Bon dimanche

Je n’ai dormi que cinq heures, mais cinq heures profondes, récupératrices. Je me suis levée à six heures, en forme. J’ai pris un bon petit déjeuner. Deux tranches de jambon, une Wasa, un kaki (oui, j’ai une période passion kakis) et des noix-noisettes-amandes.

Puis j’ai filé prendre mon train. Habituellement, mon plaisir quand je vais à Reims, c’est boire un café dans le train. C’est mon moment… Mais puisque nous n’avons plus le droit de manger, ni même de boire dans les trains… Alors j’ai bu un café chez ma mère à mon arrivée. Elle m’a trouvée encore affinée par rapport à il y a deux semaines. Sais pas, je ne me rends pas vraiment compte… Enfin si, je constate de semaine en semaine que mes vêtements sont plus amples. Par exemple, ce sweat-shirt que j’ai acheté à Saint-Malo quand nous y sommes allés en week-end mi-octobre, taille M, et bien aujourd’hui il flotte… en effet…

Et ça, vraiment, c’est l’effet du sport, et notamment de la muscu puisqu’en ce moment je ne perds pas de poids, juste je développe la masse musculaire (=masse maigre), et j’élimine mois après mois la masse grasse (grâce à l’alimentation). Et ça croyez-moi, c’est un défi de longue haleine, partant d’où je pars, et à 54 ans. Et justement, je vais vous montrer une photo de moi. Que ma mère a retrouvée dans le paquet de photos qui étaient chez mes parents, et que nous avons mises dans une boîte quand nous avons vidé la maison. Ma mère n’avait pas encore touché à cette boîte de photos. Et aujourd’hui elle m’en a sorti quelques unes, des pépites. Ah… les ravages des années 70, les fameux sous-pulls fluos en acrylique, les coupes de cheveux d’anthologie…:-))) Celle que je vous montre là est d’avril 1978, j’ai donc 10 ans. Je fais déjà 1m70, ma taille actuelle. J’ai déjà un corps de femme (j’ai eu mes règles avant dix ans). Je n’étais pas vraiment grosse à l’époque, mais quand même en surpoids. Cet ensemble était une taille 42.

Et bien aujourd’hui mon poids est inférieur à celui d’avril 1978. Et mon corps autrement plus tonique. Moi qui ai pesée jusqu’à 113 kilos, me suis battue toute ma vie contre mon poids, je dois dire que ça m’émeut. Et je suis heureuse de ce travail acharné et de toutes ces heures sans relâche que je fais avec Paul, chemin entamé avec JC et Philippe. Sur cette photo, ma ressemblance avec mon père est flagrante. Je me rends compte à quel point je lui ressemble, physique comme caractère. D’ailleurs ma nièce à qui je l’ai envoyée m’a de suite répondu « oh c’est le visage de grand-père ! ».

Bref, après avoir bu ce café avec ma mère, je suis allée faire les courses. J’ai acheté pour ce midi de la choucroute au rayon traiteur, j’aime tellement le chou. Nous avons déjeuné avec ma mère, vite fait, la choucroute avec une saucisse de Strasbourg et une tranche de palette fumée. Le tout réchauffé au micro-ondes. Heureusement que Chéri ne voit pas ça, ma façon de préparer les repas vite fait:-)

Puis nous sommes allées voir mon père. A nouveau ce cérémonial identique à celui de l’année dernière, enfiler une blouse, mettre un masque renforcé FFP2.

Déjà que l’Ehpad, c’est glauque, mais là, tous les résidents étant confinés dans leur chambre, c’est particulièrement triste. Couloirs fantomatiques… Mon père était dans un relativement bon jour, pas trop incohérent. Bon il pensait que mon frère avait l’âge de ma nièce et qu’ils sont frère et soeur et habitent dans la maison de Charleville mais sinon pas trop le bordel dans sa tête… Il m’a dit que je suis belle. Lui qui ne me l’a jamais dit, ce qui fait que je me vois laide définitivement, maintenant il ne cesse de me le dire… Un peu trop tard malheureusement… Nous sommes restées une heure et demi avec mon père, puis retournées chez ma mère. J’avais une heure avant d’aller prendre le train de retour. J’ai pris mon shaker de protéines, ma mère un thé avec une tranche de brioche, et nous avons parlé tranquillement.

Je suis repartie à la gare, laissant ma mère me faire coucou à la porte, petite silhouette voûtée. J’avais le coeur bouleversé d’amour et de peine. Encore une fois, le trajet de retour m’a servi de sas de décompression. J’ai séché mes larmes en arrivant à Paris, et suis arrivée à la maison souriante pour Chéri. Ce fut malgré tout un bon dimanche, j’aime tellement mes parents. Encore plus maintenant qu’ils sont si fragiles. Pour le dîner, nous avons terminé le chili con carne de Chéri. Et cette fois je me suis régalée, sans crise de douleur à l’oesophage, juste du plaisir.

J’espère que vous avez tous passé un bon week-end ?