Rendez-vous gastro

Mira avec moi en télétravail

Vendredi matin je me suis levée en pensant à mon rendez-vous chez le gastro-entérologue de l’après-midi. J’étais un peu nouée, et pas faim, j’ai donc bu un café, et me suis mise devant mon ordi. J’avais de toute façon une réunion avec ma DG très tôt, je me suis donc concentrée sur mon boulot. Vers 10 heures j’ai eu un peu faim, et, un des avantages du télétravail, c’est que la cuisine est à moins de dix mètres. J’ai donc fait une pause, me suis refait un café, et une Wasa avec la confiture offerte par ma collègue.

J’ai travaillé jusqu’à 13 heures (on ne travaille pas le vendredi après-midi dans ma société). J’avais RV chez la coiffeuse à 13h30, donc pas le temps pour déjeuner, et surtout, pas faim, je commençais à appréhender mon RV de 16h30. Ce dont j’ai besoin, c’est savoir ce qui occasionne ces douleurs intenses, je n’aime pas être dans le flou, je préfère agir. Des mois que j’ai mal, il est temps de trouver et comprendre.

J’ai donc juste pris un shaker de protéines.

Les deux heures chez la coiffeuse m’ont détendue, elle m’a fait une couleur superbe, un roux plus lumineux encore que d’habitude, et tellement « fondu », je le trouve très naturel, je suis fan.

Je suis donc arrivée chez le gastro un peu tendue, mais sans plus. Il est allé droit au but, me disant que c’est bien ce qu’il craignait qui cause mes douleurs, le volvulus machin sais plus quoi. L’estomac est donc venu s’entortiller autour de l’oesophage, qui se défend comme il peut de toutes ces bactéries et fabrique un endobrachyoesophage de plus en plus gros. A cela s’ajoute une énnnooorrrmmmmeeeee hernie hiatale, apparue tout à coup. Cette hernie étant de nature joueuse, elle est à roulement, ce qui complique les choses un peu plus. Le gastro m’a donc dit qu’il faudrait m’opérer pour replacer l’estomac mais que l’opération est longue et un peu risquée, qu’il ne veut pas se précipiter… En revanche, il n’y a pas de solution médicamenteuse.

Alors, il veut que je passe un scanner et un examen supplémentaire, une manométrie oesophagienne. Encore un examen assez désagréable. Mais il en a besoin pour contrôler les contractions de l’oesophage. Si les résultats ne sont pas conformes à ce qu’il attend, il ne prendra pas le risque d’opérer m’a-t-il dit. Il veut ajouter ce résultat et celui du scanner à ceux des examens que j’ai déjà passés, me faire une (énième) fibroscopie, et avec la synthèse de tout cela, consulter plusieurs confrères. Il m’a dit qu’il prendra sa décision définitive avant la fin du premier trimestre. Et m’a demandé ce que j’en pense. Je lui ai répondu que depuis ma première crise en 2005 je lui fais entièrement confiance, et que je m’en remets à lui.

Je ferai ce qu’il estime nécessaire de faire ou ne pas faire. Je lui ai (re-re-re-re)demandé pour la millième fois si je dois mettre en place quelque chose niveau alimentation et il m’a (re-re-re-re)expliqué que cela n’a rien à voir avec l’alimentation, le poids etc… Je lui ai ensuite demandé combien de temps cette opération, si elle a lieu, m’empêcherait de travailler, il m’a dit « quelques semaines ». Et combien de temps sans sport ? Là, il n’a rien dit… Il m’a raccompagnée à la porte, me tapotant l’épaule et la joue, comme il le fait à la clinique quand il me fait une fibroscopie…

Il a toujours été honnête avec moi, me disant que lorsque la maladie aurait évolué au point qu’il faille s’inquiéter il me le dirait. Et bien voilà, c’est maintenant qu’il faut s’inquiéter et agir. Il m’a dit d’être sereine, qu’il veut absolument tous les éléments avant de décider la marche à suivre. Je lui ai dit au-revoir en souriant et suis rentrée… J’avais prévu de minimiser la nouvelle devant Chéri, mais quand il m’a prise dans ses bras en me demandant comment la consultation s’est passée, évidemment que j’ai dit les choses telles que le gastro me les a présentées. J’ai pleuré un coup, mais pas longtemps. J’ai vu l’inquiétude de Chéri, alors je lui ai dit que je ne suis pas en danger de mort, et que le gastro va faire ce qu’il faut pour que mes douleurs disparaissent… Je l’espère en tout cas… Il était 18 heures, j’ai demandé à Chéri si ça ne l’ennuyait pas que j’aille à l’Usine. Il a compris que j’avais besoin de me défouler..

J’y suis donc allée, et là, enfin, me suis autorisée à pleurer. Une bonne séance bien intense m’a remis la tête à l’endroit. Dès lundi je vais appeler la clinique du Louvre désormais si familière pour essayer d’avoir mes deux rendez-vous rapidement. Pour la fibroscopie, puisque c’est lui qui la pratique, il m’a fixé la date au 7 février. Il faut que je vois l’anesthésiste avant. Je vais essayer de grouper avec le scanner ou la manométrie.

Quand je suis rentrée de la salle de sport, j’étais beaucoup mieux. Avec le recul nécessaire pour ne pas me faire de mauvais films. Depuis quelques mois je travaille vraiment le fait de ne pas m’angoisser pour des évènements sur lesquels je n’ai pas prise. Et là en l’occurrence, je n’ai pas de prise. La seule chose que je peux faire c’est par exemple refuser catégoriquement l’opération. Et m’enfermer dans mes douleurs qui deviennent insoutenables. Et ça, je ne le ferai pas. Alors je vais passer les examens et attendre l’avis de mon gastro et de ses confrères. En essayant de ne pas me gâcher les journées d’ici là.

Bien sûr ça me fait chier au plus au point de louper le travail, c’est tellement inenvisageable pour moi de me faire remarquer, de perturber le bon fonctionnement du Pôle Direction de ma société. Bien sûr ça me fait chier, plus encore si c’est possible, la perspective de ne pas faire d’activité physique pendant plusieurs semaines/mois. Mais quand bien même je passerais mon temps à pleurer, à geindre sur cette situation, à me rendre malade d’angoisse, ça changera quoi ? Rien… si ce n’est me faire du mal à moi… Donc je vais plutôt essayer de me faire du bien avant l’opération:-) Un jour après l’autre, un pas après l’autre. Je ne suis pas quelqu’un de passéiste, j’essaie de ne pas appréhender le futur que nul ne connaît, mais de me concentrer sur le présent. Je n’y parviens pas toujours, mais de plus en plus cependant.

Quand je suis rentrée, Chéri avait cuisiné. Avec le reste du poulet rôti de jeudi soir, il a fait un riz sauté, avec poulet donc, omelette, poivrons jaunes, petits pois. Il en a fait une belle quantité, j’ai ainsi pu en apporter aujourd’hui quatre barquettes à ma mère.

J’ai donc dîné hier soir d’un bol de soupe, puis un bol de riz sauté. Un délice vous imaginez bien.

Aujourd’hui je suis allée à Reims. Fait les courses avec ma mère. J’ai trouvé une jolie jupe (enfin, jolie je ne sais pas, mais une jupe qui me plaît en tout cas). Je l’ai essayée en taille 3… évidemment beaucoup trop large. La taille 2 me va, limite un peu ample. Mais la taille 1 tirait un peu aux hanches. Quel bonheur de mettre de la taille 2, de la taille 38-40, de la taille M. Je n’avais pas pris de petit déjeuner, juste un café avant de partir. Au déjeuner avec ma mère, nous avons mangé de la pintade cuisinée par Chéri, avec champignons et pommes de terre. Puis une orange. Nous sommes ensuite allées voir mon père. Que dire ? Rien, c’est trop douloureux.

Je suis rentrée à Paris en début de soirée, sous la pluie battante. Chéri avait fait quelques courses, acheté de la viande hachée, des champignons, des pois gourmands. Encore une fois je me suis régalée.

Aujourd’hui c’était ma deuxième journée off de sport après jeudi. Demain matin je vais aller courir, ce sera la cinquième séance de la semaine. 45 minutes course suivies de 15 minutes à trottiner ou marche rapide. Ensuite j’ai prévu… RIEN. Un brunch à la maison avec Chéri. Lire. Faire une sieste. Regarder un film. Enfin en tout cas rester tranquille, besoin de calme, de douceur, d’être allongée et lâcher prise quelques heures… Je vous souhaite à tous une bonne soirée.