et que peu de chirurgiens acceptent de la pratiquer. Quand je lui ai dit que je pourrais reprendre le travail au bout de trois semaines elle m’a dit « vous rêvez, le chirurgien en vous disant cela a voulu vous rassurer ». Bon, on verra…

En tout cas j’ai déjà acheté de quoi m’alimenter liquide, en ayant dans mes prises liquides tous les macros nutriments nécessaires. Pendant mon hospitalisation j’ai rendez-vous avec la diététicienne du service, qui me donnera des conseils supplémentaires. Le but est, pendant cette période, de ne pas m’affaiblir ni perdre trop de masse musculaire, pour une meilleure récupération.

Voilà les dernières nouvelles. Enfin en ce qui concerne ma santé. Car il y a aussi des plaisirs, des moments de joie, du bonheur. Ce que j’ai mis en place depuis bientôt un an m’a profondément changée, je suis (un tout petit peu) plus sûre de moi, plus sereine, prendre du recul m’aide tellement à avancer au quotidien, à tout affronter avec le sourire.

Côté travail aussi ça va bien. Cela va faire deux ans le 25 août que j’ai commencé, et jamais je n’ai eu une telle alchimie avec les personnes que j’assistais. Ma DG et mon Président sont des personnes qui sortent réellement de l’ordinaire.

Enfin, voilà, rapidement… Laissez-moi encore quelques jours. Après l’opération, je serai apaisée de cette peur qui me taraude, soulagée de ces douleurs qui m’épuisent, je vais enfin pouvoir dormir et me reposer un petit peu, et là, je viendrai tout vous raconter.

Merci pour tous vos gentils messages, ne m’en veuillez pas de ces trois mois de silence, ils ont été éprouvants, la douleur m’a terrassée. Mais je suis bel et bien là:-)) A très vite. Prenez soin de vous.

Oui je l’ai fait:-))

Plus de trois ans que je n’avais pas couru. Quand j’ai commencé avec Paul le 30 juin 2021, je lui ai dit que je souhaitais me muscler pour avoir le moins de masse grasse possible, et aussi que je souhaitais courir à nouveau.

Depuis mon opération du ménisque le 16 mars 2020, je n’ai pas couru. Je n’avais pas couru au moins un an avant de toute façon. J’avais beaucoup grossi, et mal au genou. J’ai été opérée le 16 mars 2020, in extremis avant le premier confinement. Je n’ai pas pu avoir de kiné, lors du premier confinement, tout s’est arrêté… J’ai fait toute seule mes exercices, avec l’aide de Philippe, en visio…

Et depuis tout ça, le poids, l’opération, je n’ai plus couru. Et je voulais me prouver qu’à nouveau je pourrais courir dix kilomètres. J’en ai tout de suite parlé à Paul, qui m’a demandé d’être patiente, de ne pas brûler les étapes pour ne pas risquer de me blesser à nouveau. Et pendant les premiers mois, nous avons enchaîné mobilité, circuits cardio, marche, marche, marche, mais ni muscu, ni course. J’avais décidé de faire confiance à Paul, et pas une fois je n’ai rechigné, j’ai fait très précisément ce qu’il voulait. Et fin novembre, un soir, après notre circuit cardio, il m’a dit, Allez viens, tu vas courir. Cinq mois après notre début.

Il m’a fait trottiner à 7km/h pendant dix minutes. Et chaque soir avant de commencer la séance, je courais cinq minutes. Et le lundi soir, Paul ne travaillant pas, j’allais courir, dix, puis 15, puis 20, puis 30 puis 45 minutes, sur le tapis à la salle. Et un dimanche matin je suis allée au stade. En revenant de ses vacances mi-janvier, Paul a commencé à me faire faire des fractionnés. De plus en plus rapides, de plus en plus longs. Aujourd’hui je fais des fractionnés à 13 km/h et quand je vais courir seule, je suis à 9,5km/h.

Chaque semaine apporte une toute légère progression. Chaque semaine nous faisons trois séances de musculation, deux séances de fractionnés, et le sixième jour, je vais courir seule. Il y a cinq ans, j’avais 49 ans, j’étais en forme, je courais dix kilomètres en 50 minutes. Ensuite j’ai enchaîné les blessures, j’ai fait le burn out et pris beaucoup de poids, ai été opérée du ménisque. J’ai reperdu tout le poids, et même plus, à force d’acharnement.

J’ai repris le sport, avec Paul, qui est plus qu’attentif au corps et du coup, aucune blessure en huit mois. Il m’a demandé beaucoup de dépassement, énormément d’assiduité, aller au-delà de ce que j’imaginais faisable, mais il sait précisément ce qu’il fait, et tout ce qu’il demande est faisable en fait, et sans blessure… Et s’il ne m’a pas fait recourir immédiatement comme j’en avais envie, il savait parfaitement ce qu’il faisait. Il m’a construit une condition physique comme jamais je n’en ai eue, et de fait, la reprise de la course s’est parfaitement bien passée, parce que nous avons auparavant passé des heures et des heures et des heures à travailler au renforcement des articulations, à l’élimination de la masse grasse… J’ai au début tout fait sans broncher, sans m’arrêter à ma fatigue, sans râler une seule fois même si les premiers exercices furent laborieux, usants, épuisants…

J’ai pleuré de mal, de fatigue, mais j’ai respecté la promesse que je m’étais faite à moi-même. Et en décembre j’ai demandé à Paul si c’était utopique de m’inscrire à une course de dix kilomètres le 13 mars. S’il pensait que je serais prête. Il m’a dit oui, bien sûr tu seras prête. Et nous avons continué à travailler. Et ma nièce s’est inscrite avec moi. Elle prépare le marathon de Paris, qui a lieu dans deux semaines. Et les semaines ont défilé à toute vitesse, et le week-end dernier, c’était le moment de la course.

Lou est arrivée de Lyon samedi matin tôt, a bu un café chez nous en venant déposer ses affaires, et est allée déjeuner avec des amies. Elle est rentrée en milieu d’près-midi, et nous sommes allées chercher notre dossard au Stade de France. Oui, cette course, « La grande Course du grand Paris » a cette particularité de commencer dans Paris intra-muros et de finir en Seine-Saint-Denis, carrément au stade de France. Qui a l’opportunité, à part les sportifs pros, de courir dans le stade de France ?

J’avais vraiment très envie de renouer avec la course à pieds avec cette course précisément. Nous sommes donc allées chercher nos dossards. Nous sommes rentrées juste à temps pour accueillir des amis qui habitent à Lyon. Hasard de calendrier, ils passaient ce week-end à Paris. Nous les avions invités à prendre l’apéritif en leur disant que malheureusement nous ne les garderions pas à dîner, car nous voulions nous coucher assez tôt, pour être fraîches le lendemain matin.

Ma nièce étant étudiante à Lyon, elle a été ravie de faire connaissance de nos amis, qui habitent à Lyon depuis très très longtemps, Chéri allait passer des séjours chez eux avant de me connaître, il y a de cela pas loin de 30 ans. Ils sont partis à 20h30, et nous avons dîné, d’une bonne assiette de pâtes. Nous avons passé une soirée toute douce, avons essayé nos petites « fantaisies » pour courir le lendemain, et nous sommes couchés à minuit. J’ai mal dormi, un peu d’appréhension de courir dix kilomètres.

Dimanche matin à 5 heures j’étais debout. Je n’ai pas mangé, juste bu un café. Impossible pour moi de manger avant une séance de sport, surtout de course, au risque sinon d’avoir le ventre en vrac… Lou s’est levée à six heures, et à l’inverse de moi, a pris un solide petit déjeuner. On est tous très différents avant une course. Nous sommes parties à un peu plus de sept heures, et dans le métro, j’ai mangé une banane, histoire d’avoir un petit pic de glucides. Nous sommes arrivées place de la République, déjà pleine de coureurs, circulation interdite. Nous sommes allées nous mettre dans le sas de départ, et tout à coup j’ai entendu mon prénom. Je me retourne, c’était un ancien collègue, qui faisait aussi cette course. Un jeune homme de moins de 30 ans, là avec son amoureuse. Nous avons un peu parlé, j’étais très contente de le voir, je l’apprécie beaucoup. Puis nous nous sommes prises en photo ma nièce et moi, avons un peu fait les folles, un peu surexcitées, et tout à coup, je me suis mise à pleurer.

Submergée par l’émotion. Emotion d’être au départ d’une course pour la première fois depuis si longtemps, émotion parce que j’ai pensé à mon père, tellement sportif et maintenant dépérissant dans un Ehpad. Emotion d’être là avec ma nièce, de partager tant de belles choses avec elle. J’ai envoyé une photo à Paul… Une à ma mère…

Et puis le départ de notre vague a été donné. J’ai enclenché ma montre, et c’était parti… Lou, pour qui c’était une petite sortie, puisque dans sa préparation du marathon, elle enchaîne les entraînements de 25 kilomètres, m’a dès le départ servi de meneuse d’allure. Les trois premiers kilomètres sont passés très vite, nous avons parlé presque tout le temps Lou et moi. Le parcours très agréable. Départ place de la République, puis nous avons suivi les canaux, et sommes sorties de Paris, toujours en suivant les canaux, avons traversé Aubervilliers, Saint-Denis et sommes arrivées au stade de France. Jusqu’au septième kilomètre j’étais vraiment très à l’aise, c’est la distance que je fais à l’entraînement, en 45 minutes. Les trois derniers un peu plus difficiles, d’autant que le dernier kilomètre, avant le stade, ça grimpe.

Quand nous sommes entrées dans le stade, à nouveau je me suis mise à pleurer. Cette sensation incroyable d’avoir retrouvé la forme, toutes les épreuves de ces dernières années surmontées, et faire un tour de piste du stade de France, ce n’est pas rien quand même. Lou m’a saisie la main en voyant mes larmes, m’a dit à quel point elle est fière de moi, de partager ça avec moi.

Et nous avons franchi la ligne d’arrivée, moi sanglotant, Lou souriant. Lou était affamée, elle a fait honneur au ravitaillement de l’arrivée, moi j’ai juste bu de l’eau. Nous avons reçu nos médailles, avons profité de l’ambiance du stade de France, savouré ces sensations, puis nous sommes tranquillement rentrées. En plus nous avons eu beaucoup de chance avec la météo. Il a fait très beau tout du long de la course, et à midi, à peine étions-nous rentrées qu’il s’est mis à pleuvoir pour le reste de la journée. Le chrono m’a un peu déçue. je pensais être prête pour faire ces dix kilomètres en une heure au bout de trois mois. Mais non, ces trois mois n’ont pas suffi, après plusieurs années d’interruption. J’ai mis une heure et sept minutes.

A peine avais-je terminé la course que Paul m’envoyait un message « Alors ? ». Je lui ai raconté comment ça s’était passé, et il était très très content. Donc encore une fois je me suis mise à pleurer quand il m’a dit comme il est fier de moi. Et il m’a promis que pour la prochaine course, oui je serai sous une heure. Je ne sais pas si je retrouverai un jour mon niveau de 50 minutes mis finalement, ce n’est pas bien grave.

Courir dix kilomètres en moins d’une heure sera déjà un immense bonheur. Et pour retrouver les 50 minutes, il faudrait que je m’entraîne plus, que j’aille courir en extérieur au moins deux fois par semaine en plus des fractionnés. Et ceci voudrait dire que je diminue la muscu. Or mon vrai plaisir, là où vraiment je prends mon pied c’est pendant les séances de musculation. Paul m’a transmis la passion. Il s’entraîne cinq fois par semaine, et c’est passionnant la découverte du corps, et tout ce qu’on peut en faire.

Alors en faire moins, non je n’en ai pas envie. Je crois que je vais garder la course à pieds en loisir et approfondir la musculation. Je me suis laissé toute cette semaine pour y réfléchir, et tout à l’heure j’en ai parlé à Paul. J’aime tellement les exercices de musculation, sentir mes muscles travailler, voir mon corps évoluer. Et puis de toute façon, l’opération décidera peut-être pour moi. Je ne sais pas combien de temps après avoir été opérée je devrai attendre avant de reprendre la muscu. Peut-être en attendant devrais-je me contenter de marche rapide… Enfin bref, chaque chose en son temps.

Ma prochaine course, c’est le 5 juin, d’ici là, on continue tout pareil Paul et moi. Cinq séances ensemble à la salle, trois muscu et deux fractionnés, une sixième seule à courir. Sauf cette semaine. Cette semaine, je suis particulièrement fatiguée. Je fais des crises pratiquement chaque jour. Et notamment mardi soir, une d’une intensité jamais atteinte, et plus longue que d’habitude, de 20 heures à minuit. J’ai cru que je ne m’en relèverais pas. Et j’ai cumulé les mauvaises nuits, alors que depuis plusieurs mois j’avais retrouvé un bon sommeil.

Alors nous avons fait nos séances avec Paul. Muscu pecs et triceps mardi soir, fractionnés mercredi soir, muscu jambes jeudi soir, fractionnés hier et muscu épaules, dos et biceps ce matin. Demain je vais à Reims donc bien sûr je ne ferai rien. Et lundi soir, jour où Paul ne travaille pas, je n’irai pas courir le soir comme d’habitude. Ce sera off également. Paul estime nécessaires ces deux jours de récupération. Il est essentiel en muscu notamment de respecter le processus de récupération, car c’est au repos que les muscles se développent. C’est pour cela aussi que jamais il ne faut faire travailler deux jours consécutifs le même groupe musculaire. Paul m’a aussi expliqué hier le concept de l’after burn effect. Et pourquoi je suis en sur-compensation cette semaine, ceci expliquant en partie ma fatigue.J’adore quand il m’apprend ainsi des choses.

Revenons donc à dimanche dernier, après la course. Nous sommes rentrées à midi, Chéri revenait juste du marché. Nous avions froid, le temps s’était brusquement refroidi avec la pluie, et soudain j’avais très faim. Nous avons pris notre douche, et avons bu un grand café avec une tartine et de l’houmous. Puis nous sommes allés au restaurant que j’avais réservé pour 14 heures.

Un restaurant italien que m’a indiqué Paul. Un beau et bon restaurant. Cadre superbe, passage Vivienne. Un endroit magiquement décoré. Et de la cuisine italienne comme j’aime, de bons produits, de bons assaisonnements, de l’ultra frais. Nous avons passé un moment merveilleux. Lou et moi étions surexcitées d’avoir couru ensemble, d’avoir couru dans le stade de France, et encore transportées par l’ambiance. L’ambiance des courses à pieds c’est quelque chose !!!!!!!!

Nous sommes rentrés à 16h30, et avons passé le reste de l’après-midi à ne rien faire. Nous reposer en regardant des vidéos rigolotes. Chéri nous a fait un délicieux dîner. Poulet rôti au four, avec petites pommes de terre, carottes et tête d’ail dans le plat. Lou est allée se coucher à 22 heures, fatiguée. Et c’est là que je me rends compte que marcher chaque matin et faire six séances de sport par semaine me donne une bonne condition physique, car finalement je n’étais pas plus fatiguée qu’après une grosse séance de sport. L’effort a duré une heure en fait. Alors bien sûr, il y a le fait d’aller au départ, de marcher pour nous rendre dans notre sas, marcher à l’arrivée pour rejoindre la sortie, l’excitation du jour précédent et du jour même. Mais ça allait.

Je me suis couchée à 23h30, et levée à 5h30. Lou s’est levée à six heures, son train pour Lyon était à neuf heures. Je ne suis pas allée marcher, j’ai préféré rester avec elle jusqu’à 7h15, nous avons petit déjeuné ensemble. Puis je suis allée au bureau. Et à nouveau la semaine a filé de folie, et nous voilà samedi.

Voilà mes z’amis, comment j’ai repris la course à pieds, quel bonheur. Pardonnez-moi de ne pas réussir à publier chaque jour, c’est difficile de tenir le rythme, en rentrant chaque soir à 20h30. Demain je vais à Reims voir mes parents. Je verrai aussi Lou, qui y est rentrée cette fin de semaine, et mon frère.

Je vous souhaite un très bon week-end. prenez soin de vous.

Le temps m’échappe

Presque deux semaines… Je n’ai pas pris (pas trouvé) le temps de venir vous voir. La semaine dernière a sans doute été une des plus … comment dire… éprouvante, fatigante… J’ai passé jeudi matin dernier le dernier examen dont a besoin le gastro pour décider si je serai opérée ou pas. Une manométrie oesophagienne. Réellement désagréable.

Une sonde enfoncée dans le nez, descendue dans la gorge sans anesthésie. Grosse difficulté pour déglutir suffisamment fort et l’avaler pour qu’elle descende ensuite dans l’oesophage. Pour m’y aider, la médecin a envoyé dans ma gorge de l’eau contenue dans une grosse seringue. J’ai fini par l’avaler. Je sentais le tuyau dans mon nez, descendant jusqu’à l’oesophage.

Ensuite, à dix reprises elle a mis de l’eau dans ma bouche avec la seringue. Ayant le nez plein du tuyau, la gorge pleine d’eau, je ne pouvais pas respirer. C’était le but. Que je déglutisse sans respirer ensuite, pour qu’elle puisse observer les contractions de l’oesophage. Sur les dix fois où j’ai eu l’eau dans la bouche, j’ai vomi deux fois. Hauts le coeur incontrôlables.

Après ça, elle a enlevé la sonde en tirant d’un coup sec. La sonde est remontée d’un coup le long de l’oesophage, de la gorge et est ressortie par le nez. Mes larmes se sont mises à couler. Pas que je pleurais, mais des larmes automatiques vous savez. Bref, un moment d’une élégance absolue. Vomi, larmes…. Quoique je n’ai vomi que du liquide puisque j’étais à jeun depuis la veille à 21 heures. La médecin m’a dit que mon oesophage se contracte trop faiblement. Et n’a pas fait d’autre commentaire, elle m’a dit qu’elle envoie ses conclusions à mon gastro. Que je vois le 4 mars.

Cet examen m’a sonnée. Je suis sortie de la clinique en titubant, et là, je me suis mise à pleurer. J’ai appelé Chéri, j’étais un peu désorientée, épuisée, frigorifiée, mal à la gorge avec du mal à parler. Ma gorge et mon nez étaient douloureux, mon nez coulait. Parler à Chéri m’a un peu rassérénée. Il n’était que 10h30, même si le temps de l’examen m’a paru interminable, ce n’était que le début de la journée. J’étais à jeun depuis plus de 12 heures, levée depuis très tôt, j’avais faim mais surtout soif.

Je me suis offert un petit déjeuner dans un café. Tartines, beurre, jus d’orange, un grand café. J’ai ensuite vu ma généraliste, j’avais besoin d’un certificat médical pour la course de dix kilomètres que je fais dans deux semaines, le 13 mars, avec ma nièce. Ma généraliste m’a dit que je n’ai jamais été aussi en forme depuis 20 ans qu’elle me suit. 12-7 de tension, coeur au repos à 52 pulsations, analyses sanguines toutes dans les fourchettes, poids plus bas à 54 ans qu’il ne l’a jamais été de ma vie. Je pèse moins lourd que lors de mon adolescence même. Juste cette histoire d’estomac/oesophage… mais j’espère que ce sera réglé avant la fin de l’année.

Je suis rentrée à 14 heures, et j’ai mangé une orange, un kiwi, un oeuf au plat et une poignée d’amandes. Je suis restée trois heures tranquille à somnoler et à 17h30, suis allée rejoindre Paul pour ma séance. J’aurais mieux fait de m’abstenir. Aucune force, impossible de faire le soulevé de terre à 75 kilos, Paul a dû décharger à 70 kilos. En revanche pour les squats, les 40 kilos sont passés sur les épaules, et les fentes, je les ai faites avec 12,5 kilos dans chaque main, ça va. Pas d’augmentation de charge mais pas de diminution non plus. Et le dernier exercice, l’extension des cuisses, les 50 kilos sont passés, difficilement, mais passés. Enfin bref, j’ai plutôt subi la séance qu’autre chose. Première fois que ça m’arrive.

Je suis rentrée, et me suis écroulée, j’avais la gorge irritée, le nez défoncé, je ne tenais plus debout. Tout était rentré dans l’ordre quand je me suis levée vendredi matin. J’avais très faim. J’ai mangé une wasa, un oeuf dur, une orange et une poignée d’oléagineux. Je suis allée au bureau. Nous n’y étions que trois, avec la grève RATP tout le monde pratiquement est resté en télétravail.

Ces jours là, j’apprécie plus encore d’être à moins d’un quart d’heure à pied de mon travail. Ma séance avec Paul le vendredi est à 14 heures puisque je ne travaille pas le vendredi après-midi. La salle de sport est à quatre stations de métro de mon travail, à six de chez nous. J’y vais toujours en métro, je ne me suis jamais posé la question de faire autrement. La grève étant importante et suivie, je n’ai même pas essayé de descendre dans le métro, je suis allée au sport à pieds. Et là où je mets 20 minutes en métro, j’ai mis 25 minutes à pieds, en marchant vite. Au retour, pour les six stations pour rentrer à la maison je mets 25 minutes, j’en ai mis 33 à pieds.

Alors maintenant, je ferai les trajets avant et après chaque séance de sport à pieds.

Samedi nous avons fait la cinquième séance de la semaine, muscu haut du corps. Paul a augmenté de 2,5 kilos la charge pour les pecs, et de deux kilos pour les triceps. Quatre kilos supplémentaires pour les épaules. Il m’a dit que je commence à bien prendre en force… et moi j’adore ça. Je commence à sentir mes muscles se dessiner un tout petit peu. Vraiment tout petit peu, il faut au minimum trois à cinq ans de pratique régulière pour être considéré comme un bon débutant. En tout cas, pour le moment, je m’affine.

Dimanche dernier nous sommes allés à Reims Chéri et moi. Après avoir fait les courses pour ma mère, resto avec mon frère et ma nièce pour fêter les 85 ans de ma mère. J’ai mangé mon entrée, puis ça a bloqué dès la première bouchée du plat. Grosse et douloureuse crise. Mon frère et Chéri ont partagé mon plat, et mon dessert… Oui, le menu était commandé, nous n’allions pas l’annuler alors que j’avais mangé l’entrée. L’après-midi, Chéri et moi sommes allés voir mon père à l’EHPAD, et sommes rentrés à Paris à 20 heures. J’avais très faim, forcément… Mais dès la première bouchée du dîner, nouvelle crise, douloureuse, longue…

La douleur m’épuise. Ceci dit, nous sommes samedi, et depuis ces deux crises de dimanche dernier, je n’en ai pas eu. J’ai beau noter chaque crise, les circonstances, ce que je mange à ce moment-là, mon état d’esprit du moment, impossible de déterminer une similitude entre les crises, entre ce qui les déclenche. Je verrai ce que me dira le gastro la semaine prochaine.

Cette semaine a également passé à une vitesse sidérante. Journées de travail plus que chargées… Et beaucoup de sport:-) Comme je ne vois pas Paul le lundi, il ne travaille pas, lundi soir après le bureau je suis allée courir une demi-heure. Mardi avec Paul, muscu bras et épaules. Mercredi fractionnés avec Paul. Jeudi avec Paul, muscu jambes. Vendredi, avec Paul, fractionnés. A la fin de la séance, Paul m’a fait un moment de stretching pour détendre mes jambes, beaucoup sollicitées lors des séances de mercredi, jeudi et vendredi. Et ce matin, toujours avec Paul, muscu pecs et dos, et beaucoup d’abdos-gainage. Les séances de mardi et jeudi soir ont duré plus d’une heure et demi au lieu d’une heure. Quand Paul n’a plus d’élève après moi, il me garde toujours plus d’une heure, et en profite pour approfondir les exercices. Enfin voilà, beaucoup de sport cette semaine. Et demain matin, je vais aller courir 45 minutes.

Je suis rentrée chaque soir entre 20 heures et 20h30, et n’ai pas trainé pour me coucher. Je dors mieux que je n’aie jamais dormi, pas énormément, en moyenne cinq heures à cinq heures et demi par nuit, mais d’un sommeil profond et récupérateur. Ce matin je ne me suis réveillée qu’à huit heures, après une nuit de huit heures, de temps en temps je fais ainsi une longue nuit, que c’est agréable. Dans le prochain article, je vous montrerai mes repas de ces derniers jours. Et sinon, je vous raconte un peu notre week-end d’il y a deux semaines, à Lyon.

Le vendredi j’ai travaillé jusqu’à 13 heures. Nous avons mangé à la maison avec Chéri rapidement, puis sommes allés prendre le train pour le week-end à Lyon. Nous sommes arrivés à 17 heures, sous un beau ciel bleu. A 17h30 nous étions à l’hôtel. Chéri avait choisi un hôtel en plein coeur de la presqu’Ile, entre Rhône et Saône, sur une jolie place. Nous nous sommes installés tranquillement et ma nièce est venue nous rejoindre à 18h30, après ses cours. Nous sommes allés boire l’apéritif dans un beau café de Lyon.

Nous sommes allés dîner dans un ancien restaurant de Lyon, une institution. De la cuisine traditionnelle de Lyon, un régal. Bonheur, je n’ai eu aucune crise de tout le week-end. Après le dîner, nous sommes allés boire un verre, puis ma nièce est rentrée chez elle, et nous à l’hôtel. Nous n’avons pas logé chez ma nièce bien sûr, qui a juste une chambre d’étudiante:-)

Samedi matin nous avions rendez-vous ma nièce et moi à neuf heures pour aller courir. Je me suis réveillée tôt, et comme Chéri dormait, me suis habillée silencieusement et suis sortie boire un café. J’ai passé plus d’une heure dans ce joli café. J’aime le matin, regarder les gens qui viennent prendre leur petit déjeuner, laisser mes pensées dériver…

Ma nièce est arrivée à neuf heures comme convenu, et m’a emmenée courir sur les bords de Saône. Le temps était idéal, frais et ensoleillé. Ce fut un moment magique, courir dans ce cadre magnifique, tout en discutant avec ma nièce. Du coup nous n’avons pas couru très vite. Quand j’ai envoyé le rapport à Paul dans la matinée, il m’a répondu « Demain matin je veux plus de rythme ! »:-)))).

Nous avons rejoint Chéri à l’hôtel, il était à peine dix heures. Moi je n’ai jamais faim tout de suite après avoir couru (d’autant que nous avions dîné un peu tard et bien copieux la veille), mais Lou était affamée. Chéri aussi. Nous sommes allés petit déjeuner dans un café Lindt. Ma nièce s’est régalée avec son café d’un croissant recouvert de chocolat Lindt. Et d’un grand jus d’orange. Idem pour Chéri. Pour moi juste un grand café. Ensuite, nous avons bien évidemment fait une razzia de chocolats, notamment pour ma nièce. Ce café Lindt propose un choix impressionnant de tablettes et boules Lindor aux parfums que l’on ne trouve pas en supermarché.

Après ce petit déjeuner, Lou est retournée chez elle, elle voulait travailler ses cours quelques heures. Chéri et moi nous sommes baladés dans Lyon, faisant au passage provision de pralines roses et coussins de Lyon, nous voulions en rapporter à plein de monde. Vers 13 heures j’ai commencé à avoir faim, vraiment faim. Nous avons déjeuné dans un pub, où je me suis régalée d’un fish burger au cabillaud, accompagné de frites et salade.

Lou nous a rejoints à 15 heures, et nous a emmenés à Fourvière. Montée en funiculaire. Que c’est beau ! Nous sommes entrés dans la cathédrale, puis avons admiré le point de vue sur tout Lyon.

Nous sommes redescendus dans le vieux Lyon à travers les jardins. Nous nous sommes encore promenés, dans le vieux Lyon cette fois. Nous sommes arrêtés pour boire un verre… Chéri, un peu fatigué, est rentré à l’hôtel, pour se reposer une heure. Ma nièce et moi avons continué à nous promener et tout à coup… la vitrine d’une superbe maroquinerie… Vous connaissez ma faiblesse devant les sacs à main. Et là, un splendide sac à main orange… Ma couleur préférée… Nous sommes entrées, j’ai regardé le sac sous toutes les coutures, l’ai essayé… et n’ai pas hésité bien longtemps avant de l’acheter. Nous sommes allées rejoindre Chéri à l’hôtel, et Chéri a bien ri en me voyant arriver avec un sac à main.

J’adore rapporter un sac des villes où nous passons de bons moments, ensuite à chaque fois que j’utilise ces sacs à mains, c’est avec une saveur particulière… Je me remémore les circonstances dans lesquelles je l’ai acquis. Nous sommes ressortis pour boire l’apéritif, puis aller dîner.

Alors que nous arrivions au restaurant, Lou a croisé des amis, qui l’ont invitée à une soirée… Nous avons dîné tranquillement, et à 23 heures, elle est allée rejoindre ses amis. Du coup, comme elle allait se coucher tard, pour la mettre à l’aise, je lui ai proposé d’aller courir seule dimanche matin, ce qu’elle a volontiers accepté pour pouvoir dormir. Je me suis réveillée dimanche matin tôt, à 6h30. Habillée vite, et je suis allée boire un café au même endroit que la veille.

Puis je suis allée courir à 7h30. Il faisait froid mais très lumineux. Un bonheur ces trois quarts d’heure le long de la Saône.

Etant seule, et sans parler, j’ai couru plus vite que la veille, Paul était satisfait du rapport que je lui ai envoyé;-). Quand je suis rentrée à l’hôtel, Chéri dormait encore. Je me suis douchée, habillée, maquillée et nous sommes allés boire un café, Chéri s’étant réveillé entre temps. Nous nous sommes encore baladés dans le centre de Lyon, avons bu un autre café, puis Lou nous a rejoints pour le déjeuner. J’avais bien faim, puisque comme le samedi, je n’ai pas pris de petit déjeuner. J’ai mangé un carpaccio de saumon, salade verte. Pas très lyonnais me direz-vous. C’est vendredi soir et samedi soir que nous avons mangé des spécialités lyonnaises, samedi midi et dimanche midi, plutôt classique.

J’ai eu l’occasion de manger une salade de lentilles, une salade de haricots blancs, des quenelles, des pâtes foie gras et truffe, du pâté en croûte au foie gras, un saucisson cuit de Lyon, de la tarte aux pralines roses, un gâteau poires-pralines roses… Après le déjeuner, nous avons récupéré nos valises à l’hôtel, Lou nous a raccompagnés à la gare, et nous sommes rentrés à Paris, en nous promettant de vite retourner passer un week-end avec elle. Je comprends qu’elle soit tombée amoureuse de Lyon.

Voilà, un très agréable week-end hors du temps. Et comme à chaque fois que nous partons, j’adore partir, et j’aime tout autant rentrer. De plus en plus je parviens à être dans le moment présent, et à apprécier de partir, de passer de chouettes séjours, et aimer retrouver la tranquillité de notre appartement avec Chéri.

Voilà, comment se sont écoulées ces deux dernières semaines. J’espère que pour vous tout est bien allé ?

PS : ne croyez pas que je ne sois pas bouleversée par l’actualité. Mais si je n’ai pas parlé de la pandémie durant deux ans, je ne parlerai pas non plus de géopolitique. J’en suis passionnée depuis toujours, et tout à fait secouée de ce qui se passe, mais ce blog n’est pas l’endroit pour ça. Et surtout, je ne suis en aucun cas légitime à analyser ce qui se passe. Je ne vais pas rejoindre la cohorte de pseudos spécialistes…