Dans le vif du sujet

Que je vous raconte mes premiers pas dans mon nouveau club de sport. Mercredi 30 juin j’étais intimidée à l’idée d’aller visiter cet endroit haut de gamme, et de rencontrer mon peut-être futur coach. Je sais pertinemment que j’ai perdu en forme physique, en niveau sportif, je ne suis pas une déesse avec un corps de déesse, j’ai 53 ans, bref, j’étais un peu anxieuse d’arriver dans ce bel endroit.

Carrément anxieuse en réalité. Je suis donc arrivée à 19h40 pour la visite. Comme je vous l’ai dit, le lieu m’a enchantée. Après la visite, la jeune fille de l’accueil m’a laissée au vestiaire pour que je me change. J’arrivais du travail, j’étais en robe. Je me déshabille, farfouille dans mon sac de sport… et me rends compte que j’ai toute ma tenue sauf le tee-shirt… Comment ai-je pu, en préparant le matin mon sac, oublier de prendre un tee-shirt ????????

Instant de panique, bouffée de sueur froide… J’ai réuni le peu de fierté et de dignité me restant, et suis redescendue à l’accueil pour demander s’ils vendaient des tee-shirts. Bien sûr que non. Et comme il était presque 20h30, les boutiques de la Gare Saint Lazare étaient fermées…

Le directeur de la salle, qui était là, m’a dit, pas de souci, je vous prête mon tee-shirt d’entraînement, il est tout propre. Euh… le directeur de la salle, un peu plus petit que moi, et musclé tout en finesse, je ne me voyais pas rentrer dans son tee-shirt. Il a insisté et m’a fourré le tee-shirt dans la main. En plus un tee-shirt de fitness, bien bien moulant vous savez. En le voyant, j’ai dit « non mais là il manque au moins deux tailles ». Tous les coachs, le directeur, les personnes de l’accueil étaient autour de moi. Alors j’ai réagi comme je sais faire, avec humour… Que faire d’autre ? Je les ai faits rire en leur parlant de ma honte intersidérale

Du coup je les ai mis dans ma poche, je suis devenue leur mascotte. N’empêche, me restait à aller mettre ma tenue de sport et LE tee-shirt. Je suis redescendue à l’accueil, pétrifiée de gêne. Bon, je dois avouer que le tee-shirt, moulant comme un tee-shirt de sport, était en réalité à ma taille. Je me vois plus volumineuse que je ne suis…

Quand ils m’ont vue, c’est aussi ce qu’ils m’ont dit. Sur ces entrefaites Paul est arrivé pour me chercher, et je lui ai raconté cette mésaventure, nous avons tous bien ri, je leur ai dit que j’allais devenir leur boulet préféré. Et qu’il me fallait d’urgence un casier à l’année, pour que cela n’arrive plus. Et en effet, dans mon casier, j’ai au moins trois tenues, des chaussettes au tee-shirt. Deux paires de chaussures de sport, des produits de toilette, deux tote bags pour remporter mes affaires sales, bref, je peux aller au sport même quand je ne l’avais pas prévu, cela ne m’arrivera plus:-)

Du coup, quand nous avons été seuls dans le salon avec Paul pour faire connaissance et déterminer nos objectifs, il s’était déjà assis, je suis restée debout et ai tourné sur moi en lui disant « voilà, avec ce tee-shirt moulant et court, tu vois ainsi très exactement le travail à faire ». Il a ri. Et de toute façon, il m’a photographiée en legging de sport et brassière de sport, alors pour voir, il a vu. Et ça c’est bien. Il conçoit son programme en fonction de ça, évidemment.

Les trois premières séances donc je vous ai dit, lui ont servi à me tester, en muscu, en cardio, en circuit haute intensité. Et à la quatrième séance, il avait concocté son programme. Et pour vous donner une idée, je dirais que JC et Philippe sont des chatons inoffensifs à côté de Paul. La reprise est intense et ultra difficile pour moi.

En plus de nos trois séances par semaine, il me donne des exercices à faire le dimanche matin seule à la salle. Chaque soir donc je lui envoie mon rapport du jour (pas, étages montés, kilomètres, calories brûlées à l’effort et au repos). Si à 22 heures je ne le lui ai pas envoyé (au départ j’avais peur de le déranger), il m’envoie un SMS pour me dire qu’il attend:-)

Bon, 22 heures ma montre n’indique pas le nombre de calories jusqu’à minuit, mais on ne vas pas chipoter, lui comme moi savons grosso modo ce que mon métabolisme brûle en une heure au repos, et donc en deux. Et en général entre 22h et minuit je suis au repos…

Vendredi il m’a pesée. Pas tant pour avoir mon poids, mais pour voir l’évolution en deux semaines de la masse grasse, masse maigre (musculaire), osseuse et hydrique. J’ai perdu 1,1% de masse grasse, et pris 0,5% de masse musculaire. Pas encore très significatif, naturellement en deux semaines. Ceux qui pensent qu’on peut se muscler et perdre du gras en faisant une séance ou deux se trompent lourdement, ça demande des mois de travail assidu et régulier. Ca me fait toujours sourire les personnes qui disent qu’en un mois dans une salle de sport elles ont pris plein de kilos de muscles. Avec JC au tout début, je n’avais jamais fait de sport, il a fallu plus d’un an pour pouvoir dire que je commençais à avoir un peu de muscles opérationnels.

En janvier, dans six mois on aura une bonne idée de la masse acquise, où, comment. Depuis ces deux semaines je bois plus. Ca c’est mon point faible depuis des années, ne pas boire assez. Mais là, avec Paul, j’ai peur:-)) Non je plaisante, je n’ai pas peur. Mais j’ai très envie de mettre tous les atouts dans mon jeu pour atteindre mes objectifs. Alors je bois maintenant entre 1,5 litre et deux litres d’eau chaque jour. Plus le café du matin, le thé de l’après-midi et la tisane du soir. Je vais beaucoup beaucoup beaucoup plus aux toilettes, même une ou deux fois la nuit. Mais ça ne peut que me faire du bien, ma dernière prise de sang en mai a révélé un début de souci rénal.

Et je mange davantage de légumes et de fibres, ça plus l’eau (avant je buvais moins d’un litre je pense) ont débloqué mon transit. Côté alimentation, je mange plus depuis ces deux dernières semaines. Je suis très exactement les conseils de Paul. Et manger plus non seulement ne m’a pas fait grossir, mais j’ai meilleure mine, et l’énergie nécessaire pour les quatre séances par semaine, sans compter la marche quotidienne que j’ai considérablement augmentée. Carrément doublée.

Ca va finir par me rentrer dans la tête que pour mincir et muscler il faut manger et non se priver. Donc je vous rappelle le principe. Ultra simple. A chaque repas, protéines, lipides, glucides. Légumes aussi il va sans dire. Plus deux suppléments de protéines par jour, un dans la matinée, un dans l’après-midi (pendant deux mois). Pour les lipides, au choix, huile, oléagineux, beurre de cacahouètes etc… Pour les glucides, il me faut faire un choix à chaque repas, soit ce sont des féculents, du pain, ou un fruit. Pas de produits laitiers, je n’aime pas ça, alors pas la peine de me forcer.

Donc, souvent le matin, je mange un oeuf ou deux, ou du jambon, avec des amandes et une demi banane (oui dans les fruits, le seul dont je dois prendre un demi, c’est la banane). Midi, je m’emporte à manger, la plupart du temps viande/poisson, légumes et un fruit. Le soir, j’adore me composer une salade, et un fruit souvent. Pour le moment au cours de ces deux semaines pour les glucides j’ai presque à chaque fois choisi un fruit plutôt que des féculents ou du pain. Les fruits d’été sont arrivés, et les nectarines, melons, me tentent plus que pâtes, riz ou pommes de terre.

Et je redécouvre le plaisir de manger une demi banane chaque matin, pour le moment je ne m’en lasse pas, je me suis privée si longtemps de ce fruit que j’aime, au prétexte que c’est une bombe calorique. Mais je brûle tellement de calories quotidiennes en ce moment… Et la banane c’est bon pour tout. Les muscles, les articulations, le potassium, le cerveau, le sommeil. Evidemment, dans la mesure du possible, uniquement des produits bruts, pas industriels, pas de sucre ajouté. Je mange très simplement, plus ça va, plus j’aime les choses toutes simples.

Dans deux semaines, nous sommes en vacances, vendredi j’ai discuté avec Paul de comment gérer les vacances. Je vous en parlerai.

Hier nous sommes allés à Reims avec Chéri. Ma nièce est venue déjeuner avec nous chez ma mère. Chéri avait préparé un osso bucco à tomber par terre. J’ai pu en surgeler huit barquettes pour ma mère tellement il en avait fait. Nous sommes allés voir mon père à l’Ehpad l’après-midi, mais il était dans un mauvais jour. Il y a maintenant plus de mauvais jours que de bons. Et ma mère décline également… vite…

Ce matin je suis allée faire 50 minutes de fractionnés sur tapis, ai envoyé le compte-rendu à Paul et suis rentrée. Chéri revenait tout juste du marché où il a fait le plein de fruits et légumes, oeufs, poulet, dinde, poissons. Et oui, pour les deux premiers mois, un maximum de protéines maigres. Le but est d’enlever de la masse grasse.

Par exemple, aujourd’hui, j’ai mangé… Ce matin tôt, un oeuf, une demi banane et des amandes. Juste après le sport le supplément protéiné.

Ce midi, laitue, tomate et radis, avec du pâté ardennais rapporté hier de Reims. La pâte briochée du pâté étant mes glucides du repas, je n’ai pas pris de fruits.

Cet après-midi à 17 heures, supplément protéiné. Ce soir, laitue, concombre, radis, oeuf dur, jambon blanc. Et une nectarine.

Cet après-midi j’avais réellement besoin de me reposer, la reprise du sport en plus d’une grosse semaine de travail et de la journée à Reims m’a laissée sur les rotules. Alors je suis tranquillement restée à la maison pendant que Chéri est allé au cinéma. J’ai cuisiné des aiguillettes de poulet avec tomates, champignons, oignons, ail, carotte. Qui me feront mes bentos des deux prochains déjeuners.

Voilà les amis vous savez tout sur sport et alimentation des prochains mois. A très vite. J’espère que vous avez passé un bon week-end, fait ce que vous aviez envie de faire, avec les gens que vous aimez.

L’Usine… pas le bagne;-)

Me revoici me revoilà. Comment allez-vous ?

Alors commençons par le début, je vous parle de ma nièce. Elle a donc obtenu sa double licence avec mention, et la voilà embarquée pour un master. Pour celui qui l’intéresse (relations internationales, dans la suite logique de Sciences Po, histoire et droit ainsi que son diplôme d’anglais), elle s’est inscrite à ceux qui existent, c’est à dire à Lyon, Bordeaux, Toulouse et Paris. Comme je lui disais que j’espérais qu’elle sera à nouveau à Paris dès septembre, elle m’a répondu qu’elle n’avait pas d’espoir, il y a 20 places pour 2500 dossiers par année scolaire.

Elle a tout de suite eu les réponses pour Bordeaux et Toulouse, positives. Et voilà que samedi dernier, alors que j’étais chez ma mère, elle nous a rejointes pour déjeuner, et nous annonce qu’elle est prise à Paris. Je l’ai prise dans mes bras, et vu qu’il n’y en a pas une mieux que l’autre, nous nous sommes mises à pleurer:-) Quel bonheur, après cette troisième année de licence pratiquement calfeutrée à Reims sans pouvoir venir en présentiel à la Sorbonne, elle va revenir à Paris !!!!!!

Revenir dîner chez nous une fois par semaine, passer prendre l’apéritif à l’improviste certains soirs en se moquant de nous, qui en sommes déjà à la tisane d’après-dîner:-)) Chéri a déjà listé tous les restos qu’il veut lui faire découvrir, les quartiers de Paris à arpenter… Bref, nous l’attendons avec autant d’impatience qu’elle en a de venir. Reste à trouver son appartement.

Et en ce moment elle s’entraîne dur pour le semi-marathon de Paris qui a lieu le 5 septembre. Bien sûr je serai sa première supportrice, au départ comme à l’arrivée. Elle fait également un boulot d’été, vendeuse dans un grand magasin. Et là où réellement, je dis qu’elle est extraordinaire (et vous allez voir que pour une fois c’est objectif), c’est que ses jours de coupure sont jeudi et dimanche. Et bien le dimanche elle va voir son grand-père à l’Ehpad, et jeudi elle va voir ma mère. Et jeudi dernier elle lui a fait une magnifique surprise. Elle est passée la chercher en voiture, et les voilà parties toutes les deux à Charleville. Elles ont déjeuné en terrasse place Ducale, puis sont allées voir ma tante qui fêtera son 90e anniversaire dans quelques mois. Ma mère a ainsi vu sa soeur qu’elle n’avait pas vue depuis novembre, et retrouvé Charleville où elle a vécu 70 ans sur 84.

Et bien, je ne connais pas beaucoup de jeunes gens de 20 ans qui passeraient ainsi leurs jours de congés à s’occuper si gentiment de leur grands-parents. Elle est consciente que chaque instant avec mon père ou ma mère est devenu précieux.

Elle s’accorde juste une semaine de congés en août, elle aura ainsi travaillé trois mois entre la fin de la licence et le début du master. Bon du coup, elle ne passe pas beaucoup de temps avec ses amis et son amoureux. Mais concernant son amoureux elle m’a dit « oui on est amoureux, mais vite fait ». Bref, pas l’amour de sa vie apparemment, elle me fait rire quand elle me raconte ses histoires amicales et amoureuses.

Sinon, pour changer de sujet, attention, avertissement. Le blog va à nouveau parler principalement sport et alimentation. Bien sûr je vais continuer à vous raconter ma vie, mes petites aventures, mes bonheurs et mes peines, mais je reprends le sport intensif, et l’alimentation qui va avec alors je vais beaucoup en parler. Donc…:-)))))) ceux que ça n’intéresse pas, fuyez au plus vite;-)))))).

UN CLUB UNIQUE

Installé sur deux niveaux au sein d’un monument historique, ce tout dernier club de sport luxe plonge ses adhérents dans un décor hors du commun ouvert sur la capitale. Logée derrière les sublimes arcades du XIXème siècle de la Gare Saint-Lazare, L’Usine est entièrement baignée par la lumière du jour avec vue sur le « hub » des 8e, 9e et 2e arrondissements.

Je vous disais que depuis que j’ai commencé ce nouveau travail fin août 2020, je ne réussissais pas à intégrer quatre heures de sport dans mes semaines. Alors d’abord il y a eu le couvre-feu qui faisait que je ne pouvais pas rejoindre Philippe tard au stade. Et puis Philippe, son bébé est né le mois dernier alors maintenant que nous pourrions nous retrouver au stade très tôt le matin ou relativement tard, et bien il a plutôt envie de passer du temps avec son bébé et sa femme. Et c’est compréhensible, cette période de sa vie est si importante pour lui:-)

Ensuite, à la fin du couvre-feu, j’ai pu retourner chez JC. Mais… JC a levé le pied et ne travaille plus en soirée. Alors il nous restait le vendredi, où il travaille jusqu’à 15 heures. Comme je quitte (normalement) à 13 heures le vendredi, sur le papier faire une séance de 14 à 15 ça colle. Mais pratiquement chaque vendredi je ne quitte en fait que vers 13h30, 14h… Et j’ai annulé plein de fois la séance avec JC à 14 heures, quelques minutes avant. Et ce n’est pas agréable pour JC, et c’est une cause de stress terrible pour moi qui déteste arriver en retard, et surtout me montrer impolie.

Bref, pas facile. Surtout en faisant de longues journées. Je pars de la maison entre 7h15 et 7h45 selon les jours pour arriver entre 7h30 et 8h, et quitte rarement le bureau avant 19h, parfois plus tard… Le samedi je vais à Reims donc pas possible de caser une séance, et de toute façon ni JC ni Philippe ne donnent de cours le samedi.

Pourtant j’ai besoin de faire du sport. Pas juste envie, besoin… Pour être équilibrée et sereine, je ne peux me passer de ces moments juste pour moi, où je me vide la tête de tout. Et j’aime tellement les séances de cardio, de renforcement musculaire, de challenges. Plus les mois passaient plus ça manquait à mon équilibre. Je dors très peu (4 à 5h par nuit), très mal, je me ronge d’angoisse pour mes parents, alors oui j’ai besoin de me défouler ! Aller seule à une salle ne m’intéresse pas vraiment, sauf si j’y ai un super coach et que je fais une séance seule par semaine mais au moins deux ou trois avec le coach.

Il y a une salle au coin de la rue où je travaille, ouverte de 6h du matin à 23h je crois, alors pourquoi je me prends la tête me demanderez-vous ? D’autant qu’au travail, pendant les travaux de rénovation, ils ont fait au sous-sol de l’immeuble une superbe salle de douche. Ils ont fait cela car pratiquement tout le monde (nous sommes 48, il y en a une vingtaine) va à cette salle de sport du coin de la rue. Ainsi nous avons tout le confort possible pour nous changer, revenir prendre notre douche au bureau. Mais justement, je n’ai pas envie de faire des cours particuliers avec un coach sous les yeux de mes collègues, et surtout, cette salle « low cost » ne propose pas beaucoup d’équipements et surtout pas de coach comme celui que je désire. Oui, j’ai acquis un bon niveau, et je souhaite un coach très, comment dire, enfin très très bon dans son domaine.

Alors j’ai cherché, cherché, cherché, appelé pas mal d’endroits, de salles de sport, de studios de sport, qui pourraient correspondre à mes désirs, à mes objectifs, à mes horaires. J’ai parlé avec des coachs, des responsables de salles… Et j’ai fini par trouver mon bonheur. Je me suis offert ce bonheur. Oui, offert, car j’ai choisi une salle haut de gamme, et le coaching qui va avec. Et je n’ai pas d’état d’âme. Je viens de passer 18 mois éprouvants, accumulant un épuisement avec tous ces allers-retours pendant les confinements, liquidant (ce qui m’a détruite) la vie de mes parents en vidant leur maison, organisant leurs déménagements et toutes les paperasseries qui vont avec, tout en cherchant et entamant un nouveau travail, allant tous les samedis à Reims.

Sans compter les nuits sans sommeil, le chagrin, la peur épouvantable pour mes parents, alors oui, je me suis offert ce cadeau sportif dont j’ait tant envie, qui va me faire un bien fou, et je m’en félicite. Mon choix s’est porté sur l’Usine. Il y a trois clubs à Paris, un à Bruxelles, un à Genève. J’ai choisi la salle de Saint-Lazare, très pratique pour moi. 4 stations de métro de métro de mon travail, et la salle étant dans la gare, je mets moins de 20 minutes de porte à porte. Pour rentrer à la maison, ou pour y aller le dimanche, j’ai le choix entre le bus, et le métro. Le plus souvent je prends le métro, c’est direct de chez nous, et en 20 minutes j’y suis ou j’en reviens.

La salle est splendide, avec une immense verrière au-dessus de la gare Saint-Lazare. Ce club est immense, mais vraiment immense. Des espaces repos avec en-cas « sportifs », des serviettes à volonté, moelleuses et de différentes tailles. Un sol spécial dans les espaces cardio et muscu. Des équipements dernier cri. Deux studios avec un parquet magnifique, pour le yoga, le pilates, le cycling. Une hygiène irréprochable.

Dans certaines salles un peu « low cost » flotte une légère odeur de transpiration, particulièrement dans les vestiaires. Ici, vestiaires magnifiques, avec douches individuelles, sauna, hammam, des coiffeuses avec miroir éclairant et sèche cheveux pour après la douche. Des fleurs, des bâtonnets de bois plongés dans de jolis pots de parfum d’intérieur, c’est beau, ça sent bon. C’est d’une propreté à manger par terre, il y a plusieurs personnes qui nettoient en permanence. Et partout la vue sur Saint-Lazare. Tout n’est que luxe et volupté pour reprendre l’expression.

La clientèle aussi est différente des salles de quartier, je me sens d’ailleurs un peu en-dessous de cette clientèle, ma tendance à me sous-estimer est toujours bien présente. Je ne croise que des hommes en costume cravate, des femmes élégantes… Ceci dit, quand nous sommes en tenue de sport, en train d’en baver lors d’une séance, tout le monde est pareil…

Il faudra que je pense à vous raconter la honte inter-sidérale que j’ai eue lors de ma première séance, du coup tous les coachs et les gens de l’accueil me connaissent, et le contact a été chaleureux dès le premier jour:-) Bref, une salle haut de gamme.

Je l’ai d’abord sélectionnée sur internet, puis ai téléphoné, pour connaître les tarifs, et parler de ce que je souhaite. La jeune femme avec laquelle j’ai parlé m’a demandé si j’avais repéré sur leur site un coach plutôt qu’un autre. J’ai dit que non (ce n’est pas un catalogue, je n’allais pas choisir en fonction de leur tête), que je veux avoir affaire à un coach non seulement diplômé de sport (ils le sont tous évidemment), mais aussi spécialisé en nutrition, et très exigeant. Elle m’a dit « alors c’est Paul qu’il vous faut ». Nous avons donc pris rendez-vous, pour que je visite la salle, et fasse une séance d’essai avec Paul.

Pour voir si la salle me plaisait, et si le contact passait bien avec Paul. C’est rigolo, son frère jumeau Jules est également coach à l’usine Saint Lazare. Tous deux joueurs de hockey professionnels, pompiers volontaires… La salle est ouverte de 7h à 22h, 365 jours par an.

J’avais rendez-vous mercredi 30 juin à 19h45 pour visiter puis enchaîner sur la séance test avec Paul à 20h30. La visite m’a enchantée, le lieu, les odeurs, les différents niveaux, la beauté de l’architecture. A 20h30 Paul est venu me chercher, nous nous sommes isolés dans un salon avec fauteuils en cuir, boissons… Et là, il m’a posé de nombreuses questions sur tout mon « historique » sportif et alimentaire. Mon état d’esprit, mon état moral…

J’ai répondu à tout sans rien cacher, et lui ai dit mes attentes. Un prof exigeant, qui ne me passe rien, me fait progresser et repousser mes limites, me guide pour une alimentation correspondant à une vie active et gagner en énergie, me permettant d’avoir une silhouette tonique, dynamique, fine et musclée. Il m’a expliqué sa façon de travailler, qui m’a enthousiasmée. ! Ca passe ou ça casse avec ce genre de personnalité plus qu’exigeante et rigoureuse. Il m’a dit aussi que certes je suis la cliente de la salle et peux demander à avoir tel ou tel coach, mais que lui se réserve le droit de choisir les personnes avec lesquelles il va travailler. Car il demande un réel engagement, un sérieux sans excuses.

J’ai tenté une vanne pour voir comment il réagissait, il a répliqué du tac au tac, nous étions sur la même longueur d’ondes et nous sommes tapés dans la main. Affaire conclue. Il m’a pesée, mesurée sous toutes les coutures, photographiée. Sa balance donne les masses grasse, hydrique, musculaire, osseuse. Par rapport à ce que j’avais il y a un an avec ce même genre de balance à électrodes chez JC, j’ai perdu du muscle. J’ai encore une bonne masse musculaire (56%), mais j’ai eu bien plus que ça. J’ai aussi pris de la masse grasse, logiquement. Beaucoup moins de sport ces derniers mois, des chips plusieurs soirs par semaine, beaucoup moins de marche de par le télétravail, un mauvais sommeil… Je ne vais pas me chercher d’excuses, j’ai réduit le sport à son strict minimum, mangé des aliments « réconforts », logique que la masse grasse progresse.

Bref il est temps, plus que temps de rétablir tout ça et de reprendre le bon chemin:-) Nous avons tellement discuté avec Paul qu’à 22 heures ils sont venus nous chercher dans notre salon, nous n’avons même pas fait de séance pour tester mon niveau. Et je n’ai pas eu le temps de signer le contrat. Pas grave, au contraire. Je suis rentrée à 22h30 et ai eu le temps d’en parler tranquillement avec Chéri. Qui m’a dit « vas-y, tu as besoin de retrouver cet équilibre que te procure le sport, et tu aimes être coachée individuellement ».

J’y suis donc retournée jeudi premier juillet au soir, pris un abonnement d’un an, accompagné pour le moment de 50 séances de coaching dans un premier temps. Ce qui est chouette c’est que j’ai un casier à l’année, dans lequel je peux laisser mes chaussures de sport, de quoi me démaquiller pour quand j’arrive du travail, du déo, des crèmes pour quand j’y vais le matin très tôt et que je prends ma douche là-bas avant d’aller au bureau, plusieurs tenues de sport, au cas où me prendrait l’envie d’y aller un jour imprévu. Ca m’évite de trimballer ainsi toutes ces affaires quatre fois par semaine. Et comme ils fournissent eau et serviettes, c’est parfait.

Comme j’arrive en fin de saison, Paul a déjà son planning très chargé, alors pour le moment on fait au mieux. A la rentrée, j’irai deux soirs par semaine, le vendredi après-midi, et seule le dimanche matin, faire ce qu’il m’aura donné à faire.

Il m’a dit qu’en plus des séances que nous faisons ensemble, il veut que je fasse beaucoup de NEAT (Non-Exercise Activity Thermogenesis). « NEAT » est un terme anglo-saxons qui comprend tous les mouvements et tâches que nous allons effectuer durant la journée (marcher, monter des marches, bricoler, jardiner, danser, faire ses courses, etc…) sans qu’ils soient directement liés à une activité physique.

Chaque soir il me demande de lui envoyer la capture d’écran du rapport de ma montre connectée, avec le nombre de pas, d’escaliers montés, calories brûlées etc… Il veut que je fasse au minimum 10 000 pas chaque jour hors entraînement sportif. Et depuis deux semaines que je le fais, j’ai augmenté mon NEAT. Plus d’ascenseurs ni d’escalators, des détours quand je vais travailler, je vais aux toilettes au bureau à un étage différent de celui où je travaille etc… En deux semaines, ma moyenne de calories brûlées a augmenté de 400 calories par jour. Alors même si les montres connectées ne calculent pas précisément et scientifiquement, j’utilise la même depuis des années, et c’est mon repère. Et le fait qu’elle indique plus de calories brûlées le soir n’est pas contestable. J’ai aussi considérablement augmenté ma moyenne quotidienne de pas, à plus de 15 000 (environ huit kilomètres).

Côté séances Paul m’a testée pendant les trois premières, en cardio, en muscu, en circuit intensif cardio-renforcement musculaire. J’ai perdu en cardio c’est fou comme on perd dès qu’on ralentit le rythme sportif. Mais en deux semaines, ça commence déjà à s’améliorer, ma fréquence cardiaque au repos a baissé. Paul dit que j’ai un bon niveau, et qu’on va l’élever encore et encore, j’adore sa rigueur !

Nous avons fait une séance à l’ouverture à sept heures du matin. J’adore le matin. Partir à 6h30 de la maison et prendre le métro encore presque désert. Le temps de finir la séance, prendre ma douche, me maquiller, faire le quart d’heure pour aller au bureau, je suis arrivée pile à neuf heures. Moi qui arrive toujours très tôt, j’avais prévenu ma DG pour qu’elle ne s’inquiète pas.

Nous avons aussi testé les séances à 20h30, ce qui me fait rentrer à la maison à presque 22 heures. Le vendredi après-midi à 15h30. Un soir à 19h30 aussi, ça c’est parfait. Je pars sans stress du bureau à 19 heures. Et si je peux partir à 18h45 ça me permet de faire du tapis de course en attendant Paul. A la rentrée s’il peut me faire lundi mercredi à 19h30 ou 20h et vendredi vers 15 ou 16h ce sera parfait. Et le dimanche matin, j’y vais seule et fais le programme qu’il me donne le vendredi. En deux semaines, je me sens déjà tellement mieux. Moins fatiguée, dynamique, joyeuse, je recommence à sautiller partout, je me sens beaucoup moins tendue. Et j’aime que Paul m’envoie un SMS chaque soir pour analyser ma journée de NEAT. Côté alimentation, Paul, sportif pro, pompier volontaire, est au taquet. Passionné par l’alimentation, sans laquelle le sport n’a que peu d’effet, il a passé un diplôme pour allier les deux et tirer le maximum de bénéfices de la combinaison des deux.

Notre objectif, que je gagne de la masse musculaire, non pas pour gonfler, mais au contraire allonger et affiner, augmenter beaucoup mon métabolisme de base, et assécher au maximum ma masse grasse. Mon âge n’est pas un handicap selon lui. Je ne suis pas encore ménopausée, bien qu’ayant 54 ans le mois prochain, pour Paul c’est un avantage.

Donc, pour l’alimentation, rien que de très simple en fait. Protéines, lipides et glucides, plus légumes à chaque repas. Les lipides, végétaux, pas de beurre pour le moment. Ca peut être de l’huile, mais aussi, pour le matin par exemple des amandes et tout oléagineux. Les glucides, c’est soit des féculents soit un fruit, mais pas les deux. Je choisis donc selon mes envies du moment. De préférence, des glucides et légumes à IG bas pour le moment. C’est à dire plutôt du boulghour, du riz complet que des pâtes… Pour les fruits, tout ce qui me fait envie. Si c’est une banane en revanche, juste une moitié. Les protéines, les oeufs, poulet, dinde, poissons sont à privilégier. Pas de porc ni d’agneau les premières semaines, même le boeuf est à éviter. Cela, pour bien lancer le mécanisme métabolique, pendant deux mois. Ensuite Paul ajustera en fonction de la masse musculaire acquise.

Pendant ces deux premiers mois, on supplémente en protéines. Je prends un shake en milieu de matinée, un en milieu d’après-midi. Je lui fais confiance, c’est lui qui a commandé les compléments et me les a faits livrer. Rien de chimique.

Paul me pèsera et me mesurera quand il le souhaite, je lui laisse toute latitude à ce sujet. Enfin voilà, nous avons commencé il y a tout pile deux semaines, et je suis tellement heureuse d’avoir repris. Huit séances en deux semaines. Ce matin j’y suis allée seule, faire 50 minutes de fractionnés sur tapis. Très exactement ce que le coach m’a dit de faire. Je suis disciplinée et j’apprécie d’avoir un coach directif. Je pars du principe que chacun connaît parfaitement son métier, et je lui fais donc confiance. Tout comme j’aime qu’on me fasse confiance quand j’exerce mon métier.

Paul m’a prévenue que certaines semaines dans l’année, il ne sera pas là. Il coache une personnalité dans le sud de la France. Il ne m’a pas dit qui, et je n’ai pas posé de questions. Je ne pose jamais de questions, j’accueille les confidences quand les gens se sentent en confiance, mais jamais je ne pose de questions. C’est la base de mon métier, et de celui de Paul, savoir être discret, respecter la confidentialité.

Voilà les z’amis, vous savez tout sur ma reprise du sport de façon intense, et vous savez le plaisir et la sérénité que cela me procure. Je vais donc publier mes repas, mes résultats, vous raconter mes séances, en plus du reste.

Ce matin, quand je suis rentrée de l’Usine, j’ai pris mon shake de protéines, et avec Chéri nous sommes allés au cinéma à la séance de midi. Voir Présidents. J’ai beaucoup, mais vraiment beaucoup aimé. Des dialogues jubilatoires, un casting parfait (Jean Dujardin et Grégory Gadebois que j’apprécie énormément entre autres). Ils sont parfaits dans leurs rôles. Bref un très bon film, de ce genre qui fait qu’on se sent bien d’avoir passé un si bon moment au cinéma.

Je vous laisse pour ce soir. Je vais (essayer de) venir bien plus régulièrement pour publier repas et séances de sport notamment. Passez une bonne soirée. Et vous comment allez-vous ?

Quelques jours bienvenus

Dans mon travail, nous avons ce qu’ils appellent des congés trimestriels. En plus des cinq semaines de congés payés, chaque trimestre, on nous offre trois jours, à prendre consécutivement. Ce trimestre, je les ai posés aujourd’hui, demain et vendredi. Et ils sont plus que bienvenus.

J’accumule depuis plus d’un an une fatigue psychologique usante. Et comme je ne fais pratiquement plus de sport, mon équilibre est rompu. J’ai peut-être trouvé une solution pour refaire du sport intense comme j’aime, je vous en parle quand j’ai fini de réfléchir et concrétisé la chose. D’ici la fin de la semaine prochaine normalement ce sera mis en place. Ce blog va à nouveau parler sport et alimentation yououh !

En attendant, me voici avec cinq jours devant moi. Aujourd’hui Chéri a travaillé, et dès demain matin tôt nous partons pour quatre jours à Bruxelles. Pratiquement deux ans que nous n’y sommes pas allés, nous sommes en manque:-) Nous y serons demain matin à 11 heures, quel bonheur ! Et jusqu’à dimanche après-midi.

Aujourd’hui, j’ai passé une journée ultra calme. Je me suis réveillée à 8h30 (ça change du 5h30 habituel). Après ma douche, j’ai bu tranquillement mon café avec Chéri. Je suis sortie en même temps que lui qui partait travailler, j’avais dans l’idée d’aller m’acheter des chaussures. J’avais envie d’une paire de derbies. Non ce n’est pas spécialement la saison ni la mode des derbies, mais je m’en fiche, moi c’est ce dont j’ai envie en ce moment. Et des baskets de ville. En été, je ne mets jamais de sandales, je n’aime pas montrer mes pieds d’abord, et surtout, avec des sandales, je ne me sens pas assez maintenue, je me tords trop souvent la cheville. Alors déjà que je tombe souvent dans la rue, pas la peine d’en rajouter en portant des chaussures qui ne tiennent pas bien mes pieds.

J’ai trouvé de jolies derbies en daim noir, des baskets toutes fofolles. De la marque Les Tropéziennes. Vous savez, la marque des fameuses sandales si connues. Je ne savais pas qu’ils faisaient d’autre modèles de chaussures que des sandales. Et bien si. Et fabriquées en France.

Et il y avait dans la boutique un sac à main, parfait pour l’été. Coton grainé et garnitures de cuir, ma couleur préférée, un sac fantaisie tout joli idéal pour la saison. Je ne connaissais pas cette marque « Crazy Lou ». Lou comme le prénom de ma nièce:-)

De plus, le patron de la boutique m’aime bien, j’y vais régulièrement acheter mes chaussures, alors il a fait un joli geste, et m’a fait le sac à 30 euros !! Comme ça, gentiment. Je n’avais rien demandé, je déteste parler d’argent, je déteste marchander, je déteste demander ou quémander, je déteste les gens qui font ça.

Je vous montre:-)

Je suis rentrée à midi, ai déjeuné en regardant la télé, et passé l’après-midi à… ne rien faire. Enfin si, j’ai rangé et fait un peu de ménage, histoire de partir, mais surtout revenir dans un appart propre. Préparé tout ce qu’il faut pour la dame qui passera nourrir les chattes, et surtout, faire les valises. Pendant que des demoiselles poilues dormaient allègrement:-)

Nous partons avec deux valises. L’une avec nos vêtements pour quatre jours, l’autre vide, pour tout ce que nous allons rapporter. Bières, chocolats et fromages pour les amis:-) Mais en attendant de vous raconter la Belgique, j’ai toute une semaine de retard à vous raconter.

Bon, j’ai beaucoup travaillé, rien de nouveau… Jeudi soir dernier, nous sommes allés à une avant-première dans un cinéma sur les Champs-Elysées. Soirée réservée aux porteurs de la carte Pass illimité, une jolie façon de renouer le contact entre cinéma et ceux qui ont la carte, qui vont très très très souvent au cinéma. C’était l’avant-première de Eiffel, avec Romain Duris, film qui sortira en septembre.

Je suis sortie de mon travail à 19 heures, nous avions rendez-vous avec Chéri sur les Champs à 19h30. Au cinéma, ils nous ont distribué de jolis sacs. Chéri a choisi le plus sobre, fond noir, moi j’ai pris celui avec les M & M’s. Dans chaque sac, deux sandwiches, une bouteille d’eau, plein de bonbons.

Avant le film, pas de pubs pour une fois, mais une heure de bandes annonces, ça c’est carrément chouette. J’ai beaucoup aimé le film, qui raconte comment est née l’idée de construire la Tour Eiffel, et toute sa construction. Vous connaissez ma passion pour la Tour Eiffel !! Beaux décors, belle reconstitution de Paris, beaux costumes, excellents acteurs, tout est réuni pour que ce film soit très très agréable. Pas un chef d’oeuvre, mais un bon film. Nous sommes rentrés à minuit, nous n’avons plus l’habitude de sortir ainsi en semaine.

Du coup, j’étais bien contente d’être en télétravail vendredi. Et je me suis déconnectée pratiquement à l’heure, à 13h30. Et j’ai passé une bonne partie de l’après-midi, en attendant Chéri, à lire. En plus il a fait une grosse chaleur la semaine dernière, ça fatigue un peu…

Samedi je suis partie comme d’habitude à 7h30 à Reims. Je me suis trouvée mal en faisant les courses pour ma mère. Le Carrefour n’étais pas climatisé, je me suis sentie étouffer sous mon masque, et j’ai perdu connaissance. Ce n’est pas grave, j’ai déjà vécu ce phénomène, une espèce de malaise vagal. Trop chaud, trop fatiguée, trop anxieuse…

Nous avons déjeuné vite fait chez ma mère et sommes allées à l’Ehpad. Mon père était dans un mauvais jour. Grognon, renfermé, presqu’agressif. J’ai mis lus d’une demi-heure à le faire sourire… Lui aussi souffrait de la chaleur.

En plus, il avait une main terriblement gonflée, une infection, et était sous antibiotiques… Il n’était visiblement pas très bien. Je suis rentrée à Paris samedi soir épuisée et démoralisée. Mais je ne peux rien faire de plus pour mes parents. Je les vois souvent, très souvent, bien plus que la plupart des enfants ne voient leurs parents. Mon frère les voit encore plus souvent. Ma nièce les voit une fois par semaine. Je leur apporte des douceurs et des surprises à chacune de mes visites, je leur téléphone chaque jour. Malheureusement je ne peux pas leur rendre la jeunesse ni la santé… Et ça me ronge. Putain ça me ronge !!

Heureusement quand je rentre, Chéri est là, plus aimant que jamais. La semaine prochaine il viendra avec moi. J’ai mal dormi la nuit de samedi à dimanche, comme les nuits d’avant, comme tout le monde je pense, à cause de la chaleur. Dimanche matin, il faisait un peu plus frais. Comme nous étions réveillés et prêts tôt avec Chéri, nous avons décidé d’aller au cinéma très tôt à la séance de 13h30. Nous voulions aller voir Cinquième set, qui ne se joue que dans peu de salles à Paris, nous sommes donc allés à Montparnasse. Et à Montparnasse il y a la crêperie Josselin. Une des meilleures crêperies dans laquelle j’ai mangé, Paris et Bretagne confondues. Vraiment, Josselin, c’est un artiste des crêpes:-)) Nous sommes donc partis tôt et à midi pile étions chez Josselin. Enfin plus précisément Le petit Josselin, le second Josselin, juste à côté du Josselin historique.

Nous avons commencé par nous partager une galette au Sarrazin nature; Leurs crêpes et galettes sont tellement bonnes qu’elles se suffisent à elles-mêmes croyez-moi.

Nous avons enchaîné avec une galette au saumon fumé pour moi, une épinards, lard et oeuf pour Chéri. Là encore, simplicité mais délice absolu. Une galette nature avec une grande tranche de saumon fumé maison, et de la crème fraîche avec un goût incroyable ! Pour Chéri, des épinards frais, du lard finement grillé, un oeuf ultra frais. Un régal sans nom !

Pour finir, une crêpe froment à la frangipane maison.

Quel repas de roi !!!!!!!! A 13h15. nous sommes arrivés au cinéma. Je voulais à tout prix voir ce film.

J’aime tellement Alex Lutz. Nous l’avons vu trois fois en one man show, il est d’une finesse, d’une subtilité, d’une sensibilité dans ses textes ! Quand il est acteur, il est extraordinaire. Il peut tout jouer, il est crédible dans tous les personnage. Et ce film, Cinquième set, mon coup de coeur de l’année ! Le week-end d’avant, je me suis régalée avec les demi-finales et la finale de Roland Garros, et ce film en a été la prolongation.

C’est drôle d’ailleurs, car bien que tourné en 2019, ils parlent des deux finalistes de 2021, mon chouchou Djokovic, et le jeune Tsitsipas. Je n’en dis pas plus, ce serait trop en dévoiler pour ceux d’entre vous qui vont avoir envie de voir Cinquième set. Croyez-moi, même si vous n’êtes pas amateur de tennis, allez le voir, ce film est… waouh !!!!!! Les dialogues ciselés, les acteurs fantastiques, le scénario, tout fonctionne à merveille.

La dernière scène à elle seule est une scène qui marquera le cinéma j’en suis certaine ! Les deux heures du film sont passées en un éclair. Quand les lumières se sont rallumées dans la salle, personne n’a bougé, encore sous le choc et la surprise des dernières images. Je n’ai pas souvenir d’un film avec une fin aussi originale et stupéfiante ! Ce genre de film me rend totalement heureuse, le cinéma sait procurer de si belles émotions.

Nous sommes rentrés en métro, et étions à la maison à 16h15. Que j’aime ce genre de dimanche. Resto et cinéma avec Chéri, c’est tout simplement ça ma conception du bonheur.

Lundi et mardi, j’ai travaillé jusqu’à 19h30, j’ai essayé de boucler le maximum de choses avant mes trois jours de congés. Hier soir avant que je ne quitte le bureau, ma DG, qui était en télétravail, m’a envoyé un mail pour me souhaiter de bons congés. Mail si élogieux que j’en ai eu les larmes aux yeux. Quand je pense que tous mes responsables ont toujours été élogieux envers moi, et qu’il a suffit d’un méchant pervers pour me démolir en deux ans….

Je commence à peine à reprendre confiance en moi. Je sais que je travaille bien, que j’ai toujours adoré et bien fait mon métier. J’en ai douté, ça m’a détruite, mais aujourd’hui, je sais que oui, je suis une bonne professionnelle. C’est le seul domaine où je suis sûre de moi. Voilà les z’amis les nouvelles de la semaine passée. Nous partons demain matin tôt et rentrons dimanche, je viendrai naturellement vous raconter Bruxelles. Ma belle Bruxelles qui m’a tant manqué. Quand je pense que c’est notre premier petit voyage depuis deux ans. C’est fou. A part aller à Charleville ou à Reims, pas un jour de vacances hors de Paris depuis septembre 2019… Mais ça va reprendre. Cet été, mon frère allant aux JO de Tokyo avec son athlète, je vais assurer la permanence auprès de. mes parents, et nous partirons juste une semaine. Mais une semaine, c’est mieux que tien du tout:-)

Et vous, comment allez-vous ? Prenez grand soin de vous !!

Je l’ai payé cher ce repas

Vous le savez, j’ai une maladie de l’oesophage. Ces derniers mois elle s’est accentuée, et il m’arrivait souvent, en début d’année, de vomir la nuit. C’est passé, j’ai vu le gastro. Ma maladie est évolutive, s’aggrave d’année en année. Mais je suis suivie de très près par le gastro, qui met tout en oeuvre pour freiner la progression. Je vous dis ça pour que vous ne vous cassiez pas la tête à me donner des conseils d’alimentation ou de ce qu’il faut manger le soir. Je le sais à peu près bien, c’est d’ailleurs pour ça que les vomissements nocturnes se sont arrêtés.

Bref, voilà plusieurs mois que je n’avais pas vomi. L’arrêt du sucre depuis cinq semaines m’a aussi fait du bien. Et manger beaucoup de légumes, des fibres donc a amélioré mon transit. Mais hier, mon Président m’a invitée à déjeuner. Vite fait, dans un petit (enfin pas « dans », mais à la terrasse) bistrot proche du bureau. J’ai pris le plat du jour, des diots du Jura avec pommes de terre sautées. Et ça ne m’a pas semblé bon, mais pas bon du tout. Les diots (saucisses fumées) étaient gras, mous. Les pommes de terre dégorgeaient d’huile. Je n’ai plus l’habitude. Ca fait plusieurs années que j’ai vraiment réduit l’huile en cuisinant, et Chéri aussi quand c’est lui qui cuisine.

Et depuis cinq semaines je n’avais pas mangé de féculents, et très peu de gras. Et pas de sucre. Et là en dessert, deux boules de glace. De la Ben & Jerry au beurre de cacahouète. Vous connaissez les glaces Ben & Jerry ? Du sucre, de la crème… En plus nous avons mangé vite, alors que moi je suis une mangeuse lente. Je n’ai mangé qu’un diot sur les deux…

Mais tout l’après-midi je me suis sentie lourde, barbouillée. Déjà à la base j’ai trouvé ça moyennement bon, mais là, ce fut comme une overdose de sucre, et de féculents après cinq semaines sans en consommer du tout. Bref, ce fut trop de trop de trop. Je suis rentrée du bureau tard, à presque 20 heures. Et j’ai commis l’erreur de manger au lieu d’attendre d’avoir fini de digérer. J’ai mangé léger, mais sans faim ni envie, ridicule. Et j’ai mangé tard, 21 heures.

Je me suis couchée vers 22h30 pour lire, toujours sans avoir digéré. Je me suis endormie, mais à minuit, réveillée en sursaut par ces signes que je connais si bien… Je sais que la douleur conduit inévitablement aux vomissements. Mais je n’ai vomi qu’à 4h30 du matin. De minuit à 4h30, j’ai attendu que ça sorte, en ayant mal… Je n’ai donc pas dormi. Enfin si, de 23 heures à minuit.

Ce matin j’ai eu du mal à me mettre en route, mais j’avais rendez-vous au bureau avec ma DG à 8 heures. Je vous montre ma tête ? Tête de quelqu’un qui n’a pas dormi, a eu mal à l’oesophage toute la nuit, a eu froid toute la journée malgré les 28 degrés.

Inutile de vous dire que je n’ai pas mangé de la journée, juste bu, je ressentais une soif intense. J’ai alterné eau plate et eau gazeuse.

J’ai quitté le bureau tôt, je ne tenais plus debout. Je suis donc partie à 18 heures. Et vers 19 heures, tranquillement à la maison, je me suis rendue compte que j’avais très faim. Et envie d’une salade. Alors la voilà ma salade, toute simple. Laitue, tomate, radis, concombre, oeuf dur, jambon de poulet.

J’avais envie de thon, mais peur que ce soit plus lourd. à digérer. Une tisane, et voilà.

Quand je vais réintroduire le sucre, je le ferai en douceur, tout doucement… Et surtout je me rends compte qu’entre mon oesophage très abîmé et le fait de vieillir, je digère de moins en moins facilement. Bon, rien de dramatique, il suffit que j’en tienne compte. Je choisirai mieux mes plats au resto maintenant:-) Et surtout je vais éviter les restos entre collègues, à manger vite des trucs qui ne me plaisent pas forcément.

Voilà, sinon rien de particulier. L’AG de demain se présente bien. Les 50 000 votants sont répertoriés et ont reçu leur lien visio individuel pour voter, les répétitions se sont bien passées, y’a plus qu’à. Je vais me coucher tôt ce soir, il faut que j’ai une meilleure tête demain. Je ne sais pas si je vais tenir pour l’épisode de Handmaid’s Tale de ce soir. Nous en sommes à la saison 4, et l’intérêt ne se relâche pas.

J’espère que vous avez passé une bonne journée. Bonne nuit vous tous;-)

Semaine mémorable

Je crois que je n’oublierai jamais la semaine du 8 janvier 2021.

Ce vendredi 8 janvier 2021 a clos un pan important de ma vie. J’ai mis plus de deux semaines à me remettre de cette journée. Deux semaines pendant lesquelles je n’ai pratiquement pas parlé, impossible de dire quoi que ce soit.

Ce vendredi 8 janvier je suis allée à Charleville, signer la vente définitive de la maison de mes parents chez le notaire. Il faisait très très froid. Vu le peu de trains qui circulent, je suis arrivée deux heures avant l’heure du rendez-vous chez le notaire. Deux heures que j’ai passées à marcher dans la ville où je suis née. Transie. Et comme les cafés et restaurants sont fermés, pas possible de me réchauffer en buvant un café, en mangeant quelque chose.

Le rendez-vous chez le notaire était à 14 heures, je suis arrivée en me tortillant tellement j’avais envie de faire pipi et me suis excusée en leur demandant si je pouvais utiliser les toilettes. J’étais glacée, et surtout, j’avais une terrible boule au ventre. Comme j’ai regretté à ce moment-là d’avoir dit à mon frère et à Chéri que ce n’était pas la peine qu’ils viennent.

Les acheteurs de la maison sont arrivés quelques minutes après moi, un couple d’une quarantaine d’années. Nous avons parlé, ils ont eu un énorme coup de foudre pour la maison, la cheminée du salon, le jardin… Et là, je me suis mise à pleurer. Pas pour la maison, moi au contraire dès l’âge de sept ans je rêvais de vivre dans un appartement à Paris, je n’ai jamais particulièrement aimé la maison, et le jardin je n’y allais jamais, mais je pleurais pour mes parents, pour les trente ans qu’ils ont mis à payer cette maison, mon père qui a travaillé de nuit pour gagner un peu plus, pour les projets qu’ils y ont faits, pour je ne sais pas trop quoi, ou pour tout finalement.

Dans le bureau du notaire, pendant qu’il lisait l’acte de vente, mes larmes ont coulé encore… Ça a duré en tout et pour tout à peine une demi-heure. J’ai dit au-revoir aux acheteurs, leur souhaitant d’être heureux dans cette maison, et en tout cas ils avaient l’air si heureux de l’acheter, et je suis vite partie, en les priant encore de m’excuser de pleurer ainsi.

Mon train n’était que deux heures plus tard. Je suis retournée à pieds à la gare, et me suis assise sur un banc dans le square, frigorifiée. J’ai appelé ma mère, puis mon père, puis mon frère…Ce n’était qu’une formalité, un papier à signer, mais j’avais tellement l’impression de signer illégitimement.

Je ne parviens toujours pas à me faire à l’idée d’être la tutrice de mon père, d’avoir la procuration de ma mère. Je me sens comme une voleuse, je suis rongée de culpabilité quand je pense à mon père dans son Ehpad. Bien sûr nous allons le voir aussi souvent que nous en avons le droit, c’est à dire 45 minutes tous les deux jours. Nous lui avons acheté un téléphone adapté à son état, tellement simple d’utilisation qu’il parvient à nous appeler et à répondre quand nous appelons. Chaque semaine quand je le vois il me dit que l’équipe est gentille avec lui et en effet, je vois le personnel attentif, il dit qu’il mange bien, mais qu’il dort mal, qu’il pense à nous…Enfin il me dit ça les fois où il me reconnaît… Enfin voilà, en huit mois, malgré les confinements et les difficultés de circuler, les retards administratifs, en huit mois mon frère et moi avons fait le maximum pour adoucir la vie de nos parents, qui à la fin, en mars 2020 étaient en grande difficulté pour être autonomes dans leur maison. En huit mois, je suis devenue tutrice de mon père, nous avons trouvé l’Ehpad « le moins pire » possible pour mon père, un appartement à 500 mètre de mon père pour ma mère, vidé et vendu la maison.

Ma mère est incroyablement courageuse elle a traversé ces huit mois en s’adaptant aux changements. Elle a été très fatiguée, épuisée, triste, a fait plusieurs malaises cardiaques, se retrouve seule, elle qui s’est mariée à 20 ans et a vu sa vie exploser à 83 ans. Aujourd’hui elle aime son appartement, un petit cocon de confort et de douceur. Elle fait de la sophrologie, de la gym posturale toute douce, elle commence à aller boire le café chez ses voisins, une kinésithérapeute passe deux fois par semaine pour lui faire travailler le dos qui la fait souffrir. Elle déjeune chez mon frère régulièrement le dimanche, je déjeune avec elle pratiquement chaque samedi. A chaque fois que j’y vais, Chéri lui cuisine plusieurs plats qu’elle peut surgeler, je lui apporte un petit cadeau.

Idem pour mon père, chaque semaine je lui apporte les gâteaux qu’il aime, l’Equipe qu’il lit depuis toujours, des magazines. Chaque matin on lui livre l’Ardennais, qu’il continue à lire assidûment. Malgré tout, je sais que mon père n’est pas heureux. Il s’ennuie, il n’a de goût à rien. Il pleure. Je le sais et ça me détruit. Que puis-je faire ? Que puis-je changer ?

Je les appelle chaque jour, mon frère y passe plusieurs fois par semaine. En huit mois nous avons fait beaucoup de choses mon frère et moi, nos parents étant NOTRE priorité, nous avons mis tout le reste entre parenthèses. J’y vais trois samedis sur quatre, Chéri vient avec moi une fois sur deux.

Depuis le 8 janvier, je commence à me détendre, je dors un peu mieux. Je fais de mauvais rêves cependant, je me sens tellement coupable pour mon père. Je tourne et retourne ça, je voudrais aller le voir plus souvent, je voudrais le voir sourire. Dès que les règles sanitaires seront moins strictes, nous aurons le droit de sortir un peu avec lui, l’emmener boire un café, mais pour le moment, c’est 45 minutes tous les deux jours point barre. C’est inhumain, je ne pourrai jamais me le pardonner.

Reste à venir à bout de cet épuisement. Car tout en faisant tout cela pour mes parents j’ai cherché et trouvé du travail, réussi ma période d’essai. Quand j’y pense, je ne sais pas comment j’ai tenu debout durant tous ces mois. Sans dormir. Sans rien laisser paraître devant mes nouveaux collègues.

Aujourd’hui le contrecoup est rude. Mais malgré tout ça commence à aller un tout petit peu mieux, je pleure un peu moins, je réussis à parler un peu plus… Je suis très fatiguée car en plus des cinq jours de boulot, le samedi je me lève très tôt pour aller prendre le train. Sitôt arrivée à Reims, je prends le bus pour aller chez ma mère, je bois un café avec elle, puis vais lui faire ses courses. Nous déjeunons chez elle, puis allons à l’Ehpad. Et je repars. Pas vraiment des journées de repos. Sans compter que pratiquement à chaque fois il y a des problèmes de trains. Pour des raisons divers et variées.

Il y a deux ou trois semaines je ne sais plus, vous savez il y a eu un épisode neigeux. Trois fois rien. Les trois-quatre centimètres de neige qui a chaque fois mettent les citadins ridiculement en émoi, les faisant patauger dans ces quelques centimètres de neige qui au bout d’une heure ne sont plus qu’une boue glissante. Et bien ce samedi, à cause de ces quelques flocons, mon TGV a eu deux heures de retard… Je suis rentrée à Paris tard le samedi soir, exténuée, frigorifiée, rentrant de la gare de l’est sur des pavés glissants… A chaque fois il y a quelque chose qui retarde les trains… Sans compter qu’en cette période de couvre-feu, des trains il n’y en a pas beaucoup…

Cette semaine du 8 janvier j’au aussi eu d’autres émotions. Mercredi 6, l’Ehpad m’appelle, pour me demander si je donne l’autorisation que mon père soit vacciné. Ce n’est pas la question elle-même qui m’a tant fait mal. Nous en avions déjà parlé avec mon frère, j’étais plutôt contre, mon frère plutôt pour, nous avons fini par décider que oui, nous allions dire oui, sinon mon père serait confiné plus encore, mis à l’écart. Quand mon tout viendra d’être vaccinée, je ne suis pas sûre de le vouloir, mais c’est un autre débat. Bref, quand l’Ehpad m’a appelée, me disant que c’est à moi que revenait la décision, j’ai senti mon coeur se décrocher. Toujours ce problème d’acceptation d’être tutrice.

D’habitude, ce sont les parents qui font vacciner leurs bébés pour les protéger, pas les enfants qui décident que leurs parents vont être vaccinés ou pas. J’étais au bureau quand l’Ehpad a appelé, et heureusement que j’ai un bureau individuel, car après avoir raccroché, j’ai sangloté !

Et pour dire que cette semaine précisément fut riche en émotions, jeudi 7, j’ai eu mon entretien d’évaluation annuel. Bon, n’étant là que depuis quatre mois il n’y avait pas tant de choses à dire, d’autant que j’avais déjà eu un entretien à la fin de ma période d’essai. J’ai eu cet entretien avec le Président et la Directrice Générale, puisque je suis leur assistante à tous deux. Je redoute toujours les entretiens d’évaluation, qui souvent, sont un exercice d’auto-critique demandée par l’entreprise. Mais… je ne travaille plus pour une entreprise. Je travaille dans un milieu tellement différent, humain ! Ils m’ont dit tellement de choses gentilles, je ne savais plus où me mettre. Ils m’ont notamment dit que j’ai su m’adapter dans cette période pas facile, avec beaucoup d’intelligence humaine. Ils m’ont dit qu’ils ont vu des dizaines de candidats pour remplacer leur précédente assistante et ont du mal à me trouver. Ils m’ont dit que mon sourire, ma pro-activité, mes capacités d’adaptation et d’anticipation, mes compétences confirmées leur changent la vie.

Bien sûr mes yeux se sont mis à briller d’émotion, je luttais pour retenir mes larmes. Ils m’ont dit qu’ils voient mon hyper sensibilité et que je peux prendre confiance en moi, ne jamais douter de moi. Qu’ils sont ravis de travailler avec moi, qu’ils aiment ma loyauté, mon sens de la confidentialité, mon enthousiasme. Et je leur ai dit que travailler avec eux, dans ce milieu pile à cette période de ma vie est magnifique pour moi.

Je connais encore très mal ce secteur, toutes les organisations, instances, tous les organismes à comprendre, à faire le lien entre eux etc me prendra encore plusieurs mois, ils m’ont confirmé qu’il faut même plusieurs années pour en saisir toutes les subtilités. Mon travail est passionnant. Le Président, qui s’occupe de l’aspect politique, la DG qui s’occupe de la Gouvernance, voilà qui me fait faire en permanence le grand écart puisque j’assiste les deux. Les interlocuteurs sont très différents. Le Conseil d’administration et des ministres, députés, sénateurs d’un côté, le Comité de Direction de l’autre. Le Président souhaite que je devienne l’interlocutrice privilégiée des Administrateurs, ma diplomatie n’étant plus à prouver… Seulement il y a déjà une assistante dédiée aux Administrateurs, alors le Président réfléchit à « transvaser » certains côtés de nos postes respectifs, car les Administrateurs viennent plus spontanément vers moi. Tout comme les attachés parlementaires, ou les représentants des cabinets ministériels.

Les mois et années à venir vont être passionnants, surtout avec les présidentielles de 2022. Je n’ai jamais eu un travail aussi dense, et surtout aussi difficile intellectuellement. Sans compter les cas de détresse humaine qui remontent jusqu’à nous. Chaque jour je remercie la petite étoile ou je ne sais quoi qui m’a permis de trouver ce travail. En plus, le lieu où je travaille est magnifique.

C’est une ancienne fabrique de malles. Un immeuble de cinq étages avec un hall imposant, une cour arrière où se dressent deux petites maisons. Cet immeuble appartient à l’association pour laquelle je travaille, leg d’un adhérent à la fin des années 70. Le Conseil d’Administration a voté sa rénovation complète. Les travaux démarrent le 15 mars, la préfecture de Paris a donné le Go, et seront finis normalement le 30 septembre. L’architecte m’a montré les plans, ce sera lumineux, et fait pour le bien-être des salariés. En attendant, pendant ces six mois, un de nos mécènes nous prête des bureaux, en proche banlieue.

Moi je reste sur place, le Président et la DG souhaitent que je sois là, avec le Directeur des services généraux qui supervise les travaux. Il risque d’y avoir du bruit et de la poussière, mais enfin, en ce moment où nous travaillons à 80% en télétravail, c’est le moment ou jamais de faire ces travaux. Ce sera peut-être, sûrement même moins drôle pour les habitants des immeubles voisins d’avoir les travaux du lundi au vendredi, de 9h à 17h en cette période de pseudo confinement. Nous avons prévenu les co-propriétés voisines, ainsi que le collège juste en face. J’ai rédigé hier un mot signé du Président et de la DG que nous allons donner à chaque habitant des immeubles voisins pour les prévenir de ces six mois de travaux à venir. Bref, je m’égare, ce n’est pas ça que je venais raconter…

Je voulais vous raconter à quel point la semaine du 8 janvier a été riche en émotions. J’ai plein d’autres choses à vous raconter, je dois reprendre le rythme. J’espère que vous allez tous bien, pas trop démoralisés. Je vois en ce moment tellement de gens usés psychologiquement par cette année 2020, agressifs ou au contraire éteints. En ce qui me concerne, le confinement, le couvre-feu, le fait de ne pas avoir pris un seul jour de vacance depuis août 2019, je le supporte plutôt bien. 2020 m’a fait relativiser tellement de choses. Alors j’espère que vous allez bien, et je vous remercie du fond du coeur de prendre mes nouvelles quand je ne viens pas assez souvent.

La reprise

J’étais heureuse de reprendre le travail ce matin. Bon, télétravail certes. La bonne nouvelle c’est que dès demain nous avons le droit d’aller au bureau mardi, mercredi et jeudi. Ceux qui préfèrent télétravailler le peuvent aussi. En fait chacun fait comme il veut. Certains viennent en présentiel une journée, d’autres deux, d’autres pas du tout. Chacun fait selon ses craintes, son temps de transport et comment il vit la pandémie.

Moi jusqu’ici j’y allais deux jours, le maximum autorisé, et là je vais y aller trois jours. Je n’ai pas l’inconvénient des transports, le quart d’heure à pied tôt le matin ne présente pas de danger, je ne croise pour ainsi dire personne. Dans la journée, je suis pratiquement tout le temps dans mon bureau, qui est individuel. Mais c’est tellement mieux d’être au bureau, de voir un peu de monde malgré tout. Et surtout au bureau, je suis bien mieux installée pour travailler, mieux assise (je n’ai pas mal aux lombaires le soir), j’ai une imprimante dans mon bureau, un grand écran. Travailler sur le portable à la maison, ça dépanne bien, mais je préfère réellement l’environnement de travail, et cloisonner vie pro et vie perso.

Bon, l’avantage à la maison, c’est que j’ai deux assistantes de choc:-)))

Ma Directrice m’a accordé sans problème la journée de vendredi pour mon aller-retour à Charleville. Quel changement de travailler là !! Sans appréhension… Ce matin, à nouveau réveillée à cinq heures. Je me suis levée, douchée, habillée en tenue de sport pour la séance de ce soir (avantage du télétravail), et me suis mise à mon bureau dans la chambre d’amis à 7h30. Après avoir dégusté mon petit déjeuner. Flocons d’avoine au lait d’amande. J’adore les flocons d’avoine, et avec le lait d’amande c’est encore meilleur, ça donne un super goût ! Avec une banane frécinette. Ces toutes petites bananes ont un goût incroyable !

Pour le déjeuner, tout simple. Soupe tomates et vermicelles, crackers aux céréales, beurre, jambon blanc et deux clémentines.

A 19 heures j’avais rendez-vous avec JC. Le séance a été bien meilleure que jeudi 31 où j’étais dans un état de fatigue terrible.

Je fus ensuite hors la loi puisque notre séance s’est terminée à 20 heures. Je suis rentrée à pieds, et arrivée à la maison à 20h25. Bon il n’est rien arrivé, je ne suis pas en prison… Le temps de prendre une douche bien chaude, et nous sommes passés à table. Chéri a préparé un stoemp, plat emblématique de Bruxelles. C’est une purée de pommes de terre additionnée d’un ou deux légumes, de crème et de noix de muscade. Ce week-end, j’ai dit à Chéri que j’avais très envie d’un stoemp avec navets et carottes. Et Chéri l’a fait, quel délice !!!!!!! Il a mis plein plein plein de noix de muscade il sait à quel point j’aime la noix de muscade:-) Accompagné de saucisse de Toulouse et d’échalotes.

Et là je suis toute détendue, je regarde la télé en vous écrivant, les deux minettes collées à moi, et Chéri à moins d’un mètre. J’espère que je vais bien dormir.

J’ai appelé ma mère, sa douleur dans la poitrine a presque disparu, elle a pu faire sa séance de sophrologie aujourd’hui. Je n’irai pas ce week-end à Reims. je ne peux pas aller à Charleville vendredi puis à Reims samedi ou dimanche. D’abord pour la fatigue, et aussi et surtout pour ma vie de couple. Depuis mars, je ne compte plus les jours (et les nuits) de séparation avec Chéri, ce qui ne nous était jamais arrivé. Alors maintenant il n’y a plus que des journées, pas de nuits, mais quand même, c’est trop difficile pour Chéri et moi d’être séparés si souvent. Bien sûr il m’accompagne une fois sur deux ou trois, mais je ne veux pas qu’il s’épuise, déjà qu’il prépare énormément de plats cuisinés pour ma mère… bref, ce week-end je n’irai donc pas à Reims, je passe deux jours avec Chéri c’est juste ça dont j’ai besoin.

Passez une douce fin de soirée.

Perdre la notion du temps

Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment, la notion du temps m’échappe un peu. Il y a tout pile deux semaines j’étais à Charleville dans la maison de mes parents en train de faire des cartons.

Ça me paraît si loin… Ca ne fait pourtant que deux semaines. Pendant ces deux semaines la vie de mes parents a changé. Mon père finit sa quatorzaine enfermé dans sa chambre d’Ehpad. A partir de lundi il pourra sortir de sa chambre et circuler dans les parties communes, les jardins…

Ma mère elle, a emménagé dans son charmant appartement. Je l’ai découvert dimanche dernier. Mon frère et moi y avons passé la journée. Mon frère a monté les meubles de cuisine, de salle de bain, et j’ai déballé tous les cartons. Ma mère était assise dans un fauteuil et réfléchissait à où mon frère devait poser les cadres, me disait de ranger telle et telle chose à tel endroit. La journée a été fatigante, mais productive.

Dimanche après-midi je suis allée avec ma mère voir mon père. En effet, entre l’appartement de ma mère et l’Ehpad, moins de 20 minutes à pieds. Et encore dimanche dernier il pleuvait à verse, ce qui a ralenti notre marche. Seule, je le fais en dix minutes à peine. Pour ma mère une petite vingtaine de minutes, c’est tout à fait réalisable.

En arrivant à l’Ehpad, ils nous ont fait mettre une blouse en coton, puis une surblouse en plastique, une charlotte sur la tête, des gants, un masque. Quand nous sommes arrivés dans la chambre de mon père il était dans un jour « sans », et ne m’a pas reconnue. Tout du long de la visite il a parlé à sa soeur. Soeur qu’il n’a jamais eue, il n’a qu’un frère.

Changer d’établissement, être confiné sans pouvoir sortir de sa chambre, avoir une nouvelle équipe de soignants autour de lui, n’avoir droit à une visite que tous les deux jours, pendant 45 minutes par deux personnes en blouse et masquées, et bien forcément, rien qu’en deux semaines, il a régressé…. Quand il va pouvoir un peu marcher et sortir ça va lui faire du bien, mais les Ehpad renforcent les règles sanitaires, et chaque visiteur va devoir passer des tests Covid… J’ai reçu un mail de l’Ehpad hier, je n’ai pas plus de détails pour le moment. J’ai bien peur que dans les semaines à venir, les visites deviennent de plus en plus courtes, espacées, compliquées…

En rentrant dimanche soir dernier dans le train j’ai encore beaucoup pleuré. Mon corps et mon esprit sont en train de relâcher la pression des sept derniers mois. J’ai beaucoup pleuré ces derniers jours. Mais je pense vraiment que c’est un passage obligé.

Cette semaine, les brocanteurs sont venus finir de vider la maison, la dame de l’agence immobilière a récupéré les clés. J’ai reçu un dossier à remplir pour le notaire, un gros dossier, encore et encore des dizaines de questions, je n’en peux plus de tous ces dossiers… La signature définitive sera début janvier. J’ai résilié la ligne fixe de téléphone. Le journal local que mon père lit depuis toujours, l’Ardennais, qui était déposé chaque matin sur le pas de la porte à 6 heures, sera livré dès mardi à l’Ehpad. Au moins il ne perdra pas tous ses repères et aura toujours les nouvelles locales des Ardennes. Comme ce sera par la poste, il le reçoit avec un jour de décalage, mais ça, ce n’est pas bien important.

Tous les changements d’adresses sont faits, les assurances en règle etc etc… Me reste à prévenir les impôts du changement de situation et je crois que tout sera vraiment terminé. Ma mère se plaît dans son appart, et rien que ça, ça efface tous les chagrins. Il faut dire qu’on en a fait un tellement joli cocon, et elle a tout choisi, tout ce qu’elle aime. Tous les soirs quand je l’appelle elle me dit qu’elle se sent bien. Je trouve ma mère incroyablement résistante et courageuse. A sa place beaucoup se seraient lamentés sur leur sort, auraient voulu rester dans leur maison, au risque de s’y fracasser et de se blesser, auraient ressassé, auraient dit oui, puis non, puis oui, puis non… ma mère depuis sept mois a vécu tant de chocs psychologiques, de fatigue physique, de chagrin, de changements à assimiler et intégrer, et elle reste positive, se projette dans son nouvel environnement avec tant de douceur…

Elle est heureuse de nous voir si souvent mon frère et moi, elle voit aussi plus souvent ma nièce. Elle sait que nous sommes rassurés et nous faisons moins de souci pour elle, et c’est l’essentiel pour elle, plutôt que de s’accrocher à des biens matériels et une maison qui ne prendront pas soin d’elle…

Demain, je vais à Reims avec Chéri, il verra l’appartement de ma mère et nous irons voir mon père demain après-midi. En ce moment où je vous écris il est en train de cuisiner un plat que nous emporterons demain, pour éviter toute fatigue à ma mère. Nous allons passer une belle journée. J’ai acheté pour ma mère un énorme calendrier de l’avent, avec un produit de beauté dans chacune des 24 cases. Jeudi soir, je suis allée voir ma généraliste, elle m’a demandé comment j’allais, comme se sont passés ces derniers mois avec mes parents, et je me suis mise à pleurer en lui racontant.

Elle m’a dit qu’il va me falloir trois mois au moins pour digérer tout ça, retrouver le sommeil, ne plus pleurer, être moins fatiguée. Elle a soulevé l’idée de reprendre des anti dépresseurs, j’ai refusé. J’en ai pris plus d’un an pendant le burn out, ai mis des mois à me sevrer alors non, je vais essayer de surmonter tout cela sans en reprendre. J’ai beaucoup changé, en profondeur, je dois m’habituer à ma nouvelle moi.

En sept mois, j’ai cherché et trouvé du travail, réussi ma période d’essai, passé tous mes week-ends à faire de longs trajets en train, passé beaucoup de jours et de nuits sans Chéri, éprouvé un chagrin dont je ne soupçonnais même pas qu’il puisse exister, alors oui, je dois assimiler tout ça. Et j’en sortirai encore plus forte et sereine, encore plus heureuse de vivre, comme après chaque épreuve…

Ce qui manque à mon équilibre, c’est le sport… Depuis presque dix ans maintenant, je fais trois à cinq séances de sport chaque semaine, mais là, depuis la rentrée de septembre, c’est bancal. Philippe n’est pas dispo aux heures auxquelles je le suis, on a tourné la chose dans tous les sens, impossible… Son travail principal est d’être enseignant au collège, il ne veut pas rentrer trop tard chez lui le soir et ne travaille pas le week-end, et ça je le comprends aisément. Et moi, je pars le matin vers 7h45 pour être au travail à huit heures, je rentre vers 18 heures. Donc le matin c’est trop tôt pour qu’il vienne à la maison, le soir trop tard. Et il est dispo le mercredi mais pas moi. Et puis nous nous retrouvons soit à la maison, soit au stade. Et le stade en ce moment, ben non… Et les salles de sport sont fermées…

Bref, je fais des séances seule à la maison mais ça n’a rien à voir en intensité et en plaisir avec ce que je fais avec un coach. Je suis méchamment, cruellement en manque de sport, de plaisir de me dépenser à fond, de plaisir de partager avec le prof.

Alors la solution:-))))) retourner au studio de JC. C’est un studio où JC (et sa femme, maintenant diplômée) donnent des cours particuliers, alors oui, même en ce moment il peut continuer son activité, sous certaines conditions dérogatoires. J’ai longuement parlé avec lui ces derniers jours et nous allons reprendre dès la semaine prochaine. (Oui j’ai la dérogation, tout comme pour aller voir ma mère, personne vulnérable, et mon père en Ehpad. je fais tout ce que je fais au grand jour, dans la plus stricte légalité. Je précise avant que certains ne fassent un commentaire). Donc nous reprenons la semaine prochaine. Deux séances par semaine.

Comme je suis en télétravail obligatoire les lundis, mercredis et vendredis, ce sera soit lundi soit mercredi soir. Et le vendredi je ne travaille que le matin, donc la deuxième séance le vendredi après-midi. Ca me fera tellement de bien d’y aller les jours où je télétravaille. Car en télétravail je ne bouge pas beaucoup.

Je suis très heureuse de pouvoir aller au bureau deux jours par semaine, certaines sociétés obligent le télétravail quatre, voire cinq jours par semaine. Chez nous d’ailleurs, ces deux jours de présence au bureau ne sont pas obligatoires, certains viennent un seul jour, voire pas du tout. Je comprends totalement que certains n’aient pas envie d’affronter les transports en ce moment, ou pas envie de sortir tout simplement. En ce qui me concerne en tout cas, j’aime tellement plus être au bureau qu’en télétravail ! Et puis bon, je n’ai pas de problème de transports puisque je vais travailler à pieds. Et j’aime tellement voir mes collègues, travailler en équipe, parler avec ma DG et mon Président. Et aussi, je suis mieux assise sur un fauteuil spécial de bureau pour travailler, avec un grand écran plutôt qu’un ordi portable, l’imprimante dans mon bureau, bref, j’ai le bureau pour travailler, la maison pour être avec Chéri, tout comme j’aime faire le sport dans un endroit dédié plutôt qu’à la maison.

Enfin le télétravail pas mon truc quoi… Ceci dit, j’apprécie la chance que j’ai. Nous avons une chambre d’amis, je l’ai aménagée en coin bureau et j’y suis vraiment bien. Entourée de nos bibliothèques, vue sur le jardin de l’immeuble. Et ne pas être dans le salon c’est bien car Chéri se lève plus tard que moi, et rentre du travail vers 15 heures. Il peut ainsi regarder la télé, écouter de la musique, cuisiner, on ne se gêne pas. Car oui, Chéri lui, va travailler en présentiel, son travail ne peut pas se faire à distance puisqu’il va chez les gens seuls pour prendre soin d’eux. Je suis tellement fière de lui entre parenthèses.

Donc, le télétravail, pas mon truc. Mais je ne vais pas me plaindre, je suis bien installée, j’ai la chance d’avoir une pièce complète pour travailler à la maison quand beaucoup de mes collègues partagent le salon pour y travailler avec leur mari, leurs enfants étudiants…

Si ces confinement étaient arrivés au tout début des années 2000 alors que les ordinateurs n’étaient pas encore vraiment monnaie courante, et encore moins les ordis portables, pas de smartphones, pas de réunions en Visio etc etc etc…. Enfin bref, c’est en 2020 que ça arrive alors la question ne se pose pas, et beaucoup d’entre nous ont la possibilité de télétravailler.

En revanche, quand je pense à tous ceux qui perdent leur travail, qui sont dans un embarras terrible, ça me rend malade. Alors je serais bien malvenue de me plaindre de ne pas aimer le télétravail. Comme sont malvenus les aigris et compagnie… J’ai de plus en plus de mal supporter ceux qui ne prennent leur plaisir qu’à se plaindre et voir du négatif…. la situation est ce qu’elle est, moi non plus je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’on nous impose, moi aussi ma vie est bien compliquée par toutes ces mesures plus ou moins cohérentes pour m’occuper de mes parents avec ces confinements, restrictions etc…. Mais à quoi cela sert-il de ressasser non stop, de s’acharner à dire que c’était mieux avant (c’était différent avant, mieux ou moins bien je ne sais pas, juste différent), que tout est critiquable… Qu’ils fassent mieux, ceux là même qui passent leur temps à critiquer, qu’ils s’engagent en politique, dans des associations et changent le monde puisque bien au chaud derrière leur clavier ils ont apparemment des solutions pour tout et savent tout mieux que les autres, avec des « y’a qà, faudrait que, tout le monde est con… ».

Bref, je ne suis en aucun cas sur ce blog pour parler politique ou économie (sujets qui me passionnent par ailleurs), mais tout simplement pour raconter ma vie sans faux-semblants. Je ne me montre pas sous mon meilleur jour, je dis mes chagrins, mes faiblesses, mais je dis aussi chaque petit bonheur. Et des petits bonheurs il y en a. A nous de les voir, de les saisir, de les apprécier. Un petit bonheur n’est pas forcément une chose extra-ordinaire, c’est un instant qu’il faut savoir voir. En vivant le moment présent, pas en comparant tout le temps, pas en vivant dans le passé. Savourons d’être en vie ce n’est déjà pas mal.

Et n’ayons pas d’orgueil mal placé, si quelqu’un nous manque, on le lui dit tout simplement. Si on est triste, on a le droit de pleurer et de dire qu’on est triste, ce n’est pas pour autant qu’on est malade et dépressif au dernier degré… Si on est heureux on a aussi le droit de le dire sans se faire insulter… Bref, je suis une fleur bleue, une philosophe de bazar, mais depuis plusieurs mois je suis emplie d’amour plus encore qu’avant et je n’ai pas honte de le dire.

Allez, vous avez le droit de rire, de vous moquer, de dire que je suis bien naïve, vous avez même le droit de penser du mal de moi, peu m’importe, je suis tournée vers le positif et le reste ne m’intéresse plus. Je ne veux plus de méchanceté ou de toxicité autour de moi.

Et quand je termine mes articles en vous demandant si vous allez bien et en vous disant de prendre soin de vous, sachez que je l’écris parce que je le pense et le souhaite. Je termine en répétant ce que j’ai écrit en tout début, la notion du temps est vraiment étrange en ce moment, parfois j’en arrive à ne plus savoir quel jour on est. Pas vous ? En allant faire les courses tout à l’heure, Chéri pour faire son attestation me dit « on est bien le 19 ? ». Non le 20 je lui réponds. Et en fait nous sommes le 21….

Il y a plein de choses qui me manquent, aller au cinéma, aller à Bruxelles, voir mes amis… mais l’essentiel est là, je suis avec Chéri et mes parents sont là où ils peuvent être le mieux au vu des circonstances. Je veux absolument reprendre le rythme du blog, publier mes repas, raconter mes séances de sport…. Ca va me faire bizarre de retrouver JC, on n’a pas cessé de communiquer par textos, mais cela fait presqu’un an que nous ne nous sommes pas vus. Et puis je me suis rendue compte ces dernières semaines que la muscu me manque beaucoup. Je vais en refaire un peu, trop trop trop bien !!!!!!!!!!!!! Et quand nous nous sommes parlé il y a quelques jours, il m’a dit des choses tellement gentilles qu’il m’a fait pleurer cet idiot. Il a toujours cru en moi depuis toutes ces années, c’est dingue ça…

Bon les z’amis, je vous laisse. Je vous souhaite une belle soirée, et j’espère que tous vous allez bien:-)

21 avril, pour le meilleur et pour le pire

Bonjour:-)

Ce mercredi 11 novembre, jour férié confiné, me permet d’enfin me poser un peu et de passer une journée tranquille seule à la maison avec Chéri. Pratiquement un mois et demi que je n’ai pas écrit, vous m’avez manqué.

Un mois et demi où je n’ai pas pris beaucoup de temps pour… pour quoi que ce soit. Chéri, écrire, faire du sport, tout cela est un peu passé à la trappe, priorité à mes parents et à mon travail.

Alors, le travail… Ma période d’essai est terminée, me voilà confirmée en CDI. Le Président, La Directrice Générale, la DRH m’ont dit qu’ils avaient mis des mois à chercher la collaboratrice qu’ils voulaient, et qu’ils étaient heureux de m’avoir trouvée. Quel bonheur d’entendre ça, de travailler avec des gens exigeants mais justes, pas manipulateurs ni pervers. En revanche tout au long de ma période d’essai, j’étais persuadée qu’ils n’allaient pas me confirmer, j’ai fait tellement d’allers-retours à Charleville, des heures de train, des heures de démarches, des heures à faire des cartons… Donc j’étais tellement préoccupée par mes parents et tout ce qu’il y avait à faire que je n’avais pas totalement ma tête au travail, et si eux ne s’en sont pas rendu compte, moi oui.

Et je ne suis pas complètement satisfaite du travail que j’ai fait pendant ces premiers mois. Enfin, ils sont ravis de moi, alors merci la vie ! Et en janvier je vais pouvoir enfin m’organiser comme je le veux dans mon travail en étant totalement concentrée, et non plus dans l’angoisse du téléphone qui sonne et de toutes les démarches à faire, empiétant sur mon temps de travail.

Du côté de mes parents, voilà, cette semaine est LA semaine de leurs deux déménagements. Mon père devait initialement être transféré à Reims le 19 octobre, mais la veille, l’Ehpad nous appelle pour nous dire qu’il y a des cas Covid, et que donc l’admission de mon père est remise à… ils ne savent pas quand.

Cette semaine du 19 octobre, j’étais en vacances. Vacances prévues de très très longue date, puisque Karin et moi avions réservé une thalassothérapie en novembre 2019. Lors de mes entretiens d’embauche, j’avais parlé de cette semaine prévue, et ils m’avaient dit que je pouvais la prendre sans problème.

Malheureusement, deux ou trois semaines avant notre départ, voilà que nous apprenons que la société de thalasso a fait faillite. Donc naturellement séjour annulé, et pas sûr que nous récupérions notre argent… Enfin, c’est comme ça, je ne me rends plus malade pour des choses sur lesquelles je n’ai pas prise. Si on le récupère tant mieux, sinon, nous n’en mourrons pas.

Du coup, pendant cette semaine je suis allée à Charleville, faire des devis avec déménageurs, recevoir le brocanteur qui vide la maison. Et surtout, soutenir ma mère. Ma mère qui subit tant de choses d’une violence psychologique terrible, qui se retrouve si seule. Alors mon frère et moi y allons tout le temps. Mon frère qui est à 80 kilomètres, deux fois par semaine, moi pendant mes vacances et chaque week-end. Malheureusement nous n’avons pendant cette période pas pu voir beaucoup mon père. La clinique transitoire dans laquelle il attendait son départ pour Reims a durci les conditions de visite pour éviter la propagation de la Covid. Une visite d’une seule personne, une fois tous les quatre jours, pendant 20 minutes. Masqués, derrière un Plexiglas. Ni mon frère, ni mon père, ni ma mère ni moi n’avons la Covid, mais nous ne sortirons pas pour autant indemnes de tout cela.

Profondément changée en ce qui me concerne… Ah oui aussi, pendant tous ces jours et fins de semaines passés à Charleville, j’ai mis la maison en vente. J’ai reçu trois agents immobiliers qui en ont fait l’estimation, nous avons choisi celle qui nous a inspiré le plus confiance. Là encore, gros choc pour ma mère… Il y a eu une quinzaine de visites en quatre jours. Heureusement la dame de l’agence immobilière a chaque fois été très attentionnée et délicate avec ma mère, car ni mon frère ni moi n’étions là pour ces visites.

La maison a été vendue en moins d’une semaine. Nous sommes allés tous les trois signer le compromis de vente, ma mère naturellement, et mon frère et moi en tant que représentants de mon père. Moment tellement difficile (et il restera la signature chez le notaire début janvier).

Puis nous avons commencé les cartons. Puis les brocanteurs sont venus vider le grenier, le sous-sol, et tout ce que ma mère n’emporte pas à Reims. Pendant les quelques jours de congés que j’ai passés à Charleville, nous nous sommes levées un matin à quatre heures et demi avec ma mère pour aller à Reims. Elle devait passer à huit heures une visite médicale pour l’entrée dans son appartement. Mon frère est venu avec nous. Ma mère a brillamment passé les tests de mémoire, et est en assez bonne forme physique. Le médecin nous a fait pleurer mon frère et moi en disant à quel point c’est rare que tous les enfants accompagnent leur parent, et qu’il ne voyait pas souvent un frère et une soeur s’entendre aussi bien sur les choses à faire pour adoucir la nouvelle vie de leur parents. Le juge des tutelles et l’assistante sociale nous ont dit la même chose. Apparemment il y a des familles qui se déchirent quand arrivent les questions que posent l’organisation de la fin de vie. Oui j’emploie des mots durs, mais c’est ça la réalité toute nue.

Le fait est que depuis sept mois mon frère et moi avons travaillé sans relâche pour tout préparer, pour décharger mes parents de tout tracas.

Malheureusement, nous ne pouvons pas leur redonner la santé ni la possibilité de vivre à nouveau réunis. Et rien que d’écrire cela, je pleure à nouveau. Chéri m’a tellement soutenue au long de ces mois. Venant avec moi à Charleville un week-end sur deux, et ne me reprochant jamais de passer autant de temps dans les trains, au téléphone etc etc…

Heureusement, avant le deuxième confinement du 28 octobre (jour du vingtième anniversaire de ma nièce, elle n’oubliera pas ses 20 ans !), nous avons eu le temps d’acheter ce qui manquait pour le nouvel appartement de ma mère. Un lit une personne, des meubles pour aménager la cuisine et la salle de bains. Le reste viendra de la maison. L’Ehpad m’a appelée la semaine dernière, pour dire que ça y est il n’y a plus de cas Covid chez eux, mon père y a donc été transféré ce lundi 9, après avoir passé un test à nouveau.

Mon frère vient aujourd’hui chercher ma mère à Charleville et l’emmène à Reims elle va habiter quelques jours chez lui. Il récupère demain les clés de l’appartement de ma mère, qui a été refait à neuf, fait l’état des lieux, et vendredi je coordonne le déménagement entre Charleville et Reims et mon frère réceptionne à Reims. Ce week-end je vais à Reims, on va installer ma mère. Le week-end dernier était donc pour moi le dernier dans ma ville natale, dans la maison que mes parents ont fait construire avant ma naissance. Sur le quai de la gare dimanche soir, j’ai été envahie d’une tristesse immense. Bien sûr j’ai quitté Charleville à 18 ans, mon désir absolu était de vivre à Paris, et je suis toujours aussi heureuse de vivre à Paris depuis maintenant bientôt 35 ans. Mais je savais qu’à Charleville, il y avait mes parents, mon repère…

Mon frère va subir la même tristesse en allant chercher ma mère tout à l’heure. Quant à ma mère n’en parlons pas. Bon, elle a eu le temps de dire au-revoir aux voisins, je l’ai emmenée dans tous les endroits qu’elle aime ces dernières semaines. En revanche mon père n’a pas eu cette chance. Il a brutalement été hospitalisé le 21 avril, et ne sortira plus jamais.

Le 21 avril… le meilleur jour pour mes parents, qui se sont mariés le 21 avril 1957, âgés de 20 et 22 ans. Et le pire jour, aussi ce 21 avril 2020 où ils ont été séparés si brutalement.

Dans quelques mois nous irons tous mieux. Ma mère va prendre ses marques, pouvoir enfin se reposer. Elle adore son nouvel appartement, est heureuse de vivre seule dans un espace beaucoup plus petit, en gardant son autonomie. Elle pourra aller voir mon père à pieds. Son appartement est dans une résidence neuve, nichée dans un parc, tout en étant dans un quartier commerçant. Elle a déjà fait connaissance des gardiens de la résidence, de sa voisine de pallier. Et à moins de dix minutes de chez mon frère. Elle a déjà repéré le cours de yoga collé à la résidence. Elle a précieusement emballé sa boîte à couture, ses aiguilles à tricoter, ses pelotes de laine. Je lui ai acheté plein de livres.

Je me suis fait tellement de souci pour elle ces derniers mois, la sachant seule à la maison. Mon père, j’espère qu’il va s’habituer à la nouvelle équipe soignante s’occupant de lui. Il est dans une grande chambre, nous lui avons apporté les objets qu’il aime le plus. Il verra ma mère pratiquement chaque jour. Mon frère et moi une fois par semaine.

Moi, je vais essayer de me reconstruire, ces derniers mois m’ont épuisée. Physiquement et psychologiquement. Comment j’ai fait pour trouver du travail dans cette période douloureuse, pour réussir ma période d’essai ? Je me le demande chaque jour. Comment j’ai réussi à donner le change au travail alors que je passe mes nuits sans dormir et à pleurer ? Je ne sais pas… Le nouveau confinement complique à nouveau les choses. Déjà que je n’en peux plus de faire et défaire ma valise chaque week-end, voilà qu’à nouveau ils ont supprimé 80% des trains (sur peu de trains à la base). Dimanche j’ai été contrôlée par la police à la correspondance de Reims, en descendant du TER de Charleville avant de monter dans le TGV pour Paris. Et arrivée à 20h30 à Paris, les policiers attendaient à la descente du train, contrôlant attestations et dérogations, et en plus faisant ouvrir les bagages.

J’ai déjà pris mes billets pour Reims ce week-end, c’est beaucoup mieux car il y a juste 45 minutes de TGV. Pas de correspondance comme vendredi soir dernier où j’ai quitté Paris à 17h30, et ai passé deux heures sur le quai à Reims à attendre la correspondance pour Charleville. Pour finalement arriver à 21h45. Donc pour Reims seulement 45 minutes de TGV, pas de correspondances. Mais avec le confinement, même problèmes d’horaires… Bon, espérons que cela se terminera vite et que je pourrai faire tranquillement mes allers-retours Paris-Reims-Paris dans la journée, chaque samedi ou dimanche. Quand tout va bien, 45 minutes de TGV, sachant que j’habite à 15 minutes de la Gare de l’Est et que mon père, ma mère, mon frère, habitent tous près de la gare de Reims, cela ne sera pas plus pénible que d’aller en proche banlieue, donc très faisable dans la journée.

Voilà, vous savez à peu près tout. Je vais pouvoir revenir normalement sur le blog, moins préoccupée et moins occupée par les démarches. Je vous parlerai de mon expérience du télétravail que je n’avais jamais pratiqué.

Il est dix heures, Chéri dort encore, je vais lui préparer un petit déjeuner de fête. Ces derniers mois il m’a tellement manqué pendant tous mes allers-retours et plus que jamais, je savoure chaque seconde passée avec lui.

J’espère que vous allez tous bien ?

Reprendre le cours du blog

Les fins de dimanche sont des moments que j’aime. Des moments doux. Des moments juste pour Chéri et moi. Le week-end s’achève. On est sortis, on a vu des amis, on est allés au ciné, ou je rentre de Charleville et ces quelques heures avant de penser à la semaine qui va commencer sont tout à nous.

J’allume des bougies parfumées, et c’est là que nous que nous discutons le mieux, en faisant des câlins aux chattes, en parlant de nous, de tout, de rien. Puis Chéri prépare le plat du dimanche soir, il adore faire un plat élaboré le dimanche soir. Ce soir, il a cuisiné une pintade aux choux de Bruxelles, carottes, oignons, avec des petites pommes de terre. Il sait comme j’aime ce plat. Et ce week-end nous avons eu plein de temps, coincés que nous étions à la maison:-)

Les week-ends habituels, pendant ce temps où Chéri cuisine, je me fais un masque du visage, je prépare mon carnet de bord pour la semaine à venir. Avec tout ce qui s’est passé dernièrement, je n’ai pas encore eu le temps de vous présenter ce joli carnet de bord (ci-dessus en photo) que j’ai commencé en même temps que j’ai pris mon nouveau poste.

J’ai très envie que ce blog reprenne son cours, vous parler d’alimentation, de sport, de sorties, de doux moments, de rires, de menus plaisirs. Depuis quelques mois le temps m’échappe.

Alors justement, que se passe-t’il avec mes parents ?

Nous avons, depuis plusieurs mois, beaucoup beaucoup travaillé avec mon frère. Nous nous sommes réparti les tâches, moi l’administratif et la tutelle, lui la logistique de tout ce qui concerne Reims. Il va deux fois par semaine déjeuner avec ma mère et rendre visite à mon père. J’y vais un week-end sur deux depuis que je retravaille, et y ai passé la majeure partie de l’été. Il est essentiel pour nous de laisser mes parents le moins possible seuls, de les appeler chaque jour. Surtout ma mère.

Car mon père, dans la clinique où il est, n’est jamais seul, entouré du personnel médical, faisant chaque jour des exercices avec le kiné, l’ergothérapeuthe, l’orthophoniste pour reparler et pouvoir remanger après son AVC. Il ne peut toujours pas boire… Il voit ma mère tous les jours, mon frère deux fois par semaine, moi plusieurs fois par semaine jusque fin août.

Ma mère, en revanche, se sent épouvantablement seule. Terrifiée par l’avenir. Elle oublie de manger, elle est faible, elle oublie tout, se sent un boulet malgré nos dénégations, et pleure chaque jour. Elle ne vit que dans l’attente de nos visites et coups de téléphone. J’ai peur pour elle, seule dans la maison familiale où elle n’a plus envie d’être. Peur qu’elle tombe dans les escaliers, peur quand je l’entends pleurer au téléphone chaque soir.

Alors mon frère et moi avons bousculé toutes les institutions possibles et imaginables, rempli tous les dossiers, visité tous les endroits où nos parents seront bien, et surtout proches géographiquement l’un de l’autre, et de mon frère.

Et enfin, nous avons trouvé. Enfin tous les dossiers sont complets. Enfin tous les médecins valident. Enfin je passe au tribunal mardi et j’aurai la tutelle de mon père. Mon père à qui j’ai expliqué la situation, qui est d’accord pour que nous vendions la maison, qui est d’accord pour aller à Reims, qui est d’accord pour que ma mère vive dans un endroit différent de celui où il sera.

Ce nouveau chapitre qui s’ouvre est effrayant pour nous quatre, mais nous sommes ensemble, nous n’avons jamais autant parlé, nous n’avons jamais autant été soudés. Tous les quatre. Plus Chéri, qui est là, aimant avec mes parents comme s’ils étaient ses propres parents. Nous cinq et personne d’autre. Le choc si violent du mois d’avril (la séparation de mes parents, hospitalisés dans des endroits différents en plein confinement), puis l’AVC de mon père cet été, qui l’a encore amoindri. Ce choc psychologique, le premier, nous l’avons surmonté, ensemble.

Un deuxième nous attend, qui va rendre les trois prochains mois encore plus difficiles. Car ça y est, mon père a fait la visite de pré-admission dans l’EHPAD que nous avons sélectionné, et y sera transféré dans les jours qui viennent. La résidence où ma mère va habiter est à 500 mètres de l’EHPAD de mon père. Ma mère va avoir un petit appartement qui l’enchante, au troisième étage d’une résidence neuve, avec un balcon donnant sur le jardin de la résidence, et au-delà du jardin, sur un parc. Une résidence dans laquelle un gardien est présent 24h/24. A moins de 100 mètres d’une boulangerie et d’un Carrefour Market.

Pour les grosses courses, mon frère les fera. Sa maison est à un kilomètre de l’EHPAD et de la résidence de ma mère. Tout cela est à deux arrêts de tramway de la gare de Reims. Gare de Reims que je mets 45 minutes à rejoindre en TGV depuis la gare de l’Est, distante de chez nous de 4 stations de métro. On a beaucoup réfléchi, beaucoup consulté mes parents, la psy de la clinique où est mon père.

Sur le papier tout cela est parfait. Dans les faits, nous savons, le personnel soignant nous y a préparé, que cela va être quelques semaines terriblement éprouvantes. Mes parents sont mariés depuis 63 ans, mais savent maintenant qu’ils ne vivront plus ensemble. Ils vont quitter la ville où ils ont passé leur vie. Ils en sont contents mais cela reste néanmoins effrayant et douloureux pour eux. Ma mère est enthousiaste de ne plus avoir à s’occuper de la maison, de sentir qu’elle sera si proche de chez mon frère, que je vais m’occuper de tous les papiers… Car elle ne sort plus, ne va plus se promener en ville, uniquement avec mon frère ou moi. Le reste du temps sa fatigue la force à rester à la maison. Mon père est content de se rapprocher de nous, rassuré de savoir que jamais nous ne l’abandonnerons, qu’il nous verra encore plus, et qu’il verra aussi sa petit-fille plus souvent.

Ce qui s’annonce difficile pour les semaines à venir, bon évidemment c’est la vente de la maison, et la vider. Mais surtout, plus que tout, c’est mon père que nous allons devoir ménager à l’extrême. En cinq mois il s’est beaucoup attaché au personnel de la clinique de Charleville, il connaît bien chaque membre de l’équipe, et sa démence vasculaire le porte à penser qu’il est à l’hôtel, et particulièrement bien soigné car il est le client préféré des patrons. Il voudrait d’ailleurs me réserver une chambre dans cet hôtel pour que j’y vive avec lui.

Alors le séparer de cette équipe de soignants, l’habituer à une nouvelle chambre, de nouveaux visages s’occupant de lui au quotidien, le neurologue et la psy nous ont prévenus que les premières semaines vont être très très difficiles. Et particulièrement pour moi, ils ont remarqué que je suis celle qui souffre le plus psychologiquement de l’état de mon père.

Aussi étrange que cela paraisse, je suis celle qui réussit à comprendre mon père (qui parle très très mal depuis l’AVC), celle qui réussit à entrer dans la réalité qu’il se crée, et nous développons une relation très profonde, si étrange que cela puisse paraître, à moi la première. La directrice de l’EHPAD aussi m’a dit que ça va être aussi difficile pour moi.

Cet EHPAD, évidemment reste un EHPAD, mais les chambres sont belles, personnalisables, spacieuses. Dans le salon commun il y a un immense arbre à chat. Le chat se promène là où il veut, les pensionnaires ont l’air ravi d’avoir ce petit compagnon. Il y a un grand jardin… La cuisine est faite sur place par un cuisinier, ce ne sont pas des plats tout faits, livrés à réchauffer. Et surtout, cela permettra à mes parents de passer tous les après-midis ensemble, à mon frère d’y aller tous les deux jours, à moi d’y aller chaque semaine.

Bref, je ne vais pas ouvrir un débat sur les EHPAD. Bien sûr qu’il y a matière à polémiquer, et surtout matière à s’indigner du coût, je ne sais pas comment font les gens n’ayant pas d’économies, de maison à vendre, d’enfants pouvant payer… Je ne sais pas, et je n’ai pas la force de me révolter, j’ai juste envie de m’occuper de mes parents. Bien évidemment personne n’a envie de finir sa vie dans un EHPAD et personne n’a envie d’y mettre ses parents. Mais quand il n’y a pas d’autres solutions, que les aides à domicile, ou même l’HAD (hospitalisation à domicile) ne suffisent plus, quand le conjoint, âgé et épuisé ne peut pas rester éveiller 24 sur 24, que faisons-nous ? Je sais comme les EHPAD ont mauvaise presse, c’est pour cela que nous avons choisi celui nous paraissant le moins déshumanisé, très haut de gamme, avec du personnel diplômé médicalement, bref, on fait ce qu’on peut voyez-vous… Et ceux qui jugent, et bien nous en reparlerons quand ils seront confrontés à la situation… Mon père m’a dit il y a quelques mois qu’il aimerait mourir, se suicider, mais n’en a pas le courage. Je connais plusieurs personnes disant cela, qu’elles se suicideront pour ne pas finir en maison de retraite, or, je constate aussi que plus on vieillit, plus on s’accroche à la vie, et peu nombreux sont ceux qui passent à l’acte. J’entends tous les débats, les jugements sur la façon de traiter les personnes âgées. De par mon nouveau travail, j’assiste à des réunions sur la création de la 5e branche de la Sécurité Sociale, celle de la dépendance et du grand âge. J’ai eu l’opportunité d’assister à des débats entre ministres et patrons de la sécu sur le traitement des personnes âgées dépendantes, handicapées intellectuelles… Et malheureusement il n’y aura pas de changement avant bien longtemps j’en ai peur. Alors, encore une fois, je me garde de juger trop vite. Les jugements, le cynisme, les donneurs de leçon j’en entends tellement… Et je laisse glisser, je ne perdrai plus jamais mon énergie à me justifier, je fais ce que je peux, malheureusement pas forcément ce que je voudrais, et ce n’est déjà pas si mal

J’écris ici la situation telle que je la ressens, je suis la fille aimante, brisée de chagrin et terriblement épuisée de parents terriblement désorientés. Alors nous essayons d’organiser la plus douce et confortable fin de vie qu’il nous est possible à mon frère et à moi pour nos parents.

Je ne sais pas si mes larmes cesseront de couler comme elles coulent chaque jour depuis ce p… de 22 avril. Je ne sais pas si j’aurai encore une seule nuit de vrai bon sommeil sans m’angoisser pour mes parents. Je ne sais pas si je vais enfin trouver l’apaisement. Je ne sais pas si je vais réussir ma période d’essai dans ce nouveau travail qui est celui qui m’intéresse de plus de tous ceux que j’ai faits au long de ma vie. Je ne sais pas quand je vais retrouver le temps de venir vous écrire chaque jour à nouveau.

Heureusement Chéri est là, Chéri qui ne m’en veut pas de partir un week-end sur deux. Chéri qui ne m’en veut pas de me lever à cinq heures du matin pour aller faire du sport de six heures à sept heures puis filer au travail. Et qui ne m’en veut pas non plus d’aller au stade de 20h15 à 21h15, de rentrer du sport à 21h40 et qui m’attend patiemment en ayant préparé le dîner. Chéri qui comprend que j’irai une journée par semaine à Reims, qui viendra avec moi une fois toutes les deux semaines.

Et heureusement j’ai le sport, et Philippe, qui me fait des super séances, adaptées à mon état de fatigue et à mon état psychologique. Voilà toutes les raisons pour lesquelles j’ai peu écrit ces dernières semaines… le temps m’échappe.

Finalement, ce week-end coincée ici pour passer le test Covid aura eu ça de bénéfique que j’ai dormi, vous ai écrit:-) J’espère que vous allez tous bien ?

Je vous montre la pintade aux choux ?

Allez, c’est fait:-)

Alors, ce test Covid. Hier matin, je me suis levée à 5h45 et à 6h30 pile j’étais devant la porte du labo qui ouvre à huit heures. Il y avait déjà huit personnes qui attendaient. Au fil des minutes les gens arrivaient, arrivaient, et à 7h45, un quart d’heure avant l’ouverture, nous étions déjà 100…

Comment je sais ? J’ai compté, ça m’a occupée. A 8 heures un peu passées, une infirmière est passée dans la file, vérifier les ordonnances et cartes vitales. Ça a commencé à s’agiter, plusieurs personnes n’avaient pas d’ordonnance, ne savaient pas qu’il en fallait une… Oui jusqu’à la semaine dernière il n’en fallait pas, mais maintenant il en faut une…

Oui, les consignes changent toutes les semaines, faut suivre… Enfin bref, les gens commençaient à s’énerver. Heureusement, contrairement à jeudi et vendredi, samedi matin il ne pleuvait pas. En revanche à 6h30 quand j’ai commencé à attendre, il faisait six degrés. Au bout de deux heures immobiles dans le froid j’étais frigorifiée…

A 8h30, après avoir installé la « tente de prélèvements » sur le trottoir, ils ont commencé à nous laisser entrer deux par deux dans le labo, pour faire l’inscription, passer la carte vitale, photocopier l’ordonnance. Puis, à nouveau la queue sur le trottoir pour accéder à la petite tente qu’ils venaient d’installer.

Arrivée à 6h30, j’ai pénétré dans la mini-tente à 8h45. Je me suis assise sur la chaise en plastique, me disant « super, le prélèvement est fait sur le trottoir, à la vue des passants et des gens faisant la queue devant le labo ». Oui je suis sans-doute pénible mais je n’avais pas envie que ce soit ainsi fait devant tout le monde. Déjà que je ne mange jamais dans la rue, je ne téléphone pas dans la rue pour ne pas raconter ma vie en public, alors, pencher la tête pour qu’on m’enfonce un bâtonnet au fond du nez sur un bout de trottoir, oui, ça m’ennuie…

Mais enfin, je n’ai rien dit et me suis assise sagement. Je n’ai même pas eu à enlever le masque, la dame du labo l’a juste baissé un peu. Elle m’a prévenue que ça allait être désagréable, que je devais essayer de me détendre, de ne pas plisser les yeux ni bouger. Elle a enfoncé le bâtonnet dans la première narine, jusqu’au cerveau j’ai eu l’impression:-) puis elle l’a tourné pendant une dizaine de secondes. Elle a fait la même chose dans l’autre narine.

Une trentaine de secondes en tout et pour tout. Je confirme que ça ne fait pas mal mais que c’est très désagréable cette sensation. Pendant quelques heures j’ai senti une petite irritation dans le nez et ai beaucoup éternué, mais enfin, pas de douleur. Je recevrai le résultat par mail lundi soir ou mardi matin, heureusement que ma généraliste a marqué « urgent » sur l’ordonnance, sinon le résultat prend quatre à cinq jours.

Au plus tard je devrais donc avoir le résultat quand je serai dans le train mardi matin pour aller au tribunal. J’ai aussi appris d’un ami DAF (directeur administratif et financier) dans une grosse société que si l’on ne communique pas les résultats à notre travail, on est licencié pour faute grave. Ce fut le cas le mois dernier dans sa société, un salarié positif ne l’a pas dit et a été licencié. Evidemment c’est mieux de signaler quand on est positif, pour que les collègues se fassent tester, après, on peut discuter du bien-fondé. Enfin, on peut discuter de tout…

Tout ce qui touche à la Covid est inédit, alors on peut penser que certaines décisions des autorités sont bonnes ou pas, moi j’évite de juger à l’emporte pièce, c’est tellement facile… Que ferions-nous à la place des décideurs ? C’est facile de juger et dire « Yaka faire ça », « ils sont cons » quand on est tranquillement installés entre amis, peut-être moins facile quand on a toutes ces responsabilités… Je ne dis en aucun cas ce que j’approuve ou n’approuve pas ce qui est fait, certaines décisions me touchent et m’exaspèrent, j’essaie juste de ne pas traiter les gens de « cons » et d' »incapables » trop vite.

Enfin bref, j’ai passé le test, j’ai fait au plus vite que je pouvais pour ne pas rester bloquée confinée dans les prochains jours… A défaut d’avoir la Covid, ce dont je suis certaine, c’est que ces deux heures immobiles dans le froid m’ont fait attraper un rhume c’est bien bête:-)