Je voulais vous écrire…

Je voulais vous écrire la douceur de cette semaine. Beaucoup de travail, mais du beau temps, de la douceur ambiante. J’adore, quand je rentre du bureau à pieds vers 19 heures, voir les gens rire aux terrasses. Entendre le bruissement de la vie me fait me sentir bien.

Jeudi j’étais en présentiel au bureau, et pour une fois, je me suis pris une vraie heure de déjeuner. Je suis allée m’installer dans un café-brasserie à 10 minutes à pieds du bureau, et j’ai savouré ce moment. Etre seule, à l’intérieur, regarder les gens parler, rire, tout en me régalant d’un tartare de saumon accompagné d’une salade de tomates anciennes.

J’avais envie (besoin) de ce moment seule.

Le travail va reprendre de plus en plus en présentiel, et ça me rend très heureuse. Depuis des mois nous avons l’autorisation de venir sur site un ou deux jours par semaine. Mais non obligatoire, le distanciel à 100% était autorisé, comme le préconisait le gouvernement. Pas mal de mes collègues ont ainsi pris l’habitude de travailler de chez eux totalement. Je suis arrivée dans ce travail le 25 août 2020 et certains de mes collègues, je ne les connais que par visio. En plus comme nos bureaux sont en travaux, l’un de nos mécènes nous a prêté des bureaux, en proche banlieue (desservie par le métro). Je fais partie des cinq personnes qui peuvent continuer à venir dans nos bureaux habituels, mon Président aime me savoir là, et moi j’adore voir les travaux avancer, discuter avec l’architecte, ça va être magnifique. Nous nous y retrouverons tous fin août.

Je vais donc au bureau deux jours par semaine, le maximum autorisé. Je vois ainsi mon Président, ma DG, la DRH, le directeur des services généraux. La plupart de mes collègues n’ont pas envie d’aller dans les bureaux provisoires, et pratiquent le télétravail total. Mais depuis mercredi, les nouvelles consignes sanitaires sont de reprendre en présentiel deux, et même plutôt trois jours par semaine. Ce qui est assez brutal pour les salariés en télétravail depuis plus d’un an. Chez nous, pour une reprise plus douce, la DRH demande un jour au bureau par semaine jusque fin juin, deux jours du premier juillet au 31 août, puis quatre jours au premier septembre.

A compter du premier septembre, nous avons un accord de télétravail, autorisant un jour de télétravail par semaine. Chaque salarié a le choix de prendre ou non cet accord. Tout le monde chez nous l’a pris sauf moi. En effet, j’habite à 15 minutes à pieds du travail. Mais ce n’est pas la seule raison. J’en ai marre de trimballer ma sacoche avec l’ordi et mes dossier principaux. Et la raison principale est que si je prends un jour de télétravail, ce sera soit le lundi soit le vendredi et dans ce cas, mon ordi de boulot sera à la maison le week-end, et je me connais, chaque dimanche en fin d’après-midi j’irai voir mes mails pro, pour commencer à les trier, m’avancer pour le lundi. Je le sais c’est ce que je fais en ce moment. Et je ne veux plus le faire.

Je veux au contraire essayer de réduire mes heures. Donc ne pas avoir mon ordi pro à la maison. Déjà j’ai le téléphone pro en permanence sur moi, ça suffit. Et j’aime aller au bureau, pour bien différencier les choses. Quand je sors du bureau, c’est terminé, je n’y pense plus. Et puis le lundi et le vendredi au bureau ce sera d’autant plus agréable qu’il n’y aura pratiquement personne. La grande majorité de mes collègues a choisi le lundi ou le vendredi. D’autant que le vendredi nous ne travaillons que la matinée. Donc, en signant cet avenant à mon contrat concernant le télétravail, j’ai choisi télétravail occasionnel, jusqu’à dix jours par an. Ca peut malgré tout dépanner, une fois de temps en temps. Comme par exemple si nous partons en week-end, je télétravaille le vendredi, me déconnecte à midi et demi et hop on peut prendre un train très tôt dans l’après-midi. Oui, dix jours par an, dans mon cas c’est l’idéal.

En tout cas je trouve mon entreprise très à l’écoute et très réactive d’avoir mis cet accord en place avant même la fin du confinement et du télétravail obligatoire.

Je voulais aussi vous écrire ce chouette week-end. Vendredi je me suis déconnectée presque à l’heure, à 14 heures, et j’ai fait le grand rangement/désencombrement de l’entrée, le salon et la cuisine. J’avais prévu de me coucher tôt vendredi soir, car avec mes deux allers-retours à Reims le week-end dernier, j’ai enchaîné 12 jours à me lever avant six heures. D’ailleurs vendredi dès 20 heures je commençais à avoir les yeux qui se ferment.

Mais voilà que je me suis mise à regarder la demi finale de Roland Garros Rafael Nadal, Novak Djokovic. Et croyez-moi ça m’a bien réveillée. Un match d’une intensité invraisemblable, qui a duré plus de quatre heures, chaque point étant longuement disputé. Impossible de décrocher, quand le tennis atteint ce niveau de technique et de beauté, ça devient du grand art, et c’est magique de regarder un tel match. Je me suis couchée à minuit, très très réveillée et excitée, d’autant que c’est mon chouchou qu a gagné, détrônant ainsi Rafael Nadal. J’ai ensuite lu jusqu’à presque une heure du matin. Je n’ai pas vraiment fait la longue nuit récupératrice que j’espérais. Je me suis levée samedi à 9h30. J’ai pris mon café dans le calme, avec les chattes, j’aime ces moments où Chéri dort encore, avant que la journée ne démarre.

J’ai repris un café avec Chéri quand il s’est levé et nous sommes allés au cinéma très tôt, à la séance de 13h30. C’est tellement bien de reprendre nos habitudes, d’aller au cinéma notamment. Nous avons vu des bandes annonces de plein de films que j’ai envie de voir. Forcément, tous les films de 2020 et début 2021 vont sortir d’un coup, il y en a pour tous les goûts. Et pour une fois il y aura plein de films intéressants pendant l’été.

Nous avons vu Le discours.

Qu’en dire ? C’est la première fois je crois que je trouve un film chiant mais qu’en même temps je le trouve émouvant, parfois drôle. Certains passages m’ont mis la larme à l’oeil, me faisant penser à mon frère et moi, d’autres m’ont fait rire, mais dans l’ensemble j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs maladroites. Bref, très mitigée. En revanche, jeudi soir prochain nous allons à l’avant-première d’Eiffel, avec Romain Duris, sur les Champs Elysées. J’ai une telle passion pour Eiffel, j’attends ce film avec impatience. Il dure deux heures et demi, nous n’avons plus l’habitude de sortir en semaine:-) Et dimanche prochain, nous irons voir Cinquième set avec Alex Lutz. Un an que ce film aurait dû sortir, que je me languis de le découvrir, j’admire tellement Alex Lutz et sa sensibilité, son talent, ce film a l’air incroyable.

Nous avons fait des courses en rentrant du cinéma, et à 16h30, de retour à la maison, je me suis allongée au frais dans notre chambre pour lire. Au dîner, j’ai « cassé » mes six semaines sans sucres ni féculents:-) Chéri a fait des croque-monsieur. J’en ai mangé un avec pain aux céréales, jambon blanc, comté, rondelle de tomate et rondelles d’oignon. Inutile de vous dire que je me suis régalée !!

Et après ce croque-monsieur, j’ai savouré un cône caramel au beurre salé. Délicieux.

Nous avons regardé un épisode de la saison 4 de Handmaid’s Tale, et enchaîné avec Marie Octobre. J’adore ce film ! Avec un casting éblouissant, ce film a formidablement bien vieilli. A mon palmarès avec Le repas des fauves. Je me suis encore couchée à minuit passé.

Ce matin, réveillée à 8h30, j’ai bu mon café au calme et Chéri s’est levé à neuf heures. Nous avons passé la matinée à faire le ménage. Après le grand rangement que j’ai fait vendredi, faire le ménage fut un plaisir. Enfin non, je déteste faire le ménage, mais le plaisir, c’est que c’est plus simple à faire quand tout est bien rangé. Et autant je déteste faire le ménage, autant j’aime quand je l’ai fait, que l’appart sent le frais, le propre. Après ce ménage nous avons pris notre douche et sommes allés déjeuner au petit quartier chinois du 18e arrondissement. Pas le vrai grand du 13e, mais le petit que j’aime tant, tout proche de chez nous.

Nous avons retrouvé avec bonheur le restaurant où nous allions au moins deux fois par mois.

Ce restaurant n’a aucune possibilité de terrasse et n’a dont rouvert que mercredi. Quel plaisir de retrouver le couple thaï qui tient ce restaurant, et reconnaitre certains habitués comme nous. Nous avons pris plusieurs petits plats à nous partager.

Et un café glacé pour moi, du thé glacé pour Chéri.

Nous sommes ensuite rentrés tout tranquillement. Il a fait aujourd’hui un temps absolument parfait. Ni trop chaud ni trop frais, un vent léger, bref, parfait. Et nous sommes donc rentrés pile pour la finale de Roland Garros. Et quelle finale !!!!!! Vendredi on a assisté à un troisième set d’anthologie. Là ce fut le cinquième set qui nous a tenus en haleine ! Quel mental ont ces sportifs ! Djokovic, mené deux sets à rien, qui est allé chercher au bout de ses ressources, physiques et surtout mentales. Comment ne pas admirer ces champions ?

Le jeune grec Tsitsipas, 22 ans, n’a rien lâché jusqu’au bout, pas un point, pas une seconde il n’a décroché. Respect messieurs. Quel bel exemple, que ça donne envie de se dépasser de voir de tels sportifs. Novak Djokovic, humble, élégant, fair play, sportif hors pair, qui travaille sans relâche pour parvenir à ses objectifs. Le seul a avoir remporté chaque tournoi du grand Chelem à deux reprises. Un des plus grands joueurs de tous les temps. Et un homme exceptionnel. Mon chouchou depuis plus de dix ans. La fin du match m’a rendue dingue, je sautais, je criais, et j’ai pleuré tant et plus de bonheur et d’émotion.

A 17 heures, ma nièce qui passait le week-end à Paris, est venue boire un verre a avec nous avant de rentrer à Reims. Elle a regardé une partie du match avec nous. Ca me fait tellement plaisir qu’à chaque fois qu’elle vient à Paris, même pour une journée pour voir ses amis, ma nièce trouve toujours une heure ou deux pour venir nous voir.

Oui voilà tout ce que je voulais vous écrire. Que de la douceur et du bien-être ce week-end.

Et tout à coup, tout cela est parti et ne me reste qu’un terrible goût de culpabilité dans la bouche. J’ai eu mon père au téléphone en toute fin d’après-midi. Il pleurait en me demandant quand je vais venir, qu’il s’ennuie de moi, que je lui manque. Depuis quelques semaines je ne vais plus à Reims qu’un week-end sur deux, et mon père s’en aperçoit. Il en est malheureux. Je culpabilise, j’ai terriblement honte, je me sens moins que rien de n’y aller qu’une semaine sur deux.

Et en même temps y aller toutes les semaines m’épuise et je ne pourrai pas tenir sur la durée, je finirai par faire des bêtises dans mon travail. Alors deux semaines sur trois serait le bon rythme ? Quoique je fasse je me sens mal. Mal par rapport à mon père, mal par rapport à Chéri. Je n’arrive pas à ne pas culpabiliser. Depuis le 21 avril 2020 je suis rongée je ne sais pas comment je ressortirai de cela. Comme dit Nietzsche « Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort ».

Alors oui, je suis plus forte que jamais, mais à quel prix… Car aller à Reims est une chose, mais il y a aussi m’occuper de tous les rendez-vous. Réserver la navette qui vient chercher ma mère quand elle va voir mon père seule, gérer les comptes, être l’interlocutrice de l’Ehpad pour tous les soins de mon père. Plusieurs heures par semaine de démarches au téléphone… Je ne sais pas si je retrouverai un jour la tranquillité d’esprit et le repos. Sans compter les parents de Chéri qui commencent eux aussi à avoir des soucis sérieux de santé. Ma DG m’a dit que pour accompagner sa mère en fin de vie comme j’accompagne mes parents, elle a tout lâché, son travail, son mari… Moi je ne veux pas tout lâcher, bien au contraire…

Alors oui je voulais juste vous écrire du bonheur, mais ici j’écris tout, je ne fais pas de mystère de mes faiblesses, de mes failles, de mes chagrins.

Merci à vous d’être là, de me soutenir depuis de longues années. j’espère que vous avez passé un heureux week-end:-)

Bonheur et fierté

Aujourd’hui c’était donc l’assemblée générale de la tête de réseau où je travaille. Tête de réseau d’un des plus grand mouvement associatif de France, regroupant des centaines d’associations, des dizaines de milliers de professionnels du médico-social, des centaines de milliers de bénévoles…

Quand je suis arrivée le 25 août 2020, j’ai assisté à l’AG la semaine suivante, AG qui avait été reportée de juin à septembre à cause de la pandémie, et s’est déroulée en digital. Déjà j’avais été très émue, me disant que j’avais beaucoup de chance d’avoir intégré ce mouvement si militant, qui a fait bouger les choses depuis 60 ans, est à l’initiative de nombreuses lois en faveur des personnes en situation de handicap intellectuel ou psychique.

Aujourd’hui, neuf mois plus tard, j’assiste à l’assemblée générale (malheureusement encore en digital cette année), et la grande différence c’est que cette année, j’ai participé à la préparation, au coeur de l’équipe. Et vous le savez, le travail d’équipe, il n’y a que cela qui vaille pour moi, qui me passionne.

Depuis plusieurs mois notre charge de travail s’est densifiée puisqu’en plus du travail habituel nous avons préparé cette AG à laquelle assistent 50 000 personnes. Aujourd’hui, je connais beaucoup mieux notre réseau (même si je suis loin encore de le connaître vraiment bien), et mon émotion a été énorme.

Je suis l’assistante du Président et de la Directrice générale. Je les admire, ils sont fondamentalement différents, et tellement complémentaires. D’une intelligence rare, une humanité et une bienveillance incroyables, une ouverture d’esprit exceptionnelle, une capacité à anticiper… Dès la musique de lancement, quand j’ai vu apparaître mon Président, j’ai eu les larmes aux yeux. Son discours d’ouverture m’a laissée en larmes, quelle conviction, quel charisme, quel texte magnifique !

Je suis fière de faire partie de ce mouvement, de constater chaque jour concrètement les montées aux créneaux. j’ai travaillé pour huit entreprises dans ma vie. Trois que j’ai aimées vraiment, dont j’ai admiré les dirigeants dont j’étais l’assistante. Et une quatrième, celle où je travaille aujourd’hui, qui est de loin celle qui me fait aimer plus encore mon métier, me fait me sentir heureuse chaque matin de travailler dans cette équipe. Si fière d’assister chaque jour mon président et ma DG.

Chaque jour je vais travailler sans boule au ventre, sans craindre mon supérieur, chaque jour je sais que je peux parler, exprimer ce que je ressens, chaque jour je sais que ma toute petite contribution renforce ce bel édifice qu’est notre Tête de réseau. Je suis d’autant plus heureuse de travailler là que mon Président participe très activement au projet de la cinquième branche de la sécurité sociale, au coeur de nombreuses instances. Cette cinquième branche sera dédiée au handicap, majeurs protégés, et aux problèmes du grand âge.

Alors voir les avancées pour lesquelles on se bat, dans la période que je traverse, tutrice du majeur protégé qu’est devenu mon père, en grand âge, vous pensez bien que cela m’aide incroyablement sur le plan personnel et me donne plus envie que jamais de m’investir dans mon travail. Je me sens utile, à ma place dans ce travail.

Sans aucun doute le plus exigeant intellectuellement car je travaille avec des pointures du plaidoyer, de l’expertise médico-sociale et juridique, de la politique, de la stratégie. Beaucoup de jeunes très diplômés, très enthousiastes, plein de convictions. Mais cette exigence je l’aime, je me sens tellement vivante.

Enfin voilà, j’ai adoré notre assemblée générale, et j’espère que toutes les associations, professionnels et bénévoles du réseau l’auront trouvée aussi belle que je l’ai trouvée. Les votes ont reconduit unanimement notre Président, le Bureau (CA simplifié), et le conseil d’administration dans son ensemble. Les comptes ont été approuvés, les mécènes nous ont renouvelé leur confiance… Alors on repart pour une année encore plus intense, avec des orientations stratégiques ambitieuses, la prochaine grande échéance, c’est la préparation des présidentielles. Nous avons déjà commencé à travailler dessus depuis le début de l’année. C’est le moment ou jamais de faire bouger les lois !

Notre réseau est apolitique, ne se recommande d’aucun parti, ce sont au contraire les partis qui nous courent après. Bon je m’arrête, je suis tellement passionnée de politique, et passionnée par ce secteur du handicap intellectuel que je découvre chaque jour, et qui me bouleverse.

Revenons à des choses nettement plus terre à terre. J’ai super bien dormi la nuit dernière. La précédente d’une seule heure de sommeil m’a mise KO et là j’ai dormi 7 heures d’affilée, sans même entendre les violents orage de cette nuit, qui ont réveillé Chéri.

Et sinon, qu’est-ce que j’ai mangé aujourd’hui ? Et bien on prend (à peu près) les mêmes et on recommence:-)) Ce midi je me suis fait une salade avec laitue, tomate, radis, oeuf dur et thon nature.

Ce soir, devinez ? J’ai osé ! Oui oui oui, de la ratatouille:-))))))))

Chéri est tellement gentil, qui me fait de la ratatouille aussi souvent que j’en ai envie… c’est à dire tout le temps ! Il en a fait beaucoup, je vais en apporter demain à ma mère.

De quoi lui surgeler cinq ou six barquettes. Elle n’a plus envie de cuisiner pour elle seule, et parfois aurait tendance à oublier de manger. Alors c’est pour cela que je vais faire les courses avec elle, elle choisit ce qu’elle aime, qui ne nécessite pas d’être beaucoup cuisiné. Et à chaque fois que j’y vais j’emporte des plats cuisinés par Chéri. Elle a tout particulièrement aimé le poulet curry lait de coco, le boeuf bourguignon, le veau marengo, les lentilles-saucisses fumées. Et dans les légumes, son palmarès est, la ratatouille, le fenouil braisé, les carottes glacées, les aubergines… Chéri se creuse la tête pour à chaque fois la surprendre et la régaler. Et à chacune de mes visites le samedi j’apporte des plats qu’il a cuisinés le vendredi soir, en quantité suffisante pour lui surgeler entre cinq et sept barquettes. Quand nous faisons les courses, j’achète aussi des friandises (et son fromage préféré) pour mon père, nous lui en apportons tous à chaque visite. Mon père fait partie des résidents les plus visités, au minimum cinq visites par semaine, entre ma mère, mon frère, ma nièce et moi. Il reçoit son journal chaque matin de Charleville-Mézières, s’intéresse toujours à la vie des Ardennes. Et moi, je lui apporte l’Equipe, Paris-Match, et un livre tous les 15 jours.

Donc ce soir. Saumon frais grillé, mi-cuit, et ratatouille. Mon plat préféré il n’y a aucun doute, j’aime trop la ratatouille !

Allez zou, ce soir la finale de Koh Lanta, et demain matin, réveil tôt pour filer prendre mon TGV pour Reims à 7h30. J’espère que vous aussi avez eu de belles émotions aujourd’hui. Prenez grand soin de vous tous !

Je l’ai payé cher ce repas

Vous le savez, j’ai une maladie de l’oesophage. Ces derniers mois elle s’est accentuée, et il m’arrivait souvent, en début d’année, de vomir la nuit. C’est passé, j’ai vu le gastro. Ma maladie est évolutive, s’aggrave d’année en année. Mais je suis suivie de très près par le gastro, qui met tout en oeuvre pour freiner la progression. Je vous dis ça pour que vous ne vous cassiez pas la tête à me donner des conseils d’alimentation ou de ce qu’il faut manger le soir. Je le sais à peu près bien, c’est d’ailleurs pour ça que les vomissements nocturnes se sont arrêtés.

Bref, voilà plusieurs mois que je n’avais pas vomi. L’arrêt du sucre depuis cinq semaines m’a aussi fait du bien. Et manger beaucoup de légumes, des fibres donc a amélioré mon transit. Mais hier, mon Président m’a invitée à déjeuner. Vite fait, dans un petit (enfin pas « dans », mais à la terrasse) bistrot proche du bureau. J’ai pris le plat du jour, des diots du Jura avec pommes de terre sautées. Et ça ne m’a pas semblé bon, mais pas bon du tout. Les diots (saucisses fumées) étaient gras, mous. Les pommes de terre dégorgeaient d’huile. Je n’ai plus l’habitude. Ca fait plusieurs années que j’ai vraiment réduit l’huile en cuisinant, et Chéri aussi quand c’est lui qui cuisine.

Et depuis cinq semaines je n’avais pas mangé de féculents, et très peu de gras. Et pas de sucre. Et là en dessert, deux boules de glace. De la Ben & Jerry au beurre de cacahouète. Vous connaissez les glaces Ben & Jerry ? Du sucre, de la crème… En plus nous avons mangé vite, alors que moi je suis une mangeuse lente. Je n’ai mangé qu’un diot sur les deux…

Mais tout l’après-midi je me suis sentie lourde, barbouillée. Déjà à la base j’ai trouvé ça moyennement bon, mais là, ce fut comme une overdose de sucre, et de féculents après cinq semaines sans en consommer du tout. Bref, ce fut trop de trop de trop. Je suis rentrée du bureau tard, à presque 20 heures. Et j’ai commis l’erreur de manger au lieu d’attendre d’avoir fini de digérer. J’ai mangé léger, mais sans faim ni envie, ridicule. Et j’ai mangé tard, 21 heures.

Je me suis couchée vers 22h30 pour lire, toujours sans avoir digéré. Je me suis endormie, mais à minuit, réveillée en sursaut par ces signes que je connais si bien… Je sais que la douleur conduit inévitablement aux vomissements. Mais je n’ai vomi qu’à 4h30 du matin. De minuit à 4h30, j’ai attendu que ça sorte, en ayant mal… Je n’ai donc pas dormi. Enfin si, de 23 heures à minuit.

Ce matin j’ai eu du mal à me mettre en route, mais j’avais rendez-vous au bureau avec ma DG à 8 heures. Je vous montre ma tête ? Tête de quelqu’un qui n’a pas dormi, a eu mal à l’oesophage toute la nuit, a eu froid toute la journée malgré les 28 degrés.

Inutile de vous dire que je n’ai pas mangé de la journée, juste bu, je ressentais une soif intense. J’ai alterné eau plate et eau gazeuse.

J’ai quitté le bureau tôt, je ne tenais plus debout. Je suis donc partie à 18 heures. Et vers 19 heures, tranquillement à la maison, je me suis rendue compte que j’avais très faim. Et envie d’une salade. Alors la voilà ma salade, toute simple. Laitue, tomate, radis, concombre, oeuf dur, jambon de poulet.

J’avais envie de thon, mais peur que ce soit plus lourd. à digérer. Une tisane, et voilà.

Quand je vais réintroduire le sucre, je le ferai en douceur, tout doucement… Et surtout je me rends compte qu’entre mon oesophage très abîmé et le fait de vieillir, je digère de moins en moins facilement. Bon, rien de dramatique, il suffit que j’en tienne compte. Je choisirai mieux mes plats au resto maintenant:-) Et surtout je vais éviter les restos entre collègues, à manger vite des trucs qui ne me plaisent pas forcément.

Voilà, sinon rien de particulier. L’AG de demain se présente bien. Les 50 000 votants sont répertoriés et ont reçu leur lien visio individuel pour voter, les répétitions se sont bien passées, y’a plus qu’à. Je vais me coucher tôt ce soir, il faut que j’ai une meilleure tête demain. Je ne sais pas si je vais tenir pour l’épisode de Handmaid’s Tale de ce soir. Nous en sommes à la saison 4, et l’intérêt ne se relâche pas.

J’espère que vous avez passé une bonne journée. Bonne nuit vous tous;-)

Quel mardi…

Non mais quel mardi. Au boulot pour commencer.

Vendredi c’est notre assemblée générale. Cette année, elle est entièrement digitale, dans un studio de tournage pro. Habituellement, l’AG se passe dans une ville en région, où tout le monde se réunit pour trois jours. Cette année, ce devait être à Montpellier. J’espère bien connaître ça l’année prochaine. Enfin rencontrer tous ces gens que je vois depuis neuf mois par vidéo uniquement, la perspective m’enchante d’avance:-) L’AG nécessite une énorme préparation, mais en digital, cela génère plus encore de travail. La dernière ligne droite s’annonce… corsée.

En plus ce matin première heure, mon président m’a demandé de rédiger une lettre en urgence à envoyer avant midi à la secrétaire d’Etat chargée du handicap. Je commence à me familiariser avec ces courriers à rédiger aux ministres, députés, sénateurs, mais j’ai toujours peur malgré tout de faire une coquille…

Enfin, à 14 heures, j’ai pris le temps de déjeuner. 45 minutes. Car je me suis fait une salade, et éplucher, couper les légumes, bref, assembler la salade prend déjà une vingtaine de minutes. Mais vraiment, j’aime tellement les salades composées. D’autant que Chéri a fait dimanche au marché un plein de légumes très bons. Les tomates coeur de boeuf par exemple, de vrais bonbons. Les minis concombres, les radis croquants, la laitue achetée au producteur, bref, que du régal. Salade, concombre, tomate, radis, oeufs durs, jambon blanc, ciboulette. Toujours un peu de Mayo dans la vinaigrette. Résultat, un gros bol de salade rassasiante.

Je suis dans ma cinquième semaine sans sucre. Je vais continuer le « sans sucre » jusqu’au 23 juin. Car le 24, nous partons pour quatre jours à Bruxelles, et là…. Hummm je rêve d’une portion de frites, d’un vol au vent aux ris de veau, de boulettes à la liégeoise…

Vous le savez, nous adorons Bruxelles et y allons deux ou trois week-ends par an. Mais là, ça fait un an et demi. Bon sang quand j’y pense, c’est incroyable la période que le monde vient de traverser. En tout cas nous, nous n’avons pas quitté Paris une seule journée depuis août 2019 !!!!!! Uniquement les allers-retours à Charleville, à Reims pour m’occuper de mes parents, mais depuis Séville en août 2019, aucun jour de détente hors de Paris.

Alors ces quatre jours à Bruxelles, j’en rêve. Départ jeudi 24 juin matin, retour dimanche 27 en fin d’après-midi. Et cet été, nous allons partir une semaine à Lisbonne. Chéri a trouvé un hôtel avec piscine sur le toit, spa au sous-sol, une chambre immense avec salon… bref de quoi renouer avec des vacances, la détente absolue. Espérons qu’il n’y aura pas de contrordre d’ici là.

Ni de soucis avec mes parents, ou ceux de Chéri qui commencent eux aussi à cumuler de sérieux problèmes de santé. Ils ont le même âge que mes parents… Et pas de contrordre sanitaire j’espère. Juste quelques jours de vrai dépaysement, sans penser à rien d’autre que passer du temps avec Chéri en visitant une ville magnifique.

Enfin, avant les vacances, focus sur la préparation de l’assemblée générale ! Je me suis déconnectée »tôt », 18h45. Et si je dis quel mardi, c’est qu’en plus de la journée intense de travail, j’ai entendu ce matin très tôt en prenant mon café un témoignage sur les « aidants ».

Ceux qui cumulent un travail à plein temps, et la responsabilité d’être tuteur d’un adulte protégé. Les responsabilités, les démarches chronophages, la culpabilité qui tord les entrailles, le chagrin qui pèse une tonne sur les épaules, la fatigue, physique autant que psychologique. Visiblement, tout le monde passe à peu près par les mêmes phases. Ceci dit, je m’en sors plutôt bien je crois. Depuis le sevrage des anti dépresseurs, jamais je n’ai eu à nouveau besoin d’y recourir. Je pleure souvent c’est vrai, mais au moins je laisse sortir les émotions, je ne les enferme pas. C’est ce que fait mon frère par exemple, et souvent je me fais du souci pour lui. Il ne laisse rien ou presque sortir, mais le jour où ça explosera… Enfin je serai là. Car moi, je pleure beaucoup, mais ça me permet d’être d’autant plus forte pour tout le reste de laisser sortir ce qui va, ce qui ne va pas.

Et j’ai la chance absolue d’avoir Chéri. Chéri, au-delà d’être un mari exceptionnel, est l’homme le plus fantastique qui puisse exister. Il me soutient inconditionnellement. Bref, voilà, quel mardi donc…

Sinon, j’ai repassé des robes d’été. Puisque nous avons été propulsés en plein été. Et demain et après-demain je vais au bureau. Ah que je suis contente les jours où je vais au bureau ! Je retrouve à chaque fois le plaisir de m’habiller, me maquiller, me parfumer. Pendant que je repassais mes jolies robes fleuries, Chéri nous a préparé un dîner que j’ai adoré. Très simple, mais plus ça va, plus j’aime la simplicité absolue. Un blanc de poulet grillé, le reste (et la fin) de la fausse ratatouille (sans aubergines), parsemés au dernier moment de ciboulette et basilic.

Puis une tisane et voilà:-) J’espère que vous avez passé un joyeux mardi.

Lundi drôlement joli

Il y a quelques jours j’ai retrouvé mes bestioles. Depuis des années, mes bestioles apparaissent sur nombre de mes photos, je les emporte partout avec moi.

Mais voilà des mois et des mois que je les cherchais vainement. Alors il y a quelques jours j’ai décidé de fouiller tous mes sacs à mains. Car habituellement elles sont au chaud dans mon sac à main. Et comme j’en change chaque jour, chaque jour avec le reste de mes affaires, elles arrivent dans un nouveau sac. Mais un jour je les ai oubliées au fond de la poche d’un sac…

Au bout d’une heure de fouillage de tous mes sacs, enfin je les ai trouvées… J’avoue que j’aime les avoir avec moi, les mettre sur mes photos:-)

Alors, voyons les repas du jour. Pas de petit déjeuner. Comme je suis dans une période sans sucres, le matin, je ne prends qu’un café, puisque pas de fruits, pas de pain. Certains jours je me fais un oeuf à la coque, mais depuis quatre semaines que je ne consomme aucun sucre, je n’ai pas vraiment faim le matin.

J’ai bu un café. Le café aussi j’ai beaucoup réduit, je n’en prends plus qu’un seul le matin. Parfois un deuxième dans la matinée, mais de plus en plus rarement. A part celui du matin, maintenant le café m’écoeure. Ça a fait la même chose à ma mère il y a quelques années, bizarre comme le corps tout d’un coup n’a plus envie de certains aliments. Ceci dit, rien de dramatique à ne boire qu’un café par jour. Je bois de plus en plus de thés ou tisane. Ou tout simplement de l’eau voilà tout.

Bref. Donc ce midi au déjeuner, deux oeufs au plat, et la (un peu fausse puisque sans aubergines) ratatouille cuisinée hier par Chéri.

Aujourd’hui en télétravail, j’ai pris 30 minutes de pause, le temps de faire cuire les oeufs, de manger tranquillement. J’ai déjeuné à 14h et me suis remise à mon ordi à 14h30. Et je n’ai pas vu le temps passer, j’ai à peine entendu Chéri rentrer à 17h30, et je n’ai émergé qu’à 19h30, après avoir eu ma DG au téléphone à 19h15.

Nous avons pris le temps de prendre du temps avec Chéri. Un coca zéro pour moi, une bière pour lui. Et aussi des chips. Mais pas pour moi évidemment:-)))).

Pour le dîner, Chéri hier au marché avait acheté un pavé de saumon supplémentaire, que nous nos sommes partagé. Mi-cuit, c’est tellement bon. Avec de la ratatouille comme ce midi. Du coup nous avons dîné tard, à presque 21 heures.

Une tisane pour finir et voilà.

Ouh là là, nouvelle en direct live ! Je suis trop trop trop contente !!

Samedi à la garden party des éditions Charleston, il y avait un jeu. Avec deux « box livresques » à gagner. Dedans, un livre d’un des auteurs présents, et des goodies. Photos, mug, friandises, je ne sais pas exactement.

Il suffisait de mettre son nom et son adresse sur un post-it, dans un joli bocal et un papier serait tiré au sort pour chacune des boîtes à gagner. J’ai donc mis mon papier, et franchement, depuis samedi, j’avais complètement oublié. Et là… à l’instant sur Instagram, dans la story des éditions révélant le nom des deux gagnants, je vois mon post-it. Non mais c’est génial, je ne joue jamais à rien, donc forcément je ne gagne jamais rien, et là, je vais recevoir cette box avec plein de jolies petites surprises. Je vous montrerai bien sûr, dès que je la recevrai:-))

La révérence de l’éléphant, c’est un des livres que j’ai achetés, pour lequel j’ai discuté avec l’auteure, qui raconte la vie de sa grand-mère dans un Ehpad. Je suis vraiment vraiment contente que ce soit justement ce livre, cette auteure et j’ai hâte de voir de quoi la box sera remplie.

Voilà, un joli lundi surprenant. J’espère que vous aussi avez tous passé une bonne journée.

Résumons

Bon…résumons la situation.

J’ai 53 ans. Depuis un an je ne vis que pour mes parents. Pas un jour sans que je ne pleure. Pas une sonnerie de téléphone sans que mon coeur se décroche par peur de LA nouvelle que j’attends en la redoutant.

Je néglige tout ce qui ne gravite pas autour du confort de vie de mes parents.

Je néglige mes amis, je me néglige, je néglige Chéri en le laissant seul le week-end. Je néglige mon sommeil. Je néglige mon alimentation. Je néglige le sport. Je néglige le sommeil. Je vous néglige, vous, ici.

Ça ne peut pas durer, je vais y laisser ma peau. Pas qu’elle vaille bien cher ma peau, mais Chéri serait triste. Et puis j’y tiens à la vie. Elle est belle la vie. Et dans cette année de cauchemar qui vient de s’écouler j’ai trouvé un chouette travail. Même si depuis une semaine c’est 100% télétravail (jusqu’ici c’était 60% télétravail) et que je n’aime vraiment pas ça. Mes collègues me manquent…

Mais malgré tout ça, chaque jour je trouve un moment où je ne peux que constater que la vie est belle. Alors j’ai beaucoup parlé avec Chéri, beaucoup parlé avec mon frère, avec ma mère (mon père a perdu la notion du temps donc…) et nous sommes tous d’accord, je vais aller un peu moins souvent à Reims. Un week-end sur deux ? Et je vais essayer de faire à nouveau plus de sport.

Pour le moment, je ne parviens à intégrer qu’une séance par semaine dans mon emploi du temps, or pour mon équilibre et ma joie de vivre, il m’en faut au moins deux par semaine, trois ou quatre dans l’idéal. Je ne parle ni de la Covid, ni du couvre-feu, ni des restrictions, ce n’est pas l’objet de ce blog.

Mon but ces prochains mois ? Rééquilbrer ma vie. La centrer un tout petit peu moins autour de mes parents et prendre à nouveau soin de moi. Retrouver le sourire. Ne pas pleurer à chaque fois que je pense à mes parents. Ne plus me ronger de culpabilité. Retrouver le goût de parler, de rire, de voir mes amis.

M’autoriser à rire sans pour autant m’en vouloir parce que mes parents ne rient plus guère. Autoriser mon corps à lâcher prise et à dormir. Un petit pas après l’autre. Retrouver un brin d’insouciance un jour après l’autre.

Bon voilà, j’en ai déjà beaucoup dit pour aujourd’hui, et je n’ai plus l’habitude.

Et sinon…ma journée côté alimentation ? Mes journées type, c’est me lever entre cinq et six heures. Sans réveil.

Ce matin, 5h45, j’ai pris ma douche, me suis mis du lait pour le corps, me suis habillée. En revanche, en télétravail je ne me maquille pas.

J’ai juste bu un café. Fait les quelques mètres qui séparent le salon de la chambre d’amis où j’ai installé mon bureau et j’ai commencé à travailler à 7h15. Pause café à 9h30, j’ai mangé une orange.

Puis à 13 heures, j’ai fait ma salade avec batavia, tomates, radis, concombre, riz basmati, thon. Une demi orange et un demi kiwi. 30 minutes de détente en regardant les infos et hop retour devant mon ordi.

Heureusement qu’il y a les appels en visio, pour parler et sourire avec les collègues. J’ai éteint mon ordi à 19 heures et suis revenue dans le salon où Chéri m’attendait. Nous avons la chance d’avoir un appart assez grand, quand je suis dans la chambre d’amis, je n’entends pas ce qui se passe dans le salon. Chéri, qui rentre du travail vers 17 heures peut écouter de la musique, regarder la télé, cuisiner, je n’entends rien. J’ai besoin de silence total quand je travaille, je ne fais pas partie des gens qui travaillent avec un fond musical par exemple.

Chéri, pris d’une envie de coquilles Saint-Jacques, est passé chez le poissonnier en rentrant et a cuisiné des Saint-Jacques avec un beurre blanc plein d’échalotes et des tagliatelles. Et nous avons aussi mangé du pain tout croustillant avec beurre salé et radis, j’adore ! Chéri me chouchoute à outrance.

Voilà les z’amis, c’est reparti… enfin j’espère, je ne veux plus ne vivre que dans le chagrin, je veux retrouver mon grain de folie.

Très bonne soirée vous tous.

Semaine mémorable

Je crois que je n’oublierai jamais la semaine du 8 janvier 2021.

Ce vendredi 8 janvier 2021 a clos un pan important de ma vie. J’ai mis plus de deux semaines à me remettre de cette journée. Deux semaines pendant lesquelles je n’ai pratiquement pas parlé, impossible de dire quoi que ce soit.

Ce vendredi 8 janvier je suis allée à Charleville, signer la vente définitive de la maison de mes parents chez le notaire. Il faisait très très froid. Vu le peu de trains qui circulent, je suis arrivée deux heures avant l’heure du rendez-vous chez le notaire. Deux heures que j’ai passées à marcher dans la ville où je suis née. Transie. Et comme les cafés et restaurants sont fermés, pas possible de me réchauffer en buvant un café, en mangeant quelque chose.

Le rendez-vous chez le notaire était à 14 heures, je suis arrivée en me tortillant tellement j’avais envie de faire pipi et me suis excusée en leur demandant si je pouvais utiliser les toilettes. J’étais glacée, et surtout, j’avais une terrible boule au ventre. Comme j’ai regretté à ce moment-là d’avoir dit à mon frère et à Chéri que ce n’était pas la peine qu’ils viennent.

Les acheteurs de la maison sont arrivés quelques minutes après moi, un couple d’une quarantaine d’années. Nous avons parlé, ils ont eu un énorme coup de foudre pour la maison, la cheminée du salon, le jardin… Et là, je me suis mise à pleurer. Pas pour la maison, moi au contraire dès l’âge de sept ans je rêvais de vivre dans un appartement à Paris, je n’ai jamais particulièrement aimé la maison, et le jardin je n’y allais jamais, mais je pleurais pour mes parents, pour les trente ans qu’ils ont mis à payer cette maison, mon père qui a travaillé de nuit pour gagner un peu plus, pour les projets qu’ils y ont faits, pour je ne sais pas trop quoi, ou pour tout finalement.

Dans le bureau du notaire, pendant qu’il lisait l’acte de vente, mes larmes ont coulé encore… Ça a duré en tout et pour tout à peine une demi-heure. J’ai dit au-revoir aux acheteurs, leur souhaitant d’être heureux dans cette maison, et en tout cas ils avaient l’air si heureux de l’acheter, et je suis vite partie, en les priant encore de m’excuser de pleurer ainsi.

Mon train n’était que deux heures plus tard. Je suis retournée à pieds à la gare, et me suis assise sur un banc dans le square, frigorifiée. J’ai appelé ma mère, puis mon père, puis mon frère…Ce n’était qu’une formalité, un papier à signer, mais j’avais tellement l’impression de signer illégitimement.

Je ne parviens toujours pas à me faire à l’idée d’être la tutrice de mon père, d’avoir la procuration de ma mère. Je me sens comme une voleuse, je suis rongée de culpabilité quand je pense à mon père dans son Ehpad. Bien sûr nous allons le voir aussi souvent que nous en avons le droit, c’est à dire 45 minutes tous les deux jours. Nous lui avons acheté un téléphone adapté à son état, tellement simple d’utilisation qu’il parvient à nous appeler et à répondre quand nous appelons. Chaque semaine quand je le vois il me dit que l’équipe est gentille avec lui et en effet, je vois le personnel attentif, il dit qu’il mange bien, mais qu’il dort mal, qu’il pense à nous…Enfin il me dit ça les fois où il me reconnaît… Enfin voilà, en huit mois, malgré les confinements et les difficultés de circuler, les retards administratifs, en huit mois mon frère et moi avons fait le maximum pour adoucir la vie de nos parents, qui à la fin, en mars 2020 étaient en grande difficulté pour être autonomes dans leur maison. En huit mois, je suis devenue tutrice de mon père, nous avons trouvé l’Ehpad « le moins pire » possible pour mon père, un appartement à 500 mètre de mon père pour ma mère, vidé et vendu la maison.

Ma mère est incroyablement courageuse elle a traversé ces huit mois en s’adaptant aux changements. Elle a été très fatiguée, épuisée, triste, a fait plusieurs malaises cardiaques, se retrouve seule, elle qui s’est mariée à 20 ans et a vu sa vie exploser à 83 ans. Aujourd’hui elle aime son appartement, un petit cocon de confort et de douceur. Elle fait de la sophrologie, de la gym posturale toute douce, elle commence à aller boire le café chez ses voisins, une kinésithérapeute passe deux fois par semaine pour lui faire travailler le dos qui la fait souffrir. Elle déjeune chez mon frère régulièrement le dimanche, je déjeune avec elle pratiquement chaque samedi. A chaque fois que j’y vais, Chéri lui cuisine plusieurs plats qu’elle peut surgeler, je lui apporte un petit cadeau.

Idem pour mon père, chaque semaine je lui apporte les gâteaux qu’il aime, l’Equipe qu’il lit depuis toujours, des magazines. Chaque matin on lui livre l’Ardennais, qu’il continue à lire assidûment. Malgré tout, je sais que mon père n’est pas heureux. Il s’ennuie, il n’a de goût à rien. Il pleure. Je le sais et ça me détruit. Que puis-je faire ? Que puis-je changer ?

Je les appelle chaque jour, mon frère y passe plusieurs fois par semaine. En huit mois nous avons fait beaucoup de choses mon frère et moi, nos parents étant NOTRE priorité, nous avons mis tout le reste entre parenthèses. J’y vais trois samedis sur quatre, Chéri vient avec moi une fois sur deux.

Depuis le 8 janvier, je commence à me détendre, je dors un peu mieux. Je fais de mauvais rêves cependant, je me sens tellement coupable pour mon père. Je tourne et retourne ça, je voudrais aller le voir plus souvent, je voudrais le voir sourire. Dès que les règles sanitaires seront moins strictes, nous aurons le droit de sortir un peu avec lui, l’emmener boire un café, mais pour le moment, c’est 45 minutes tous les deux jours point barre. C’est inhumain, je ne pourrai jamais me le pardonner.

Reste à venir à bout de cet épuisement. Car tout en faisant tout cela pour mes parents j’ai cherché et trouvé du travail, réussi ma période d’essai. Quand j’y pense, je ne sais pas comment j’ai tenu debout durant tous ces mois. Sans dormir. Sans rien laisser paraître devant mes nouveaux collègues.

Aujourd’hui le contrecoup est rude. Mais malgré tout ça commence à aller un tout petit peu mieux, je pleure un peu moins, je réussis à parler un peu plus… Je suis très fatiguée car en plus des cinq jours de boulot, le samedi je me lève très tôt pour aller prendre le train. Sitôt arrivée à Reims, je prends le bus pour aller chez ma mère, je bois un café avec elle, puis vais lui faire ses courses. Nous déjeunons chez elle, puis allons à l’Ehpad. Et je repars. Pas vraiment des journées de repos. Sans compter que pratiquement à chaque fois il y a des problèmes de trains. Pour des raisons divers et variées.

Il y a deux ou trois semaines je ne sais plus, vous savez il y a eu un épisode neigeux. Trois fois rien. Les trois-quatre centimètres de neige qui a chaque fois mettent les citadins ridiculement en émoi, les faisant patauger dans ces quelques centimètres de neige qui au bout d’une heure ne sont plus qu’une boue glissante. Et bien ce samedi, à cause de ces quelques flocons, mon TGV a eu deux heures de retard… Je suis rentrée à Paris tard le samedi soir, exténuée, frigorifiée, rentrant de la gare de l’est sur des pavés glissants… A chaque fois il y a quelque chose qui retarde les trains… Sans compter qu’en cette période de couvre-feu, des trains il n’y en a pas beaucoup…

Cette semaine du 8 janvier j’au aussi eu d’autres émotions. Mercredi 6, l’Ehpad m’appelle, pour me demander si je donne l’autorisation que mon père soit vacciné. Ce n’est pas la question elle-même qui m’a tant fait mal. Nous en avions déjà parlé avec mon frère, j’étais plutôt contre, mon frère plutôt pour, nous avons fini par décider que oui, nous allions dire oui, sinon mon père serait confiné plus encore, mis à l’écart. Quand mon tout viendra d’être vaccinée, je ne suis pas sûre de le vouloir, mais c’est un autre débat. Bref, quand l’Ehpad m’a appelée, me disant que c’est à moi que revenait la décision, j’ai senti mon coeur se décrocher. Toujours ce problème d’acceptation d’être tutrice.

D’habitude, ce sont les parents qui font vacciner leurs bébés pour les protéger, pas les enfants qui décident que leurs parents vont être vaccinés ou pas. J’étais au bureau quand l’Ehpad a appelé, et heureusement que j’ai un bureau individuel, car après avoir raccroché, j’ai sangloté !

Et pour dire que cette semaine précisément fut riche en émotions, jeudi 7, j’ai eu mon entretien d’évaluation annuel. Bon, n’étant là que depuis quatre mois il n’y avait pas tant de choses à dire, d’autant que j’avais déjà eu un entretien à la fin de ma période d’essai. J’ai eu cet entretien avec le Président et la Directrice Générale, puisque je suis leur assistante à tous deux. Je redoute toujours les entretiens d’évaluation, qui souvent, sont un exercice d’auto-critique demandée par l’entreprise. Mais… je ne travaille plus pour une entreprise. Je travaille dans un milieu tellement différent, humain ! Ils m’ont dit tellement de choses gentilles, je ne savais plus où me mettre. Ils m’ont notamment dit que j’ai su m’adapter dans cette période pas facile, avec beaucoup d’intelligence humaine. Ils m’ont dit qu’ils ont vu des dizaines de candidats pour remplacer leur précédente assistante et ont du mal à me trouver. Ils m’ont dit que mon sourire, ma pro-activité, mes capacités d’adaptation et d’anticipation, mes compétences confirmées leur changent la vie.

Bien sûr mes yeux se sont mis à briller d’émotion, je luttais pour retenir mes larmes. Ils m’ont dit qu’ils voient mon hyper sensibilité et que je peux prendre confiance en moi, ne jamais douter de moi. Qu’ils sont ravis de travailler avec moi, qu’ils aiment ma loyauté, mon sens de la confidentialité, mon enthousiasme. Et je leur ai dit que travailler avec eux, dans ce milieu pile à cette période de ma vie est magnifique pour moi.

Je connais encore très mal ce secteur, toutes les organisations, instances, tous les organismes à comprendre, à faire le lien entre eux etc me prendra encore plusieurs mois, ils m’ont confirmé qu’il faut même plusieurs années pour en saisir toutes les subtilités. Mon travail est passionnant. Le Président, qui s’occupe de l’aspect politique, la DG qui s’occupe de la Gouvernance, voilà qui me fait faire en permanence le grand écart puisque j’assiste les deux. Les interlocuteurs sont très différents. Le Conseil d’administration et des ministres, députés, sénateurs d’un côté, le Comité de Direction de l’autre. Le Président souhaite que je devienne l’interlocutrice privilégiée des Administrateurs, ma diplomatie n’étant plus à prouver… Seulement il y a déjà une assistante dédiée aux Administrateurs, alors le Président réfléchit à « transvaser » certains côtés de nos postes respectifs, car les Administrateurs viennent plus spontanément vers moi. Tout comme les attachés parlementaires, ou les représentants des cabinets ministériels.

Les mois et années à venir vont être passionnants, surtout avec les présidentielles de 2022. Je n’ai jamais eu un travail aussi dense, et surtout aussi difficile intellectuellement. Sans compter les cas de détresse humaine qui remontent jusqu’à nous. Chaque jour je remercie la petite étoile ou je ne sais quoi qui m’a permis de trouver ce travail. En plus, le lieu où je travaille est magnifique.

C’est une ancienne fabrique de malles. Un immeuble de cinq étages avec un hall imposant, une cour arrière où se dressent deux petites maisons. Cet immeuble appartient à l’association pour laquelle je travaille, leg d’un adhérent à la fin des années 70. Le Conseil d’Administration a voté sa rénovation complète. Les travaux démarrent le 15 mars, la préfecture de Paris a donné le Go, et seront finis normalement le 30 septembre. L’architecte m’a montré les plans, ce sera lumineux, et fait pour le bien-être des salariés. En attendant, pendant ces six mois, un de nos mécènes nous prête des bureaux, en proche banlieue.

Moi je reste sur place, le Président et la DG souhaitent que je sois là, avec le Directeur des services généraux qui supervise les travaux. Il risque d’y avoir du bruit et de la poussière, mais enfin, en ce moment où nous travaillons à 80% en télétravail, c’est le moment ou jamais de faire ces travaux. Ce sera peut-être, sûrement même moins drôle pour les habitants des immeubles voisins d’avoir les travaux du lundi au vendredi, de 9h à 17h en cette période de pseudo confinement. Nous avons prévenu les co-propriétés voisines, ainsi que le collège juste en face. J’ai rédigé hier un mot signé du Président et de la DG que nous allons donner à chaque habitant des immeubles voisins pour les prévenir de ces six mois de travaux à venir. Bref, je m’égare, ce n’est pas ça que je venais raconter…

Je voulais vous raconter à quel point la semaine du 8 janvier a été riche en émotions. J’ai plein d’autres choses à vous raconter, je dois reprendre le rythme. J’espère que vous allez tous bien, pas trop démoralisés. Je vois en ce moment tellement de gens usés psychologiquement par cette année 2020, agressifs ou au contraire éteints. En ce qui me concerne, le confinement, le couvre-feu, le fait de ne pas avoir pris un seul jour de vacance depuis août 2019, je le supporte plutôt bien. 2020 m’a fait relativiser tellement de choses. Alors j’espère que vous allez bien, et je vous remercie du fond du coeur de prendre mes nouvelles quand je ne viens pas assez souvent.

La reprise

J’étais heureuse de reprendre le travail ce matin. Bon, télétravail certes. La bonne nouvelle c’est que dès demain nous avons le droit d’aller au bureau mardi, mercredi et jeudi. Ceux qui préfèrent télétravailler le peuvent aussi. En fait chacun fait comme il veut. Certains viennent en présentiel une journée, d’autres deux, d’autres pas du tout. Chacun fait selon ses craintes, son temps de transport et comment il vit la pandémie.

Moi jusqu’ici j’y allais deux jours, le maximum autorisé, et là je vais y aller trois jours. Je n’ai pas l’inconvénient des transports, le quart d’heure à pied tôt le matin ne présente pas de danger, je ne croise pour ainsi dire personne. Dans la journée, je suis pratiquement tout le temps dans mon bureau, qui est individuel. Mais c’est tellement mieux d’être au bureau, de voir un peu de monde malgré tout. Et surtout au bureau, je suis bien mieux installée pour travailler, mieux assise (je n’ai pas mal aux lombaires le soir), j’ai une imprimante dans mon bureau, un grand écran. Travailler sur le portable à la maison, ça dépanne bien, mais je préfère réellement l’environnement de travail, et cloisonner vie pro et vie perso.

Bon, l’avantage à la maison, c’est que j’ai deux assistantes de choc:-)))

Ma Directrice m’a accordé sans problème la journée de vendredi pour mon aller-retour à Charleville. Quel changement de travailler là !! Sans appréhension… Ce matin, à nouveau réveillée à cinq heures. Je me suis levée, douchée, habillée en tenue de sport pour la séance de ce soir (avantage du télétravail), et me suis mise à mon bureau dans la chambre d’amis à 7h30. Après avoir dégusté mon petit déjeuner. Flocons d’avoine au lait d’amande. J’adore les flocons d’avoine, et avec le lait d’amande c’est encore meilleur, ça donne un super goût ! Avec une banane frécinette. Ces toutes petites bananes ont un goût incroyable !

Pour le déjeuner, tout simple. Soupe tomates et vermicelles, crackers aux céréales, beurre, jambon blanc et deux clémentines.

A 19 heures j’avais rendez-vous avec JC. Le séance a été bien meilleure que jeudi 31 où j’étais dans un état de fatigue terrible.

Je fus ensuite hors la loi puisque notre séance s’est terminée à 20 heures. Je suis rentrée à pieds, et arrivée à la maison à 20h25. Bon il n’est rien arrivé, je ne suis pas en prison… Le temps de prendre une douche bien chaude, et nous sommes passés à table. Chéri a préparé un stoemp, plat emblématique de Bruxelles. C’est une purée de pommes de terre additionnée d’un ou deux légumes, de crème et de noix de muscade. Ce week-end, j’ai dit à Chéri que j’avais très envie d’un stoemp avec navets et carottes. Et Chéri l’a fait, quel délice !!!!!!! Il a mis plein plein plein de noix de muscade il sait à quel point j’aime la noix de muscade:-) Accompagné de saucisse de Toulouse et d’échalotes.

Et là je suis toute détendue, je regarde la télé en vous écrivant, les deux minettes collées à moi, et Chéri à moins d’un mètre. J’espère que je vais bien dormir.

J’ai appelé ma mère, sa douleur dans la poitrine a presque disparu, elle a pu faire sa séance de sophrologie aujourd’hui. Je n’irai pas ce week-end à Reims. je ne peux pas aller à Charleville vendredi puis à Reims samedi ou dimanche. D’abord pour la fatigue, et aussi et surtout pour ma vie de couple. Depuis mars, je ne compte plus les jours (et les nuits) de séparation avec Chéri, ce qui ne nous était jamais arrivé. Alors maintenant il n’y a plus que des journées, pas de nuits, mais quand même, c’est trop difficile pour Chéri et moi d’être séparés si souvent. Bien sûr il m’accompagne une fois sur deux ou trois, mais je ne veux pas qu’il s’épuise, déjà qu’il prépare énormément de plats cuisinés pour ma mère… bref, ce week-end je n’irai donc pas à Reims, je passe deux jours avec Chéri c’est juste ça dont j’ai besoin.

Passez une douce fin de soirée.

Perdre la notion du temps

Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment, la notion du temps m’échappe un peu. Il y a tout pile deux semaines j’étais à Charleville dans la maison de mes parents en train de faire des cartons.

Ça me paraît si loin… Ca ne fait pourtant que deux semaines. Pendant ces deux semaines la vie de mes parents a changé. Mon père finit sa quatorzaine enfermé dans sa chambre d’Ehpad. A partir de lundi il pourra sortir de sa chambre et circuler dans les parties communes, les jardins…

Ma mère elle, a emménagé dans son charmant appartement. Je l’ai découvert dimanche dernier. Mon frère et moi y avons passé la journée. Mon frère a monté les meubles de cuisine, de salle de bain, et j’ai déballé tous les cartons. Ma mère était assise dans un fauteuil et réfléchissait à où mon frère devait poser les cadres, me disait de ranger telle et telle chose à tel endroit. La journée a été fatigante, mais productive.

Dimanche après-midi je suis allée avec ma mère voir mon père. En effet, entre l’appartement de ma mère et l’Ehpad, moins de 20 minutes à pieds. Et encore dimanche dernier il pleuvait à verse, ce qui a ralenti notre marche. Seule, je le fais en dix minutes à peine. Pour ma mère une petite vingtaine de minutes, c’est tout à fait réalisable.

En arrivant à l’Ehpad, ils nous ont fait mettre une blouse en coton, puis une surblouse en plastique, une charlotte sur la tête, des gants, un masque. Quand nous sommes arrivés dans la chambre de mon père il était dans un jour « sans », et ne m’a pas reconnue. Tout du long de la visite il a parlé à sa soeur. Soeur qu’il n’a jamais eue, il n’a qu’un frère.

Changer d’établissement, être confiné sans pouvoir sortir de sa chambre, avoir une nouvelle équipe de soignants autour de lui, n’avoir droit à une visite que tous les deux jours, pendant 45 minutes par deux personnes en blouse et masquées, et bien forcément, rien qu’en deux semaines, il a régressé…. Quand il va pouvoir un peu marcher et sortir ça va lui faire du bien, mais les Ehpad renforcent les règles sanitaires, et chaque visiteur va devoir passer des tests Covid… J’ai reçu un mail de l’Ehpad hier, je n’ai pas plus de détails pour le moment. J’ai bien peur que dans les semaines à venir, les visites deviennent de plus en plus courtes, espacées, compliquées…

En rentrant dimanche soir dernier dans le train j’ai encore beaucoup pleuré. Mon corps et mon esprit sont en train de relâcher la pression des sept derniers mois. J’ai beaucoup pleuré ces derniers jours. Mais je pense vraiment que c’est un passage obligé.

Cette semaine, les brocanteurs sont venus finir de vider la maison, la dame de l’agence immobilière a récupéré les clés. J’ai reçu un dossier à remplir pour le notaire, un gros dossier, encore et encore des dizaines de questions, je n’en peux plus de tous ces dossiers… La signature définitive sera début janvier. J’ai résilié la ligne fixe de téléphone. Le journal local que mon père lit depuis toujours, l’Ardennais, qui était déposé chaque matin sur le pas de la porte à 6 heures, sera livré dès mardi à l’Ehpad. Au moins il ne perdra pas tous ses repères et aura toujours les nouvelles locales des Ardennes. Comme ce sera par la poste, il le reçoit avec un jour de décalage, mais ça, ce n’est pas bien important.

Tous les changements d’adresses sont faits, les assurances en règle etc etc… Me reste à prévenir les impôts du changement de situation et je crois que tout sera vraiment terminé. Ma mère se plaît dans son appart, et rien que ça, ça efface tous les chagrins. Il faut dire qu’on en a fait un tellement joli cocon, et elle a tout choisi, tout ce qu’elle aime. Tous les soirs quand je l’appelle elle me dit qu’elle se sent bien. Je trouve ma mère incroyablement résistante et courageuse. A sa place beaucoup se seraient lamentés sur leur sort, auraient voulu rester dans leur maison, au risque de s’y fracasser et de se blesser, auraient ressassé, auraient dit oui, puis non, puis oui, puis non… ma mère depuis sept mois a vécu tant de chocs psychologiques, de fatigue physique, de chagrin, de changements à assimiler et intégrer, et elle reste positive, se projette dans son nouvel environnement avec tant de douceur…

Elle est heureuse de nous voir si souvent mon frère et moi, elle voit aussi plus souvent ma nièce. Elle sait que nous sommes rassurés et nous faisons moins de souci pour elle, et c’est l’essentiel pour elle, plutôt que de s’accrocher à des biens matériels et une maison qui ne prendront pas soin d’elle…

Demain, je vais à Reims avec Chéri, il verra l’appartement de ma mère et nous irons voir mon père demain après-midi. En ce moment où je vous écris il est en train de cuisiner un plat que nous emporterons demain, pour éviter toute fatigue à ma mère. Nous allons passer une belle journée. J’ai acheté pour ma mère un énorme calendrier de l’avent, avec un produit de beauté dans chacune des 24 cases. Jeudi soir, je suis allée voir ma généraliste, elle m’a demandé comment j’allais, comme se sont passés ces derniers mois avec mes parents, et je me suis mise à pleurer en lui racontant.

Elle m’a dit qu’il va me falloir trois mois au moins pour digérer tout ça, retrouver le sommeil, ne plus pleurer, être moins fatiguée. Elle a soulevé l’idée de reprendre des anti dépresseurs, j’ai refusé. J’en ai pris plus d’un an pendant le burn out, ai mis des mois à me sevrer alors non, je vais essayer de surmonter tout cela sans en reprendre. J’ai beaucoup changé, en profondeur, je dois m’habituer à ma nouvelle moi.

En sept mois, j’ai cherché et trouvé du travail, réussi ma période d’essai, passé tous mes week-ends à faire de longs trajets en train, passé beaucoup de jours et de nuits sans Chéri, éprouvé un chagrin dont je ne soupçonnais même pas qu’il puisse exister, alors oui, je dois assimiler tout ça. Et j’en sortirai encore plus forte et sereine, encore plus heureuse de vivre, comme après chaque épreuve…

Ce qui manque à mon équilibre, c’est le sport… Depuis presque dix ans maintenant, je fais trois à cinq séances de sport chaque semaine, mais là, depuis la rentrée de septembre, c’est bancal. Philippe n’est pas dispo aux heures auxquelles je le suis, on a tourné la chose dans tous les sens, impossible… Son travail principal est d’être enseignant au collège, il ne veut pas rentrer trop tard chez lui le soir et ne travaille pas le week-end, et ça je le comprends aisément. Et moi, je pars le matin vers 7h45 pour être au travail à huit heures, je rentre vers 18 heures. Donc le matin c’est trop tôt pour qu’il vienne à la maison, le soir trop tard. Et il est dispo le mercredi mais pas moi. Et puis nous nous retrouvons soit à la maison, soit au stade. Et le stade en ce moment, ben non… Et les salles de sport sont fermées…

Bref, je fais des séances seule à la maison mais ça n’a rien à voir en intensité et en plaisir avec ce que je fais avec un coach. Je suis méchamment, cruellement en manque de sport, de plaisir de me dépenser à fond, de plaisir de partager avec le prof.

Alors la solution:-))))) retourner au studio de JC. C’est un studio où JC (et sa femme, maintenant diplômée) donnent des cours particuliers, alors oui, même en ce moment il peut continuer son activité, sous certaines conditions dérogatoires. J’ai longuement parlé avec lui ces derniers jours et nous allons reprendre dès la semaine prochaine. (Oui j’ai la dérogation, tout comme pour aller voir ma mère, personne vulnérable, et mon père en Ehpad. je fais tout ce que je fais au grand jour, dans la plus stricte légalité. Je précise avant que certains ne fassent un commentaire). Donc nous reprenons la semaine prochaine. Deux séances par semaine.

Comme je suis en télétravail obligatoire les lundis, mercredis et vendredis, ce sera soit lundi soit mercredi soir. Et le vendredi je ne travaille que le matin, donc la deuxième séance le vendredi après-midi. Ca me fera tellement de bien d’y aller les jours où je télétravaille. Car en télétravail je ne bouge pas beaucoup.

Je suis très heureuse de pouvoir aller au bureau deux jours par semaine, certaines sociétés obligent le télétravail quatre, voire cinq jours par semaine. Chez nous d’ailleurs, ces deux jours de présence au bureau ne sont pas obligatoires, certains viennent un seul jour, voire pas du tout. Je comprends totalement que certains n’aient pas envie d’affronter les transports en ce moment, ou pas envie de sortir tout simplement. En ce qui me concerne en tout cas, j’aime tellement plus être au bureau qu’en télétravail ! Et puis bon, je n’ai pas de problème de transports puisque je vais travailler à pieds. Et j’aime tellement voir mes collègues, travailler en équipe, parler avec ma DG et mon Président. Et aussi, je suis mieux assise sur un fauteuil spécial de bureau pour travailler, avec un grand écran plutôt qu’un ordi portable, l’imprimante dans mon bureau, bref, j’ai le bureau pour travailler, la maison pour être avec Chéri, tout comme j’aime faire le sport dans un endroit dédié plutôt qu’à la maison.

Enfin le télétravail pas mon truc quoi… Ceci dit, j’apprécie la chance que j’ai. Nous avons une chambre d’amis, je l’ai aménagée en coin bureau et j’y suis vraiment bien. Entourée de nos bibliothèques, vue sur le jardin de l’immeuble. Et ne pas être dans le salon c’est bien car Chéri se lève plus tard que moi, et rentre du travail vers 15 heures. Il peut ainsi regarder la télé, écouter de la musique, cuisiner, on ne se gêne pas. Car oui, Chéri lui, va travailler en présentiel, son travail ne peut pas se faire à distance puisqu’il va chez les gens seuls pour prendre soin d’eux. Je suis tellement fière de lui entre parenthèses.

Donc, le télétravail, pas mon truc. Mais je ne vais pas me plaindre, je suis bien installée, j’ai la chance d’avoir une pièce complète pour travailler à la maison quand beaucoup de mes collègues partagent le salon pour y travailler avec leur mari, leurs enfants étudiants…

Si ces confinement étaient arrivés au tout début des années 2000 alors que les ordinateurs n’étaient pas encore vraiment monnaie courante, et encore moins les ordis portables, pas de smartphones, pas de réunions en Visio etc etc etc…. Enfin bref, c’est en 2020 que ça arrive alors la question ne se pose pas, et beaucoup d’entre nous ont la possibilité de télétravailler.

En revanche, quand je pense à tous ceux qui perdent leur travail, qui sont dans un embarras terrible, ça me rend malade. Alors je serais bien malvenue de me plaindre de ne pas aimer le télétravail. Comme sont malvenus les aigris et compagnie… J’ai de plus en plus de mal supporter ceux qui ne prennent leur plaisir qu’à se plaindre et voir du négatif…. la situation est ce qu’elle est, moi non plus je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’on nous impose, moi aussi ma vie est bien compliquée par toutes ces mesures plus ou moins cohérentes pour m’occuper de mes parents avec ces confinements, restrictions etc…. Mais à quoi cela sert-il de ressasser non stop, de s’acharner à dire que c’était mieux avant (c’était différent avant, mieux ou moins bien je ne sais pas, juste différent), que tout est critiquable… Qu’ils fassent mieux, ceux là même qui passent leur temps à critiquer, qu’ils s’engagent en politique, dans des associations et changent le monde puisque bien au chaud derrière leur clavier ils ont apparemment des solutions pour tout et savent tout mieux que les autres, avec des « y’a qà, faudrait que, tout le monde est con… ».

Bref, je ne suis en aucun cas sur ce blog pour parler politique ou économie (sujets qui me passionnent par ailleurs), mais tout simplement pour raconter ma vie sans faux-semblants. Je ne me montre pas sous mon meilleur jour, je dis mes chagrins, mes faiblesses, mais je dis aussi chaque petit bonheur. Et des petits bonheurs il y en a. A nous de les voir, de les saisir, de les apprécier. Un petit bonheur n’est pas forcément une chose extra-ordinaire, c’est un instant qu’il faut savoir voir. En vivant le moment présent, pas en comparant tout le temps, pas en vivant dans le passé. Savourons d’être en vie ce n’est déjà pas mal.

Et n’ayons pas d’orgueil mal placé, si quelqu’un nous manque, on le lui dit tout simplement. Si on est triste, on a le droit de pleurer et de dire qu’on est triste, ce n’est pas pour autant qu’on est malade et dépressif au dernier degré… Si on est heureux on a aussi le droit de le dire sans se faire insulter… Bref, je suis une fleur bleue, une philosophe de bazar, mais depuis plusieurs mois je suis emplie d’amour plus encore qu’avant et je n’ai pas honte de le dire.

Allez, vous avez le droit de rire, de vous moquer, de dire que je suis bien naïve, vous avez même le droit de penser du mal de moi, peu m’importe, je suis tournée vers le positif et le reste ne m’intéresse plus. Je ne veux plus de méchanceté ou de toxicité autour de moi.

Et quand je termine mes articles en vous demandant si vous allez bien et en vous disant de prendre soin de vous, sachez que je l’écris parce que je le pense et le souhaite. Je termine en répétant ce que j’ai écrit en tout début, la notion du temps est vraiment étrange en ce moment, parfois j’en arrive à ne plus savoir quel jour on est. Pas vous ? En allant faire les courses tout à l’heure, Chéri pour faire son attestation me dit « on est bien le 19 ? ». Non le 20 je lui réponds. Et en fait nous sommes le 21….

Il y a plein de choses qui me manquent, aller au cinéma, aller à Bruxelles, voir mes amis… mais l’essentiel est là, je suis avec Chéri et mes parents sont là où ils peuvent être le mieux au vu des circonstances. Je veux absolument reprendre le rythme du blog, publier mes repas, raconter mes séances de sport…. Ca va me faire bizarre de retrouver JC, on n’a pas cessé de communiquer par textos, mais cela fait presqu’un an que nous ne nous sommes pas vus. Et puis je me suis rendue compte ces dernières semaines que la muscu me manque beaucoup. Je vais en refaire un peu, trop trop trop bien !!!!!!!!!!!!! Et quand nous nous sommes parlé il y a quelques jours, il m’a dit des choses tellement gentilles qu’il m’a fait pleurer cet idiot. Il a toujours cru en moi depuis toutes ces années, c’est dingue ça…

Bon les z’amis, je vous laisse. Je vous souhaite une belle soirée, et j’espère que tous vous allez bien:-)

21 avril, pour le meilleur et pour le pire

Bonjour:-)

Ce mercredi 11 novembre, jour férié confiné, me permet d’enfin me poser un peu et de passer une journée tranquille seule à la maison avec Chéri. Pratiquement un mois et demi que je n’ai pas écrit, vous m’avez manqué.

Un mois et demi où je n’ai pas pris beaucoup de temps pour… pour quoi que ce soit. Chéri, écrire, faire du sport, tout cela est un peu passé à la trappe, priorité à mes parents et à mon travail.

Alors, le travail… Ma période d’essai est terminée, me voilà confirmée en CDI. Le Président, La Directrice Générale, la DRH m’ont dit qu’ils avaient mis des mois à chercher la collaboratrice qu’ils voulaient, et qu’ils étaient heureux de m’avoir trouvée. Quel bonheur d’entendre ça, de travailler avec des gens exigeants mais justes, pas manipulateurs ni pervers. En revanche tout au long de ma période d’essai, j’étais persuadée qu’ils n’allaient pas me confirmer, j’ai fait tellement d’allers-retours à Charleville, des heures de train, des heures de démarches, des heures à faire des cartons… Donc j’étais tellement préoccupée par mes parents et tout ce qu’il y avait à faire que je n’avais pas totalement ma tête au travail, et si eux ne s’en sont pas rendu compte, moi oui.

Et je ne suis pas complètement satisfaite du travail que j’ai fait pendant ces premiers mois. Enfin, ils sont ravis de moi, alors merci la vie ! Et en janvier je vais pouvoir enfin m’organiser comme je le veux dans mon travail en étant totalement concentrée, et non plus dans l’angoisse du téléphone qui sonne et de toutes les démarches à faire, empiétant sur mon temps de travail.

Du côté de mes parents, voilà, cette semaine est LA semaine de leurs deux déménagements. Mon père devait initialement être transféré à Reims le 19 octobre, mais la veille, l’Ehpad nous appelle pour nous dire qu’il y a des cas Covid, et que donc l’admission de mon père est remise à… ils ne savent pas quand.

Cette semaine du 19 octobre, j’étais en vacances. Vacances prévues de très très longue date, puisque Karin et moi avions réservé une thalassothérapie en novembre 2019. Lors de mes entretiens d’embauche, j’avais parlé de cette semaine prévue, et ils m’avaient dit que je pouvais la prendre sans problème.

Malheureusement, deux ou trois semaines avant notre départ, voilà que nous apprenons que la société de thalasso a fait faillite. Donc naturellement séjour annulé, et pas sûr que nous récupérions notre argent… Enfin, c’est comme ça, je ne me rends plus malade pour des choses sur lesquelles je n’ai pas prise. Si on le récupère tant mieux, sinon, nous n’en mourrons pas.

Du coup, pendant cette semaine je suis allée à Charleville, faire des devis avec déménageurs, recevoir le brocanteur qui vide la maison. Et surtout, soutenir ma mère. Ma mère qui subit tant de choses d’une violence psychologique terrible, qui se retrouve si seule. Alors mon frère et moi y allons tout le temps. Mon frère qui est à 80 kilomètres, deux fois par semaine, moi pendant mes vacances et chaque week-end. Malheureusement nous n’avons pendant cette période pas pu voir beaucoup mon père. La clinique transitoire dans laquelle il attendait son départ pour Reims a durci les conditions de visite pour éviter la propagation de la Covid. Une visite d’une seule personne, une fois tous les quatre jours, pendant 20 minutes. Masqués, derrière un Plexiglas. Ni mon frère, ni mon père, ni ma mère ni moi n’avons la Covid, mais nous ne sortirons pas pour autant indemnes de tout cela.

Profondément changée en ce qui me concerne… Ah oui aussi, pendant tous ces jours et fins de semaines passés à Charleville, j’ai mis la maison en vente. J’ai reçu trois agents immobiliers qui en ont fait l’estimation, nous avons choisi celle qui nous a inspiré le plus confiance. Là encore, gros choc pour ma mère… Il y a eu une quinzaine de visites en quatre jours. Heureusement la dame de l’agence immobilière a chaque fois été très attentionnée et délicate avec ma mère, car ni mon frère ni moi n’étions là pour ces visites.

La maison a été vendue en moins d’une semaine. Nous sommes allés tous les trois signer le compromis de vente, ma mère naturellement, et mon frère et moi en tant que représentants de mon père. Moment tellement difficile (et il restera la signature chez le notaire début janvier).

Puis nous avons commencé les cartons. Puis les brocanteurs sont venus vider le grenier, le sous-sol, et tout ce que ma mère n’emporte pas à Reims. Pendant les quelques jours de congés que j’ai passés à Charleville, nous nous sommes levées un matin à quatre heures et demi avec ma mère pour aller à Reims. Elle devait passer à huit heures une visite médicale pour l’entrée dans son appartement. Mon frère est venu avec nous. Ma mère a brillamment passé les tests de mémoire, et est en assez bonne forme physique. Le médecin nous a fait pleurer mon frère et moi en disant à quel point c’est rare que tous les enfants accompagnent leur parent, et qu’il ne voyait pas souvent un frère et une soeur s’entendre aussi bien sur les choses à faire pour adoucir la nouvelle vie de leur parents. Le juge des tutelles et l’assistante sociale nous ont dit la même chose. Apparemment il y a des familles qui se déchirent quand arrivent les questions que posent l’organisation de la fin de vie. Oui j’emploie des mots durs, mais c’est ça la réalité toute nue.

Le fait est que depuis sept mois mon frère et moi avons travaillé sans relâche pour tout préparer, pour décharger mes parents de tout tracas.

Malheureusement, nous ne pouvons pas leur redonner la santé ni la possibilité de vivre à nouveau réunis. Et rien que d’écrire cela, je pleure à nouveau. Chéri m’a tellement soutenue au long de ces mois. Venant avec moi à Charleville un week-end sur deux, et ne me reprochant jamais de passer autant de temps dans les trains, au téléphone etc etc…

Heureusement, avant le deuxième confinement du 28 octobre (jour du vingtième anniversaire de ma nièce, elle n’oubliera pas ses 20 ans !), nous avons eu le temps d’acheter ce qui manquait pour le nouvel appartement de ma mère. Un lit une personne, des meubles pour aménager la cuisine et la salle de bains. Le reste viendra de la maison. L’Ehpad m’a appelée la semaine dernière, pour dire que ça y est il n’y a plus de cas Covid chez eux, mon père y a donc été transféré ce lundi 9, après avoir passé un test à nouveau.

Mon frère vient aujourd’hui chercher ma mère à Charleville et l’emmène à Reims elle va habiter quelques jours chez lui. Il récupère demain les clés de l’appartement de ma mère, qui a été refait à neuf, fait l’état des lieux, et vendredi je coordonne le déménagement entre Charleville et Reims et mon frère réceptionne à Reims. Ce week-end je vais à Reims, on va installer ma mère. Le week-end dernier était donc pour moi le dernier dans ma ville natale, dans la maison que mes parents ont fait construire avant ma naissance. Sur le quai de la gare dimanche soir, j’ai été envahie d’une tristesse immense. Bien sûr j’ai quitté Charleville à 18 ans, mon désir absolu était de vivre à Paris, et je suis toujours aussi heureuse de vivre à Paris depuis maintenant bientôt 35 ans. Mais je savais qu’à Charleville, il y avait mes parents, mon repère…

Mon frère va subir la même tristesse en allant chercher ma mère tout à l’heure. Quant à ma mère n’en parlons pas. Bon, elle a eu le temps de dire au-revoir aux voisins, je l’ai emmenée dans tous les endroits qu’elle aime ces dernières semaines. En revanche mon père n’a pas eu cette chance. Il a brutalement été hospitalisé le 21 avril, et ne sortira plus jamais.

Le 21 avril… le meilleur jour pour mes parents, qui se sont mariés le 21 avril 1957, âgés de 20 et 22 ans. Et le pire jour, aussi ce 21 avril 2020 où ils ont été séparés si brutalement.

Dans quelques mois nous irons tous mieux. Ma mère va prendre ses marques, pouvoir enfin se reposer. Elle adore son nouvel appartement, est heureuse de vivre seule dans un espace beaucoup plus petit, en gardant son autonomie. Elle pourra aller voir mon père à pieds. Son appartement est dans une résidence neuve, nichée dans un parc, tout en étant dans un quartier commerçant. Elle a déjà fait connaissance des gardiens de la résidence, de sa voisine de pallier. Et à moins de dix minutes de chez mon frère. Elle a déjà repéré le cours de yoga collé à la résidence. Elle a précieusement emballé sa boîte à couture, ses aiguilles à tricoter, ses pelotes de laine. Je lui ai acheté plein de livres.

Je me suis fait tellement de souci pour elle ces derniers mois, la sachant seule à la maison. Mon père, j’espère qu’il va s’habituer à la nouvelle équipe soignante s’occupant de lui. Il est dans une grande chambre, nous lui avons apporté les objets qu’il aime le plus. Il verra ma mère pratiquement chaque jour. Mon frère et moi une fois par semaine.

Moi, je vais essayer de me reconstruire, ces derniers mois m’ont épuisée. Physiquement et psychologiquement. Comment j’ai fait pour trouver du travail dans cette période douloureuse, pour réussir ma période d’essai ? Je me le demande chaque jour. Comment j’ai réussi à donner le change au travail alors que je passe mes nuits sans dormir et à pleurer ? Je ne sais pas… Le nouveau confinement complique à nouveau les choses. Déjà que je n’en peux plus de faire et défaire ma valise chaque week-end, voilà qu’à nouveau ils ont supprimé 80% des trains (sur peu de trains à la base). Dimanche j’ai été contrôlée par la police à la correspondance de Reims, en descendant du TER de Charleville avant de monter dans le TGV pour Paris. Et arrivée à 20h30 à Paris, les policiers attendaient à la descente du train, contrôlant attestations et dérogations, et en plus faisant ouvrir les bagages.

J’ai déjà pris mes billets pour Reims ce week-end, c’est beaucoup mieux car il y a juste 45 minutes de TGV. Pas de correspondance comme vendredi soir dernier où j’ai quitté Paris à 17h30, et ai passé deux heures sur le quai à Reims à attendre la correspondance pour Charleville. Pour finalement arriver à 21h45. Donc pour Reims seulement 45 minutes de TGV, pas de correspondances. Mais avec le confinement, même problèmes d’horaires… Bon, espérons que cela se terminera vite et que je pourrai faire tranquillement mes allers-retours Paris-Reims-Paris dans la journée, chaque samedi ou dimanche. Quand tout va bien, 45 minutes de TGV, sachant que j’habite à 15 minutes de la Gare de l’Est et que mon père, ma mère, mon frère, habitent tous près de la gare de Reims, cela ne sera pas plus pénible que d’aller en proche banlieue, donc très faisable dans la journée.

Voilà, vous savez à peu près tout. Je vais pouvoir revenir normalement sur le blog, moins préoccupée et moins occupée par les démarches. Je vous parlerai de mon expérience du télétravail que je n’avais jamais pratiqué.

Il est dix heures, Chéri dort encore, je vais lui préparer un petit déjeuner de fête. Ces derniers mois il m’a tellement manqué pendant tous mes allers-retours et plus que jamais, je savoure chaque seconde passée avec lui.

J’espère que vous allez tous bien ?