Et qu’est-ce que je mange alors ?

Je me rends compte qu’ayant déserté le blog plusieurs mois il y a de jolis moments que je ne vous ai pas racontés. Le premier marathon de ma nièce en avril, marathon de Paris qu’elle a formidablement couru, nous procurant à mon frère et à moi une vague d’émotions fortes. Le week-end de fête pour le 60e anniversaire de mon frère. Là encore, des émotions, de la joie, de l’amour. Ma mère était là, mon père non. Mon pauvre papa, seul dans son monde à l’Ehpad… Oui je pleure en écrivant cela. Jamais je crois je ne surmonterai ni ne me pardonnerai cela, mon père dans un Ehpad… Enfin… De bons et beaux moments, et d’autres que j’oublie, tant pis…

Si vous me suivez sur Instagram, vous les aurez vus passer, je mets au moins une photo/story par jour là-bas. Donc, reprenons.

Opérée mardi 28 juin, je suis rentrée jeudi 30 après-midi à la maison. J’ai dormi tout l’après-midi. Je me suis réveillée au moment du dîner, mais je n’avais pas faim, bien que n’ayant rien mangé depuis l’arrêt de l’alimentation par perfusion. D’ailleurs, plus de trois semaines après l’opération, je n’ai toujours pas faim. Pas une seule fois en 25 jours je n’ai ressenti la sensation de faim, ni éprouvé une quelconque envie de manger. C’est très déroutant psychologiquement.

Les premiers jours après l’opération, j’éprouvais la sensation de soif de temps en temps, mais même boire était une épreuve. Petite gorgée par petite gorgée, boire un verre d’eau ou un café me prenait environ une heure, douloureuse en plus. Les premiers jours j’ai mangé insignifiant. Un Sojasun ? Une heure à manger, trois heures à digérer. Une cuillère à soupe de « purée » ? Une heure à manger, cinq à six heures à digérer.

Pour vous donner une idée de mes « purées », je mets systématiquement dans le mixeur un légume, préalablement cuit à la vapeur , chou-fleur, brocolis, poivron, carotte, courgette, haricots verts…., une pomme de terre, cuite elle aussi, quelques centilitres de lait chaud, une noisette de beurre, et ça fait une purée. J’ajoute ensuite un steak haché, un blanc de poulet, un blanc de dinde, du jambon blanc, du poisson, grillés sans gras, et je mixe à nouveau.

C’est savoureux car j’assaisonne, je mets des oignons, des herbes. Quand je veux un oeuf, je le fais au plat ou brouillé et là pas besoin de mixer, en mâchant longuement ça passe. Je fais mes « purées » moi-même la plupart du temps, d’abord parce qu’une tous les deux-trois jours suffit, ce n’est pas énormément de travail, ensuite parce que Chéri travaille et moi pas je suis en arrêt maladie, ça m’occupe, je ne fais pas grand chose de mes journées, et enfin, Chéri a quand même. beaucoup beaucoup de mal à cuisiner sans gras et là, je ne veux pas prendre en ce moment le risque de vomir…

Côté quantités, 120 grammes de légumes, 100 grammes de pomme de terre, et 100 grammes de viande ou poisson me faisaient au début cinq à six repas, et m’en font aujourd’hui trois ou même souvent quatre. Pourquoi je ne mets pas de gras, à part la mini noisette de beurre dans la purée ? Parce que je me suis très vite rendue compte que les aliments gras, tout comme les aliments très sucrés, me font immédiatement vomir ou provoquent une diarrhée fulgurante. Comme si mon appareil digestif avait besoin de tout remettre en route, comme celui d’un bébé. Ou de se régénérer totalement.

Ces minuscules repas me donnent à chaque fois une sensation incroyable de lourdeur, et je mets plusieurs heures à digérer, comme si j’avais fait un repas de fête des plus copieux. Les yaourts, j’en ai mangé un peu les premiers jours mais j’ai arrêté. Je n’ai jamais aimé les yaourts ni les produits laitiers, et là, encore moins qu’avant. Et je ne les digère absolument plus, ils ressortent illico. J’arrive à manger un sojasun par-ci par-là. Quand j’ai envie de fruits, je me presse une orange, un citron, ou je passe au mixeur du melon, de la pastèque, un kiwi. Donc, il y a moyen de manger varié et savoureux même avec la contrainte du liquide/mixé.

Le souci, c’est que manger est laborieux en ce moment et même pas source de plaisir puisque je ne ressens aucune faim et que la digestion est douloureuse. Mais je me force, comme me l’a recommandé le chirurgien pour tout bien remettre en route, et comme m’y incite chaque jour Paul pour reprendre des forces. Alors tout ça est loin de suffire pour que mon corps récupère. Les premiers jours j’étais tellement affaiblie que prendre ma douche par exemple me demandait un effort démesuré, m’obligeant ensuite à m’allonger au moins une heure. Donc, pour absorber plus de calories, Paul (mon coach de sport vous savez) m’a donné l’idée faire des shakers très nourrissants.

En temps ordinaire, je me fais deux fois par jour un shaker de poudre de protéines avec de l’eau, tout simplement. Juste de la poudre de protéines, sans glucides, notamment pour la récupération des muscles après les séances de sport. Là, à la poudre de protéines (végan, naturelle, sans additif, sans conservateur etc etc… je précise pour éviter les commentaires genre c’est chimique etc etc… marque Sync si vous voulez regarder), j’ajoute de la farine de flocons d’avoine ou de patates douces pour les glucides, une banane, du lait d’amande sans sucres ajoutés, et une boule de sorbet noix de coco (ma passion en ce moment), ou mangue, ou clémentines, ou citron, ou du sorbet chocolat noir… Uniquement des sorbets, les glaces, à base de crème je ne les digère pas, ça me fait vomir. Le tout au mixeur, et cela me donne une boisson onctueuse, délicieuse, et TRES nourrissante. J’en fais deux par jour, là aussi je mets beaucoup de temps à la boire, et encore plus à la digérer. En fait mon activité principale dans les journées, c’est la digestion:-)

Et c’est pénible croyez-moi, toujours la sensation d’être lourde, ballonnée, je sens mon appareil digestif au travail, tellement à l’effort qu’à chaque fois ça me provoque une bouffée de chaleur… Tout sera rentré dans l’ordre d’ici trois à six mois m’a dit le chirurgien. Les premiers jours je parvenais laborieusement à consommer 300 calories, puis 500, puis 700, aujourd’hui, trois semaines plus tard, j’arrive à consommer entre 1400 et 1600 calories quotidiennement. C’est encore peu, bien trop peu, mais je fais au mieux au jour le jour. Et surtout, je veille à la répartition des macros nutriments (protéines, glucides, lipides, fibres), afin de ne pas trop fondre musculairement.

Je me suis beaucoup affinée. Je n’ai jamais eu de si fines jambes, mon ventre s’est beaucoup aplati, mon cou est très dégagé, mon visage creux… Je ne sais pas combien de kilos j’ai perdu, je me pèserai samedi prochain avec Paul, sur la balance qui ne donne pas simplement le poids, mais aussi les masses musculaire, grasse, hydrique, osseuse… Ainsi nous verrons comment réorienter l’alimentation si besoin. J’espère n’avoir pas trop perdu de muscles. Avant l’opération nous avons fait le max avec Paul pour faire une belle masse musculaire, c’est d’ailleurs pour cela que je récupère vite et bien, que je cicatrise bien. Déjà quatre semaines sans aucune activité, et encore trois, puisque je ne pourrai reprendre, et encore tout doucement, qu’après le 15 août.

Dans les prochains articles je vous raconte mes (non) activités, les heures et les heures de sommeil, le (non) sport, comment je prends soin de ma peau, comment évoluent mes cicatrices… Je ne travaille pas encore la semaine prochaine, dernière semaine d’arrêt, j’ai intérêt à me reposer plus que jamais, je sens bien que j’ai les jambes qui flageolent au bout de quelques minutes de marche, facilement la tête qui tourne, souvent des hoquets très douloureux… Ma généraliste que j’ai vue la semaine dernière m’a dit de revenir la voir si je me sens trop faible et qu’elle me prolongera, mais moi j’ai envie de reprendre le travail. Enfin bon, j’écouterai mon corps, car toute la semaine dernière j’ai eu 10-5 de tension, et entre 45 et 47 de pulsations cardiaques. Un peu faible…

Je vous donne rendez-vous pour la suite lundi, car demain, je vais à Reims avec Chéri. La dernière fois que j’y suis allée, c’est dimanche 26 juin, l’avant-veille de l’opération. Depuis, j’en ai été incapable, réellement trop faible pour envisager prendre le train, aller chez ma mère, aller à l’Ehpad, reprendre le train… Je tiens debout à peine plus de deux heures consécutives, alors 12 heures, même pas en rêve. Demain, nous allons aller gare de l’Est en taxi. Puis de la gare de Reims à chez ma mère en taxi également. Mon frère n’est pas à Reims ce week-end, mais ma nièce oui. Donc elle nous emmènera à l’Ehpad en voiture puis nous ramènera (habituellement j’y vais à pieds mais là je sais que je ne pourrai pas). Elle nous ramènera aussi en voiture à la gare de Reims en fin d’après-midi. Puis à nouveau un taxi de la gare de l’Est à chez nous. J’espère qu’ainsi ça ira, et ensuite j’aurai toute la semaine prochaine pour récupérer.

Passez un très bon dimanche:-)

Le magnifique bouquet de roses en tête d’article, ce sont les fleurs que ma si chère cousine Karin m’a fait livrer après l’opération. Quand je vous dis que j’ai été submergée d’amour:-)

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