Amour et tarte aux poireaux

Oui ce titre est ridicule mais il me plaît beaucoup:-)

Ce week-end je ne suis pas allée à Reims. Repos total. Je n’ai pas mis un pied dehors.

J’ai lu plusieurs heures. Un film avec Chéri. Un film jubilatoire, l’Art du Mensonge. Nous avons aussi regardé plusieurs épisodes d’une série que j’aime beaucoup, Your Honor, qui passe en ce moment sur Canal. Je me suis fait un masque pour le visage. J’ai dormi. Cet après-midi en lisant, je me suis endormie deux heures.

Bref, un chouette week-end, seule avec Chéri, je n’ai réellement besoin de pas grand chose de plus. Ce matin Chéri a fait le marché. Je lui ai demandé d’acheter du poisson, des carottes, fenouils, poireaux, champignons, betteraves rouges, salade, j’ai des envies de légumes… Et j’avais très envie d’une tarte aux poireaux, cela fait des mois que nous n’avions pas mangé de tarte au légumes.

Pendant que je dormais cet après-mid Chéri a fait une magnifique tarte aux poireaux. Quand je me suis réveillée à 17 heures ça sentait terriblement bon dans tout l’appartement. Chéri connaît mes goûts et en plus des poireaux a mis des oignons, et surtout, de la muscade. Je suis dingue de muscade. Des oeufs, un peu de crème, des petits morceaux de comté, et résultat, cette délicieuse tarte.

Pour compléter mon repas, j’ai bu une tasse de lait au malt. Ma nouvelle gourmandise, la poudre de malt, hummmm quel délice.

Voilà, un week-end doux et léger, je suis en pleine forme pour la semaine qui s’annonce dense au travail, et aller samedi prochain à Reims. J’espère que vous avez passé un beau et bon week-end

Semaine mémorable

Je crois que je n’oublierai jamais la semaine du 8 janvier 2021.

Ce vendredi 8 janvier 2021 a clos un pan important de ma vie. J’ai mis plus de deux semaines à me remettre de cette journée. Deux semaines pendant lesquelles je n’ai pratiquement pas parlé, impossible de dire quoi que ce soit.

Ce vendredi 8 janvier je suis allée à Charleville, signer la vente définitive de la maison de mes parents chez le notaire. Il faisait très très froid. Vu le peu de trains qui circulent, je suis arrivée deux heures avant l’heure du rendez-vous chez le notaire. Deux heures que j’ai passées à marcher dans la ville où je suis née. Transie. Et comme les cafés et restaurants sont fermés, pas possible de me réchauffer en buvant un café, en mangeant quelque chose.

Le rendez-vous chez le notaire était à 14 heures, je suis arrivée en me tortillant tellement j’avais envie de faire pipi et me suis excusée en leur demandant si je pouvais utiliser les toilettes. J’étais glacée, et surtout, j’avais une terrible boule au ventre. Comme j’ai regretté à ce moment-là d’avoir dit à mon frère et à Chéri que ce n’était pas la peine qu’ils viennent.

Les acheteurs de la maison sont arrivés quelques minutes après moi, un couple d’une quarantaine d’années. Nous avons parlé, ils ont eu un énorme coup de foudre pour la maison, la cheminée du salon, le jardin… Et là, je me suis mise à pleurer. Pas pour la maison, moi au contraire dès l’âge de sept ans je rêvais de vivre dans un appartement à Paris, je n’ai jamais particulièrement aimé la maison, et le jardin je n’y allais jamais, mais je pleurais pour mes parents, pour les trente ans qu’ils ont mis à payer cette maison, mon père qui a travaillé de nuit pour gagner un peu plus, pour les projets qu’ils y ont faits, pour je ne sais pas trop quoi, ou pour tout finalement.

Dans le bureau du notaire, pendant qu’il lisait l’acte de vente, mes larmes ont coulé encore… Ça a duré en tout et pour tout à peine une demi-heure. J’ai dit au-revoir aux acheteurs, leur souhaitant d’être heureux dans cette maison, et en tout cas ils avaient l’air si heureux de l’acheter, et je suis vite partie, en les priant encore de m’excuser de pleurer ainsi.

Mon train n’était que deux heures plus tard. Je suis retournée à pieds à la gare, et me suis assise sur un banc dans le square, frigorifiée. J’ai appelé ma mère, puis mon père, puis mon frère…Ce n’était qu’une formalité, un papier à signer, mais j’avais tellement l’impression de signer illégitimement.

Je ne parviens toujours pas à me faire à l’idée d’être la tutrice de mon père, d’avoir la procuration de ma mère. Je me sens comme une voleuse, je suis rongée de culpabilité quand je pense à mon père dans son Ehpad. Bien sûr nous allons le voir aussi souvent que nous en avons le droit, c’est à dire 45 minutes tous les deux jours. Nous lui avons acheté un téléphone adapté à son état, tellement simple d’utilisation qu’il parvient à nous appeler et à répondre quand nous appelons. Chaque semaine quand je le vois il me dit que l’équipe est gentille avec lui et en effet, je vois le personnel attentif, il dit qu’il mange bien, mais qu’il dort mal, qu’il pense à nous…Enfin il me dit ça les fois où il me reconnaît… Enfin voilà, en huit mois, malgré les confinements et les difficultés de circuler, les retards administratifs, en huit mois mon frère et moi avons fait le maximum pour adoucir la vie de nos parents, qui à la fin, en mars 2020 étaient en grande difficulté pour être autonomes dans leur maison. En huit mois, je suis devenue tutrice de mon père, nous avons trouvé l’Ehpad « le moins pire » possible pour mon père, un appartement à 500 mètre de mon père pour ma mère, vidé et vendu la maison.

Ma mère est incroyablement courageuse elle a traversé ces huit mois en s’adaptant aux changements. Elle a été très fatiguée, épuisée, triste, a fait plusieurs malaises cardiaques, se retrouve seule, elle qui s’est mariée à 20 ans et a vu sa vie exploser à 83 ans. Aujourd’hui elle aime son appartement, un petit cocon de confort et de douceur. Elle fait de la sophrologie, de la gym posturale toute douce, elle commence à aller boire le café chez ses voisins, une kinésithérapeute passe deux fois par semaine pour lui faire travailler le dos qui la fait souffrir. Elle déjeune chez mon frère régulièrement le dimanche, je déjeune avec elle pratiquement chaque samedi. A chaque fois que j’y vais, Chéri lui cuisine plusieurs plats qu’elle peut surgeler, je lui apporte un petit cadeau.

Idem pour mon père, chaque semaine je lui apporte les gâteaux qu’il aime, l’Equipe qu’il lit depuis toujours, des magazines. Chaque matin on lui livre l’Ardennais, qu’il continue à lire assidûment. Malgré tout, je sais que mon père n’est pas heureux. Il s’ennuie, il n’a de goût à rien. Il pleure. Je le sais et ça me détruit. Que puis-je faire ? Que puis-je changer ?

Je les appelle chaque jour, mon frère y passe plusieurs fois par semaine. En huit mois nous avons fait beaucoup de choses mon frère et moi, nos parents étant NOTRE priorité, nous avons mis tout le reste entre parenthèses. J’y vais trois samedis sur quatre, Chéri vient avec moi une fois sur deux.

Depuis le 8 janvier, je commence à me détendre, je dors un peu mieux. Je fais de mauvais rêves cependant, je me sens tellement coupable pour mon père. Je tourne et retourne ça, je voudrais aller le voir plus souvent, je voudrais le voir sourire. Dès que les règles sanitaires seront moins strictes, nous aurons le droit de sortir un peu avec lui, l’emmener boire un café, mais pour le moment, c’est 45 minutes tous les deux jours point barre. C’est inhumain, je ne pourrai jamais me le pardonner.

Reste à venir à bout de cet épuisement. Car tout en faisant tout cela pour mes parents j’ai cherché et trouvé du travail, réussi ma période d’essai. Quand j’y pense, je ne sais pas comment j’ai tenu debout durant tous ces mois. Sans dormir. Sans rien laisser paraître devant mes nouveaux collègues.

Aujourd’hui le contrecoup est rude. Mais malgré tout ça commence à aller un tout petit peu mieux, je pleure un peu moins, je réussis à parler un peu plus… Je suis très fatiguée car en plus des cinq jours de boulot, le samedi je me lève très tôt pour aller prendre le train. Sitôt arrivée à Reims, je prends le bus pour aller chez ma mère, je bois un café avec elle, puis vais lui faire ses courses. Nous déjeunons chez elle, puis allons à l’Ehpad. Et je repars. Pas vraiment des journées de repos. Sans compter que pratiquement à chaque fois il y a des problèmes de trains. Pour des raisons divers et variées.

Il y a deux ou trois semaines je ne sais plus, vous savez il y a eu un épisode neigeux. Trois fois rien. Les trois-quatre centimètres de neige qui a chaque fois mettent les citadins ridiculement en émoi, les faisant patauger dans ces quelques centimètres de neige qui au bout d’une heure ne sont plus qu’une boue glissante. Et bien ce samedi, à cause de ces quelques flocons, mon TGV a eu deux heures de retard… Je suis rentrée à Paris tard le samedi soir, exténuée, frigorifiée, rentrant de la gare de l’est sur des pavés glissants… A chaque fois il y a quelque chose qui retarde les trains… Sans compter qu’en cette période de couvre-feu, des trains il n’y en a pas beaucoup…

Cette semaine du 8 janvier j’au aussi eu d’autres émotions. Mercredi 6, l’Ehpad m’appelle, pour me demander si je donne l’autorisation que mon père soit vacciné. Ce n’est pas la question elle-même qui m’a tant fait mal. Nous en avions déjà parlé avec mon frère, j’étais plutôt contre, mon frère plutôt pour, nous avons fini par décider que oui, nous allions dire oui, sinon mon père serait confiné plus encore, mis à l’écart. Quand mon tout viendra d’être vaccinée, je ne suis pas sûre de le vouloir, mais c’est un autre débat. Bref, quand l’Ehpad m’a appelée, me disant que c’est à moi que revenait la décision, j’ai senti mon coeur se décrocher. Toujours ce problème d’acceptation d’être tutrice.

D’habitude, ce sont les parents qui font vacciner leurs bébés pour les protéger, pas les enfants qui décident que leurs parents vont être vaccinés ou pas. J’étais au bureau quand l’Ehpad a appelé, et heureusement que j’ai un bureau individuel, car après avoir raccroché, j’ai sangloté !

Et pour dire que cette semaine précisément fut riche en émotions, jeudi 7, j’ai eu mon entretien d’évaluation annuel. Bon, n’étant là que depuis quatre mois il n’y avait pas tant de choses à dire, d’autant que j’avais déjà eu un entretien à la fin de ma période d’essai. J’ai eu cet entretien avec le Président et la Directrice Générale, puisque je suis leur assistante à tous deux. Je redoute toujours les entretiens d’évaluation, qui souvent, sont un exercice d’auto-critique demandée par l’entreprise. Mais… je ne travaille plus pour une entreprise. Je travaille dans un milieu tellement différent, humain ! Ils m’ont dit tellement de choses gentilles, je ne savais plus où me mettre. Ils m’ont notamment dit que j’ai su m’adapter dans cette période pas facile, avec beaucoup d’intelligence humaine. Ils m’ont dit qu’ils ont vu des dizaines de candidats pour remplacer leur précédente assistante et ont du mal à me trouver. Ils m’ont dit que mon sourire, ma pro-activité, mes capacités d’adaptation et d’anticipation, mes compétences confirmées leur changent la vie.

Bien sûr mes yeux se sont mis à briller d’émotion, je luttais pour retenir mes larmes. Ils m’ont dit qu’ils voient mon hyper sensibilité et que je peux prendre confiance en moi, ne jamais douter de moi. Qu’ils sont ravis de travailler avec moi, qu’ils aiment ma loyauté, mon sens de la confidentialité, mon enthousiasme. Et je leur ai dit que travailler avec eux, dans ce milieu pile à cette période de ma vie est magnifique pour moi.

Je connais encore très mal ce secteur, toutes les organisations, instances, tous les organismes à comprendre, à faire le lien entre eux etc me prendra encore plusieurs mois, ils m’ont confirmé qu’il faut même plusieurs années pour en saisir toutes les subtilités. Mon travail est passionnant. Le Président, qui s’occupe de l’aspect politique, la DG qui s’occupe de la Gouvernance, voilà qui me fait faire en permanence le grand écart puisque j’assiste les deux. Les interlocuteurs sont très différents. Le Conseil d’administration et des ministres, députés, sénateurs d’un côté, le Comité de Direction de l’autre. Le Président souhaite que je devienne l’interlocutrice privilégiée des Administrateurs, ma diplomatie n’étant plus à prouver… Seulement il y a déjà une assistante dédiée aux Administrateurs, alors le Président réfléchit à « transvaser » certains côtés de nos postes respectifs, car les Administrateurs viennent plus spontanément vers moi. Tout comme les attachés parlementaires, ou les représentants des cabinets ministériels.

Les mois et années à venir vont être passionnants, surtout avec les présidentielles de 2022. Je n’ai jamais eu un travail aussi dense, et surtout aussi difficile intellectuellement. Sans compter les cas de détresse humaine qui remontent jusqu’à nous. Chaque jour je remercie la petite étoile ou je ne sais quoi qui m’a permis de trouver ce travail. En plus, le lieu où je travaille est magnifique.

C’est une ancienne fabrique de malles. Un immeuble de cinq étages avec un hall imposant, une cour arrière où se dressent deux petites maisons. Cet immeuble appartient à l’association pour laquelle je travaille, leg d’un adhérent à la fin des années 70. Le Conseil d’Administration a voté sa rénovation complète. Les travaux démarrent le 15 mars, la préfecture de Paris a donné le Go, et seront finis normalement le 30 septembre. L’architecte m’a montré les plans, ce sera lumineux, et fait pour le bien-être des salariés. En attendant, pendant ces six mois, un de nos mécènes nous prête des bureaux, en proche banlieue.

Moi je reste sur place, le Président et la DG souhaitent que je sois là, avec le Directeur des services généraux qui supervise les travaux. Il risque d’y avoir du bruit et de la poussière, mais enfin, en ce moment où nous travaillons à 80% en télétravail, c’est le moment ou jamais de faire ces travaux. Ce sera peut-être, sûrement même moins drôle pour les habitants des immeubles voisins d’avoir les travaux du lundi au vendredi, de 9h à 17h en cette période de pseudo confinement. Nous avons prévenu les co-propriétés voisines, ainsi que le collège juste en face. J’ai rédigé hier un mot signé du Président et de la DG que nous allons donner à chaque habitant des immeubles voisins pour les prévenir de ces six mois de travaux à venir. Bref, je m’égare, ce n’est pas ça que je venais raconter…

Je voulais vous raconter à quel point la semaine du 8 janvier a été riche en émotions. J’ai plein d’autres choses à vous raconter, je dois reprendre le rythme. J’espère que vous allez tous bien, pas trop démoralisés. Je vois en ce moment tellement de gens usés psychologiquement par cette année 2020, agressifs ou au contraire éteints. En ce qui me concerne, le confinement, le couvre-feu, le fait de ne pas avoir pris un seul jour de vacance depuis août 2019, je le supporte plutôt bien. 2020 m’a fait relativiser tellement de choses. Alors j’espère que vous allez bien, et je vous remercie du fond du coeur de prendre mes nouvelles quand je ne viens pas assez souvent.

La reprise

J’étais heureuse de reprendre le travail ce matin. Bon, télétravail certes. La bonne nouvelle c’est que dès demain nous avons le droit d’aller au bureau mardi, mercredi et jeudi. Ceux qui préfèrent télétravailler le peuvent aussi. En fait chacun fait comme il veut. Certains viennent en présentiel une journée, d’autres deux, d’autres pas du tout. Chacun fait selon ses craintes, son temps de transport et comment il vit la pandémie.

Moi jusqu’ici j’y allais deux jours, le maximum autorisé, et là je vais y aller trois jours. Je n’ai pas l’inconvénient des transports, le quart d’heure à pied tôt le matin ne présente pas de danger, je ne croise pour ainsi dire personne. Dans la journée, je suis pratiquement tout le temps dans mon bureau, qui est individuel. Mais c’est tellement mieux d’être au bureau, de voir un peu de monde malgré tout. Et surtout au bureau, je suis bien mieux installée pour travailler, mieux assise (je n’ai pas mal aux lombaires le soir), j’ai une imprimante dans mon bureau, un grand écran. Travailler sur le portable à la maison, ça dépanne bien, mais je préfère réellement l’environnement de travail, et cloisonner vie pro et vie perso.

Bon, l’avantage à la maison, c’est que j’ai deux assistantes de choc:-)))

Ma Directrice m’a accordé sans problème la journée de vendredi pour mon aller-retour à Charleville. Quel changement de travailler là !! Sans appréhension… Ce matin, à nouveau réveillée à cinq heures. Je me suis levée, douchée, habillée en tenue de sport pour la séance de ce soir (avantage du télétravail), et me suis mise à mon bureau dans la chambre d’amis à 7h30. Après avoir dégusté mon petit déjeuner. Flocons d’avoine au lait d’amande. J’adore les flocons d’avoine, et avec le lait d’amande c’est encore meilleur, ça donne un super goût ! Avec une banane frécinette. Ces toutes petites bananes ont un goût incroyable !

Pour le déjeuner, tout simple. Soupe tomates et vermicelles, crackers aux céréales, beurre, jambon blanc et deux clémentines.

A 19 heures j’avais rendez-vous avec JC. Le séance a été bien meilleure que jeudi 31 où j’étais dans un état de fatigue terrible.

Je fus ensuite hors la loi puisque notre séance s’est terminée à 20 heures. Je suis rentrée à pieds, et arrivée à la maison à 20h25. Bon il n’est rien arrivé, je ne suis pas en prison… Le temps de prendre une douche bien chaude, et nous sommes passés à table. Chéri a préparé un stoemp, plat emblématique de Bruxelles. C’est une purée de pommes de terre additionnée d’un ou deux légumes, de crème et de noix de muscade. Ce week-end, j’ai dit à Chéri que j’avais très envie d’un stoemp avec navets et carottes. Et Chéri l’a fait, quel délice !!!!!!! Il a mis plein plein plein de noix de muscade il sait à quel point j’aime la noix de muscade:-) Accompagné de saucisse de Toulouse et d’échalotes.

Et là je suis toute détendue, je regarde la télé en vous écrivant, les deux minettes collées à moi, et Chéri à moins d’un mètre. J’espère que je vais bien dormir.

J’ai appelé ma mère, sa douleur dans la poitrine a presque disparu, elle a pu faire sa séance de sophrologie aujourd’hui. Je n’irai pas ce week-end à Reims. je ne peux pas aller à Charleville vendredi puis à Reims samedi ou dimanche. D’abord pour la fatigue, et aussi et surtout pour ma vie de couple. Depuis mars, je ne compte plus les jours (et les nuits) de séparation avec Chéri, ce qui ne nous était jamais arrivé. Alors maintenant il n’y a plus que des journées, pas de nuits, mais quand même, c’est trop difficile pour Chéri et moi d’être séparés si souvent. Bien sûr il m’accompagne une fois sur deux ou trois, mais je ne veux pas qu’il s’épuise, déjà qu’il prépare énormément de plats cuisinés pour ma mère… bref, ce week-end je n’irai donc pas à Reims, je passe deux jours avec Chéri c’est juste ça dont j’ai besoin.

Passez une douce fin de soirée.

Je suis engluée mais heureuse

Oui c’est paradoxal. Je suis engluée dans la tristesse. Et pourtant pleine d’espoir et de douceur.

La tristesse, elle fait maintenant partie de moi depuis le mois d’avril. Il y a eu aussi de beaux moments en 2020 que j’avais commencés à écrire ici mais voilà que mercredi, le 30 décembre, ma mère s’est retrouvée aux urgences pour une présomption d’infarctus. Heureusement fausse alerte, car des infarctus elle en a déjà fait plusieurs alors un de plus aurait été plus qu’ennuyeux. Elle s’est fêlé une côte, ce n’est pas bien grave, mais si douloureux, elle peut à peine respirer. Elle est restée à l’hôpital le temps d’examens complets et mon frère a pu aller la chercher le 31.

Quand ils ont fait une radio pour vérifier les côtes, le radiologue a vu une tâche sur un poumon. Scanner des poumons programmé en janvier. Hier, premier janvier, nous avons pris le train pour Reims très tôt Chéri et moi, et avons passé la journée chez ma mère. Chéri a cuisiné un délicieux repas, ma mère a un peu mangé et était surtout très heureuse que nous soyons là toute la journée.

Je suis donc allée trois fois à Reims en pile une semaine. Ce sont des journées où je pars à 7h30 du matin et rentre à 20h30. Ce serait bien qu’ils ajoutent des trains. Pour Reims en ce moment, il y en a un le matin, un à midi et un à 19 heures…

Vendredi 8 je fais un aller-retour dans la journée à Charleville pour signer les derniers papiers chez le notaire. Le notaire peut faire une procuration pour éviter à ma mère de se déplacer, mais la juge veut qu’en tant que représentante de mon père je sois physiquement présente, je ne peux pas signer électroniquement. J’ai donc dû demander congé pour vendredi 8 (ce qui me gêne, juste au retour d’une semaine de vacances). Et puis faire un aller-retour à Charleville, alors que les cafés et restaurants sont fermés, je vais donc errer dans Charleville dans le froid, sans pouvoir aller aux toilettes… A peine arrivée chez le notaire, je vais me précipiter aux toilettes, quelle impolitesse… Bref.

Hier nous sommes allés Chéri et moi voir mon père à l’Ehpad pendant que ma mère faisait une sieste. 45 minutes… Quelle façon d’entamer une nouvelle année. 45 petites minutes. Reims fait partie des villes qui entrent aujourd’hui en couvre-feu, à 18h au lieu de 20h, donc les Ehpad vont raccourcir les visites. Jusqu’ici on pouvait prendre rendez-vous entre 13h et 19h, maintenant c’est entre 13h et 17h. Donc s’ils veulent que chaque famille continue à voir la personne de sa famille, soit ils vont passer les visites de 45 minutes à 30 minutes, soit au lieu d’une visite tous les deux jours, ce sera tous les trois jours. On ne sait pas encore.

J’avais apporté hier à mon père une petite galette des rois, des marrons glacés, des calissons d’Aix. Pour ma mère, Chéri avait cuisiné plein de ses légumes préférés, et nous lui avons mis au congélateur une douzaine de barquettes individuelles. Il a aussi fait du navarin d’agneau, des boulettes. Et je lui ai acheté des nonnettes à l’orange, une de ses douceurs préférées. Elle en mange une chaque après-midi avec son thé. Je voudrais faire tellement plus que de faire les comptes, les démarches, arranger joliment son appartement, faire les courses !

Malheureusement je ne peux ni les faire vivre ensemble à nouveau, ni leur redonner la santé. Nous pouvons juste, mon frère et moi, leur donner tout notre amour, et notre présence. Et ça me rend malade de tristesse. Je ne sais pas si ce nuage qui m’enveloppe s’estompera un jour. La mort n’est-elle pas préférable à une fin de vie dépendante ? Quant à moi, je continue à peu dormir, et ces journées d’allers-retours réellement fatigantes ne me permettent pas de récupérer pendant le week-end. D’ailleurs peut-on appeler week-end quand il me reste juste une petite journée à la maison ? La fatigue commence à s’installer vraiment. Jeudi 31 j’ai complètement foiré ma séance avec JC. J’ai de plus en plus de mal à parler, je ne dis plus grand-chose…

Ceci dit, au fond de moi, tout au fond, malgré tout, je sens pulser une espèce de douceur de vivre. Aussi étrange que cela paraisse, j’ai développé ces derniers mois avec mon père une relation très très forte. Et vraiment belle. A force de persévérance, j’ai réussi à entrer dans le monde dans lequel son cerveau le mène actuellement. J’ai aussi appris à mieux connaître mon frère.

J’ai aussi appris à ne plus me laisser faire par… par tout le monde. Appris à dire non et n’accepter que ce qui me semble essentiel. Appris à ne plus me laisser insulter. Appris sur moi. Appris sur beaucoup de personnes de mon entourage. Appris à ne pas essayer de changer ce qui ne peut pas l’être pour consacrer mon énergie à ce sur quoi je peux agir.

J’ai trouvé un travail totalement centré sur l’humain, où on se bat pour lever des fonds, pas pour servir des actionnaires, et découvert des gens extraordinaires, des bénévoles, des jeunes gens qui veulent aider les autres, des personnes qui se battent pour faire avancer les lois, pas juste pour critiquer tout et tout le monde au chaud et à l’abri derrière leur écran, sans pour autant bouger d’un pouce. Vous savez, ces gens qui ont des solutions pour tout à les écouter, qui, s’ils étaient au pouvoir auraient depuis longtemps résolu TOUS les problèmes… Ah pourquoi ne se lancent-ils pas en politique tous ces sauveurs ?;-))

J’ai découvert un milieu professionnel dont je n’avais jamais entendu parler, qui m’a ouvert les yeux sur des situations humaines terribles, que nous essayons de résoudre, chacun à notre niveau. Des collègues, des dirigeants qui considèrent l’être humain en tant que tel, handicapé intellectuel ou pas. Qui acceptent la différence sans moraliser… J’ai pourtant une tante handicapée intellectuelle, qui a fêté le 24 décembre son 89e anniversaire, dommage que mes grands-parents n’aient pas été au courant de tout ce qui existe depuis 60 ans grâce à l’endroit où je travaille et qui a fait voter des lois essentielles sur le handicap intellectuel et les troubles psychiques.

Bref, cette année 2020 a été riche de cela, et ce n’est pas rien. Et j’admire d’autant plus mes parents qui toute leur vie, ont fait du bénévolat sans relâche, jusqu’à ce que les forces leur manquent. Mon père a tellement fait pour les deux associations sportives dont il a fait partie jusqu’à il y a peu. Ma mère a été visiteuse de prison, écoutante à « Accueil écoute », après des formations spécifiques, travaillé bénévolement un après-midi par semaine dans un magasin équitable, tout cela jusqu’à l’âge de 80 ans. A confectionné des milliers de crêpes, gaufres, tartes pour les associations de mon père. Mon frère, chaque mercredi après-midi entraîne à l’athlétisme des jeunes de sa ville. Quant à moi je ne suis qu’ambassadrice de l’Institut Marie Curie, mais j’ai toujours ce projet d’association sur le sujet qui me tient le plus à coeur. Je ne sais comment m’y prendre pour l’instant, mais j’y parviendrai un jour… Donc oui, à y réfléchir, cette année 2020 a été charnière, et ce n’est pas si mal que ça. Sans compter que cette année terrible a encore renforcé ce qui nous unit avec Chéri, et ça c’est inestimable.

Pour 2021 je ne prends aucune résolution, comme depuis plusieurs années déjà. Et même pas d’objectifs cette année. Je vais juste essayer d’être un peu plus indulgente avec moi. De continuer à sourire, même à ce et ceux qui m’agacent:-) Ce qui me ferait plaisir, c’est juste pouvoir prendre quelques jours de vacances avec Chéri, nous n’avons pas quitté Paris depuis août 2019. Je souhaite seulement que mes parents aillent le mieux possible… Partager des moments tout simples avec Chéri, comme pour ce petit déjeuner que je lui ai préparé ce matin. Rien d’exceptionnel, mais fait avec amour. Et que cette année 2021 nous permette à nouveau un peu de liberté de mouvements, même si ce ne sera sans doute pas le cas avant septembre, ne nous leurrons pas.

A vous tous, je souhaite que cette année soit celle que vous espérez, construisez-la à votre façon, on s’en fiche des regards et des jugements. Dites encore et encore votre amour à ceux qui comptent pour vous, sans timidité, sans fausse pudeur, faites ce que vous sentez être bien pour vous. Tout simplement.

Retour aux sources

Fin novembre j’ai donc retrouvé JC. Presqu’un an que nous ne nous étions pas vus.

Quand j’arrive au studio, depuis des années, pour chaque séance, on se checke JC et moi. Ni lui ni moi ne sommes de très grands démonstratifs, nous ne nous embrassons jamais au début ni à la fin des séances.

Mais là, quand il est venu m’ouvrir la porte, il m’a attrapée dans ses bras et longuement serrée. Nous étions si heureux tous les deux. Bon heureusement que nous sommes négatifs lui et moi parce que là, pas de geste barrière. J’ai enlevé mon masque (ben oui je l’avais, j’arrivais de dehors), JC m’a regardée de la tête aux pieds, et m’a dit (sa sobriété vite revenue) « Bravo, bonne surprise, tu as très bien maintenu. Et même carrément mieux que maintenu. Et maintenant au boulot ».

La première séance fut une séance « test », il voulait voir où j’en étais. Côté cardio, rien à dire, tous les exercices poids de corps faits avec Philippe m’ont donné un excellent cardio. Côté muscu et Core en revanche j’ai perdu. Depuis, nous nous voyons deux fois par semaine, lundi soir et vendredi après-midi, et je retrouve le plaisir du CoreTraining. Mélange de cardio, muscu, posturologie, exos au poids du corps. JC me fait réaliser de nombreux exercices que je n’avais jamais faits, il a du nouveau matériel (notamment des poulies infernales:-)) et veut renouveler tout ce qu’on a déjà pu faire.

Il m’a donné une jolie gourde, j’adore !

J’ai eu l’impression en revenant au studio de rentrer à la maison. JC et moi étions tellement émus ! Après la première séance il m’a envoyé un SMS pour me dire à quel point il est heureux de reformer notre duo. Quel bonheur de le retrouver. Et aussi de pouvoir faire du sport dans un endroit dédié. Je préfère cela au fait que Philippe vienne à la maison, j’aime le principe de sortir, de faire la démarche d’aller au sport. C’est exactement comme le travail. Je ne suis pas faite pour le télétravail tout comme je ne suis pas faite pour le télésport:-)) Trop besoin d’être en équipe, avec des vrais liens humains, pas des liens vidéo.

Et surtout, l’appartement c’est mon lieu d’habitation, mon cocon avec Chéri, je n’ai envie ni d’y travailler ni d’y faire du sport. Chacun son truc, je sais que certains s’épanouissent avec le télétravail… Heureusement qu’il y a cette solution grâce au fait que le studio offre des cours particuliers, et ne soit pas une salle de sport collective. Pour le moment nous ne faisons que deux séances par semaine. JC veut reprendre tranquillement, je ne suis pas revenue à mon niveau précédent, et mes horaires et mes allers-retours à Reims ne me permettent guère de libérer plus de temps. On en reparlera lui et moi dans quelques semaines/mois. Mises à part ces deux séances, je veille à faire quoiqu’il arrive 10 000 pas par jour, et je fais des petites séances seule à la maison, de renforcement musculaire.

Donc au total cinq par semaine. Je vais en faire moins en 2021, je suis trop fatiguée, je ne suis donc pas sûre qu’en réalité ce soit efficace. Je vais d’abord me contenter des deux séances avec JC, nettement plus complètes, des 10 000 pas quotidiens, et nous réévaluerons ensemble avec JC dans quelques semaines/mois. On verra aussi selon que nous serons à nouveau confinés ou pas, que le télétravail va durer etc etc… Les séances en Visio dépannent bien quand on est confinés ceci dit…

Sinon, dimanche cool. Levée 7h. Cafés dans le calme avec les chattes le temps que Chéri se réveille. Puis Chéri est allé au marché, et j’ai passé deux heures à vider et ranger un placard. Déjeuner simple et léger. Cette soupe de chez Picard Surgelés est bonne, et peut dépanner. Mais j’en ai manger de meilleures. Et surtout, sur l’emballage ils disent que c’est une recette relevée, pas assez pour moi en tout cas… Mais en avoir au congélateur dépanne, surtout certains jours de télétravail… Souvent ces jours là je ne vois pas le temps passer et je prends juste quelques minutes de pause.

Déjeuner léger, Chéri ayant dans l’idée de faire des croque-monsieurs ce soir. Il faut dire que nous avons depuis très peu de temps un gaufrier, offert par l’une d’entre vous (merci encore !!!!!) alors gaufres dimanche dernier et croque-monsieurs ce soir. Je vous montre ? Deux croques jambon emmental et un croque pâte à tartiner pour mon dîner.

Le but de ce gaufrier est aussi et surtout de faire les petites galettes que ma grand-mère et ma mère ont toujours faites à l’époque de Noël-nouvelle année. Je vais en faire pour la première fois, ma mère m’a passé sa recette, écrite par ma grand-mère, et ma nièce m’a demandé d’apprendre à les faire avec moi. Déjà qu’à Noël, pour la première fois nous n’avons pas dégusté la fameuse bûche de ma mère, alors les petites galettes hors de question de ne pas perpétuer la tradition.

Sinon, après-midi tout doux. J’ai allumé des bougies qui sentent bon, Chéri a regardé un film et j’ai lu en rêvassant. Puis en fin d’après-midi, je me suis fait un masque, visage et yeux, comme pratiquement chaque dimanche… Je suis à peu près reposée pour aller à Reims demain. J’espère juste qu’il pleuvra moins car là-bas je fais tout à pieds, les courses pour ma mère, aller voir mon père…

J’espère que votre dimanche a été parfait. Douce fin de journée.

Merci

Merci de vos messages, ici ou en privé.

J’espère que vous allez bien, et avez passé un Noël tel que vous en aviez envie. De mon côté, je n’avais vraiment pas le coeur à fêter un Noël clôturant une année si triste. Je ne parle pas de la Covid, je ne suis pas là pour parler de ça, il y a déjà tant de pseudos spécialistes sur les réseaux sociaux. Je parle de mon année.

Et puis… fêter Noël alors que mon père est confiné dans son Ehpad… Impossible. Hier soir, juste avec Chéri, soirée ultra calme. Nous avons regardé La vie est belle de Franck Capra, je ne m’en lasse pas je peux le regarder chaque année. Et aujourd’hui, nous sommes allés à Reims, mon frère a beaucoup insisté, se récriant quand je lui ai dit que je ne voulais absolument rien faire le jour de Noël. Il m’a dit que c’était pour être ensemble, que nous ferions un repas comme un jour habituel, mais qu’il ne pouvait envisager ne pas nous voir. Alors nous sommes allés chez lui, nous étions cinq. Chéri et moi, ma mère, ma nièce, mon frère. Et nous avons mangé une raclette. Et juste savouré d’être ensemble. J’ai pleuré, mon grand frère m’a consolée…

Quand arriverai-je à parler de mon père sans pleurer ? Je ne sais pas. Je suis tellement triste. Tellement fatiguée. Chaque semaine, cinq jours de travail, comme tout le monde, et un des deux jours du week-end je vais à Reims, je fais les courses pour ma mère, je vais voir mon père… Il ne reste que peu de temps avec Chéri, et peu de temps de repos. Je dors mal, chaque matin je me réveille entre quatre et cinq heures. J’espère que cela va s’améliorer petit à petit. En tout cas, j’ai travaillé jusqu’à hier soir, mais me voilà en vacances jusqu’au trois janvier:-)

J’irai la semaine prochaine deux fois à Reims. Je vais faire beaucoup de sport, lire, essayer de dormir. Je ferai le bilan de mon année 2020, il y a du positif quand même dans cette année. Oui du positif, de la beauté.

Bon finalement aujourd’hui fut une belle journée, avec ma mère, mon frère ma nièce… Et Chéri évidemment. Pas une journée joyeuse, mais une journée douce, où j’ai senti les liens forts que nous avons tissés durant cette année. Comme je ne voulais pas fêter Noël, j’avais dit à mon frère « pas de cadeaux » mais finalement… si. Tout le monde a été tellement adorable avec moi. Ma nièce m’a offert des petites merveilles de chats en cuir. Mon frère des soins de beauté pile ce dont j’ai besoin, ma mère de si jolies tasses pour des boissons réconfortante et Chéri… et bien Chéri m’a outrageusement gâtée. Je vous montrerai tout ça… Alors…j’ai encore pleuré…

Nous avons acheté à mon père un téléphone portable bien conçu, avec de grosses touches et d’une simplicité absolue. Il n’a qu’à appuyer sur une touche pour nous joindre, mon frère a tout programmé. Je peux ainsi l’appeler chaque jour. Il y a des jours avec et des jours sans, des jours où il ne me reconnaît pas et raccroche, et des jours où nous parlons une ou deux minutes. Et lui nous appelle quand il se sent mal. Ca le rassure énormément. Enfin bon nous essayons mon frère et moi d’entourer mes parents au maximum.

Ma mère se plaît dans son petit appartement. Elle fait deux fois par semaine de la gym pour prévention des chutes et mauvaises postures avec des dames de son immeuble, une fois par semaine de la sophrologie, elle qui a tant fait de sport dans sa vie, elle adore ces trois séances. Mon frère passe deux fois par semaine chez elle, moi une fois. Elle voit mon père 45 minutes tous les deux jours, ce qui est autorisé en ce moment par l’Ehpad. A chaque fois que je vais la voir, je lui apporte une surprise, une douceur, et Chéri prépare un plat que je lui emporte, et dont on surgèle deux ou trois parts. Elle commence à récupérer de l’intense fatigue physique et psychologique. Et surtout, elle se sent en sécurité, et aime beaucoup son cocon, et ça, ça n’a pas de prix.

Voilà, à la base, je venais pour vous remercier de vos si gentils messages.

Du fond du coeur merci. Je reviens pendant mes vacances pour ce bilan 2020, reparler de repas, de sport:-) Passez une douce fin de Noël.

Perdre la notion du temps

Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment, la notion du temps m’échappe un peu. Il y a tout pile deux semaines j’étais à Charleville dans la maison de mes parents en train de faire des cartons.

Ça me paraît si loin… Ca ne fait pourtant que deux semaines. Pendant ces deux semaines la vie de mes parents a changé. Mon père finit sa quatorzaine enfermé dans sa chambre d’Ehpad. A partir de lundi il pourra sortir de sa chambre et circuler dans les parties communes, les jardins…

Ma mère elle, a emménagé dans son charmant appartement. Je l’ai découvert dimanche dernier. Mon frère et moi y avons passé la journée. Mon frère a monté les meubles de cuisine, de salle de bain, et j’ai déballé tous les cartons. Ma mère était assise dans un fauteuil et réfléchissait à où mon frère devait poser les cadres, me disait de ranger telle et telle chose à tel endroit. La journée a été fatigante, mais productive.

Dimanche après-midi je suis allée avec ma mère voir mon père. En effet, entre l’appartement de ma mère et l’Ehpad, moins de 20 minutes à pieds. Et encore dimanche dernier il pleuvait à verse, ce qui a ralenti notre marche. Seule, je le fais en dix minutes à peine. Pour ma mère une petite vingtaine de minutes, c’est tout à fait réalisable.

En arrivant à l’Ehpad, ils nous ont fait mettre une blouse en coton, puis une surblouse en plastique, une charlotte sur la tête, des gants, un masque. Quand nous sommes arrivés dans la chambre de mon père il était dans un jour « sans », et ne m’a pas reconnue. Tout du long de la visite il a parlé à sa soeur. Soeur qu’il n’a jamais eue, il n’a qu’un frère.

Changer d’établissement, être confiné sans pouvoir sortir de sa chambre, avoir une nouvelle équipe de soignants autour de lui, n’avoir droit à une visite que tous les deux jours, pendant 45 minutes par deux personnes en blouse et masquées, et bien forcément, rien qu’en deux semaines, il a régressé…. Quand il va pouvoir un peu marcher et sortir ça va lui faire du bien, mais les Ehpad renforcent les règles sanitaires, et chaque visiteur va devoir passer des tests Covid… J’ai reçu un mail de l’Ehpad hier, je n’ai pas plus de détails pour le moment. J’ai bien peur que dans les semaines à venir, les visites deviennent de plus en plus courtes, espacées, compliquées…

En rentrant dimanche soir dernier dans le train j’ai encore beaucoup pleuré. Mon corps et mon esprit sont en train de relâcher la pression des sept derniers mois. J’ai beaucoup pleuré ces derniers jours. Mais je pense vraiment que c’est un passage obligé.

Cette semaine, les brocanteurs sont venus finir de vider la maison, la dame de l’agence immobilière a récupéré les clés. J’ai reçu un dossier à remplir pour le notaire, un gros dossier, encore et encore des dizaines de questions, je n’en peux plus de tous ces dossiers… La signature définitive sera début janvier. J’ai résilié la ligne fixe de téléphone. Le journal local que mon père lit depuis toujours, l’Ardennais, qui était déposé chaque matin sur le pas de la porte à 6 heures, sera livré dès mardi à l’Ehpad. Au moins il ne perdra pas tous ses repères et aura toujours les nouvelles locales des Ardennes. Comme ce sera par la poste, il le reçoit avec un jour de décalage, mais ça, ce n’est pas bien important.

Tous les changements d’adresses sont faits, les assurances en règle etc etc… Me reste à prévenir les impôts du changement de situation et je crois que tout sera vraiment terminé. Ma mère se plaît dans son appart, et rien que ça, ça efface tous les chagrins. Il faut dire qu’on en a fait un tellement joli cocon, et elle a tout choisi, tout ce qu’elle aime. Tous les soirs quand je l’appelle elle me dit qu’elle se sent bien. Je trouve ma mère incroyablement résistante et courageuse. A sa place beaucoup se seraient lamentés sur leur sort, auraient voulu rester dans leur maison, au risque de s’y fracasser et de se blesser, auraient ressassé, auraient dit oui, puis non, puis oui, puis non… ma mère depuis sept mois a vécu tant de chocs psychologiques, de fatigue physique, de chagrin, de changements à assimiler et intégrer, et elle reste positive, se projette dans son nouvel environnement avec tant de douceur…

Elle est heureuse de nous voir si souvent mon frère et moi, elle voit aussi plus souvent ma nièce. Elle sait que nous sommes rassurés et nous faisons moins de souci pour elle, et c’est l’essentiel pour elle, plutôt que de s’accrocher à des biens matériels et une maison qui ne prendront pas soin d’elle…

Demain, je vais à Reims avec Chéri, il verra l’appartement de ma mère et nous irons voir mon père demain après-midi. En ce moment où je vous écris il est en train de cuisiner un plat que nous emporterons demain, pour éviter toute fatigue à ma mère. Nous allons passer une belle journée. J’ai acheté pour ma mère un énorme calendrier de l’avent, avec un produit de beauté dans chacune des 24 cases. Jeudi soir, je suis allée voir ma généraliste, elle m’a demandé comment j’allais, comme se sont passés ces derniers mois avec mes parents, et je me suis mise à pleurer en lui racontant.

Elle m’a dit qu’il va me falloir trois mois au moins pour digérer tout ça, retrouver le sommeil, ne plus pleurer, être moins fatiguée. Elle a soulevé l’idée de reprendre des anti dépresseurs, j’ai refusé. J’en ai pris plus d’un an pendant le burn out, ai mis des mois à me sevrer alors non, je vais essayer de surmonter tout cela sans en reprendre. J’ai beaucoup changé, en profondeur, je dois m’habituer à ma nouvelle moi.

En sept mois, j’ai cherché et trouvé du travail, réussi ma période d’essai, passé tous mes week-ends à faire de longs trajets en train, passé beaucoup de jours et de nuits sans Chéri, éprouvé un chagrin dont je ne soupçonnais même pas qu’il puisse exister, alors oui, je dois assimiler tout ça. Et j’en sortirai encore plus forte et sereine, encore plus heureuse de vivre, comme après chaque épreuve…

Ce qui manque à mon équilibre, c’est le sport… Depuis presque dix ans maintenant, je fais trois à cinq séances de sport chaque semaine, mais là, depuis la rentrée de septembre, c’est bancal. Philippe n’est pas dispo aux heures auxquelles je le suis, on a tourné la chose dans tous les sens, impossible… Son travail principal est d’être enseignant au collège, il ne veut pas rentrer trop tard chez lui le soir et ne travaille pas le week-end, et ça je le comprends aisément. Et moi, je pars le matin vers 7h45 pour être au travail à huit heures, je rentre vers 18 heures. Donc le matin c’est trop tôt pour qu’il vienne à la maison, le soir trop tard. Et il est dispo le mercredi mais pas moi. Et puis nous nous retrouvons soit à la maison, soit au stade. Et le stade en ce moment, ben non… Et les salles de sport sont fermées…

Bref, je fais des séances seule à la maison mais ça n’a rien à voir en intensité et en plaisir avec ce que je fais avec un coach. Je suis méchamment, cruellement en manque de sport, de plaisir de me dépenser à fond, de plaisir de partager avec le prof.

Alors la solution:-))))) retourner au studio de JC. C’est un studio où JC (et sa femme, maintenant diplômée) donnent des cours particuliers, alors oui, même en ce moment il peut continuer son activité, sous certaines conditions dérogatoires. J’ai longuement parlé avec lui ces derniers jours et nous allons reprendre dès la semaine prochaine. (Oui j’ai la dérogation, tout comme pour aller voir ma mère, personne vulnérable, et mon père en Ehpad. je fais tout ce que je fais au grand jour, dans la plus stricte légalité. Je précise avant que certains ne fassent un commentaire). Donc nous reprenons la semaine prochaine. Deux séances par semaine.

Comme je suis en télétravail obligatoire les lundis, mercredis et vendredis, ce sera soit lundi soit mercredi soir. Et le vendredi je ne travaille que le matin, donc la deuxième séance le vendredi après-midi. Ca me fera tellement de bien d’y aller les jours où je télétravaille. Car en télétravail je ne bouge pas beaucoup.

Je suis très heureuse de pouvoir aller au bureau deux jours par semaine, certaines sociétés obligent le télétravail quatre, voire cinq jours par semaine. Chez nous d’ailleurs, ces deux jours de présence au bureau ne sont pas obligatoires, certains viennent un seul jour, voire pas du tout. Je comprends totalement que certains n’aient pas envie d’affronter les transports en ce moment, ou pas envie de sortir tout simplement. En ce qui me concerne en tout cas, j’aime tellement plus être au bureau qu’en télétravail ! Et puis bon, je n’ai pas de problème de transports puisque je vais travailler à pieds. Et j’aime tellement voir mes collègues, travailler en équipe, parler avec ma DG et mon Président. Et aussi, je suis mieux assise sur un fauteuil spécial de bureau pour travailler, avec un grand écran plutôt qu’un ordi portable, l’imprimante dans mon bureau, bref, j’ai le bureau pour travailler, la maison pour être avec Chéri, tout comme j’aime faire le sport dans un endroit dédié plutôt qu’à la maison.

Enfin le télétravail pas mon truc quoi… Ceci dit, j’apprécie la chance que j’ai. Nous avons une chambre d’amis, je l’ai aménagée en coin bureau et j’y suis vraiment bien. Entourée de nos bibliothèques, vue sur le jardin de l’immeuble. Et ne pas être dans le salon c’est bien car Chéri se lève plus tard que moi, et rentre du travail vers 15 heures. Il peut ainsi regarder la télé, écouter de la musique, cuisiner, on ne se gêne pas. Car oui, Chéri lui, va travailler en présentiel, son travail ne peut pas se faire à distance puisqu’il va chez les gens seuls pour prendre soin d’eux. Je suis tellement fière de lui entre parenthèses.

Donc, le télétravail, pas mon truc. Mais je ne vais pas me plaindre, je suis bien installée, j’ai la chance d’avoir une pièce complète pour travailler à la maison quand beaucoup de mes collègues partagent le salon pour y travailler avec leur mari, leurs enfants étudiants…

Si ces confinement étaient arrivés au tout début des années 2000 alors que les ordinateurs n’étaient pas encore vraiment monnaie courante, et encore moins les ordis portables, pas de smartphones, pas de réunions en Visio etc etc etc…. Enfin bref, c’est en 2020 que ça arrive alors la question ne se pose pas, et beaucoup d’entre nous ont la possibilité de télétravailler.

En revanche, quand je pense à tous ceux qui perdent leur travail, qui sont dans un embarras terrible, ça me rend malade. Alors je serais bien malvenue de me plaindre de ne pas aimer le télétravail. Comme sont malvenus les aigris et compagnie… J’ai de plus en plus de mal supporter ceux qui ne prennent leur plaisir qu’à se plaindre et voir du négatif…. la situation est ce qu’elle est, moi non plus je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’on nous impose, moi aussi ma vie est bien compliquée par toutes ces mesures plus ou moins cohérentes pour m’occuper de mes parents avec ces confinements, restrictions etc…. Mais à quoi cela sert-il de ressasser non stop, de s’acharner à dire que c’était mieux avant (c’était différent avant, mieux ou moins bien je ne sais pas, juste différent), que tout est critiquable… Qu’ils fassent mieux, ceux là même qui passent leur temps à critiquer, qu’ils s’engagent en politique, dans des associations et changent le monde puisque bien au chaud derrière leur clavier ils ont apparemment des solutions pour tout et savent tout mieux que les autres, avec des « y’a qà, faudrait que, tout le monde est con… ».

Bref, je ne suis en aucun cas sur ce blog pour parler politique ou économie (sujets qui me passionnent par ailleurs), mais tout simplement pour raconter ma vie sans faux-semblants. Je ne me montre pas sous mon meilleur jour, je dis mes chagrins, mes faiblesses, mais je dis aussi chaque petit bonheur. Et des petits bonheurs il y en a. A nous de les voir, de les saisir, de les apprécier. Un petit bonheur n’est pas forcément une chose extra-ordinaire, c’est un instant qu’il faut savoir voir. En vivant le moment présent, pas en comparant tout le temps, pas en vivant dans le passé. Savourons d’être en vie ce n’est déjà pas mal.

Et n’ayons pas d’orgueil mal placé, si quelqu’un nous manque, on le lui dit tout simplement. Si on est triste, on a le droit de pleurer et de dire qu’on est triste, ce n’est pas pour autant qu’on est malade et dépressif au dernier degré… Si on est heureux on a aussi le droit de le dire sans se faire insulter… Bref, je suis une fleur bleue, une philosophe de bazar, mais depuis plusieurs mois je suis emplie d’amour plus encore qu’avant et je n’ai pas honte de le dire.

Allez, vous avez le droit de rire, de vous moquer, de dire que je suis bien naïve, vous avez même le droit de penser du mal de moi, peu m’importe, je suis tournée vers le positif et le reste ne m’intéresse plus. Je ne veux plus de méchanceté ou de toxicité autour de moi.

Et quand je termine mes articles en vous demandant si vous allez bien et en vous disant de prendre soin de vous, sachez que je l’écris parce que je le pense et le souhaite. Je termine en répétant ce que j’ai écrit en tout début, la notion du temps est vraiment étrange en ce moment, parfois j’en arrive à ne plus savoir quel jour on est. Pas vous ? En allant faire les courses tout à l’heure, Chéri pour faire son attestation me dit « on est bien le 19 ? ». Non le 20 je lui réponds. Et en fait nous sommes le 21….

Il y a plein de choses qui me manquent, aller au cinéma, aller à Bruxelles, voir mes amis… mais l’essentiel est là, je suis avec Chéri et mes parents sont là où ils peuvent être le mieux au vu des circonstances. Je veux absolument reprendre le rythme du blog, publier mes repas, raconter mes séances de sport…. Ca va me faire bizarre de retrouver JC, on n’a pas cessé de communiquer par textos, mais cela fait presqu’un an que nous ne nous sommes pas vus. Et puis je me suis rendue compte ces dernières semaines que la muscu me manque beaucoup. Je vais en refaire un peu, trop trop trop bien !!!!!!!!!!!!! Et quand nous nous sommes parlé il y a quelques jours, il m’a dit des choses tellement gentilles qu’il m’a fait pleurer cet idiot. Il a toujours cru en moi depuis toutes ces années, c’est dingue ça…

Bon les z’amis, je vous laisse. Je vous souhaite une belle soirée, et j’espère que tous vous allez bien:-)

21 avril, pour le meilleur et pour le pire

Bonjour:-)

Ce mercredi 11 novembre, jour férié confiné, me permet d’enfin me poser un peu et de passer une journée tranquille seule à la maison avec Chéri. Pratiquement un mois et demi que je n’ai pas écrit, vous m’avez manqué.

Un mois et demi où je n’ai pas pris beaucoup de temps pour… pour quoi que ce soit. Chéri, écrire, faire du sport, tout cela est un peu passé à la trappe, priorité à mes parents et à mon travail.

Alors, le travail… Ma période d’essai est terminée, me voilà confirmée en CDI. Le Président, La Directrice Générale, la DRH m’ont dit qu’ils avaient mis des mois à chercher la collaboratrice qu’ils voulaient, et qu’ils étaient heureux de m’avoir trouvée. Quel bonheur d’entendre ça, de travailler avec des gens exigeants mais justes, pas manipulateurs ni pervers. En revanche tout au long de ma période d’essai, j’étais persuadée qu’ils n’allaient pas me confirmer, j’ai fait tellement d’allers-retours à Charleville, des heures de train, des heures de démarches, des heures à faire des cartons… Donc j’étais tellement préoccupée par mes parents et tout ce qu’il y avait à faire que je n’avais pas totalement ma tête au travail, et si eux ne s’en sont pas rendu compte, moi oui.

Et je ne suis pas complètement satisfaite du travail que j’ai fait pendant ces premiers mois. Enfin, ils sont ravis de moi, alors merci la vie ! Et en janvier je vais pouvoir enfin m’organiser comme je le veux dans mon travail en étant totalement concentrée, et non plus dans l’angoisse du téléphone qui sonne et de toutes les démarches à faire, empiétant sur mon temps de travail.

Du côté de mes parents, voilà, cette semaine est LA semaine de leurs deux déménagements. Mon père devait initialement être transféré à Reims le 19 octobre, mais la veille, l’Ehpad nous appelle pour nous dire qu’il y a des cas Covid, et que donc l’admission de mon père est remise à… ils ne savent pas quand.

Cette semaine du 19 octobre, j’étais en vacances. Vacances prévues de très très longue date, puisque Karin et moi avions réservé une thalassothérapie en novembre 2019. Lors de mes entretiens d’embauche, j’avais parlé de cette semaine prévue, et ils m’avaient dit que je pouvais la prendre sans problème.

Malheureusement, deux ou trois semaines avant notre départ, voilà que nous apprenons que la société de thalasso a fait faillite. Donc naturellement séjour annulé, et pas sûr que nous récupérions notre argent… Enfin, c’est comme ça, je ne me rends plus malade pour des choses sur lesquelles je n’ai pas prise. Si on le récupère tant mieux, sinon, nous n’en mourrons pas.

Du coup, pendant cette semaine je suis allée à Charleville, faire des devis avec déménageurs, recevoir le brocanteur qui vide la maison. Et surtout, soutenir ma mère. Ma mère qui subit tant de choses d’une violence psychologique terrible, qui se retrouve si seule. Alors mon frère et moi y allons tout le temps. Mon frère qui est à 80 kilomètres, deux fois par semaine, moi pendant mes vacances et chaque week-end. Malheureusement nous n’avons pendant cette période pas pu voir beaucoup mon père. La clinique transitoire dans laquelle il attendait son départ pour Reims a durci les conditions de visite pour éviter la propagation de la Covid. Une visite d’une seule personne, une fois tous les quatre jours, pendant 20 minutes. Masqués, derrière un Plexiglas. Ni mon frère, ni mon père, ni ma mère ni moi n’avons la Covid, mais nous ne sortirons pas pour autant indemnes de tout cela.

Profondément changée en ce qui me concerne… Ah oui aussi, pendant tous ces jours et fins de semaines passés à Charleville, j’ai mis la maison en vente. J’ai reçu trois agents immobiliers qui en ont fait l’estimation, nous avons choisi celle qui nous a inspiré le plus confiance. Là encore, gros choc pour ma mère… Il y a eu une quinzaine de visites en quatre jours. Heureusement la dame de l’agence immobilière a chaque fois été très attentionnée et délicate avec ma mère, car ni mon frère ni moi n’étions là pour ces visites.

La maison a été vendue en moins d’une semaine. Nous sommes allés tous les trois signer le compromis de vente, ma mère naturellement, et mon frère et moi en tant que représentants de mon père. Moment tellement difficile (et il restera la signature chez le notaire début janvier).

Puis nous avons commencé les cartons. Puis les brocanteurs sont venus vider le grenier, le sous-sol, et tout ce que ma mère n’emporte pas à Reims. Pendant les quelques jours de congés que j’ai passés à Charleville, nous nous sommes levées un matin à quatre heures et demi avec ma mère pour aller à Reims. Elle devait passer à huit heures une visite médicale pour l’entrée dans son appartement. Mon frère est venu avec nous. Ma mère a brillamment passé les tests de mémoire, et est en assez bonne forme physique. Le médecin nous a fait pleurer mon frère et moi en disant à quel point c’est rare que tous les enfants accompagnent leur parent, et qu’il ne voyait pas souvent un frère et une soeur s’entendre aussi bien sur les choses à faire pour adoucir la nouvelle vie de leur parents. Le juge des tutelles et l’assistante sociale nous ont dit la même chose. Apparemment il y a des familles qui se déchirent quand arrivent les questions que posent l’organisation de la fin de vie. Oui j’emploie des mots durs, mais c’est ça la réalité toute nue.

Le fait est que depuis sept mois mon frère et moi avons travaillé sans relâche pour tout préparer, pour décharger mes parents de tout tracas.

Malheureusement, nous ne pouvons pas leur redonner la santé ni la possibilité de vivre à nouveau réunis. Et rien que d’écrire cela, je pleure à nouveau. Chéri m’a tellement soutenue au long de ces mois. Venant avec moi à Charleville un week-end sur deux, et ne me reprochant jamais de passer autant de temps dans les trains, au téléphone etc etc…

Heureusement, avant le deuxième confinement du 28 octobre (jour du vingtième anniversaire de ma nièce, elle n’oubliera pas ses 20 ans !), nous avons eu le temps d’acheter ce qui manquait pour le nouvel appartement de ma mère. Un lit une personne, des meubles pour aménager la cuisine et la salle de bains. Le reste viendra de la maison. L’Ehpad m’a appelée la semaine dernière, pour dire que ça y est il n’y a plus de cas Covid chez eux, mon père y a donc été transféré ce lundi 9, après avoir passé un test à nouveau.

Mon frère vient aujourd’hui chercher ma mère à Charleville et l’emmène à Reims elle va habiter quelques jours chez lui. Il récupère demain les clés de l’appartement de ma mère, qui a été refait à neuf, fait l’état des lieux, et vendredi je coordonne le déménagement entre Charleville et Reims et mon frère réceptionne à Reims. Ce week-end je vais à Reims, on va installer ma mère. Le week-end dernier était donc pour moi le dernier dans ma ville natale, dans la maison que mes parents ont fait construire avant ma naissance. Sur le quai de la gare dimanche soir, j’ai été envahie d’une tristesse immense. Bien sûr j’ai quitté Charleville à 18 ans, mon désir absolu était de vivre à Paris, et je suis toujours aussi heureuse de vivre à Paris depuis maintenant bientôt 35 ans. Mais je savais qu’à Charleville, il y avait mes parents, mon repère…

Mon frère va subir la même tristesse en allant chercher ma mère tout à l’heure. Quant à ma mère n’en parlons pas. Bon, elle a eu le temps de dire au-revoir aux voisins, je l’ai emmenée dans tous les endroits qu’elle aime ces dernières semaines. En revanche mon père n’a pas eu cette chance. Il a brutalement été hospitalisé le 21 avril, et ne sortira plus jamais.

Le 21 avril… le meilleur jour pour mes parents, qui se sont mariés le 21 avril 1957, âgés de 20 et 22 ans. Et le pire jour, aussi ce 21 avril 2020 où ils ont été séparés si brutalement.

Dans quelques mois nous irons tous mieux. Ma mère va prendre ses marques, pouvoir enfin se reposer. Elle adore son nouvel appartement, est heureuse de vivre seule dans un espace beaucoup plus petit, en gardant son autonomie. Elle pourra aller voir mon père à pieds. Son appartement est dans une résidence neuve, nichée dans un parc, tout en étant dans un quartier commerçant. Elle a déjà fait connaissance des gardiens de la résidence, de sa voisine de pallier. Et à moins de dix minutes de chez mon frère. Elle a déjà repéré le cours de yoga collé à la résidence. Elle a précieusement emballé sa boîte à couture, ses aiguilles à tricoter, ses pelotes de laine. Je lui ai acheté plein de livres.

Je me suis fait tellement de souci pour elle ces derniers mois, la sachant seule à la maison. Mon père, j’espère qu’il va s’habituer à la nouvelle équipe soignante s’occupant de lui. Il est dans une grande chambre, nous lui avons apporté les objets qu’il aime le plus. Il verra ma mère pratiquement chaque jour. Mon frère et moi une fois par semaine.

Moi, je vais essayer de me reconstruire, ces derniers mois m’ont épuisée. Physiquement et psychologiquement. Comment j’ai fait pour trouver du travail dans cette période douloureuse, pour réussir ma période d’essai ? Je me le demande chaque jour. Comment j’ai réussi à donner le change au travail alors que je passe mes nuits sans dormir et à pleurer ? Je ne sais pas… Le nouveau confinement complique à nouveau les choses. Déjà que je n’en peux plus de faire et défaire ma valise chaque week-end, voilà qu’à nouveau ils ont supprimé 80% des trains (sur peu de trains à la base). Dimanche j’ai été contrôlée par la police à la correspondance de Reims, en descendant du TER de Charleville avant de monter dans le TGV pour Paris. Et arrivée à 20h30 à Paris, les policiers attendaient à la descente du train, contrôlant attestations et dérogations, et en plus faisant ouvrir les bagages.

J’ai déjà pris mes billets pour Reims ce week-end, c’est beaucoup mieux car il y a juste 45 minutes de TGV. Pas de correspondance comme vendredi soir dernier où j’ai quitté Paris à 17h30, et ai passé deux heures sur le quai à Reims à attendre la correspondance pour Charleville. Pour finalement arriver à 21h45. Donc pour Reims seulement 45 minutes de TGV, pas de correspondances. Mais avec le confinement, même problèmes d’horaires… Bon, espérons que cela se terminera vite et que je pourrai faire tranquillement mes allers-retours Paris-Reims-Paris dans la journée, chaque samedi ou dimanche. Quand tout va bien, 45 minutes de TGV, sachant que j’habite à 15 minutes de la Gare de l’Est et que mon père, ma mère, mon frère, habitent tous près de la gare de Reims, cela ne sera pas plus pénible que d’aller en proche banlieue, donc très faisable dans la journée.

Voilà, vous savez à peu près tout. Je vais pouvoir revenir normalement sur le blog, moins préoccupée et moins occupée par les démarches. Je vous parlerai de mon expérience du télétravail que je n’avais jamais pratiqué.

Il est dix heures, Chéri dort encore, je vais lui préparer un petit déjeuner de fête. Ces derniers mois il m’a tellement manqué pendant tous mes allers-retours et plus que jamais, je savoure chaque seconde passée avec lui.

J’espère que vous allez tous bien ?

Deux nouvelles

Juste un mot les z’amis. Trop de choses à faire, je repars à Charleville dès vendredi après-midi.

La bonne nouvelle, le labo m’a appelée ce matin, je suis Covido négative (je ne sais pas si ça se dit d’ailleurs. Enfin bref, là, en temps réel, je n’ai pas la Covid:-)) Le test PCR indique juste l’état au moment où on le fait, ce n’est pas un test sérologique. Il n’empêche que j’en suis bien heureuse.

Deuxième nouvelle, voilà, c’est fait, je suis la tutrice de mon père. La juge m’a demandé pourquoi mon père avait besoin d’être sous « protection ». J’ai pu parler dix minutes avant d’avoir la voix qui tremble. La juge a alors demandé à la greffière de relire les notes qu’elle avait prises, m’a fait signer. Le jugement définitif d’habilitation familiale prendra effet le 5 novembre. Quelle journée hier ! Six heures de transports (bus, TGV, TER) pour passer six heures à Charleville. En douze heures, la vie d’un homme réduite à une page dans un dossier administratif…

Bon maintenant, focus sur les deux déménagements et le « vidage » de la maison. Mes parents l’ont fait construire en 1966 vous imaginez tout ce qu’il y a dedans, surtout le sous-sol et le grenier… A suivre:-)

Reprendre le cours du blog

Les fins de dimanche sont des moments que j’aime. Des moments doux. Des moments juste pour Chéri et moi. Le week-end s’achève. On est sortis, on a vu des amis, on est allés au ciné, ou je rentre de Charleville et ces quelques heures avant de penser à la semaine qui va commencer sont tout à nous.

J’allume des bougies parfumées, et c’est là que nous que nous discutons le mieux, en faisant des câlins aux chattes, en parlant de nous, de tout, de rien. Puis Chéri prépare le plat du dimanche soir, il adore faire un plat élaboré le dimanche soir. Ce soir, il a cuisiné une pintade aux choux de Bruxelles, carottes, oignons, avec des petites pommes de terre. Il sait comme j’aime ce plat. Et ce week-end nous avons eu plein de temps, coincés que nous étions à la maison:-)

Les week-ends habituels, pendant ce temps où Chéri cuisine, je me fais un masque du visage, je prépare mon carnet de bord pour la semaine à venir. Avec tout ce qui s’est passé dernièrement, je n’ai pas encore eu le temps de vous présenter ce joli carnet de bord (ci-dessus en photo) que j’ai commencé en même temps que j’ai pris mon nouveau poste.

J’ai très envie que ce blog reprenne son cours, vous parler d’alimentation, de sport, de sorties, de doux moments, de rires, de menus plaisirs. Depuis quelques mois le temps m’échappe.

Alors justement, que se passe-t’il avec mes parents ?

Nous avons, depuis plusieurs mois, beaucoup beaucoup travaillé avec mon frère. Nous nous sommes réparti les tâches, moi l’administratif et la tutelle, lui la logistique de tout ce qui concerne Reims. Il va deux fois par semaine déjeuner avec ma mère et rendre visite à mon père. J’y vais un week-end sur deux depuis que je retravaille, et y ai passé la majeure partie de l’été. Il est essentiel pour nous de laisser mes parents le moins possible seuls, de les appeler chaque jour. Surtout ma mère.

Car mon père, dans la clinique où il est, n’est jamais seul, entouré du personnel médical, faisant chaque jour des exercices avec le kiné, l’ergothérapeuthe, l’orthophoniste pour reparler et pouvoir remanger après son AVC. Il ne peut toujours pas boire… Il voit ma mère tous les jours, mon frère deux fois par semaine, moi plusieurs fois par semaine jusque fin août.

Ma mère, en revanche, se sent épouvantablement seule. Terrifiée par l’avenir. Elle oublie de manger, elle est faible, elle oublie tout, se sent un boulet malgré nos dénégations, et pleure chaque jour. Elle ne vit que dans l’attente de nos visites et coups de téléphone. J’ai peur pour elle, seule dans la maison familiale où elle n’a plus envie d’être. Peur qu’elle tombe dans les escaliers, peur quand je l’entends pleurer au téléphone chaque soir.

Alors mon frère et moi avons bousculé toutes les institutions possibles et imaginables, rempli tous les dossiers, visité tous les endroits où nos parents seront bien, et surtout proches géographiquement l’un de l’autre, et de mon frère.

Et enfin, nous avons trouvé. Enfin tous les dossiers sont complets. Enfin tous les médecins valident. Enfin je passe au tribunal mardi et j’aurai la tutelle de mon père. Mon père à qui j’ai expliqué la situation, qui est d’accord pour que nous vendions la maison, qui est d’accord pour aller à Reims, qui est d’accord pour que ma mère vive dans un endroit différent de celui où il sera.

Ce nouveau chapitre qui s’ouvre est effrayant pour nous quatre, mais nous sommes ensemble, nous n’avons jamais autant parlé, nous n’avons jamais autant été soudés. Tous les quatre. Plus Chéri, qui est là, aimant avec mes parents comme s’ils étaient ses propres parents. Nous cinq et personne d’autre. Le choc si violent du mois d’avril (la séparation de mes parents, hospitalisés dans des endroits différents en plein confinement), puis l’AVC de mon père cet été, qui l’a encore amoindri. Ce choc psychologique, le premier, nous l’avons surmonté, ensemble.

Un deuxième nous attend, qui va rendre les trois prochains mois encore plus difficiles. Car ça y est, mon père a fait la visite de pré-admission dans l’EHPAD que nous avons sélectionné, et y sera transféré dans les jours qui viennent. La résidence où ma mère va habiter est à 500 mètres de l’EHPAD de mon père. Ma mère va avoir un petit appartement qui l’enchante, au troisième étage d’une résidence neuve, avec un balcon donnant sur le jardin de la résidence, et au-delà du jardin, sur un parc. Une résidence dans laquelle un gardien est présent 24h/24. A moins de 100 mètres d’une boulangerie et d’un Carrefour Market.

Pour les grosses courses, mon frère les fera. Sa maison est à un kilomètre de l’EHPAD et de la résidence de ma mère. Tout cela est à deux arrêts de tramway de la gare de Reims. Gare de Reims que je mets 45 minutes à rejoindre en TGV depuis la gare de l’Est, distante de chez nous de 4 stations de métro. On a beaucoup réfléchi, beaucoup consulté mes parents, la psy de la clinique où est mon père.

Sur le papier tout cela est parfait. Dans les faits, nous savons, le personnel soignant nous y a préparé, que cela va être quelques semaines terriblement éprouvantes. Mes parents sont mariés depuis 63 ans, mais savent maintenant qu’ils ne vivront plus ensemble. Ils vont quitter la ville où ils ont passé leur vie. Ils en sont contents mais cela reste néanmoins effrayant et douloureux pour eux. Ma mère est enthousiaste de ne plus avoir à s’occuper de la maison, de sentir qu’elle sera si proche de chez mon frère, que je vais m’occuper de tous les papiers… Car elle ne sort plus, ne va plus se promener en ville, uniquement avec mon frère ou moi. Le reste du temps sa fatigue la force à rester à la maison. Mon père est content de se rapprocher de nous, rassuré de savoir que jamais nous ne l’abandonnerons, qu’il nous verra encore plus, et qu’il verra aussi sa petit-fille plus souvent.

Ce qui s’annonce difficile pour les semaines à venir, bon évidemment c’est la vente de la maison, et la vider. Mais surtout, plus que tout, c’est mon père que nous allons devoir ménager à l’extrême. En cinq mois il s’est beaucoup attaché au personnel de la clinique de Charleville, il connaît bien chaque membre de l’équipe, et sa démence vasculaire le porte à penser qu’il est à l’hôtel, et particulièrement bien soigné car il est le client préféré des patrons. Il voudrait d’ailleurs me réserver une chambre dans cet hôtel pour que j’y vive avec lui.

Alors le séparer de cette équipe de soignants, l’habituer à une nouvelle chambre, de nouveaux visages s’occupant de lui au quotidien, le neurologue et la psy nous ont prévenus que les premières semaines vont être très très difficiles. Et particulièrement pour moi, ils ont remarqué que je suis celle qui souffre le plus psychologiquement de l’état de mon père.

Aussi étrange que cela paraisse, je suis celle qui réussit à comprendre mon père (qui parle très très mal depuis l’AVC), celle qui réussit à entrer dans la réalité qu’il se crée, et nous développons une relation très profonde, si étrange que cela puisse paraître, à moi la première. La directrice de l’EHPAD aussi m’a dit que ça va être aussi difficile pour moi.

Cet EHPAD, évidemment reste un EHPAD, mais les chambres sont belles, personnalisables, spacieuses. Dans le salon commun il y a un immense arbre à chat. Le chat se promène là où il veut, les pensionnaires ont l’air ravi d’avoir ce petit compagnon. Il y a un grand jardin… La cuisine est faite sur place par un cuisinier, ce ne sont pas des plats tout faits, livrés à réchauffer. Et surtout, cela permettra à mes parents de passer tous les après-midis ensemble, à mon frère d’y aller tous les deux jours, à moi d’y aller chaque semaine.

Bref, je ne vais pas ouvrir un débat sur les EHPAD. Bien sûr qu’il y a matière à polémiquer, et surtout matière à s’indigner du coût, je ne sais pas comment font les gens n’ayant pas d’économies, de maison à vendre, d’enfants pouvant payer… Je ne sais pas, et je n’ai pas la force de me révolter, j’ai juste envie de m’occuper de mes parents. Bien évidemment personne n’a envie de finir sa vie dans un EHPAD et personne n’a envie d’y mettre ses parents. Mais quand il n’y a pas d’autres solutions, que les aides à domicile, ou même l’HAD (hospitalisation à domicile) ne suffisent plus, quand le conjoint, âgé et épuisé ne peut pas rester éveiller 24 sur 24, que faisons-nous ? Je sais comme les EHPAD ont mauvaise presse, c’est pour cela que nous avons choisi celui nous paraissant le moins déshumanisé, très haut de gamme, avec du personnel diplômé médicalement, bref, on fait ce qu’on peut voyez-vous… Et ceux qui jugent, et bien nous en reparlerons quand ils seront confrontés à la situation… Mon père m’a dit il y a quelques mois qu’il aimerait mourir, se suicider, mais n’en a pas le courage. Je connais plusieurs personnes disant cela, qu’elles se suicideront pour ne pas finir en maison de retraite, or, je constate aussi que plus on vieillit, plus on s’accroche à la vie, et peu nombreux sont ceux qui passent à l’acte. J’entends tous les débats, les jugements sur la façon de traiter les personnes âgées. De par mon nouveau travail, j’assiste à des réunions sur la création de la 5e branche de la Sécurité Sociale, celle de la dépendance et du grand âge. J’ai eu l’opportunité d’assister à des débats entre ministres et patrons de la sécu sur le traitement des personnes âgées dépendantes, handicapées intellectuelles… Et malheureusement il n’y aura pas de changement avant bien longtemps j’en ai peur. Alors, encore une fois, je me garde de juger trop vite. Les jugements, le cynisme, les donneurs de leçon j’en entends tellement… Et je laisse glisser, je ne perdrai plus jamais mon énergie à me justifier, je fais ce que je peux, malheureusement pas forcément ce que je voudrais, et ce n’est déjà pas si mal

J’écris ici la situation telle que je la ressens, je suis la fille aimante, brisée de chagrin et terriblement épuisée de parents terriblement désorientés. Alors nous essayons d’organiser la plus douce et confortable fin de vie qu’il nous est possible à mon frère et à moi pour nos parents.

Je ne sais pas si mes larmes cesseront de couler comme elles coulent chaque jour depuis ce p… de 22 avril. Je ne sais pas si j’aurai encore une seule nuit de vrai bon sommeil sans m’angoisser pour mes parents. Je ne sais pas si je vais enfin trouver l’apaisement. Je ne sais pas si je vais réussir ma période d’essai dans ce nouveau travail qui est celui qui m’intéresse de plus de tous ceux que j’ai faits au long de ma vie. Je ne sais pas quand je vais retrouver le temps de venir vous écrire chaque jour à nouveau.

Heureusement Chéri est là, Chéri qui ne m’en veut pas de partir un week-end sur deux. Chéri qui ne m’en veut pas de me lever à cinq heures du matin pour aller faire du sport de six heures à sept heures puis filer au travail. Et qui ne m’en veut pas non plus d’aller au stade de 20h15 à 21h15, de rentrer du sport à 21h40 et qui m’attend patiemment en ayant préparé le dîner. Chéri qui comprend que j’irai une journée par semaine à Reims, qui viendra avec moi une fois toutes les deux semaines.

Et heureusement j’ai le sport, et Philippe, qui me fait des super séances, adaptées à mon état de fatigue et à mon état psychologique. Voilà toutes les raisons pour lesquelles j’ai peu écrit ces dernières semaines… le temps m’échappe.

Finalement, ce week-end coincée ici pour passer le test Covid aura eu ça de bénéfique que j’ai dormi, vous ai écrit:-) J’espère que vous allez tous bien ?

Je vous montre la pintade aux choux ?