Et qu’est-ce que je fais de mes journées ?

Et oui, qu’est-ce donc que je fais de mes journées ? Pas grand chose pour ne pas dire rien en fait. Demain, ça fera déjà quatre semaines que j’ai été opérée.

Et au-delà de la récupération du bouleversement dans mon corps de cette opération, je crois que je suis aussi en train de récupérer de la fatigue accumulée ces derniers mois. Epuisement est peut-être plus juste comme mot. Fatigue du corps, littéralement à bout d’épuisement avec les douleurs de plus en plus intenses et présentes ces dix derniers mois, et fatigue psychique, là aussi l’épuisement de lutter pour ne rien laisser paraître, sourire quoiqu’il se passe en moi, pour ne pas laisser la douleur prendre le dessus au risque de me faire faire des erreurs dans mon travail, pour ne pas laisser la douleur me submerger avant les séances de sport pour n’en annuler aucune, pour ne pas laisser la douleur s’infiltrer dans mon esprit et me convaincre de me reposer le week-end plutôt que d’aller à Reims…

Bref, un épuisement psychique à toujours négocier avec la douleur pour pouvoir rester debout. Alors depuis quatre semaines, mon cerveau a autorisé mon corps à lâcher prise, ou l’inverse, je ne sais pas, mais toujours est-il que j’ai l’impression que comme mon estomac reconstruit qui repart de zéro, mon corps également fait une remise à niveau absolue.

Les dix premiers jours suivants l’opération, j’ai fait des nuits de neuf à dix heures, invraisemblable pour moi ordinairement. Et en plus de ces longues nuits, j’ai dormi chaque après-midi deux à trois heures. Chaque geste du quotidien me fatiguait et je devais m’allonger après la douche, après avoir lavé la tasse du petit déjeuner, après m’être habillée, et surtout après le processus de digestion de chaque mini-repas.

Je suis rentrée à la maison le jeudi, le vendredi, je suis sortie dix minutes, pour prendre l’air, avec Chéri. Ces quelques minutes de marche ultra-lente m’ont mise KO et ont nécessité trois heures de sommeil… Mais le chirurgien m’avait bien recommandé de marcher chaque jour pour remettre le corps, et tout particulièrement l’appareil digestif, en route.

Le samedi, nous sommes sortis un quart d’heure, et avons fait quelques courses dans le petit supermarché à quelques mètres de chez nous. La lumière dans le magasin, le bruit, le monde, ça m’a encore plus fatiguée que la marche elle-même et en rentrant, je me suis allongée au calme dans notre chambre et ai dormi profondément tout l’après-midi. Le dimanche matin, je me suis aventurée à sortir pour marcher seule, sans que Chéri ne me soutienne, et j’ai réussi à marcher un quart d’heure. En rentrant, j’avais les jambes qui tremblaient, la tête qui tournait, là aussi j’ai dû m’allonger et dormir plusieurs heures.

Le lundi, Chéri a repris la travail, il avait posé la semaine de l’opération pour rester avec moi. Cette semaine-là, j’ai encore beaucoup dormi, et ai passé beaucoup de temps allongé, sans dormir, mais allongée. Je n’ai pas lu, pas écrit, la fatigue encore trop envahissante pour me permettre le moindre effort intellectuel. Ma nièce, en stage à Paris pour l’été avant de retourner à Lyon à la rentrée, est passée me voir deux fois. Mon frère me téléphone chaque jour, j’appelle ma mère, ils ont tous été tellement attentionnés.

J’ai marché un peu plus chaque jour, jusqu’à parvenir à une demi-heure continue. J’ai voulu enchaîner et augmenter de quelques minutes chaque jour, mais Paul a mis le holà immédiatement, interdiction absolue de marcher plus de 5000 pas par jour (en temps normal j’en fais entre 15 et 20 000 par jour). Il m’a dit que si je marchais plus, en mangeant si peu, je n’allais pas pouvoir récupérer, que le sommeil et l’alimentation sont primordiaux, avant l’activité physique, en période post-opératoire. Il sait que j’appréhende de perdre trop de masse musculaire, il m’a dit que oui je vais en perdre un peu, mais ce n’est pas en sept semaines sans musculation ni activité physique soutenue que je perdrai beaucoup.

D’autant que ma masse musculaire, on l’a énormément travaillée avant l’opération, et en ce moment, les protéines sont bien présentes dans mon alimentation. Nous en aurons le coeur net samedi qui vient, puisque je vais le rejoindre à la salle de sport pour la pesée et analyse des masses. Bref, je suis donc à 5000 pas par jour, jusqu’à la fin de cette semaine. Paul m’a tout à l’heure laissé un message vocal, cela changera sans doute la semaine prochaine, je vous expliquerai cela samedi.

Vendredi 8 juillet, dix jours après l’opération, une collègue m’a proposé de boire un verre. Vous le savez, mon travail est à deux pas de chez moi (enfin, 12 minutes à pieds), et le vendredi après-midi nous ne travaillons pas. J’ai développé une réelle amitié avec cette collègue, beaucoup plus jeune que moi (33 ans contre bientôt 55 pour moi). Notre parcours est différent, mais nous avons des traumatismes similaires, une hypersensibilité semblable. Au début, elle m’a proposé de venir me voir à la maison pour ne pas me fatiguer, mais je lui ai dit que ça me ferait très plaisir que nous buvions un verre, retrouver la vraie vie, voir du monde, j’en avais envie après ces dix jours ultra tranquilles à dormir et sortir juste pour marcher une demi-heure.

Je lui ai donné rendez-vous dans un café qui est à quelques minutes à pieds, tant pour moi, que pour elle du travail. J’ai passé une heure avec elle. J’ai commandé une orange pressée, j’ai mis l’heure que nous avons passée ensemble à la boire, avec moults renvois douloureux. Ca m’a fait très plaisir d’être là, dans un lieu public, de voir des gens discuter en riant, et de parler avec ma collègue comme si de rien n’était. En revanche, passer ainsi une heure assise à tenir une conversation m’a beaucoup fatiguée, et les quelques minutes à pieds pour rentrer m’ont parues pénibles.

Le week-end avec Chéri, je m’étais dit que ce serait chouette d’aller au cinéma, mais naturellement ce ne fut pas possible. Je ne me sentais pas assez forte pour prendre le bus, rester assise plusieurs heures, rentrer en bus à nouveau, rien que la perspective me fatiguait:-) Nous avons donc passé un week-end calme à la maison, Chéri est allé au marché le dimanche matin, moi j’ai fait mes marches quotidiennes d’une demi-heure. Je récupère bien ceci dit, dix jours après l’opération, je fais trois kilomètres en une demi-heure, soit six kilomètres heure, c’est de la marche rapide, la marche promenade est à trois-quatre kilomètres heures. Et certains joggers courent à six kilomètres heures, alors faire de la marche rapide si vite après l’opération est un pur bonheur pour moi.

Le chirurgien m’a dit qu’à partir de quatre semaines après l’opération je peux recommencer à trottiner. Pas courir, mais trottiner si je m’en sens capable. Et demain justement ça fait quatre semaines, ce n’est donc pas par hasard que Paul m’a laissé un message ce matin en me disant que samedi on parlera du programme des semaines à venir. Pour la musculation, le chirurgien m’a dit d’attendre au minimum six semaines avant de reprendre, avec des charges progressives. Le timing est parfait, car Paul est en vacances justement ce samedi, et revient mardi 16 août.

Ce qui fera pile sept semaines après l’opération. Là, nous reprendrons nos séances. Je lui fais totalement confiance, c’est un professionnel aguerri, extrêmement prudent (jamais aucun de ses élèves n’a été blessé. Moi qui ai eu plusieurs blessures lors des entraînements avec JC, je n’en ai eu aucune depuis que je travaille avec Paul et au contraire ma densité osseuse s’est renforcée). Donc non seulement c’est un super pro, mais il sait me modérer. le 16 août, nous testerons ce que je peux faire ou ne pas encore faire. Je me suis préparée psychologiquement à repartir avec des charges bien moindres que celles que je soulevais avant l’opération, mais Paul me dit que ce n’est pas comme si je repartais de zéro, j’ai une masse musculaire bien construite, et surtout, je ne serai plus épuisée par les douleurs, donc il estime que j’aurai retrouvé mon niveau dès fin septembre, et que nous pourrons reprendre la progression en octobre.

Peu m’importe en fait, je serai tellement heureuse de retourner chaque soir après le travail faire nos séances ! Je me suis prise de passion pour la musculation, c’est tellement technique, précis, il y a tant à découvrir ! Et sentir, voir, mon corps changer, s’affiner, se renforcer est une expérience vraiment passionnante. Je vous détaillerai un autre jour les bienfaits de la musculation sur mon corps et dans ma tête, ils sont assez nombreux, tangibles, mesurables, visibles… Bref…

La semaine du lundi 11 au dimanche 17 juillet, j’ai moins dormi petit à petit, j’en suis arrivée à ne plus éprouver le besoin de la sieste l’après-midi. J’ai essayé de négocier avec Paul de pouvoir faire plus de 5000 pas par jour, vous me connaissez, à toujours vouloir faire plus, mais rien à faire, il m’a direct recadrée, me disant que tant que je ne mangeais pas plus, pas question de brûler trop d’énergie, mon corps a encore besoin de récupérer. Et je ne m’aviserai pas de passer outre, j’ai réellement trop confiance en lui pour faire ça, et je sais qu’il a raison.

Il est top, on échange plusieurs messages chaque jour, je lui envoie le compte-rendu de mes repas, de mes pas, il me demande si j’ai bien dormi, comment je me sens niveau douleurs, moral, il m’aide à prendre mon mal en patience d’être inactive… Et il m’a proposée, si je m’en sentais la force, de venir le voir à l’Usine vendredi 15 pour boire un café. Il m’avait dit avant l’opération, voyant ma détresse à l’idée non seulement de ne pas faire de sport, mais de ne pas venir à l’Usine, où je me sens comme à la maison, que je pourrais passer dès que je m’en sentirais la force. Le directeur de la salle aussi m’y avait invitée. Donc il m’a proposé vendredi 15, voyant au fil des jours et des messages échangés, que j’allais de mieux en mieux. Quel bonheur pour moi la perspective d’aller à la salle boire un café !

Le vendredi 15, je me suis maquillée, ce que je ne fais pas en ce moment, et ai mis une robe d’été cache-coeur, fleurie, près du corps. J’ai pris le métro, j’appréhendais un peu, mais ça s’est bien passé, sans encombre, sans douleurs. Quand je suis arrivée, Paul m’attendait, il m’a prise dans ses bras, alors que d’habitude nous ne nous faisons pas la bise avant les séances. Puis il m’a fait tourner sur moi-même en me disant, « waouh je ne te vois jamais en robe, toujours en tenue de sport, ça change ! » Ben oui, je lui ai dit dans la vraie vie, je ne suis pas rouge, pas transpirante, je sens bon le parfum, je suis élégante, et tout ça et tout ça:-))))) Il m’a dit qu’il me trouve très amincie, mais préfère attendre la fin du mois pour une pesée, qu’entre le 15 et le 30 je reprendrai peut-être un ou deux des kilos perdus en parvenant à manger plus.

Tout le monde à la salle, les coachs, les jeunes de l’accueil sont venus me faire un bisou, en me disant de me dépêcher de revenir, ça m’a fait tellement chaud au coeur. Paul est allé nous faire des cafés, et on a discuté une heure et demi. Je me sens tellement bien à l’Usine, c’est un si bel endroit, et maintenant je m’y sens totalement légitime contrairement à il y a un an. Certains adhérents que je croise souvent sont aussi venus me dire un mot. Pendant l’heure et demi avec Paul, une fois les nouvelles de mon côté et du sien échangées, nous avons parlé de notre deuxième année ensemble que nous allons entamer le 16 août, de nos objectifs….

Nous allons continuer les cinq séances hebdomadaires, mais au lieu de trois muscu/deux cardios, nous allons en faire quatre de muscu et une de cardio. Et j’en ferai une de cardio seule, le dimanche quand je ne vais pas à Reims, ou le lundi, jour où Paul ne travaille pas. Waouh ça va être chouette ! A fond la muscu, pour affiner la silhouette, être ferme et tonique. A pratiquement 55 ans, je suis plus mince, plus ferme, plus dynamique que je ne l’étais à 20, 30 ou 40 ans. La muscu renforce l’estime de soi, entre autre bienfaits, car c’est une discipline très exigeante… Enfin moi, la rigueur que cela implique me convient parfaitement.

Je suis rentrée, en métro également, un peu fatiguée… Le week-end, à nouveau calme. Mais dimanche 17, je me suis sentie suffisamment en forme pour aller au cinéma. Bon…je me suis un peu endormie pendant le film:-) Mais petit à petit, je sens que l’énergie revient. C’est aussi évidemment liée au fait que je mange un peu plus jour après jour.

La semaine dernière j’ai continué à marcher ma demi-heure quotidienne, j’ai lu, Lou est à nouveau passée, jeudi en fin d’après-midi j’ai bu un verre avec une amie, bref, j’ai été un peu plus active. Et jeudi j’ai dit à Chéri que j’aimerais aller à Reims, cela faisait quatre semaines que je n’avais pas vu mes parents, depuis dimanche 26 juin, avant-veille de l’opération. Chéri m’a dit qu’il trouvait que c’était encore un peu prématuré, j’ai quand même une petite tête fatiguée, les joues creuses, et même si la forme revient, je suis loin d’être aussi solide et résistante que d’habitude. Mais… j’avais besoin d’aller à Reims, de voir mes parents, surtout mon père, qui n’est plus en mesure de parler au téléphone, qui ne m’a donc ni vue ni entendue ces quatre semaines. Et ma mère, qui s’est fait tant de souci…

Mon frère a pallié mon absence, est passé voir ma mère pratiquement chaque jour, mon père plusieurs fois par semaines, mais il est parti en vacances mercredi. Alors avant de partir il a fait de grosses courses pour ma mère, mais moi, j’ai dit à Chéri que réellement j’avais besoin d’y aller, même si mon frère n’est absent qu’une semaine, moi ça fait quatre semaines que je n’y suis pas allée, ce n’était plus tenable.

Nous y sommes donc allés hier, je viens vous raconter ça dès demain. Passez une bonne soirée, prenez soin de vous:-)

PS : en tête d’article, à l’hôpital, le bouquet apporté par Lou et le livre offert par ma DG.

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